Tagué: Urban Fantasy

[LCD8] « Les gardiens des éléments, 1, La Maitresse du vent » de Rachel Caine

 

 

Editions Panini Books (Crimson) (2013)

329 pages | Traduit par Marianne Audouard

Temps de lecture : 2 jours

Note 3étoilesbon

Synopsis

Joanne Baldwin est une gardienne des éléments. En général, il lui suffit de faire un geste de la main pour apprivoiser la tempête la plus violente. Mais Joanne tente à présent d’échapper à un autre type de tourmente: des accusations de meurtre. Elle n’a plus qu’à recourir à une tactique très humaine, celle qui consiste à sauver sa peau…

Son seul espoir s’appelle Lewis, le plus puissant des gardiens. Malheureusement, lui aussi a tenté d’échapper au Conseil mondial des gardiens faisant de lui l’homme le plus recherché du monde. Et sans Lewis, les chances de survie de Joanne fondent comme neige au soleil… Elle parcourt à toute vitesse les routes des États-Unis dans sa Mustang à sa recherche, en espérant qu’il puisse l’aider, tout en essayant d’échapper à la tempête qui veut sa peau…

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Je suis mitigée. Certaines choses m’ont plu, d’autres moins.

Ce premier tome souffre de ses longueurs. Le gros travers de l’auteure est en effet, de décrire des phénomènes météorologiques de façon interminables et à l’aide d’un lexique savant et compliqué, comme l’orage, ce qui rend indigeste la première moitié. La deuxième est supérieure. Le personnage principal est en plein road movie pour échapper à ses poursuivants. L’intrigue avance par à-coup au fil des souvenirs de l’héroïne, des souvenirs liés là encore à des événements météorologiques ayant occasionnés des moments forts de sa vie ou des rencontres déterminantes. Le rythme monte d’un cran. La mythologie portant sur le contrôle des éléments est originale. J’aie beaucoup apprécié l’emploi qui est fait des Djinns et de leurs pouvoirs. Des créatures trop rarement utilisés dans l’Urban fantasy et je le regrette.

L’héroïne m’a été sympathique d’emblée, son franc-parler, son humour, son allure décomplexé et un peu garçon manqué, sa sensibilité et ses valeurs m’ont séduite.

La romance est bien amenée dans l’histoire. Discrète, elle ne m’a pas dérangée outre mesure car elle fait peu d’ombre à l’action de la deuxième moitié du récit.

Exceptées les descriptions omniprésentes qui font songer à du remplissage, et la fin qui est pour moi trop rapide, le roman n’est pas désagréable mais sans être davantage que passable. Je ne suis pas encore convaincue de lire le tome 2 pour autant.

« Charley Davidson, 3, Troisième tombe tout droit » de Darynda Jones

Editions Milady (2012)

413 pages | Traduit par Isabelle Pernot

Temps de lecture : 4 jours 

Note 4étoiles-trèsbonmais

Synopsis 

Détective privé paranormal. Sinistre faucheuse extraordinaire. Peu importe. Charley Davidson est de retour ! Et elle boit de grandes quantités de café pour rester éveillée, parce que chaque fois elle ferme les yeux, elle le voit : Reyes Farrow, le mi-humain, mi-mannequin fils de Satan. D’accord, elle a fait emprisonner Reyes pour toute l’éternité. Mais comment est-elle censée résoudre un cas de personnes disparues, traiter avec un médecin à l’ego sur-dimensionné, calmer son père grincheux, et attraper un gang de motards déterminé à assassiner, quand le fils du diable ne veut tout simplement pas renoncer à son plan de séduction… et de vengeance?

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Après deux très bons tomes, la série marque un peu le pas et rentre dans le rang de l’urban fantasy « moyenne ».

Ce troisième tome m’a pas mal déçue. L’intrigue principale, la disparition d’une femme mariée, ressemble beaucoup à celle du tome précédent et n’est pas franchement passionnante.

Moins drôle que les précédents, l’humour m’a même semblé forcé à certains moments. Notamment dans les dialogues Charley/Cookies qui sont d’habitude hilarants. Problème de traduction ? Ou alors le duo fonctionne moins bien qu’avant ?

L’histoire entre Charley et Reyes piétine. Et je dois dire que le côté Jekyll et Mister Hyde du personnage de Reyes est un peu déstabilisant.

Moi qui généralement dévore chaque tome de la saga, cette fois, j’ai mis beaucoup plus de temps à terminer car je « calais » souvent et j’avais besoin de lire autre chose, tout simplement parce que je trouvais le temps long.

La fin est un peu plus prenante mais elle me fait craindre le pire pour la suite de la saga. En effet, c’était trop beau pour que ça dure J’apprécie cette série parce que contrairement à bien d’autres, l’héroïne n’avait pas une vie amoureuse compliquée avec des prétendants à la pelle et une tendance comme tant d’autres héroïnes de bit-lit qui m’insupportent à flirter avec tout ce qui porte un pantalon. Bref, j’aimais le fait que la saga ne se focalise pas trop sur la romance et ne npus propose pas ces éternels triangles amoureux qui semblent la condition Sine qua non de la plupart des romans de ce genre. Hélas, les dernières pages ne m’ont pas rassuré. J’ai bien peur que dans les prochains tomes, Charley ne devienne une autre Anita Blake, Cookie Stackehouse et cie… Je sens venir le quatuor sentimental de loin et je sais que cela va m’énerver…

Je me suis ennuyée. Ma sévérité va donc de pair avec ma grosse déception. 

J’espère quand même que le quatrième tome redressera la barre et me donnera tort car cela m’ennuierait de devoir abandonner cette série et son héroïne que j’affectionne tout particulièrement. 

[LC] « L’Exécutrice, 3, Venin » de Jennifer Estep

Editions J’ai Lu (Crépuscule)
Publié en 2011 ~ Langue : Française ~ 375 pages
Année de parution originale : 2010
Titre VO : Elemental Assassin, book 3 : Venom
Genre : Bit-lit
Temps de lecture : 2 jours
Note 
Synopsis
Pour tout le monde, je m’appelle Gin Blanco, propriétaire d’un restaurant qui sert le meilleur porc grillé d’Ashland. Pour mes amis, je suis l’Araignée, tueuse à gages à la retraite. Ma mission actuelle est d’ordre privé : annihiler Mab Monroe, l’élémentale de feu qui a assassiné ma famille. Je rends quelques services ici et là : débarrasser une amie vampire du désaxé qui la traque, par exemple. J’ai retrouvé ma petite soeur que je croyais morte. Mais je n’ai pas pu lui avouer ma véritable nature : une tueuse impitoyable. Quant à Owen Grayson, il en sait un peu trop sur moi, mais il est si irrésistible…

 

Jennifer Estep commence à radoter. Plusieurs pages se contentent de récapituler les événements intervenus dans les tomes précédents. Gin se répète à foison dans ce troisième opus. Besoin de remplir des pages supplémentaires ? Toujours est-il que même si l’intrigue est plus intéressante que celle du deuxième tome, je ne suis pas convaincue outre-mesure par « Venin ».

Le rythme est lent. Les prises de bec de Gin avec Donovan Caine m’ont beaucoup manquées. Elles rajoutaient un certain piment. La pleine acceptation par Owen de la nature de Gin fait retomber la pression. J’ai trouvé d’ailleurs que tout allait trop vite entre Gin et son nouveau petit ami.

Gin et Finnegan sont toujours aussi sympathiques comme personnages mais les méchants sont de plus en plus caricaturaux. Et cette pirouette qui fait tomber Bria dans les bras de Gin juste au bon moment sans que cette dernière ait le moindre effort à fournir pour la retrouver est un peu trop gros à avaler !

Comme souvent, ce qui m’a le plus intéressé ce sont les flash-back de Gin concernant son passé et qui nous permettent d’en apprendre davantage sur le soir du drame qui a vu mourir sa famille.

L’action se concentre uniquement dans les derniers chapitres en un feu d’artifices de violence et de sang mais c’est l’arbre qui masque la forêt. Le fait est que j’ai trouvé ce tome assez ennuyeux dans l’ensemble. Je n’ai pas autant vibré que pour le tout premier tome, c’est indéniable. 

« Les Chroniques de MacKayla Lane, 4, Fièvre Fatale » et « Les Chroniques de MacKayla Lane, 5, Fièvre d’ombres » de Karen Marie Moning

ATTENTION SPOILERS SUR LES CINQ TOMES DE LA SAGA

Editions J’ai Lu

Publié en 2010 ~ Langue : Française ~ 598 pages

Temps de lecture : 2 jours

Note  Excellent

Synopsis

« A la merci de mes ennemis, je lutte pour survivre, c’est à dire, en l’occurrence, pour ne pas tomber sous le charme fatal de celui que je me suis juré de tuer… Mais je sens que je perds la bataille, que les frontières entre notre monde et celui des Faës sont en train de céder. Je sens que j’entame le combat le plus difficile de ma vie. Je ne laisserai pas tomber. Je sais que j’ai des alliés, et, plus important, la mémoire de ma sœur assassinée à défendre.
Saurais-je faire face à la vérité? »

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Un très bon quatrième tome qui, il était temps, a su enfin me convaincre et me conquérir et me rendre fan de la saga de KMM après trois tomes globalement moyens parcourus épisodiquement de fulgurances.

Mac version 4.0 a enfin pris un peu de plomb dans la tête ! Il était temps là aussi.

Barrons est … comment dire ? MAGNETIQUE. Le mystère qui l’entoure ne cesse de s’opacifier et les questions qui se bousculent dans notre tête tout le long du roman menaçent de rendre folles les lectrices (et les lecteurs).

Même si sa conduite envers Mac m’a beaucoup déçue, agacée et mise en rogne ! Je n’imaginais pas que ce rapprochement tant attendu entre les deux personnages se passerait ainsi. Cela reste une sorte de viol, la faiblesse de Mac est exploitée (encore une fois !) par KMM qui décidement aime à malmener (voire humilier) son héroïne !  Même si quelque part Barrons agit pour une bonne cause : la guérir, je m’attendais à tout autre chose. En tant que femme, je n’ai pas aimé voir Mac en Pri-ya (souvenez vous : j’avais été scandalisée par la fin du tome 3).

A chaque tome la noirceur monte d’un cran. Se balader dans le Dublin interlope post-invasion est terrible et nous ressentons le même désarroi et la même colère que Mac envers l’envahissement de notre monde par les unseelies.

Ce que j’ai bien aimé également, c’est le personnage de Dani et sa montée en grade dans le récit, surtout lorsqu’elle pique la vedette à Mac. Elle est drôle et attachante. Un spin off avec Dani serait super.

Une autre de mes satisfactions est de voir Mac enfin immunisée contre les pouvoirs de V’lane m’a comblé d’aise. Depuis le temps que j’attendais cela, la voir l’envoyer balader et ne plus la voir faire la carpette devant lui ou les autres faes de séduction. Ouf!

La fin d’un sadisme rare a eu pour conséquence de me faire me précipiter sur un site marchand pour acheter le cinquième et dernier tome.

Voici venu le temps d’aborder le cinquième et dernier tome de la saga.

Editions J’ai Lu

Publié en 2012 ~ Langue : Française ~ 888 pages

Temps de lecture : 3 jours

Note Excellent

Synopsis

« Rien n’est au-delà de mes capacités. Je suis tout. Vous êtes un livre. Des pages avec une reliure. Vous n’êtes pas né. Vous ne vivez pas. Je ne connais pas la peur. Que voulez-vous de moi ? 
Ouvre les yeux. Vois-moi. Vois-toi. Files yeux sont ouverts. Je suis le bien. Vous êtes le mal. 
Conversation avec le Sinsar Dubh

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Encore plus sombre et violent que le quatrième, ce dernier tome est pourtant un peu en dessous du précédent pour moi. S’il sait se faire passionnant, il comporte trop de longueurs et de pages qui ressemblent à s’y méprendre à du remplissage.

Certaines décisions prises par Mac m’ont déplues au cours de la lecture. Je n’ai pas toujours compris ses motivations. 

L’une de mes hypothèses concernant la fin du tome 4 et le début du tome 5 s’est trouvée confirmée dés les premières pages, ce qui m’a fait craindre un dernier tome prévisible. Heureusement, ce n’est pas le cas du tout !

En nous révélant enfin la véritable nature de Barrons, KMM casse un peu le mythe qui entoure son personnage. Dur de continuer à trouver Barrons glamour après THE REVELATION en ce qui me concerne même si j’aime toujours autant le personnage. Il restera dans mon top « héros préférés d’urban fantasy ».

Cet ultime tome offre dans sa dernière moitié un afflux d’informations si intense que mon cerveau a parfois failli court-circuiter. Mais que c’est bon de tout comprendre (ou presque).

Il faut un moment pour assimiler, digérer, ce tome énorme où le lecteur va de découvertes en révélations. J’ai adoré avoir enfin des réponses. Surtout celles qui sont surprenantes. Pires, ahurissantes, renversantes… J’ai été estomaquée et ébranlée et j’ai adoré ça.  

La tournure que prend la relation Mac/Barrons me plait énormément. Pas de mièvrerie mais un romantisme sombre et une complicité voire une dévotion violente et crue approfondissent enfin leur relation. Fini le jeu du chat et de la souris. Leurs sentiments sont mis au clair.

Du suspense jusqu’à la toute fin, des émotions fortes, des fausses pistes, des chausses-trappes à foison. KMM nous régale. Pas aussi prenant que le 4 mais tellement plus satisfaisant. En tournant la dernière page, je me sentais rassassiee, repue de vérité et d’éclaircissements sur une histoire qui aura pris son temps pour se donner.

La fin idéale à mon sens, celle qu’il fallait à la saga. Une drôle de saga au demeurant dont seuls les deux derniers tomes (les meilleurs) auront su me convaincre et me plaire.

Ce qui avait mal commencé finit bien en quelque sorte.

« Charley Davidson, 1 Première tombe sur la droite » de Darynda Jones

Editions Milady

Publié en 2012 ~ Langue : Française ~ 415 pages

Temps de lecture : 1 jour 

Note  Excellent 

Synopsis

Charley Davidson est détective privée et faucheuse. Son boulot consiste à convaincre les morts « d’aller vers la lumière ». Mais ce n’est pas toujours si simple : parfois Charley doit les aider à accomplir quelque chose avant qu’ils acceptent de s’en aller, comme retrouver l’assassin de ces trois avocats. Ce qui ne serait pas un problème si Charley ne passait pas son temps à faire des rêves érotiques provoqués par une entité qui la suit depuis toujours… Or, il se pourrait que l’homme de ses rêves ne soit pas mort. Il pourrait même être tout à fait autre chose…

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Un très bon début de saga qui laisse augurer du meilleur pour la suite. 

J’avoue qu’au départ, j’étais sceptique. Pour ne pas dire que je craignais le pire lorsque j’ai vu sur le bandeau que JR Ward avait adoré et recommandait ce roman. Pour rappel, JR Ward est l’auteure de l’une des pires sagas de romance paranormale du moment (et peut-être même de tous les temps) : La Confrérie de la dague noire d’où ma légitime méfiance face à ces louanges dithyrambiques !

Mais voilà, contre toute attente : ce roman n’est pas loin du coup de cœur pour moi. J’ai tout simplement adoré et pourtant ce n’est pas mon genre littéraire de prédilection.

Ah, bon sang ! Charley ! Quelle héroïne fantastique ! En quelques lignes, elle est devenue ma copine, ma chouchoute (tout ce que vous voudrez). J’ai succombé à son charme en quatre coups de cuillère à pot. Il faut dire que sa grande gueule, son sens de la répartie et son humour caustique sont irrésistibles

Si Anita Blake relève les morts et que la plupart des autres héroïnes d’urban fantasy se chargent surtout de les envoyer ad patres, Charley, elle, les accompagne dans la mort et les aide à trouver la paix du coeur et de l’âme afin qu’apaisés, ils puissent quitter ce monde pour un monde meilleur (enfin, j’espère). C’est pourquoi, l’appartement de Charley est rempli de fantômes et que la pauvre ne peut même pas prendre sa douche tranquille sans parler de pioncer un coup !

Il y a du chaud bouillant (mais pas trop ce que j’ai apprècié) mais il y a surtout une intrigue bien ficelée (en fait, plutôt trois intrigues qui se croisent car Charley travaille sur plusieurs dossiers à la fois). 

Charley est entourée d’une galerie de personnages tous plus géniaux et touchants les uns que les autres : Cookies, Oncle Bob, Ange, le père de Charley (et j’en passe). Mais le personnage le plus émouvant et attachant du roman reste sans conteste Charley elle-même. Son coeur d’or, sa générosité l’amène à être en totale empathie avec les gens qui ont besoin d’elle et de son aide. Ce qui offre des scènes très très touchantes dans ce premier tome, pas toujours facile de se retrouver comme Whoopi Goldberg dans Ghost !! Oui,  rarement une héroïne m’aura émue à ce point sauf Cat Crawfield (Chasseuse de la nuit de Jeaniene Frost) ou Rose Hathaway (Vampire Academy de Richelle Mead) et parfois Bella (Twilight).

Caramba! Et que dire de Reyes ? Il entre dans mon top BG et rejoint Bones et Barrons sans sommation. Mystérieux, intriguant, sexy, dangereux, tendre et protecteur sans être macho, respectueux des décisions de Charley : serais-ce l’homme idéal ? 🙂

Le couple Charley/Reyes rivalise complétement avec mon couple préféré en urban fantasy : Cat/Bones et même avec Mac/Barrons. Leurs rapports sont équilibrés, ils se respectent l’un l’autre et s’acceptent tels qu’ils sont. Leur relation commence de façon singulière et son traitement est pratiquement du jamais vu en urban fantasy/bit-lit puisque tous leurs échanges (ou presque) ont lieu sur un plan onirique.

L’univers mis en place sort vraiment de l’ordinaire dans cette urban fantasy de très  bonne qualité. Pas de round d’observation, ça commence sur les chapeaux de roues et les idées formidables foisonnent. Si la résolution de l’enquête n’est pas vraiment surprenante dans le fond, elle l’est dans la forme. 

Moralité :  l’une des sagas d’urban fantasy les plus originale, rythmée, et drôle qu’il m’a été donné de lire jusqu’à présent. Darynda Jones a su créer un univers totalement inédit et très surprenant qu’elle maitrise de main de fer (et de velours). Son univers fantastique prend sa source dans les mythes occidentaux de la Faucheuse, représentation de la mort qui vient vous chercher lorsque votre heure a sonnée.

 

[LC] « L’exécutrice, 2, Trahisons » de Jennifer Estep

Editions J’ai Lu (Crépuscule)

Publié en 2011 ~ Langue : Française ~ 346 pages

Temps de lecture : 2 jours

Plaisir de lecture  Très bon mais…

Synopsis 

Gin Bianco, dite l’araignée, est une tueuse à gages à la retraite. Depuis qu’elle a décidé de venir en aide à Violet Fox et à son grand-père, son quotidien n’est pourtant pas de tout repos.

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Contrairement à la plupart des avis que j’ai pu lire, je n’ai pas trouvé ce tome meilleur ou plus rythmé que le premier. Pour ma part, je l’ai même trouvé un chouia moins bon. L’intrigue met du temps à démarrer cette fois alors que Le Baiser de l’Araignée nous cueillait d’emblée et ne nous lâchait plus. Ensuite, j’ai trouvé l’intrigue de Trahisons plus convenue que celle du premier tome. Moins originale, moins intéressante aussi sauf dans les derniers chapitres. Des histoires de vilains méchants voulant déloger de pauvres vieux bougres de leur propriété pour des raisons X ou Y, on a déjà vu et lu ça mille fois. C’est digne d’un script de série B américaine. Et puis le personnage de Violet Fox est assez gnian-gnian, en revanche, j’ai trouvé papy Fox très touchant avec son côté tendre bourru.

Il y a quand même de bons moments à lire (notamment la réception chez Mab Monroe, très stressante pour notre héroïne) mais l’intérêt global du tome est inégal. Certaines scènes sont un peu ennuyeuses. J’avais adoré le premier tome, je n’ai fait « que » beaucoup aimé ce second opus que j’ai trouvé moins haletant et moins émouvant aussi.

Heureusement, il reste les personnages. Gin en tête, cette petite est en train, mine de rien, de devenir l’une des mes héroïnes chouchoutes de la bit-lit (et elles ne sont pas nombreuses !). J’aime sa façon d’être, son franc-parler, son côté dure à cuir qui dissimule un cœur gros comme ça et sa fragilité émotionnelle. Son histoire avec Donovan Caine est très agréable à suivre et son nouveau soupirant, Owen Grayson, m’a fait bonne impression. J’ai hâte de voir comment tout cela va évoluer dans le troisième tome. Son demi-frère, de qui Gin est très proche, est toujours aussi drôle avec son côté godelureau encanaillé et son sens de la répartie. Après Gin, c’est mon protagoniste préféré de l’histoire (avec Lila, la naine gothique que j’aime beaucoup aussi et qui, je le subodore, cache des secrets passionnants). Donovan, que j’avais beaucoup apprécié dans le premier tome, m’a franchement agacé ici avec son manque de tolérance et d’ouverture d’esprit, ce qui me laisse à penser que le triste rebondissement de la fin du tome est sans doute bien mieux pour Gin.

J’ai hâte aussi d’assister à l’évolution programmée des pouvoirs élémentaux de Gin qui ne cessent de s’accroître au fil de ses affrontements.

J’ai trouvé très bonne l’idée de l’auteure de nous proposer tous ces flash-back qui nous en apprennent davantage sur la relation tissée au fil des années entre Gin et son mentor (qu’on a eu si peu le temps de connaitre au fond). Grâce au style enlevé de Jennifer Estep, le roman se lit très bien et ce, malgré quelques pages moins passionnantes et l’on prend toujours autant de plaisir à suivre les aventures et autres déboires de la très charismatique Gin Bianco et de ses non moins savoureux acolytes.

[Lecture Commune Découverte n°1 organisée par Galleane] + [Challenge ABC 2012, Littératures de l’imaginaire, Lettre E] « L’exécutrice, 1, Le Baiser de l’araignée » de Jennifer Estep

Editions J’ai Lu (Crépuscule)

Publié en 2011 ~ Langue : Française ~ 347 pages

Temps de lecture : 2 jours

Plaisir de lecture  Excellent 

Synopsis 

On l’appelle l’Araignée. C’est une tueuse professionnelle qui maîtrise le pouvoir de la pierre lui permettant d’entendre les graviers comme les montagnes et celui de la glace. Depuis qu’un tueur maîtrisant l’air a assassiné son mentor, elle ne pense qu’à sa vengeance.

******************************************************************Quand Galleane a proposé une LC sur ce premier tome, j’ai sauté sur l’occasion vu qu’il trainait dans ma PAL depuis des mois. La couverture pouvait laisser craindre le pire (je la trouve assez racoleuse et vulgaire) mais au final, j’ai juste envie de dire : « aie, aie, ouille ! Encore une saga que je vais devoir lire en entier maintenant ! » tant j’ai aimé ce suave « Baiser de l’Araignée » Dès les premières pages, Jennifer Estep m’a pris dans la redoutable toile de son roman pour ne plus me laisser m’échapper.  

Il faut dire que ça commence très fort, avec une présentation de l’héroïne plutôt « musclée » puisque les premières pages nous font cheminer à ses côtés dans l’exécution de l’un de ses contrats de tueuse à gages. Autant dire que l’auteure ne lambine pas pour planter le décor.  D’ailleurs, il n’y a pratiquement aucun temps morts dans ce premier tome.  Les scènes d’action ne sont pas du pipi chat et sonnent vraiment « réalistes » avec une bonne dose d’hémoglobine à chaque fois.

Même si le style est parfois un peu maladroit (l’auteure insiste un peu lourdement sur l’idée de la vengeance, si on n’a pas compris que Gin veut se venger, on ne le saura jamais!),  j’ai tout aimé dans ce roman : l’intrigue très prenante, le rythme  soutenu, les personnages  charismatiques (surtout l’héroïne que j’ai trouvé fun et attachante, une sorte de personnage à la Marvel à l’image de La Veuve noire), sa belle complicité avec son charmant « demi-frère » séducteur impénitent à la séduisante nonchalance m’a fait beaucoup sourire, et j’ai trouvé très piquante sa « collaboration forcée » avec Donovan, le flic un peu rugueux aux hautes valeurs morales dans un monde qui n’en a plus beaucoup,  ivre de haine envers son alliée qu’il méprise. J’ai beaucoup aimé leurs rapports troubles entre attirance et répulsion même si c’est du classique dans ce genre de roman et qu’on sait très bien comment cela va évoluer entre eux, ça n’en reste pas moins « émoustillant ». Fait rare, pour une fois, les scènes olé olé ne m’ont pas semblées gratuites, excessivement vulgaires ou ridicules (comme quoi tout arrive dans la vie ^^).

L’univers paranormal fourmille de créature surnaturelles, vampires, nains, géants et surtout élémentaux. Il m’a plu aussi de voir une société rassemblant humains et êtres fantasmagoriques et hiérarchisée entre les différentes castes. Là encore, on a affaire à une ambiance un peu à la Gotham City.

Le fait que l’histoire se déroule dans le sud des Etats-unis donne au roman une atmosphère un peu poisseuse à la True blood, et entre passé et modernité avec son mélange de maisons à colombages à la Autant en emporte le vent, immeubles modernes ultra-chics et ghettos où vivotent les plus démunis en un reflet plutôt édifiant de nos sociétés actuelles.

J’ai donc pénétré avec fascination dans le monde obscur et confidentiel des tueurs à gages. Marchant dans l’ombre d’une héroïne sympathique, bien que redoutable, au passé traqique et mystérieux. Une héroine qui assure tout le long du roman avec ses allures de Nikita dopée à la magie et dotée de pouvoirs étonnants. Gin est une héroïne qui ne manque ni d’étoffe ni de complexité. Froide, dure et sans états d’âme, elle se révèle tout de même capable de ressentir des émotions fortes et d’être enivrée par la vengeance quand on touche à ceux qu’elle aime. Sa relation avec son mentor et le fils de celui-ci sont très justes et touchantes.

Le coup de théâtre final (bien que prévisible) donne tout de même envie de lire la suite afin d’en apprendre plus sur le passé de Gin et sur sa famille en particulier. 

Cinq étoiles méritées. Espérons juste que les trois autres suites ne tomberont ni dans la facilité ni les dans les pires travers de la bit-lit actuelle (héroïne devenant une garce insupportable, triangles voire quatuors amoureux à foison ou bien encore intrigue passant au second plan derrière les histoires de fesses de l’héroïne…). 

Un excellent premier tome d’une saga d’urban fantasy très prometteuse à découvrir si vous aimez le genre.