Tagué: Zombies

Orgueil & Préjugés et Zombies de Seth Grahame-Smith & Jane Austen


2014 Editions Pocket

Française Langue française – 349 pages | Traduit par Laurent Bury – Sortie : 9 Janvier 2014
Temps de lecture : 5 jours

Note **

Synopsis

Pour la famille Bennet, qui compte cinq filles à marier, l’arrivée de deux jeunes et riches célibataires dans le voisinage est une aubaine: enfin, des cœurs à prendre, et des bras supplémentaires pour repousser les zombies qui prolifèrent dans la région ! Mais le sombre Mr Darcy saura-t-il vaincre le mépris d’Elizabeth, et son ardeur au combat ? Les innommables auront-ils raison de l’entraînement des demoiselles Bennet? Les sœurs de Mr Bingley parviendront-elles à le dissuader de déclarer ses sentiments à Jane? Surtout, le chef-d’œuvre de Jane Austen peut-il survivre à une attaque de morts-vivants ?

La sortie de l’adaptation ciné m’a donné envie de lire cette réécriture très décriée sur la blogosphère (et ailleurs) même si, pour être honnête, ni la couverture et encore moins le résumé, ne m’attiraient vraiment.

Les critiques sont assez virulentes envers ce livre. Je le serai un peu moins. Cette réécriture de l’œuvre culte est une pochade, pas très finaude, j’en conviens tout à fait, qui assume sa médiocrité de ton et son mauvais goût et n’a d’autre but que d’amuser. Un texte pour rire qui ne se prend pas au sérieux. Il faut le lire comme tel, et l’on se surprendra à sourire parfois…Car c’est parfois tellement mauvais que c’en est drôle ! Certaines scènes atteignent le comble du ridicule et tous les personnages sont tournés en dérision, au moins une fois au cours de l’intrigue. J’en veux pour preuve le personnage d’Elizabeth Bennet, si éloignée des fondamentaux de l’original, qu’on ne la reconnaît pas du tout. Et ne parlons pas de Lady Catherine de Bourgh, la tueuse émérite de Zombies (!) C’est pour le moins déroutant.

Néanmoins, moi qui m’attendais à détester ce roman, je me suis surprise à trouver cette réécriture assez sympa dans l’ensemble. Pourquoi, vous étonnerez-vous ? Certainement parce que je n’avais aucune attente particulière en le commençant. En fait, je pensais même que ce serait beaucoup plus nul que ça ne l’est en réalité. Certains passages sont amusants, les clins d’œil savoureux. L’humour (potache) naît du décalage entre l’époque victorienne si attachée aux règles de bienséance et le désordre inconvenant qu’y sème ces affreux zombies.
Mais ce qui rachète véritablement ce roman imparfait à mes yeux, c’est son auto-dérision assumée. Il ne se prend pas du tout au sérieux, pas plus que l’auteur. Ce qui rend cette réécriture attachante. On a l’impression de lire un hommage facétieux, irrévérencieux et maladroit.

Pour apprécier ce roman, je crois qu’il faut posséder une bonne dose de recul, de détachement mais SURTOUT énormément de second degré. C’est le meilleur moyen de ne pas être déçue. En ce qui me concerne, bien qu’inconditionnelle de Jane Austen, je ne considère pas cette réécriture comme scandaleuse ou infâmante. J’ai lu des choses bien plus innommables et offensantes envers la littérature (Fifty shades of Grey pour n’en citer qu’un).

On ne peut nier que cette petite farce est divertissante. Un vrai petit plaisir coupable. De plus, sa rédaction part d’une bonne intention : faire connaître l’œuvre aux nouvelles générations.
J’ajouterai que Jane Austen, réputée pour son grand sens de l’humour, aurait sans doute beaucoup ri de cette idée saugrenue de zombies victoriens!

Certes, ça ne vole pas haut, l’auteur se permet de nombreuses libertés avec l’intrigue, et la lecture est un peu ennuyeuse pour qui connaît l’œuvre originale mais, et j’en suis la première surprise : cette histoire de zombies bouffeurs de cervelle m’a permis de me….vider la tête 😉

[Challenge de Calypso, session « Mort »] « Le Livre sans nom, 4, Livre de la mort » d’Anonyme

Editions Le Livre de Poche (2013)

504 pages

Temps de lecture : 3 jours

Note 4étoiles-trèsbonmais

Synopsis

Il est sans doute préférable pour votre bien-être que personne n’inscrive jamais votre nom dans Le Livre de la mort, sans quoi il vous resterait très peu de temps pour formuler vos dernières volontés. Aussi on peut aisément comprendre que celui-ci fasse l’objet de multiples convoitises, en général assez mal intentionnées. Et que quelques contrariétés guettent son actuel détenteur, l’infortuné Sanchez.

Officiellement mort, le Bourbon Kid, le tueur le plus impitoyable que la terre ait jamais portée, devrait, pour sa part, pouvoir aspirer à des jours heureux en compagnie de Beth, son amour de jeunesse enfin retrouvé. Encore faudrait-il que sa nouvelle identité reste secrète, sans quoi ses nombreuses victimes et ses ennemis, plus nombreux encore, pourraient bien s’unir pour élaborer une terrible vengeance. Mais quand Beth est kidnappée et qu’il s’avère être le seul à pouvoir sauver la petite ville de Santa Mondega d’un terrible bain de sang, le Bourbon Kid n’a plus qu’une solution : revenir d’entre les morts. Plus sauvage et impitoyable que jamais.

 

Une « resucée » (facile, le jeu de mot) des deux premiers tomes qui resteront mes préfèrés.

L’effet de surprise des débuts est un peu passé. Ce quatrième opus sent un peu le réchauffé.

Malgré la présence de l’inénarrable Sanchez et sa cuvée spéciale,  qui, dans ce dernier épisode, vole indiscutablement la vedette au Bourbon Kid en personne, ce quatriéme tome m’a moins fait rire.  A part, quelques scènes amusantes et quelques répliques bien senties, l’humour est moins présent.  Avant tout, c’est un vent de nostalgie  qui souffle entre les pages de cette dernière aventure,  cela n’a pas été pour me déplaire. Au contraire. J’ai aimé retourner sur les traces du passé du Kid et des autres habitants de Santa Modega, là où tout à commencé, on se souvient de tous les morts qui jalonnent le parcours du Bourbon Kid.  Son histoire avec Beth prend de la place dans l’intrigue.

J’ai mis pas mal de temps à le lire car je trouvais qu’il tournait en rond.  Certains chapitres du début, bien que toujours courts et rapides à lire, m’ont semblés être du remplissage. L’intrigue ne devient jouissive que passé le gros milieu du livre.

Même, s’il est un peu moins fun et rock’n’roll, ce tome nous offre un sacrè final qui dépote tout. Les cent derniéres pages sont  grandioses et renouent avec les tueries ultra-violentes à l’humour cartoonesque habilement chorégraphiées  par l’auteur, qui faisaient tout le charme décomplexé des premiers.

Bref, si ce n’est pas le meilleur de la série, c’est un tome à lire de toute façon pour les vrais fans de la saga du Bourbon Kid !

lechallengedecalypspo

[LC] « Les Faucheurs sont les Anges » d’Alden Bell

Editions Bragelonne
Publié en 2012 ~ Langue : Française ~ 288 pages
Année de parution française : 2012
Année de parution originale : 2010
Titre VO : The reapers are angels
Genre : Fantastique
Temps de lecture : 2 jours
Note 
Synopsis 
Depuis vingt-cinq ans, la civilisation se réduit à de pauvres enclaves qui s’efforcent d’endiguer des flots de morts-vivants. Une jeune fille nommée Temple sillonne ces paysages d’une Amérique dévastée lors d’une errance solitaire qui lui permet de faire taire ses démons intérieurs. Elle n’a pas souvenir du monde avant l’arrivée des zombies, mais se rappelle le vieil homme qui les avait recueillis, son jeune frère et elle ; un cadet dont elle a eu la charge jusqu’à la tragédie qui l’a poussée à aller de l’avant, en quête de rédemption. Un voyage initiatique d’îlot préservé en îlot préservé, à travers un Sud ravagé en proie à la sauvagerie, au cours duquel Temple devra décider où fonder un foyer et trouver le salut qu’elle cherche désespérément.

Contrepoids total au formidablement divertissant New Victoria, Les Faucheurs sont les anges offre une variation plus sombre et désenchantée du thème des zombies, actuellement en vogue dans la littérature fantastique et YA.

La couleur de New Victoria était déjà assez sombre, mais ici, l’atmosphère s’élève plusieurs teintes au-dessus pour devenir carrément noire. Le roman est un savant mélange entre le classique « survival » zombiesque et La Route de McCarthy.

Le langage cru et certaines scènes « hardcore » semblent indiquer que le roman s’adresse avant tout à un lectorat adulte et averti. Ce que ne préconise pas la quatrième de couverture. Attention, donc, ce roman est très dur à lire. Cela ne m’a pas dérangée car j’ai déjà lu bien pire mais on pourra éprouver un sentiment de malaise parfois.

Mon sentiment final s’avère contrasté. J’ai beaucoup aimé la première partie du roman, nettement moins la deuxième qui, selon moi, abandonne ce qui faisait sa force, c’est-à-dire une certaine forme de réalisme (même si je sais que vous allez me dire qu’il n’y a rien de réaliste à ce que les morts reviennent à la vie mais quand même…) pour verser dans le grotesque avec une sous-thématique improbable de mutations génétiques à laquelle on ne croit pas et un charabia métaphysique et religieux tendance new age qui, toujours selon moi, décrédibilise le roman en atténuant la bonne impression que procure la première partie.

Le meilleur du livre reste son héroïne : Temple. Une drôle d’adolescente à la fois complexe et torturée mais surtout très attachante à suivre dans son périple sur les routes d’une Amérique infestée de « rampant » et de « sac à viande ». De son passé, son origine et son histoire, il ne nous sera pas révélé grand-chose mais qu’importe, sa façon de voir la vie, de sentir les choses nous la rendent d’emblée sympathique. Les personnages qui l’entoure sont tout aussi singuliers et puissants : James, Maury, Moïse…ne laissent pas non plus de marbre. Ils sont très intriguants. 

La lenteur du récit aura sans doute séduit certains lecteurs, peut-être même l’auront-ils trouvé envoûtante ? Ce que je peux comprendre puisque cela m’a séduit moi aussi du moins dans les premiers chapitres. Car à force d’attendre une montée en puissance qui n’arrive jamais, on finit un peu par trouver le temps long.

J’ai peiné à lire le roman jusqu’au bout. Pourtant, je trouve la tentative de l’auteur d’apporter de la profondeur, de la réflexion et un questionnement sur la vie et à la mort à un livre de zombies fort louable.

Mais si le côté « philosophique » du récit est intéressant, il est vite contrebalancé par la « bondieuserie » dont est empreint le roman. Et ce sont sans doute ces incessantes références à Dieu, au bien, au mal, à la possibilité de rédemption qui m’auront le plus importuné ici.

En résumé, un roman inégal, lent, long et très théologique qui vaut surtout pour son atmosphère sombre, étrange et désenchantée et ses personnages complexes et décalés à commencer par Temple.

« New Victoria, 1 » de Lia Habel

Editions Castelmore
Publié en 2012 ~ Langue : Française ~ 544 pages
Année de parution française : 2012
Année de parution originale : 2011
Titre VO : Dearly Departed
Genre : RomanceFantastique
Temps de lecture : 2 jours
Note 
Synopsis
2195. Nora Dearly, jeune fille de la haute société de New Victoria, est plus intéressée par l’histoire militaire de son pays que par les bals et les jolies robes. Elle n’imaginait pas que la mort de son père, le docteur Dearly, la projetterait au cœur des conflits qui menacent les frontières du pays… Kidnappée par une faction rebelle, Nora doit combattre ses préjugés pour comprendre leurs motivations. Bram Griswold, un jeune soldat courageux et séduisant, entend bien lui ouvrir les yeux sur la véritable menace qui pèse sur les vivants… comme sur les morts.

Vous avez toujours rêvé de prendre le thé avec des zombies ? Oui ? Alors ce livre est fait pour vous !

L’une des raisons pour lesquelles ce roman m’a attiré l’œil est que sa couverture me faisait penser aux couvertures du Protectorat de l’ombrellede Gail Carriger, une série steampunk que j’apprécie énormément. Et ce n’est pas un hasard, car New Victoria est un habile croisement entre Alexia Tarabotti, Jane Austen et les films de George. A. Romero. Un mélange détonnant s’il en est !

Mais Lia Habel va encore plus loin dans sa reconstitution de l’ère victorienne en instaurant un climat d’étrangeté à mi-chemin entre l’horreur et le drame romantique. Chez elle, on assiste à des scènes d’une incongruité inédite, où l’on cancane, arrange des mariages au milieu de hordes affamées de zombies. Le décalage est irrésistible. Qu’importe pour cette bonne société que des cannibales soient à vos trousses, il convient de respecter l’étiquette et il est impératif que les jeunes filles se comportent décemment pour préserver leur réputation et leur chance de faire un bon mariage et, ce, même avec un macchabée accroché au bras ! C’est délicieusement surréaliste.

Comme Lia Habel le confesse dans la postface du roman, c’est parce qu’elle en avez assez de la fascination du grand public pour « la beauté figée dans l’éternité » (autrement dit les vampires qui font actuellement fureur) qu’elle a souhaité montrer qu’il existait une autre beauté, plus souterraine, vouée, elle, à la destruction, celle des zombies. C’est en partant de ce postulat que Lia Habel, férue de films de morts-vivants, à écrit New Victoria. Grand bien lui en a pris ! Son roman est l’un des romans fantastiques les plus surprenants que j’ai lu depuis longtemps. Le mélange audacieux entre un futur éloigné (l’an 2195) et l’époque victorienne où les survivants des multiples guerres mondiales et civiles ayant scindées l’humanité en deux groupes, les punks et les néo-victoriens, ont décidé de prendre pour norme sociale, retournant aux mœurs et à l’étiquette du 19ième siècle, tout en conservant une modernité technique fabuleuse, fonctionne à merveille.

Entre fiacres électriques, ombrelles lumineuses, hologrammes et écrans géants plasma, le lecteur en prend plein les mirettes. Et ce dès le début du roman. Une avalanche d’informations nous tombe sur le coin du nez et on a un peu de mal à tout assimiler d’un coup. D’où une sensation d’être perdue dans les premiers chapitres et d’avoir des difficultés à « rentrer dedans » mais les 50 pages dépassées, le roman devient terriblement immersif. Pour vous dire, je l’ai fini il y a deux jours et il me trotte encore dans la tête, je ne cesse de penser à l’univers néo-victorien et aux personnages qui m’ont le plus touchés. Depuis la fermeture du livre, tous les autres romans que j’entame me semble fades en comparaison. Ca y est, je suis accro !

Isaac Marion s’était déjà frotté à cette thématique des zombies parvenant à conserver conscience et humanité dans son roman Vivants. Bien que pas mal fait, le livre souffre énormément de la comparaison avec New Victoria qui est incontestablement bien plus travaillé, profond et convaincant. En un mot : supérieur.

New Victoria brasse des thèmes chers à la science-fiction dont notamment l’ostracisme envers les êtres différents et le racisme qui en découle. New London, la ville où se déroule la majorité de l’action, ressemble un peu au monde futuriste que l’on retrouve dans les romans de Philip. K. Dick ayant inspirés le film Minority Report. Et l’idée d’un monde intentionnellement figé à une époque donnée avait déjà été employée par Catherine Fisher dans son Incarceron.

Parallèlement à une intrigue fantastico-militaro-zombiesque maitrisée et qui revisite brillamment le thème des morts-vivants (envisagé sous l’angle d’une maladie) tout en mélangeant science, tactiques belligérantes et amour impossible, et à l’univers hybride très réussi de Lia Habel, ce qui emporte aussi l’adhésion du lecteur sont les personnages du roman, en particulier les zombies qui sont très funs. Il y a aussi un humour fort sympathique dans New Victoria, il était nécessaire d’alléger un peu une atmosphère assez sombre. Certaines répliques, je dois le dire, m’ont fait « mourir » de rire comme cette phrase de Renfield (clin d’œil à Bram Stoker), un zombie voulant pouvoir séduire les demoiselles et qui déclare : « Les vampires sont des zombies qui ont de meilleurs attachés de presse/une meilleure campagne médiatique » – je cite de mémoire, mais l’idée principale y est.

Chastity et le docteur Samedi (doté d’une particularité physique étrange que je vous laisse la surprise de découvrir) sont également très très drôles. Eh oui, des zombies comiques, ça existe !

J’ai aimé le caractère entier de Nora, même s’il elle m’a parfois agacé avec ses incessantes sautes d’humeur et si au départ de l’histoire c’est son personnage qui avait mes faveurs, bien vite c’est sa meilleure amie, Pamela – que je trouvais fade au début – qui a fait ma conquête. C’est elle qui connait, je pense, l’évolution la plus intéressante de tout le roman. Pour résumer, elle passe de Liz Bennett à une sorte de Lara Croft victorienne armée d’un arc et qui éclate les moribonds à coups d’ombrelle ! Pamela, faut pas la chercher, hein !  Son frère Izzy, et l’ennemie intime de Nora et Pamela, Vespertine, m’ont souvent agacés mais comme ils ont été crées dans ce but par Lia Habel, on a le droit de leur tirer la langue. Sans compter, que l’un des deux connaitra une évolution étonnante.

Bram, le héros principal au même titre que Nora et Pamela, est  le prince charmant des zombies. Il est tendre, amusant, courageux, rassurant, romantique et attentionné (manquerait plus qu’y mordre, tiens !) Bon, il est peut-être un peu trop parfait, sachant qu’en plus, contrairement à la plupart de ses acolytes, il n’a jamais goûté à la chair humaine, bref, il est un peu trop le « gendre zombie idéal ». Mais il n’en reste pas moins très attachant et touchant, cet Abraham.

La narration éclatée permet de suivre l’action en plusieurs lieux a la fois. Le lecteur est presque omniscient, il ne rate rien ou presque des agissements de chacun. Cependant, cette narration dispersée rend la lecture plus lente car on change sans cesse de personnage et on s’y perd un peu.

Parmi les nombreux romans steampunks et para-austenien actuellement sur le marché, New Victoria s’impose comme une œuvre extrêmement originale et surprenante qui offre à la fois un univers totalement décalé et incongru et pourtant crédible et un climat d’étrangeté réjouissant ainsi que des personnages drôles et attachants (et accessoirement morts). Une réussite quasi-parfaite qui parvient à nous tenir en haleine entre science, guerre, horreur et romance.

Attention, j’ai dit quasi-parfait, c’est donc qu’il ne l’est pas totalement. Certains « détails » m’ont chiffonnée : des méchants un peu caricaturaux et des longueurs dispensables selon moi, surtout au début. Une certaine facilité parfois, bien entendu, Bram est forcement le moins rafistolé de tous les zombies, le plus beau, le plus malin. Il faut bien rendre la romance possible sans que cela paraisse trop dégoûtant. Et la fin utilise un peu beaucoup d’hémoglobine. Bon, vous aurez compris que là je chipote pour la forme, la vérité, c’est que j’ai littéralement adoré ce roman et que New Victoria est un excellent roman à ne pas rater.

[LC] + [Challenge ABC 2012, Littératures de l’imaginaire, Lettre I] « Vivants » d’Isaac Marion

Editions Bragelonne

Publié en 2011 ~ Langue : Française ~ 318 pages
Traduit par Benoît Domis

Temps de lecture : 3 jours 

Plaisir de lecture  Très bon mais …

Synopsis

Le monde est dévasté par une étrange épidémie. Les Morts se relèvent, les Vivants se cloîtrent à l’intérieur de forteresses. Une guerre sans merci les opposent.
R est un Mort. Comme tous les Morts, R n’a pas de souvenirs, pas d’émotions, et, animé par une faim irrépressible, dévore les Vivants. Mais R rencontre Julie. R l’emmène avec lui. Et bafoue les règles des Vivants et des Morts pour rester avec elle. Mais leur monde ne les laissera pas faire.

°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°

Vivants est une sorte de Roméo & Juliette version zombies ou plus proche de notre époque, une sorte de Twilight où les vampires seraient des zombies mangeurs de cerveaux n’ayant conservés que des bribes d’humanité. Sauf que dans Twilight, Edward ne se décompose pas (beurk) et ne sens pas la charogne comme R. (re-beurk). Y’à pas à dire les vampires c’est quand même plus facile à présenter à ses parents qu’un zombie, plus glamour aussi.

Mais voilà R est un zombie super attachant ! Et le roman plus profond qu’il n’y parait. Ce livre est même un hymne à la vie, une ode à l’espoir, dispensé par des zombies ! Bien que l’atmosphère soit tout de même très glauque, l’histoire est aussi drôle , touchante et parfois poétique. L’intrigue transcende son aspect horrifique et sanglant pour nous offrir une jolie histoire d’amour et d’amitié. Et bien que l’histoire soit invraisemblable (c’est le moins qu’on en puisse dire) et pleine d’incohérences, elle atteint son but : nous toucher et nous tenir en haleine.

La grande originalité (et l’idée de génie de l’auteur) est de nous introduire dans la tête et le quotidien d’un zombie, ce qui n’avait jamais été fait avant si je ne dis pas de bêtises. R. est donc un zombie, au premier stade de la décomposition, et il n’en est pas peu fier !, encore assez conscient de lui-même et de ce qui l’entoure pour nous narrer son histoire en utilisant le « je » et nous servir de guide dans le monde réglementé et hiérarchisée des morts-vivants.

La deuxième bonne idée est qu’en mangeant le cerveau de leur victime (oui, je sais, BEURK), les zombies peuvent accéder à leurs rêves secrets, souvenirs et émotions passées l’espace d’un instant. Ceci aura une importance capitale dans l’histoire du roman.

Drôle de livre et drôle de roman donc qui balance sans cesse entre roman d’horreur et romance en un équilibre périlleux dont l’auteur joue plutôt bien.

Mais quel dommage qu’il cède à la facilité dans les derniers chapitres ! La fin m’a pour le coup laissée sur ma faim. Pourquoi ce « happy end » incongru ? Et surtout pourquoi toutes ces questions laissées sans réponses satisfaisantes ? Au final, on ne saura rien du pourquoi du comment et cela m’a agacée de me retrouver au même point qu’au tout début du roman. D’où vient le virus ? Une réponse pseudo-philosophique nous est jetée maladroitement comme un os à ronger et c’est tout ! Ce manque de réponses a même conduit au fait que je n’ai pas compris tout ce qui se passe vraiment à la fin du roman…

Bref, ce roman est pas mal mais aurait pu être beaucoup mieux s’il ne faisait pas tant de rétention d’informations et s’il ne versait pas dans la facilité à la fin.

[Challenge ABC 2012 – Littératures de l’imaginaire – Lettre H] + [LC] « Anita Blake, 3, Le cirque des damnés » de L.K Hamilton

Editions Milady

Publié en 2009 ~ Langue : Française ~ 379 pages

Temps de lecture : 2 jours

Plaisir de lecture :  Très bon mais …

Synopsis

Je vous le dis franchement : je stresse! Nous vivons vraiment clans un univers IM-PI-TOYABLE ! Prenez par exemple Jean-Claude, propriétaire, entre autres, du Cirque des Damnés, une boîte branchée des plus rentables. Eh bien, il n’est entouré que de gens qui veulent soit lui faire la peau, soit prendre sa place, voire les deux. Tous des vampires, bien sûr, avec des dents qui rayent le parquet. Vous me direz que, même s’il a le sens de l’humour, J.-C., lui aussi est un vampire et que sa principale ambition semble être de faire de moi son esclave. Peut-être finalement devrais-je laisser les loups-garous et autres se dévorer entre eux. Et plutôt me consacrer à empêcher mes chers zombies de nuire…

°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°

Je n’ai pas grand-chose à dire sur ce roman si ce n’est que j’ai passé un bon moment. Ce troisième tome est dans la lignée du deuxième, attrayant et attractif. Il se lit vite et facilement.

L’intrigue est bonne mais un peu en dessous de celle du précédent pour moi. De nouvelles créatures surnaturelles sont du spectacle, notamment une terrifiante lamie. Oui, les reptiles entrent en scène dans l’univers d’Anita comme le suggère la jolie couverture. Anita me plait de plus en plus même si elle se plaint un peu trop mais bon, avouons qu’elle a de quoi. Sa relation avec Jean-Claude mais aussi son amitié particulière avec Edward, le tueur à gages m’ont beaucoup plu dans cet épisode. J’ai aimé aussi qu’Anita s’occupe un peu plus de sa vie sentimentale même si les êtres les plus chers à ses yeux restent ses armes.

L’atmosphère est toujours aussi glauque, sanglante voire dérangeante. Les scènes « beurk beurk » sont légion et il faut parfois avoir le coeur bien accroché.

Une seule chose m’a fait un peu grincer des dents, c’est l’accumulation d’invraisemblances dans l’histoire notamment le fait qu »Anita soit à ce point sollicitée, n’ayant jamais une minute à elle du matin au soir, pour dormir, s’alimenter ou faire du sport, que tous les gens qu’elle rencontre ou presque veulent sortir avec elle ou plus souvent la tuer et qu’on rentre dans son appartement comme dans un moulin. A force on n’y croit plus. La somme d’événements ou de problèmes qu’Anita rencontre en une journée ou en deux jours n’est absolument pas crédible pour un sou. Mais bon, au moins cela donne un rythme soutenu au roman.

Ceci est ma huitième du challenge :

 

Je lirai le quatrième avec plaisir en tout cas.