Tagué: SF

« Bird Box » de Josh Malerman

2014 Éditions Calmann-Lévy
Langue française – 372 pages
Temps de lecture : 1 nuit
Note 4étoiles-trèsbonmais
Synopsis

Malorie élève ses enfants de la seule façon possible : barricadés chez eux. Dehors, il y a un danger terrible, sans nom. S’ils s’aventurent à l’extérieur, ce sera les yeux bandés pour rester en vie. S’ils ôtent leurs bandeaux, ils se donneront la mort avec une violence inouïe. Malorie a deux solutions : rester cachée avec ses enfants, isolée, ou bien entamer un terrifiant périple jusqu’au fleuve dans une tentative désespérée, presque vaine, pour rejoindre une hypothétique colonie de survivants. La maison est calme. Les portes sont verrouillées, les rideaux sont tirés, les matelas cloués aux fenêtres. Les enfants dorment dans la chambre de l’autre côté du couloir. Mais bientôt, elle devra les réveiller et leur bander les yeux. Aujourd’hui, ils doivent quitter la maison et jouer le tout pour le tout.

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J’ai dévoré ce roman en une nuit (blanche). Une fois commencé, impossible de le lâcher.
Le prologue annonce d’emblée la couleur : noire!  On entre dans ce roman par un trou de souris, les premières pages sont déroutantes, on ne sait pas ce qui se passe, ni quels sont les enjeux en cours. On ne comprend que petit à petit. La tension monte lentement mais sûrement pour culminer dans les avant-derniers chapitres magistralement anxiogènes (la scène dans le bar, l’éprouvante scène de l’accouchement : terrible! ).

Originale, son intrigue principale nous tient en haleine de bout en bout et nous offre de sacrées scènes flippantes. J’ai trouvé le mode de narration très malin : en nous dévoilant les grands axes de l’intrigue de manière éclatée en les entrecoupant avec la fuite de Marjorie et de ses enfants.
J’ai adoré le personnage de Marjorie. Quelle femme!  Une héroïne, une vraie. Une dure, une pure comme je les aime. Sa dureté pourra en rebuter certain(e)s, personnellement, j’ai adoré suivre son évolution. Son passage de jeune fille centrée sur elle-même à femme concernée par les autres puis sa transformation en mère courage-tigresse, prête à tout pour sauver ses enfants.

La seule petite critique que je pourrai formuler concernerait la fin que j’ai trouvé un peu rapide et simpliste mais rien de bien grave, et cela n’atténue en rien le plaisir pris dans ma lecture. Un plaisir ÉNORME!
Si vous avez peur du noir, abstenez-vous de le lire. En revanche, si vous voulez passer un très bon moment de lecture, vous laissez happer par une histoire fantastique prenante et bien pensée : Bird Box est fait pour vous!
Je le recommande chaudement.

« Sur les ailes du cauchemar » de Lisa Tuttle.

1995 Éditions Denoël (Présence du fantastique)

Langue française – 304 pages | Traduit par Nathalie Serval
Temps de lecture 6 jours
Note 4étoiles-trèsbonmais
Synopsis
Une jeune femme jalouse entraîne sa rivale dans une mortelle chevauchée sur les ailes du cauchemar… Une autre voit son présent envahi par les images de ce qu’aurait été sa vie si elle avait fait d’autres choix… Celle-ci joue les fantômes pour des spirites du passé… Celle-là accède à un autre monde où le lézard est l’objet des convoitises féminines et l’attribut du pouvoir des hommes… Quant à Fay, elle collectionne ce que ses amants lui ont laissé d’eux-mêmes pour se construire un compagnon idéal…
En treize nouvelles, un voyage à travers la femme, ses fantasmes, ses regrets, ses désirs. Une randonnée qui prend volontiers les allures d’une vertigineuse descente aux enfers.

 

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Et oui, vous ne rêvez point ! Lisa Tuttle à les honneurs de mon blog une seconde fois en moins d’un mois mais que voulez-vous: essayer Lisa Tuttle, c’est l’adopter.
À l’origine, je voulais acquérir Les Chambres inquiètes. Hélas, ce recueil n’existe plus qu’en occasion à des prix assez prohibitifs ! Du coup, j’attendrai la sortie poche. En farfouillant sur le net, j’ai alors déniché cet autre recueil de nouvelles traduites en français par Nathalie Serval. Pas moins de treize nouvelles à découvrir ! Une fois encore, l’édition originale est épuisée et ne demeure que des exemplaires d’occasion. Qu’à cela ne tienne ! Le prix est raisonnable, le livre visiblement en bon état. Je clique, j’achète, je paye et j’attends. Impatiemment. Le colis m’arrive quelques jours plus tôt. Le bouquin est en excellent état. Comme neuf.
Me voilà installée dès le soir même sous la lumière bienveillante de ma lampe de chevet, mon paquet de bonbons crocodiles piquants à portée de main (ou de doigts, c’est comme on veut), c’est parti ! Le coeur battant, je tourne la première page…

1 – Sur les ailes du cauchemar (Riding the Nightmare), pages 7 à 35, trad. Nathalie SERVAL
Où s’exprime tout le talent de L. Tuttle pour faire basculer le quotidien le plus banal vers le fantastique le plus cauchemardesque. Avec une fin très ouverte qui offre plusieurs interprétations possibles au lecteur.
2 – Sans regrets (No Regrets), pages 37 à 72, trad. Nathalie SERVAL
Certes, l’idée de base de la nouvelle est bonne et émouvante mais j’ai trouvé sa mise en mots un peu laborieuse. Néanmoins, le traitement qu’en fait Lisa Tuttle ne manque pas d’intérêt ni de profondeur psychologique. Ce que je reproche à ce texte est avant tout son côté « verbeux ». Peu d’action pour beaucoup de longs dialogues.
3 – Affaire de peau (Skin Deep), pages 73 à 97, trad. Nathalie SERVAL
Je suis passée complètement à côté de cette nouvelle. Je n’ai ni compris la démarche de L.Tuttle, ni l’intérêt présenté par ce texte. Je m’interroge encore sur des pans entiers de l’histoire, dont je n’ai pas vu la moindre utilité dans cette nouvelle. Des personnages qui disparaissent au bout de quelques pages, des dialogues qui ne font en rien avancer l’intrigue… Alors, certes, l’ambiance (réussie) est étrange à souhait, mais le tout donne une sensation de « remplissage » de pages, et la fin (trop ouverte à mon goût) est mal amenée, ce qui la rend invraisemblable.
4 – Le Champ de pierres (Where the Stones Grow), pages 99 à 117, trad. Nathalie SERVAL
Tout comme pour Affaire de peau, une nouvelle très faible, et qui ne présente que peu de vraisemblance et d’intérêt. Des menhirs tueurs ? J’aime bien le côté décalé de L. Tuttle mais cela doit rester un minimum crédible tout de même !
5 – Le Cabinet des esprits (The Spirit Cabinet), pages 119 à 135, trad. Nathalie SERVAL
Une bonne idée, une belle ambiance, la jolie plume de L. Tuttle, mais une nouvelle qui m’a un peu laissé sur ma faim, tant j’ai trouvé la fin bâclée. Sur la base de cette histoire et avec son talent, l’auteure aurait pu faire beaucoup mieux ! Quel dommage !
6 – Lézard du désir (Lizard Lust), pages 137 à 159, trad. Nathalie SERVAL
L’une des nouvelles les plus étranges et dérangeantes du recueil. De façon très curieuse, c’est plusieurs jours après l’avoir terminé que je me suis aperçue que j’avais aimé cette nouvelle, et à quel point celle-ci m’avait marquée ! Pendant ma lecture, déstabilisée par le sujet et la construction en « temporalité croisée », où passé et présent s’entrelacent, je restai dubitative…Mais à la relecture, il m’est apparu que cette nouvelle était juste excellente. Un petit bijou d’étrangeté où L. Tuttle met en scène ses propres fantasmes en prenant pour support le thème du monde parallèle. Troublant…
7 – La Colonisation d’Edwin Beal (The Colonization of Edward Beal), pages 161 à 173, trad. Nathalie SERVAL
Une nouvelle mineure dans œuvre de L. Tuttle.
Mais elle est bien écrite et très drôle.
8 – Des maris (Husbands), pages 175 à 191, trad. Nathalie SERVAL
Je n’ai pas tout compris je pense. Cette nouvelle est un peu tordue. Et le thème abordé: la disparition des hommes conduit les femmes à la zoophilie (!), m’a plus déroutée que dérangée. Assez bavarde, les personnages de ce texte se lancent dans de grandes discussions philosophiques ou sociologiques. Je me suis ennuyée.
9 – Le Cœur d’une mère – une Véridique histoire d’ours (A Mother’s Heart : A True Bear Story), pages 193 à 201, trad. Nathalie SERVAL
Un petit conte sympa mais qui souffre d’un manque flagrant de profondeur. Cette nouvelle détonne dans le recueil, où elle apparaît bâclée.
10 – L’Autre chambre (The Other Room), pages 203 à 218, trad. Nathalie SERVAL
Très bonne histoire formidablement écrite, baignant dans une atmosphère gothique et sombre réussie, un peu à la manière de Poe. Je l’ai dévoré.
11 – Un bout de corde (A Piece of Rope), pages 219 à 237, trad. Nathalie SERVAL
Encore une très bonne nouvelle, variation intéressante sur le thème mille fois rebattu de la sorcière. J’ai aimé l’atmosphère quasi onirique et envoûtante de cette histoire.
12 – En pièces détachées (Bits and Pieces), pages 239 à 263, trad. Nathalie SERVAL
Sur un postulat totalement incongru, une femme qui retrouve des parties du corps de ses amants de passage dans son lit, et qui chez tout autre auteur moins talentueux que L. Tuttle paraitrait sans doute complètement ridicule, cette nouvelle nous offre une intrigue passionnante et originale à laquelle on adhère à cent pour cent dès les premiers paragraphes. Très ouverte, cette nouvelle laisse le lecteur libre de son interprétation. D’où viennent ces morceaux de corps ? Sont-ils réels ? Cette femme est-elle folle ? À vous de vous faire votre propre opinion !
13 – Souvenirs du corps (Memories of the Body), pages 265 à 293, trad. Nathalie SERVAL
Excellente nouvelle qui revisite avec maestria un thème archi-usité de la SF, celui du double, du clone, en l’utilisant de manière fort originale.

Verdict global, après six jours de lecture : un recueil de nouvelles dont la qualité est plus ou moins équivalente à celle de Ainsi naissent les fantômes, si l’on tient compte du fait que Sur les ailes du cauchemar comportent davantage de nouvelles. 15 pour 7 dans ANLF. Cependant, j’ai trouvé SLADC moins varié au niveau des thèmes abordés, et les textes moins passionnants, voire hermétiques ou bâclés pour certains.
Toutefois, même dans les textes que je considère comme les plus faibles du recueil, on retrouve toujours la plume, le brio des descriptions, la capacité à créer des situations dérangeantes, et la profondeur psychologique de Lisa Tuttle, qualités qui font qu’aucune nouvelle n’est jamais véritablement « mauvaise ».
Bref, quoiqu’inégal et d’intérêt fluctuant, SLADC comporte tout de même de véritables petits bijoux de fantastique et de SF, parmi lesquels Sur les Ailes du cauchemar, Lézard du désir, L’Autre chambre, Un bout de corde, En pièces détachées, Souvenirs du corps…
Un recueil qui mérite lecture, assurément!

[Masse critique Babelio] « Zoo City » de Lauren Beukes

Editions Eclipse (2011) (Presses de la Cité)
333 pages | Traduit par Laurent Philibert-Caillat
Temps de lecture : 3 jours
Note coupdecoeur
Synopsis

Zinzi arbore un paresseux symbiotique sur le dos, une sale habitude de faire des arnaques et un talent rare pour trouver les choses perdues. Mais quand les flics lui confisquent sa dernière paie, elle doit se tourner vers le job qu’elle déteste le plus : retrouver les personnes disparues.Engagée par Odi Huron, un producteur renommé, pour retrouver une pop star pour ado disparue, elle pense avoir son ticket de sortie de Zoo City, la ville où les pires criminels d’Afrique du Sud et leurs compagnons animaliers symbiotiques tentent de survivre.Au lieu de cela, Zinzi doit s’enfoncer dans les bas-fonds de la ville, ravagés par la magie et la criminalité, où elle devra faire face aux sombres secrets de différentes vies passés… dont la sienne
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Cela faisait bien longtemps, en vérité, qu’ouvrant un livre pour  en lire les vingt premiers chapitres, je n’avais senti d’emblée se profiler le coup de cœur.   
Difficile pour moi de retranscrire par des mots, l’enthousiasme qui fut le mien à la lecture de cet excellent roman de SF. 
Peu adepte de ce genre au départ, (ma référence restait 1984 d’Orwell), ce roman dystopique m’a bluffée ! Tant par l’originalité de son univers,  la profondeur des concepts proposés, que par la  maitrise indéniable de l’auteure, qui tient son histoire d’une main de fer, tout en écrivant avec un style quasi-parfait : rythmé, ciselé, drôle et percutant. 
Jusqu’à présent, je n’avais lu de L. Beukes que le roman Les Lumineuses. Soyons honnête, si j’avais apprécie ce thriller-spatio-temporel pour son synopsis, le style ne m’avait pas plus impressionnée que le roman ne m’avait transcendé.
D’où mon agréable surprise en entamant ce bijou au style jouissif et irrésistible.

Le premier chapitre (le plus long de tous) pose immédiatement les bases de l’univers en nous plongeant aux côtés de Zinzi, une animalée, possédant le don de retrouver les objets perdus en suivant les liens lumineux qui relient l’objet à son propriétaire, et de Paresseux, son animal-conscience-culpabilité.

Celles et ceux qui ont lu l’intégrale de l’excellente saga jeunesse À la croisée des mondes (His Dark Materials) (que j’avais adoré il y a quelques années), seront sans doute surpris de rencontrer dans Zoo City, une idée assez similaire au concept d’animal/ âme liée à son propriétaire, utilisée jadis par Philip Pullman. La ressemblance ne s’arrête point là, car les deux auteurs mettent tous deux cette idée de génie au service d’un univers fascinant et tous deux l’utilisent comme un outil d’exploration de l’âme humaine, et de ses travers, afin d’interroger  les notions de péché, de culpabilité, et de repentir. Mais si l’idée d’un animal-lié à un être humain en tant qu’âme chez l’un, et en tant qu’incarnation de la culpabilité d’un individu ayant commis un acte répréhensible chez l’autre, L. Beukes pousse le concept vers la noirceur la plus absolue, en l’habillant de son propos désenchanté, et en le proposant dans une Afrique du Sud aussi crépusculaire qu’inattendue, où elle laisse libre cours à son imagination débridée pour nous donner à voir l’évolution terrifiante de nos sociétés contemporaines.

Ce qui m’a le plus séduit chez Zinzi, c’est son côté marginale, voire amorale, de  bad girl au passé trouble, et à la vanne facile. Cynique en diable, et pourvue d’un sacré punch, Zinzi (qui m’a souvent fait songer à Charley Davidson), porte le roman sur ses épaules. Non seulement, l’intérêt que nous éprouvons pour le personnage ne faiblit jamais, grâce au dévoilement progressif de son passé mais surtout celui-ci nous tient en haleine au fur et à mesure que les pièces du puzzle s’assemblent. Bien que sans foi ni loi, et volontiers cassante, Zee n’en demeure pas moins une héroïne des plus attachantes (attachiante ?), qui m’a ravi plus d’une fois par son caractère affirmé et son sens de la formule qui tue.
Du point de vue des personnages, Zinzi et Paresseux forme un tandem détonnant mais les personnages secondaires qui gravitent autour d’eux, apportent chacun leur lot de saveur au roman. Chacun d’entre eux étant des plus atypiques, perturbé, et extravagant.

Cette chronique vous semble par trop élégiaque ? Vous trouvez cela suspect venant de ma part ? Qu’à cela ne tienne ! En chipotant un peu, je peux tout de même vous dénicher quelques points négatifs ici ou là.

1) Le roman est très complexe à comprendre et exige une lecture attentive  (Mais est-ce vraiment un défaut, toutefois ?). 
Je ne le pense pas, bien au contraire. J’avoue donc sans honte aucune que certains passages m’ont semblés un peu nébuleux, mais rien qui handicape la lecture ou entache le plaisir que l’on y prend, rassurez-vous. 
2) Le roman comporte quelques petites longueurs et souffre de baisses de rythme occasionnelles (Essentiellement dans les inter-chapitres qui alternent avec l’intrigue principale : extraits de mail, de livres, d’articles, et de documents d’archives officiels …
3) L’enquête policière n’est pas d’un suspense insoutenable, ne vous attendez pas à du Agatha Christie 2.0 ou vous seriez déçus. Dans Zoo City, l’accent est surtout mis sur l’univers déjanté et les personnages qui ne le sont pas moins, d’ailleurs. Dès lors, la conduite de l’enquête devient prétexte à explorer un monde étrange,  ses systèmes de valeurs et ses codes sociaux, comme d’interroger des concepts divers et variés autant philosophiques, sociologiques que culturels.
4) Le dénouement de Zoo City est assez surprenant, mais un peu invraisemblable. En outre, une légère lassitude s’installe dans les derniers chapitres. Lesquels s’étirent un peu en longueur, mais la lecture reste agréable. De plus, je n’avais pas du tout deviné comment les différents arcs narratifs allaient trouver à s’assembler et à se résoudre dans la conclusion. Et j’ai tremblé pour les personnages principaux jusqu’à la toute fin du roman.
Au regard de « ces petites réserves », Zoo City est donc un petit coup de cœur, mais un coup de cœur tout de même. 
À découvrir et à faire découvrir.

Je remercie donc triplement Babelio. En premier lieu, pour m’avoir accordé une fois de plus leur confiance, deuxièmement pour l’envoi de ce roman SF (que je n’aurai sans doute jamais lu si le sort n’en avait décidé autrement) et enfin pour l’immense plaisir que m’a procuré sa lecture.

 

« La 5e vague » de Rick Yancey

Editions Robert Laffont (R) (2013)

592 pages

Temps de lecture : 2 jours

Note cinqétoilesexcellent

Synopsis 

1ère Vague : Extinction des feux
2e Vague : Déferlante
3e Vague : Pandémie
4e Vague : Silence

La 5e Vague arrive…
Ils connaissent notre manière de penser. Ils savent comment nous exterminer. Ils nous ont enlevé toute raison de vivre. Ils viennent maintenant nous arracher ce pour quoi nous sommes prêts à mourir…

À l’aube de la 5e Vague, sur une bretelle d’autoroute désertée, Cassie tente de Leur échapper…Eux, ces êtres qui ressemblent trait pour trait aux humains et qui écument la campagne, exécutant quiconque a le malheur de croiser Leur chemin. Eux, qui ont balayé les dernières poches de résistance et dispersé les quelques rescapés…
Pour Cassie, rester en vie signifie rester seule. Elle se raccroche à cette règle jusqu’à ce qu’elle rencontre Evan Walker. Mystérieux et envoûtant, ce garçon pourrait bien être son seul espoir de sauver son petit frère, voire elle-même. Du moins, si Evan est bien celui qu’il prétend… Mais la jeune fille doit d’abord faire des choix : entre confiance et paranoïa, entre courage et désespoir, entre la vie et la mort. Va-t-elle baisser les bras et accepter son triste sort, ou relever la tête et affronter son destin ? Car ce qui ne vous tue pas vous rend plus fort.

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Aprés plusieurs grosses déceptions (Version bêta, Glitch, Le Prince d’été…), la 5e vague me réconcilie avec la Collection R. Waouh, quel roman puissant. Une grosse claque bien retentissante. Je l’ai dévoré et j’ai passé un excellent moment. 

La multiplicité des points de vues apporte un réel plus. Chacun des narrateurs enrichissant la vision des autres. Tous sont charismatiques et attachants d’une manière différente. Le lecteur a ainsi un pied partout. A la fois auprès de Cassie, dont j’ai beaucoup aimé la personnalité affirmée et sarcastique mais aussi aux côtés de Zombie et Nugget. Les personnages secondaires : Ringer, Ethan et et tous les autres ont eux aussi de l’importance.Le lecteur est presque omniscient grâce aux personnages qui se partage la prise en charge du récit et le font avancer palier par palier, en jouant sur la temporalité du scénario.

Un ou deux rebondissements prévisibles (je me doutais de l’identité de Zombie) mais un scénario surprenant et haletant les fait oublier et un petit coup de mou passager vers le milieu du roman, pendant les chapitres qui se déroulent à Camp Haven (par goût personnel, le militarisme me passionne peu) mais tout redémarre ensuite sur les chapeaux de roues.

Loin des mythologies extra-terrestres américaines glorifiant le patriotisme et la grandeur des USA et de son armée, les petits hommes verts consistent dans ce roman davantage en une intelligence supérieure et organisée. L’ennemi est partout à la fois. Ce qui rend la lecture assez angoissante et ce, dés le Prologue très mystérieux.

L’aspect ultra-réaliste de l’intrigue et des scènes d’action, les chapitres courts écrits avec fluidité, renforce l’attractivité de ce roman SF qui rendra le lecteur parano au même titre que les personnages. Et si ? Et si cela nous arrivait un jour ?

Même si le procédé de colonisation n’est pas nouveau, il suffira de penser aux Ames vagabondes de S. Meyer, l’histoire est dense en surprises et en retournements de situations. La fin est juste horrible. Heureusement, qu’il y a une suite de prévue car cela ne peut pas finir comme ça !

« Traqué, 1 » d’Andrew Fukuda

Editions Michel Lafon (2013)

345 pages | Traduit par Benjamin Kuntzer

Temps de lecture : 4 jours

Note 1étoile passez votre chemin

Synopsis

Gene est l’un des derniers humains sur Terre. Son seul moyen de survie : se faire passer pour l’un de ses prédateurs. Ne pas rire, ne pas transpirer, ne pas montrer qu’il est un « homiféré ». Cela fait dix-sept ans qu’il se fond parmi ceux qui n’hésiteraient pas à le tuer s’ils découvraient sa véritable nature.

Chaque décennie, le gouvernement organise un immense jeu où une poignée de privilégiés peuvent pister et dévorer les rares humains retenus en captivité pour l’évènement. Sélectionné pour traquer les siens, Gene ne peut commettre le moindre faux pas. D’autant qu’une mystérieuse fille éveille en lui des sentiments qu’il n’a pas le droit d’avoir. Des sentiments qui pourraient le trahir.

Gene a la rage de vivre… mais vaut-elle le prix de son humanité ?

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Le bandeau promotionnel signé (soi-disant) Becca Fitzpatrick (auteure de Hush, Hush, une saga que j’ai beaucoup aimé par ailleurs) promettait un roman effrayant. La seule chose effrayante dans ce roman, c’est le ridicule patenté de son intrigue et la pauvreté de son style.

Et si ce roman est éprouvant pour les nerfs, c’est uniquement du fait de sa lenteur. Il ne se passe rien pendant les trois quarts du roman sinon des scènes si improbables et idiotes qu’elles en deviennent hilarantes (au moins j’aurai ri, c’est déjà ça).

J’ai détesté ce roman jeunesse à la fois pour la crétinerie absolue de l’histoire mise en scène mais aussi pour ces personnages insupportables.

Traqué se complait dans les détails sanguinolents pour masquer son manque de profondeur.

La fin tourne en rond et n’est qu’une (longue) fuite qui s’étire inutilement.

Bref, il faut qu’Andrew Fukuda arrête de fumer des carambars, là !

Son roman est une blague ou quoi ? C’est d’un ridicule ! J’ai passé mon temps à ricaner, tellement c’est du n’importe quoi (le coup de l’aisselle m’a achevé de rire). Quand je pense que c’est censé être effrayant et addictif … euh…dft002 

J’en ai tellement bavé (un mot de circonstance, croyez-moi) pour le lire que j’ai même pensé ne pas le terminer.

Vous l’aurez compris, je déconseille fortement. Sauf si vous aimez les histoires invraisemblables à base de vampires-cannibales qui passent leur temps à baver et à grogner, se témoignent leur affection en se frottant mutuellement les oreilles,  dorment sur des perchoirs et s’embrassent en tournant leur coude  sous les aisselles de leur partenaire (beurk !) et j’en oublie beaucoup, niveau absurdités …

[LCD7] « Gone, 1 » de Michael Grant

Editions Pocket (Jeunesse) (2012)

665 pages | Traduit par Julie Lafon

Temps de lecture : 3 jours

Note 4étoiles-trèsbonmais

Synopsis

Imaginez. En plein cours d’histoire, ils sont en train de prendre des notes quand tout à coup… plus de professeur ! Affolés, ils sortent de classe et se rendent compte qu’il n’y a plus aucun adulte. Comme s’ils s’étaient évaporés. En fait, tous les êtres humains de plus de 15 ans ont disparu. Plus incroyable encore, ceux qui restent développent des super-pouvoirs mais ils ne parviennent pas encore à les maîtriser.Cette aventure extraordinaire est arrivée à Sam, 14 ans, et à tous les enfants de la petite ville californienne de Perdido. Passé la première période d’euphorie, les enfants doivent maintenant s’organiser pour survivre. Qui va s’occuper des bébés et des malades ? Comment trouver de la nourriture ? Autant de questions vitales à résoudre en urgence ! Sam devient malgré lui l’un des responsables de l’organisation mais, bien vite, il va devoir affronter d’autres chefs de bandes, aux idées beaucoup plus sombres.

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J’ai éprouvé des difficultés à lire ce premier tome.  J’ai peiné à entrer dedans et à m’attacher aux personnages mais surtout à le finir. Même si la deuxième moitié monte un peu en puissance et se révèle un peu plus rythmée, l’ensemble alterne entre passages ennuyeux et moments passionnants. Le début est plat et le roman en général comporte bien des longueurs.

En dehors des problèmes de rythme, existe aussi un souci avec les codes narratifs du roman qui ont déjà été utilisés ailleurs dans la littérature notamment dans la catégorie jeunesse. Mais pas seulement car Gone m’a  ENORMEMENT fait songer à l’intrigue de Dôme de Stephen King dont les trames se ressemblent de manière troublante.

Il fait également BEAUCOUP penser au roman Sa Majesté des Mouches, Gone en est pour moi une variation moderne et science-fictionnelle. Ajoutons à cela qu’il ressemble à l’improbable croisement entre X-Men et une aventure du Club des Cinq d’Enid Blyton qui tournerait au cauchemar et vous aurez un aperçu de l’atmosphère de ce roman jeunesse au ton étonnamment sombre du reste car certaines scènes sont très dures, il y a beaucoup de morts dont parfois des meurtres et les valeurs véhiculées par l’histoire sont loin de celles de Bisounours. Les armes à feu imposent leur loi, la loi du plus fort et du chacun pour soi. Ici, il faut manger avant d’être mangé. Anxiogène par bien des aspects et porteur d’un climat de claustrophobie latent, Gone est d’une noirceur inattendue et surprenante.

J’ai aimé le traitement des personnages. Aussi bien les rapports complexes qu’ils entretiennent entre eux que leurs personnalités respectives, ni héros, ni pétris de valeurs morales à l’excès, leurs défauts (ils pensent surtout a sauver leur peau pendant une partie du bouquin) les rendent intéressants à suivre. Individualistes au départ de l’histoire, ils subiront une vraie évolution, et devront apprendre à s’entraider, à déléguer et à faire confiance aux autres afin d’œuvre non plus pour eux-mêmes mais pour le bien de la communauté.

Sinon j’aurai aimé que Sam fisse montre de plus de caractère (il se rattrape à la fin du roman mais bon…), Quinn, quant à lui est à baffer, et Astrid ressemble beaucoup à Hermione. Edilio est sympa mais peu mis en avant, son personnage parait trop effacé. Les « méchants » sont un peu caricaturaux à mon goût, c’est dommage. D’autant que leurs psychés sont développés de manière expéditive, les personnages ne sont pas assez creusés.

Le fond fantastico/SF est peut-être un peu « léger » pour un tome introductif. J’aurai aimé qu’il soit davantage présent. Les mutations humaines et animales sont des éléments « déjà vu » et traités de manière assez classique dans ce premier opus. Le propos manque d’originalité.

Quant à l’explication de la survenue de la Zone, je l’ai trouvé peu claire et vite expédiée par l’auteur, j’attends plus d’explications dans le prochain tome.

Disons pour conclure que sans être mauvais, Gone dans son ensemble et à l’exception de quelques chapitres notamment ceux situés vers la fin ne m’a pas captivée autant que je l’aurai souhaité. Je pense tout de même laisser une chance à la saga de me convaincre en lisant le tome 2.

Les autres participants :

*isa1977
*Benjamin59
*mademoizellebreizh
*SnowWhite
*Azariel87
*Bouquinons
*Ninouche2109  (n’écrira pas de chronique)
*(Dex)
*clédesol
*CherryB
*dorothzz
*lamiss59283
*Alison Mossharty
*Galleane

Lecture commune découverte

[Challenge de Calypso, session 15, Rêve] « La Peau des Rêves, 1, Nuit Tatouée » de Charlotte Bousquet

Editions L’Archipel (Galapagos) (2011)

230 pages

Temps de lecture : 1 jour et demi (j’ai lambiné en chemin)

Note livredeuxétoilessansplus

Synopsis

Être libre de son destin. Venger ses parents massacrés par des chimères, alors qu’elle n’était qu’un bébé. Telles sont les ambitions de Cléo, orpheline élevée par le clan du Passage, ennemi juré des créatures hybrides.
Jusqu’au jour où, combattant l’une d’elles, Cléo voit ses certitudes voler en éclats. D’où vient son tatouage au poignet, étrangement semblable à celui de la chimère ? Que signifient ces visions terribles liées à la mort des siens ?
Convaincue que son adversaire connaît la clef de son passé, l’adolescente se lance sur ses traces. En chemin, elle affrontera la haine, la trahison… et son désir pour Axel, un ténébreux ailé.

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Heureusement, ce premier tome est court, plus court en tout cas que le nez de Cyrano de Bergerac  auquel l’auteure fait sans cesse référence en tant que héros favori et maitre à penser de son héroïne – car j’ai peu apprécié cette lecture.

La chose qui m’a le plus fait tiquer étant le style utilisé : narration morcelée, tronçons de phrases pour ne pas dire moignons, surabondance de virgules, tout cela hache trop le texte et le rend télégraphique. La lecture en devient fastidieuse. Plusieurs fois j’ai du relire des phrases pour les comprendre. Les intermédes ne servent à rien sinon à couper l’action. Grrr.

Le début est lent et compliqué à comprendre.

L’univers a du cachet et un potentiel certain mais l’auteure ne nous en fait qu’une rapide et sommaire visite guidée. Pas assez pour parvenir véritablement à s’immerger à l’intérieur de ce monde dévasté par une catastrophe dont on ne sait rien. Ajoutons à cela, une nette propension à l’exagération et au too much qui hélas décrédibilise l’univers mis en place avec pourtant une réelle volonté de noirceur qui est somme toute à saluer. Il faut oser proposer un univers aussi sombre et étouffant d’être presque sans concessions.  Le hic, c’est que l’on ne croit pas une seconde à ces créatures mutantes post-apocalypse. Ils m’ont fait songer aux hommes-rats-garous et autres réjouissants hybrides dans Anita Blake (l’une des raisons pour lesquelles j’ai cessé de lire Anita Blake).

Quant à l’intrigue, là encore je suis très mitigée. J’ai aimé le milieu lorsque l’héroïne est en péril mais ensuite tout retombe, redevient plat. Un peu comme un sandwich dont la garniture serait bonne mais les tranches de pain un peu trop rassis et épaisses. Pardonnez cette comparaison bien triviale mais elle traduit bien mon sentiment.

Enfin les personnages ne sont pas assez développés et quand ils le sont un peu ils sont trop clichés et on voit très vite clair dans leur petit jeu. Aucune surprise à en attendre, j’en ai bien peur.

En revanche, je pense que la saga de Charlotte Bousquet pourra plaire à d’autres que moi. Des lecteurs moins tâtillons que moi quant à la vraisemblance ou qui apprécient les écritures destructurées faites de phrases courtes associées à beaucoup de ponctuation (j’ai tendance à préférer les proses victoriennes un peu empesées et collet-monté ;)).

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