« Le piano maléfique » de Françoise Grenier Droesch

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2010 Editions Le Manuscrit

Française Langue française – 244 pages

Genre : Fantastique

Note : 4étoiles-trèsbonmais

Synopsis :

Pendant trois jours, une classe de CM2 et ses accompagnateurs ont disparus. D’après leurs dires, ils auraient été enfermés dans le château du Comte de Nerval, où des phénomènes paranormaux ont lieu. De plus, ils auraient été obligés de l’écouter jouer du Chopin au piano pendant des heures. L’inspecteur Herbert enquête sur cette mystérieuse affaire.

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Lu dans des circonstances peu propices à l’enthousiasme (un séjour à l’hôpital), ce premier roman de Françoise Grenier Droesch, enseignante à la retraite que je ne connaissais jusqu’à présent que par ses nouvelles,  a pourtant réussi l’exploit de me faire oublier plusieurs heures durant ma situation peu réjouissante et à me changer agréablement les idées.

Il faut dire que l’intrigue proposée par Ce piano maléfique est très accrocheuse, prenante. Les personnages sont bien construits et attachants, notamment le héros principal, l’inspecteur Herbert.  Les lieux traversés sont très bien dépeints à la faveur de descriptions soignées et riches en détails qui m’ont permis de découvrir une région de France que je ne connaissais pas ou sinon que de nom.

Quant aux effets horrifiques et sanglants, ils sont bien dosés. Ni trop ni pas assez. Juste ce qu’il faut pour nous faire frissonner de plaisir !

Par ailleurs, le rythme enlevé sur lequel se déroule l’enquête ajoute encore un charme supplémentaire à ce récit sombre et mystérieux. On ne s’ennuie pas une seconde durant notre lecture tant nous sommes curieux de savoir comment l’histoire va se terminer.

Entrecoupée épisodiquement par les monologues intérieurs du personnage principal, Herbert,  (habile procédé utilisé par l’auteure qui nous permet de mieux le découvrir et de nous y attacher) l’intrigue progresse d’une manière logique et nous tient en haleine jusqu’au dénouement. Une fin satisfaisante qui ne nous laisse pas sur notre faim !

Comme tout premier roman qui se respecte, on notera, certes, ici et là quelques petites maladresses dues à l’inexpérience. Notamment au niveau des dialogues parfois un peu vite expédiés ou confus (on ne comprend pas toujours qui s’exprime ou qui parle à qui).

De légers défauts qui, à mes yeux, ne gâchent en rien le plaisir ressenti à la lecture de ce bon roman que je vous conseille de découvrir. Sous cette belle couverture, à la fois sobre et élégante, orné d’un joli titre intriguant, vous attend une histoire fantastique divertissante à souhait.

Mais… chut !Écoutez ! Entendez-vous Le Piano Maléfique vous jouer sa petite musique envoûtante ? Alors, qu’attendez-vous ? Laissez-vous tenter !

De petites indiscrétions m’ont laissé entendre que Françoise Grenier Droesch songeait à donner une suite à ce premier opus très plaisant. Vivement !

Pour l’acheter :

https://www.facebook.com/Le-piano-mal%C3%A9fique-page-auteur–116958348386776/?fref=ts

« Il sera une fois » de Southeast Jones

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2016 Editions Séma (Séma Galaxie)

Française Langue française – 236 pages – Sortie : 19 Mars 2016

Note : 4étoiles-trèsbonmais Très bon.

Synopsis

« Il sera une fois » vous invite à rêver demain : de l’humain au surhumain, de notre insignifiante petite planète aux confins de l’univers et au-delà, Southeast Jones vous convie à découvrir ses visions d’avenir au travers de quinze contes étranges, drôles ou inquiétants.

Ces histoires hors du commun vous fourniront nombre de réflexions sur les futurs possibles imaginés par l’auteur : quelle serait votre réaction si vous appreniez qu’il y a bien une vie après la mort ? Qui est ce Père Noël un peu bizarre que l’on voit le 24 décembre sur Carabistouille IV ? Quelles pourraient être les conséquences de la victoire des mutants contre le genre humain ? Quelles traces garde-t-on quand on a été avalé par un ogre ? Que faire si, pour sauver la Terre, il fallait détruire l’Humanité ?

Mon avis

Je ne vais pas vous mentir, en matière de SF, je suis plutôt néophyte. C’est un genre que je lis rarement et que j’apprécie peu en règle générale.Et pourtant, j’ai beaucoup apprécié Il sera une fois. Ce fut une lecture très divertissante.

Pourquoi ? Cinq raisons à cela :

La grande diversité des intrigues proposées. En effet, aucune nouvelle ne ressemble à une autre dans ce recueil de textes qui offre des univers et des ambiances très variées et de tonalités différentes. On navigue entre le drame, le rire, l’émotion à chaque page. Si bien qu’on parvient à la fin du recueil, sans s’en apercevoir, et surtout sans aucun sentiment d’ennui ou de lassitude. Bien sûr, certaines nouvelles m’ont davantage plu ou touché que d’autres, certes, mais l’ensemble présente une qualité assez homogène du début à la fin. Il y a très peu de nouvelles qui ne m’ont pas « accroché ».  Peut-être 2-3 mais seulement par goût personnel. Pas parce qu’elles sont mauvaises.

L’imagination débridée de l’auteur qui nous offre des intrigues très originales et maîtrisées à la perfection.

Ses conduites dynamiques du récit. Son style clair, simple, efficace, rythmé. Son ton pédagogue et vulgarisateur., jamais ennuyeux. Ses conduites dynamiques du récit.

Des descriptions courtes et précises. Parfaitement dosées pour poser le décor.

Les nombreuses petites touches d’humour. Souvent irrésistibles !

Et pour tellement d’autres choses encore que vous découvrirez en dégustant ce très bon recueil du talentueux Southeast Jones !

Je ne vous résumerai pas toutes les nouvelles, une par une, car il me faudrait les détailler et ainsi prendre le risque de trop vous en dévoiler, ce qui serait fortement dommage ! Aussi, je vais plutôt m’essayer à un autre exercice en vous livrant mon ressenti en quelques mots sur chaque texte, c’est parti.

– Barbares ! : Récit intriguant et agréable qui se dévoile progressivement. Chute travaillée que, hélas, j’ai vu venir de loin😉

– Contrat : Une courte nouvelle vraiment excellente, à la fois par son humour noir, son ironie sous-jacente et sa conduite d’intrigue très rythmée. L’une de mes préférées du recueil.

– Émancipation : Une nouvelle qui vaut avant tout pour son ambiance sombre et désenchantée très réussie. L’angoisse nous saisit et monte crescendo jusqu’au dénouement. Récit finement exécuté.

– Divergence d’opinion : Courte nouvelle fort drôle et très percutante. Pas de fioritures inutiles. Belle ironie finale.

– Question de foi : J’ai beaucoup apprécié cette nouvelle mettant en scène un éventuel pape Paul VII confronté à un dilemme éprouvant sa foi. Belle atmosphère futuriste réaliste. Bonne conduite du récit. Efficace et sans temps morts. Fin réussie, en ce sens, qu’elle prend le lecteur à contre-pied. Dans le top de mes nouvelles préférées du recueil.

– Rétrocession : Bon texte mais je n’ai pas été transcendée ou émue outre-mesure.   Agréable à lire.

– Jonas : J’avais déjà lu la version courte dans l’anthologie « Sales bêtes ! ».Cette version longue me semble moins percutante.Quelques longueurs. Mais cela n’en demeure pas moins une histoire sympathique à lire.

– Trip : Une intrigue et un style un peu trop trash à mon goût mais comme c’est excellemment mené, bourré de bonnes idées et d’imagination, finalement, j’ai réussi à apprécié ce court texte d’anticipation.

– Grand-veille : Brillant ! J’ai adoré cette histoire très originale, où SF, horreur, et émotion sont parfaitement dosés.Avec en prime d’excellentes idées et une fin surprenante. Ma nouvelle préférée de toutes, je crois.

– Notre-Dame des opossums : Déjà lue  dans l’anthologie « Folie(s) ». Cette relecture a confirmé mon engouement premier : une bonne histoire très bien menée avec une dose de suspense bienvenu et qui fonctionne bien.

– Début de semaine : Sarcastique à souhait. Nouvelle sympathique mais sans plus. Je ne suis pas très « branchée » géopolitique en général. Ceci explique sans doute cela.

– Le C.R.I.M. était presque parfait : Pas ma préférée. Amusant, du suspense mais une fin assez décevante, un peu en « pétard mouillé ».  J’ai également trouvé certains passages un peu longs.

– Le temps du repos :  Sympa, mais trop brève pour véritablement parvenir à « rentrer dedans ». On a un peu l’impression de lire un prologue. Quelques supplémentaires n’auraient pas été inutiles, je pense.

– Noël lointain : Bonne base de départ, idée amusante, mais je n’ai pas accrochée. La fin qui, rétroactivement, modifie la perception qu’à le lecteur du récit à le mérite d’être originale et audacieuse.

– Les enfants de nos enfants : Très bonne histoire menée sur un rythme parfait et débordante d’une belle imagination. C’est cohérent, crédible : on y croit et on adhère aux possibles théories évolutionnistes et aux possibles futurs qu’imagine l’auteur pour nos enfants. Et ça fait froid dans le dos ! La nouvelle qu’il fallait pour clôturer ce très bon recueil en beauté !

En bref, de la SF qui ne se prend pas au sérieux et qui n’assomme pas le lecteur de termes techniques ronflants ou de théories complexes et prises de tête. J’apprécie cette démarche de vulgarisation.

Je conseille fortement la lecture de cet ouvrage !

« Élixir de nouvelles steampunk » de Delphine Schmitz

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Titre : Élixir de nouvelles steampunk

Auteur : Delphine Schmitz

Collection : Séma Galaxie

Sortie : 10 septembre 2016

Nombre de pages : 226

Prix : 15 €

ISBN : 978-2-930880-08-2

Couverture de Fleurine Rétoré

Ma note : 4étoiles-trèsbonmais Très bon

Synopsis

            Élixir vous ouvre les portes d’un passé futuriste qui n’a jamais existé.

            À moins que…

            Dans ce monde de vapeur et de rouages où science et magie se côtoient, vous rencontrerez des inventeurs plus loufoques les uns que les autres, parfois charmants, d’autres fois terrifiants. Vous découvrirez un appareil photographique qui n’en fait qu’à sa tête, un sous-marin en quête de créatures fabuleuses, un musée de cire où les statues prennent vie, le premier ordinateur de l’Histoire, et bien d’autres choses encore.

            Au fur et à mesure de votre lecture, d’étranges liens entre les textes éveilleront votre intérêt. Vous ne pourrez vous empêcher de remarquer la présence fugace mais récurrente de mystérieux matériaux aux étonnants pouvoirs. Et si la dernière nouvelle vous livrait leur secret ?

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Mon avis

 J’ai vraiment passé un très bon moment de lecture avec le premier recueil de nouvelles steampunk de Delphine Schmitz  (ravie de découvrir cette jeune talentueuse auteure) et je remercie chaleureusement Séma Éditions (Michaël Schoonjans :)) (Sans oublier Southeast Jones ;)) pour m’avoir offert l’opportunité de le découvrir en exclusivité avant sa parution officielle le 10 septembre😉

Un petit mot/ressenti sur chaque nouvelle :

Les inventeurs de Val-sur-Rouille :

Une agréable mise en bouche qui permet de poser les bases de l’univers steampunk de Delphine et de présenter les codes qui seront exploités dans les nouvelles suivantes. Pas ma nouvelle préférée du recueil, mais une intrigue sympathique pleine de rebondissements,  bien que la fin soit un peu prévisible.

Une introduction efficace.

Camera obscura :

Une jolie intrigue entre ombre et lumière. Une belle ambiance de fête foraine du 19è siècle. Un protagoniste attachant. Et une chute qui surprend. En ce sens qu’elle se montre à l’opposé de ce que le lecteur attend du dénouement. Un habile contre-pied, donc. Dans mon top 3.

L’automate de Maître Sigismond :

Une jolie histoire très émouvante. Cependant,  je ne suis pas certaine d’avoir saisie la chute de la nouvelle comme il le fallait. La résolution du mystère reste quelque peu opaque… comme un nuage de charbon. Mais l’histoire est très touchante. A découvrir !

La rocambolesque odyssée de l’Ulysse :

Delphine Schmitz a une imagination débordante et le prouve encore une fois avec brio dans cette longue nouvelle, hommage malicieux aux classiques de Jules Verne.  Un vrai souffle épique traverse cette histoire de chasse au trésor en sous marin !! Une aventure très divertissante où il faut prendre garde aux faux-semblants😉 et Louise Bunsen est un sacré personnage. Une héroïne de caractère comme je les affectionne. J’ai beaucoup apprécié le voyage.

Taxidermie :

La nouvelle la plus noire et glauque de l’ensemble.  Elle le doit avant tout à son ambiance sombre particulièrement bien travaillée  et réussie. L’auteure nous entraîne dans un cauchemar parfaitement orchestré par ses soins où le suspense ne faiblit pas un instant. Une histoire qui se lit d’un trait,  en apnée.
Brrr, frissons garantis. Dans mes préférées.  J’ai adoré.

Seuls le diable et moi :

Riche en trouvailles technologiques futuristes, cette nouvelle digne d’un « comic » américain, possède une très bonne intrigue et d’excellents personnages. Une histoire de super-héros avant l’heure où nous faisons la connaissance du charmant et flamboyant Ptéranodon, qui est un peu l’ancêtre de Batman.😉 Très divertissant !

Télétempus :

Une histoire:très bien construite et surtout très originale.  Avec en prime une joli pincée d’humour et un retournement de situation totalement inattendu et brillant au milieu du récit  ! Je n’ai pas « vu » arriver l’astuce😉 Bravo ! Idée et traitement parfaitement maîtrisés de bout en bout.

L’une de mes nouvelles « chouchous » du recueil😉 Et une très bonne fin qui évite habilement le côté moralisateur du « tous les humains sont des vilains égoïstes pollueurs destructeurs de planète ».

Le Conseil des Perpétuels :

Un éclairage passionnant sur les sept nouvelles précédentes. Toutes les questions que le lecteur se posent trouveront ici réponses et le moins que l’on puisse dire, c’est que c’est très surprenant ! Je ne m’attendais pas à ces explications finales : preuve que l’auteure nous a habilement « manœuvré » durant tout ce temps😉 Mais on ne lui en veut pas, bien au contraire !

Conclusion
Très habile réactualisation des grands thèmes fondateurs de la SF, entre science, magie, utopie et réécriture historique pleine de fantaisie, ce recueil de nouvelles s’avère une lecture extrêmement addictive et divertissante.

Un charme fou se dégage de chacune des huit histoires proposées, toutes rédigées dans un style agréable et dynamique qui met en valeur d’excellentes idées très bien exploitées par l’auteure.

Ajoutez à cela,  une bonne dose d’originalité, une pincée d’humour, un zeste de romantisme, et des chutes inattendues savamment maîtrisées et vous obtenez un cocktail détonnant ! En résumé, du steampunk fun et divertissant. J’adhère!  Cet Élixir, je vous le dis, est des plus savoureux !

Bien sûr, certains puristes pourront toujours froncer les sourcils devant certaines petites « incohérences  » scientifiques ou une ou deux facilités scénaristiques. Mais n’est-ce pas justement la magie du steampunk que de rendre l’impossible possible en réécrivant le passé au futur ? Alors, ne boudons pas notre plaisir !

 Je me suis régalée et recommande cette lecture aux amateurs de steampunk comme aux néophytes du genre : un ouvrage idéal pour découvrir ce courant littéraire.

Pour le pré commander :

http://www.sema-diffusion.com/pages/sema-editions/catalogue/collection-sema-galaxie/elixir-de-nouvelles-steampunk-de-delphine-schmitz.html#bYxGVTlfDtzHbFAs.99

« La fille du train » de Paula Hawkins

Couverture La fille du train

2015 Editions Sonatine

Française Langue française – 378 pages – Sortie : 7 Mai 2015

Ma note 4étoiles-trèsbonmais

Synopsis

Depuis la banlieue où elle habite, Rachel prend le train deux fois par jour pour aller à Londres. Le 8 h 04 le matin, le 17 h 56 l’après-midi. Chaque jour elle est assise à la même place et chaque jour elle observe, lors d’un arrêt, une jolie maison en contrebas de la voie ferrée. Cette maison, elle la connaît par cœur, elle a même donné un nom à ses occupants qu’elle voit derrière la vitre. Pour elle, ils sont Jason et Jess. Un couple qu’elle imagine parfait, heureux, comme Rachel a pu l’être par le passé avec son mari, avant qu’il ne la trompe, avant qu’il ne la quitte. Rien d’exceptionnel, non, juste un couple qui s’aime. Jusqu’à ce matin où Rachel voit un autre homme que Jason à la fenêtre. Que se passe-t-il ? Jess tromperait-elle son mari ? Rachel, bouleversée de voir ainsi son couple modèle risquer de se désintégrer comme le sien, décide d’en savoir plus sur Jess et Jason. Quelques jours plus tard, c’est avec stupeur qu’elle découvre la photo de Jess à la une des journaux. La jeune femme, de son vrai nom Megan Hipwell, a mystérieusement disparu…

Mon avis

Un peu de peine à embarquer à bord du train à cause de la triple narration alternée. Mais une fois dedans, ce thriller est impossible à lâcher.

Un thriller qui vaut plus pour ses personnages que pour son intrigue assez basique. L’héroïne principale est attachante.

En revanche, j’ai deviné le coupable trop tôt dans l’histoire. Dommage. Mais j’ai bien aimé tout de même.

15/20.

« Les innocents » de Robert Pobi

2015 Editions Sonatine (Thriller/Policier)

Française Langue française – 448 pages | Traduit par Arnaud Baignot – Sortie : 17 Septembre 2014

Synopsis

D’un tempérament impétueux, souvent borderline, Alexandra Hemingway, inspectrice à la section des homicides violents à New York, a l’habitude des enquêtes difficiles. Totalement impliquée dans son métier, elle n’hésite pas à prendre tous les risques. Son visage, refait, marqué par de multiples cicatrices, est là pour le prouver. Le jour où l’on retrouve dans l’East river le corps d’un enfant dont les pieds ont été sectionnés, l’affaire s’annonce particulièrement délicate. D’autant plus que la presse n’hésite pas à consacrer ses gros titres à ce genre de meurtre et à venir perturber les investigations. Lorsqu’un autre enfant est enlevé, la panique gagne Manhattan. Panique d’autant plus justifiée que le prédateur à l’œuvre est l’une des figures du mal les pires qui soient. Habituée aux noirceurs les plus effroyables de l’âme humaine, Alexandra pensait avoir tout vu. Elle n’avait pas connu le pire.

Ma note : 3étoilesbon

Mon avis

Très déçue encore une fois par Robert Pobi ! Tout comme pour le précédent roman de Pobi, L’invisible, j’ai tout deviné (identité du coupable, mobile, modus operandi…) bien avant la fin. Les thrillers de Pobi ne sont décidément pas pour moi (je dois avoir le même esprit tordu que l’auteur car je devine tous les rebondissements de l’intrigue bien à l’avance). Dommage, l’héroïne était pourtant sympa, je l’ai bien aimé..

« Tout ce qu’on ne s’est jamais dit » de Celeste Ng

 

ISBN : 2355843678
Éditeur : Sonatine (2016)

Langue française – 300 pages – Sortie : Mars 2016

Note 4étoiles-trèsbonmais

Synopsis

Lydia Lee, seize ans, est morte. Mais sa famille l’ignore encore… Élève modèle, ses parents ont placé en elle tous leurs espoirs. Sa mère, Marylin, femme au foyer, rêve que sa fille fasse les études de médecine qu’elle n’a pas pu accomplir. Son père, James, professeur d’université d’origine chinoise, a tant souffert de sa différence qu’il a hâte de la retrouver parfaitement intégrée sur le campus. Mais le corps de Lydia gît au fond d’un lac. Accident, meurtre ou suicide ? Lorsque l’adolescente est retrouvée, la famille Lee, en apparence si soudée, va devoir affronter ses secrets les mieux gardés.
Des secrets si longtemps enfouis qu’au fil du temps ils ont imperceptiblement éloigné ses membres, creusant des failles qui ne pourront sans doute jamais être comblées. Bien sûr, Tout ce qu’on ne s’est jamais dit distille un suspense d’une rare efficacité. Mais ce livre qu’on garde en soi très longtemps est bien plus que cela. Celeste Ng aborde la violence de la dynamique familiale, les difficultés de communication, le malaise adolescent, avec une intensité exceptionnelle qui évoque l’univers de Laura Kasischke.
En distinguant cette œuvre envoûtante comme l’un des meilleurs romans de l’année, les critiques anglo-saxons ont salué la naissance d’un écrivain majeur et fait le succès du livre, vendu à plus d’un million d’exemplaires.

Mon avis

Un énorme merci à Sonatine pour leur confiance qui m’honore (et pour tous les superbes thrillers et les nouveaux auteurs découverts grâce à eux au cours des dernières années passées) ainsi qu’à Babelio pour m’avoir proposé ce partenariat privilégié que j’ai beaucoup apprécié.

Pour un premier roman, Tout ce qu’on ne s’est jamais dit est déconcertant de maîtrise : maturité de l’écriture, intelligence des dialogues, justesse psychologique, personnages brillamment construits…
Son originalité repose sur le fait que Celeste Ng nous emmène explorer le passé des protagonistes principaux pour mieux découvrir la vérité sur ce qui s’est passé cette fameuse nuit où Lydia a quitté silencieusement la maison. Avec posées en filigrane ces questions obsédantes :  Le désespoir est-il forcément héréditaire ? Jusqu’où doit-on pousser nos enfants à réussir leur scolarité et leur vie ? Où commence le vivre par procuration ? Jusqu’où peut-on se réaliser à travers ses enfants lorsqu’on pense avoir raté sa vie ? Pour quelles conséquences ?
Car au fond, il importe moins dans ce roman de découvrir ce qui est arrivé à la jeune Lydia que les circonstances qui ont formé le drame. C’est pourquoi, même si nous brûlons de découvrir le fin mot du mystère de la mort de la jeune fille (accident, suicide, meurtre ?), le cheminement pour y parvenir est tout aussi passionnant à suivre que la résolution de l’énigme en elle-même. Et ce, d’autant plus que les personnages, sont l’un des points forts principaux du roman.  Des personnages humains donc imparfaits mais très attachants malgré eux et leurs défauts. Ils m’ont tous touché chacun à leur façon, agacés ou déçus parfois. Mais jamais ne m’ont laissé indifférente.
Tout ce qu’on ne s’est jamais dit est un roman troublant qui interroge et prend á parti son lecteur. Comme pour dire : Voyez qui sont ces gens, voyez ce qu’ils ont affronté et voici ce qu’ils sont devenu. Et vous ? Qu’auriez-vous fait à leur place ?
A sa manière bien particulière, Tout ce qu’on ne s’est jamais dit de Celeste Ng se lit comme un véritable page-turner. Certes, ce très bon roman noir ne vous donnera pas forcément envie de passer une nuit blanche pour le terminer mais pour autant, une fois totalement immergé dans l’histoire, vous n’aurez pas envie de le reposer tant l’auteure parvient à nous maintenir en haleine tout du long, nous donnant envie d’en apprendre toujours davantage sur cette famille Lee, en apparence si tranquille.
La famille est une tragédie écrite par les parents et jouée par les enfants, dit-on. Peut-être est-ce vrai ? Du moins est-ce ce que l’on ne peut s’empêcher de penser en tournant la dernière page de ce très bon roman noir qu’est Tout ce qu’on ne s’est jamais dit de Celeste Ng. Une Laura Kasischke (auteure que j’adore) en devenir. En tout cas, c’est tout le mal qu’on peut lui souhaiter.

Pig Island de Mo Hayder

 

2008 Editions Pocket

Française Langue française – 471 pages

Temps de lecture : 6 jours

Note 4étoiles-trèsbonmais

Synopsis

Joe Oakes est journaliste et gagne sa vie en démystifiant les prétendus phénomènes paranormaux. En débarquant sur Pig Island, îlot perdu au large de l’Ecosse, il est fermement décidé à vérifier si la trentaine d’allumés qui y vivent en vase clos vénèrent le diable comme les en accusent les gens de la côte. Et, surtout, il veut tordre le cou au mythe du monstre qui aurait élu domicile sur l’île, une mystérieuse créature filmée deux ans plus tôt par un touriste à moitié ivre. Mais rien, strictement rien ne se passe comme prévu. Joe est confronté à des événements si atroces qu’ils bouleversent à jamais son idée de la peur et du mal…

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Un style percutant, une intrigue glauque, une ambiance sombre, une sensation de malaise latente, un thème délicat et casse-gueule (les sectes et le fanatisme religieux vu à travers le prisme des prédicateurs itinérants),  des scènes d’un réalisme cru, une construction originale et complexe… c’est du Mo Hayder, quoi….

Plus profond et torturé que Fétiches mais bien inférieur à Tokyo, Pig Island est un bon thriller malgré sa longueur qui provoque un certain ennui et ses nombreux temps morts.

Pig Island se démarque avant tout par son ambiance sombre  flirtant étroitement avec l’épouvante, sa construction originale où intrigues et sous-intrigues s’emboîtent à la manière d’une poupée russe (quand un arc narratif s’achève, une nouvelle sous-intrigue inattendue fait son apparition pour nous surprendre à nouveau jusqu’au rebondissement final (que j’avais deviné, hélas pour moi) et son ton cru et réaliste (sang, tripes, excréments, rien n’est épargné au lecteur).

Malgré le plaisir pris à sa lecture, à l’arrivée Pig Island constitue donc pour moi une petite déception. Mes attentes étaient certainement trop grandes.

Un thriller à lire toutefois si on est amateur du genre, même s’il n’est pas exempt de défauts et n’est pas l’œuvre la plus réussie de Mo Hayder.