Tagué: Science-Fiction

« Silo, 1 » de Hugh Howley

2013 Editions Actes Sud (Exofictions)

Langue française – 558 pages | Traduit par Yoann Gentric et Laure Manceau

Temps de lecture : 5 jours
Note 4étoiles-trèsbonmais
Synopsis

Dans un futur postapocalyptique indéterminé, quelques milliers de survivants ont établi une société dans un silo souterrain de 144 étages. Les règles de vie sont strictes. Pour avoir le droit de faire un enfant, les couples doivent s’inscrire à une loterie. Mais les tickets de naissance des uns ne sont redistribués qu’en fonction de la mort des autres. 
Les citoyens qui enfreignent la loi sont envoyés en dehors du silo pour y trouver la mort au contact d’un air toxique. Ces condamnés doivent, avant de mourir, nettoyer à l’aide d’un chiffon de laine les capteurs qui retransmettent des images de mauvaise qualité du monde extérieur sur un grand écran, à l’intérieur du silo.
Ces images rappellent aux survivants que ce monde est assassin.
Mais certains commencent à penser que les dirigeants de cette société enfouie mentent sur ce qui se passe réellement dehors et doutent des raisons qui ont conduit ce monde à la ruine.

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Je ne sais que penser de ce roman. Je l’ai aimé sans vraiment l’aimer. 
Pourtant, cette dystopie possédait tous les ingrédients pour me plaire : l’intrigue est solide, l’univers dense, les personnages attachants et l’écriture efficace.
Oui, mais voilà, je l’ai trouvé souvent trop long et trop descriptif. Certains moments sont passionnants mais beaucoup d’autres d’un intérêt plus que discutable, voire carrément plats. Au point où j’avais envie de sauter des pages, parfois.
La mise en place est notamment très longue. L’auteur prend presque 200 pages pour installer son univers, ses personnages et les enjeux de ce premier tome. Cela est nécessaire, je le conçois. N’empêche que l’on s’ennuie à mourir pendant ce temps-là. J’avoue que je me suis ennuyée plus souvent qu’à mon tour. J’ai même failli abandonner plusieurs fois. À chaque fois, l’envie d’en apprendre davantage sur le Silo et sur les raisons de son existence m’a dissuadé de le faire.
Les moments Juliette/Lukas sont ceux qui m’auront le plus « accrochés », en définitive. Surtout vers la fin. À ce moment du récit, les choses s’accélèrent (enfin) et le roman devient plus prenant voire haletant.

Bref, je suis déçue de ne pas avoir aimé davantage et je ne sais pas si je lirai la suite. Le charme ou la magie n’ont pas opérés totalement sur moi.

Néanmoins, j’encourage à la découverte de ce roman. Je suis certaine qu’il saura plaire à beaucoup de lecteurs friands de dystopie (et plus patients que moi ;))

« Promise, 2, Insoumise » d’Ally Condie

Editions Gallimard (Jeunesse)
Publié en 2012 ~ Langue : Française ~ 440 pages
Année de parution française : 2012
Année de parution originale : 2011
Titre VO : Matched, book 2: Crossed
Genre : JeunesseScience-Fiction
Temps de lecture : 2 jours
Note 
Synopsis
Cassia enfreint les règles de la Société et part à la recherche de Ky… Cassia a quitté la Société pour s’aventurer dans les Provinces Lointaines, à la recherche de Ky. Cette quête pousse Cassia à remettre en question presque tout ce qui lui est cher, en particulier lorsqu’elle découvre l’existence
d’une vie différente dans le Labyrinthe. Au milieu de cette frontière sauvage de grands canyons, Cassia et Ky se retrouvent enfin, mais un mouvement de rébellion est en marche. Une trahison et une visite inattendue de Xander, personnage clef du Soulèvement, changent à nouveau la donne…
Racontée alternativement par Cassia et Ky, cette suite de Promise les emmènera tous deux aux confins de la Société, où changements de camps et trahisons sèment leur parcours d’embûches.
Peut-être est-ce dû au fait que j’ai lu le premier tome il y un an mais j’ai trouvé cette suite légérement supérieure, en tout cas plus rythmée, notamment dans sa première partie.
Il y a donc un apport de scènes d’action appréciable mais nous perdons hélas le côté « effet de surprise » du premier tome.
La seconde partie du roman met davantage l’accent sur la psychologie des personnages. S »il est moins axé dystopie que le premier tome, Insoumise interroge la question de la liberté et du libre arbitre avec intelligence et une certaine profondeur philosophique comme c’était déjà le cas dans Promise. C’est en cela qu’il s’éloigne selon moi de la plupart des romans jeunesse du marché actuel. Cette saga suscite une certaine forme de réflexion de la part du lecteur sans oublier que les Arts et notamment la poèsie font partie intégrante de l’univers mis en place par Ally Condie, jusqu »à devenir des enjeux de l’intrigue. La poèsie est un élément essentielle du chemin initiatique de nos jeunes personnages en quête de liberté mais aussi de réponses sur la vie. Et j’aime ça.
Ally Condie a gardé son principe de narration alternée Cassia/Ky comme dans le tome précédent. Ce qui est une bonne chose puisque cela rend la lecture très agréable.
Peu de révélations fracassantes nous sont faites, il est vrai, mais l’auteure lève de nouveaux pans du passé de Ky (toujours aussi sympathique comme personnage) et sur le monde d’avant la Société. En revanche, contrairement au tome précédent, Cassia m’a beaucoup agaçée ici. De même que l’inutile triangle amoureux proposé par l’intrigue et qui, pour moi, ne sert à rien, sinon à polluer les sentiments de Cassia envers Ky.
La fin de ce tome amorçe un changement de ton et d’enjeu pour le troisième opus à venir et j’ai hâte de découvrir la direction que l’auteure va donner à son histoire d »autant que de nouveaux venus intrigants ont fait leur apparition dans ce second volume qu’il me tarde aussi de voir évoluer dans un autre contexte.
Au final, ce second tome avec sa thématique du retour à la nature et de la recherche des rebelles refusant les diktats de la société totalitaire en place, ressemble à une sorte de croisement entre Delirium, 2 et Uglies, 2. Un roman jeunesse bien moins léger qu’il n’y parait et qui en refusant un optimisme de façade, pose quelques questions philosophiques intéressantes.

[LC] « Birth Marked, 1, Rebelle » de Caragh M. O’Brien

Editions Mango

Publié en 2011 ~ Langue : Française ~ 396 pages

Traduit par Hélène Bury

Temps de lecture : 2 jours

Note  Bon mais …

Synopsis

Ceux qui portent la marque sont la clé de l’avenir.

Dans le monde de Gaia, il y a les privilégiés, qui habitent derrière le mur de l’Enclave, et ceux, comme elle, qui vivent à l’extérieur. Tous les mois, la jeune fille aide sa mère, sage-femme, à donner à l’Enclave trois nouveau-nés. Mais, un soir, les parents de Gaia sont brutalement arrêtés et conduits derrière le mur. A peine ont-ils le temps de lui confier un mystérieux ruban sur lequel est brodé un étrange code…

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Je ne sais pas si c’était le but recherché mais ce livre m’a mis un peu mal à l’aise.

Etre en désaccord avec l’idéologie véhiculée par un livre n’est pas le meilleur moyen de l’apprécier. Ce roman dès le départ m’a semblé pro-life. La vie avant tout est une doctrine qui revient souvent dans le livre et les médecins pratiquant l’avortement sont jetés en prison par le pouvoir en place. Dans le même temps, les handicapés appelés « phénomènes » sont  mis au banc de la société. Bref, je peux me tromper et mon interprétation peut être erronée mais c’est ainsi que j’ai ressenti les choses. J’ai trouvé le climat du livre un peu malsain pour un roman jeunesse. 

Je n’ai pas vraiment adhèré non plus à Gaia, l’héroïne. Ni aux autres personnages du reste. 

De plus l’univers dystopique  construit sur un modèle ségrégatif où les gens vendent leur bébé contre de la nourriture n’a rien de vraiment innovant par rapport aux autres productions du genre.

La fin m’a semblé interminable, j’ai cru que ça ne finirait jamais ! En plus, le dénouement ressemble beaucoup à celui de Delirium de Lauren Oliver. 

Pas convaincue par cette saga dystopique pour l’instant.

[LC] « Delirium, 2, Pandemonium » de Lauren Oliver

Editions Hachette (Black Moon)

Publié en 2012 ~ Langue : Française ~ 375 pages

Temps de lecture : 2 jours

Plaisir de lecture  Sans plus 

Synopsis 

Lena vit dans un monde où le gouvernement impose aux jeunes de 18 ans une opération pour les immuniser contre l’amour. A la veille de son opération, Lena découvre ce sentiment interdit avec Alex et ensemble ils décident de s’enfuir. Mais seule Lena y parvient. Après s’être échappée de Portland dans le Maine, Lena rejoint une communauté d’Invalides – les résistants au système – réfugiée dans la Nature. Là-bas, elle se transforme en guerrière de la résistance. Un futur sans Alex semble d’abord inimaginable, mais Lena va de l’avant. Elle combat pour lui et pour un monde où l’amour ne serait plus considéré comme une maladie. Entraînée dans un mélange explosif de révolution et de contre-insurrection, Lena doit lutter pour survivre et croire encore que l’amour est possible, et plus encore : souhaitable…

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 ATTENTION GROS SPOILERS SUR LE TOME 1

Ah ! que je suis déçue par ce second tome ! Pas loin d’être affligée même. Sans avoir été un coup de cœur, le premier tome de Delirium m’avait tout de même fait passer un bon moment et j’attendais la suite, sinon avec impatience, du moins avec intérêt. Mais voilà, ce deuxième tome est pour moi un ratage, un coup d’épée dans l’eau, un foutage de trogne. 

Oui, je vous le demande : que faire lorsque dès le début d’un roman, vous devinez pratiquement ce qui va s’y passer de A à Z ? Même la fin, censée être une surprise renversante pour les lecteurs, m’a fait l’effet d’un énorme pétard mouillé puisque dès le départ, je SAVAIS que cela allait se passer ainsi !

Commençons par évoquer ce qui va avant de passer aux choses négatives :  Pandemonium contient plus d’action et plus de rythme ainsi que moins de longueurs que son prédécesseur. Hélas, cela se fait au détriment de l’émotion. Les scènes qui pourraient être très touchantes ou émouvantes (il y en a) sont trop survolées voire bâclées pour que le lecteur parvienne à s’impliquer émotionnellement. Le gros point positif pour moi, c’est que Lauren Oliver nous fait passer de l’autre côté du grillage électrifié, en nous faisant pénétrer dans le monde des rebelles. Ce qui nous permet de découvrir l’univers dystopique du point de vue des invalides.

Dans le tome 1, la petite boule au ventre n’était pas loin lorsque je lisais une scène où Lena était en mauvaise posture, j’avais peur pour elle et pour ses ami(e)s. Ici, rien de tout cela ! Je n’ai pas eu le ventre noué une seule seconde ou douté que Lena s’en sortirait  tant on avance sur des sentiers maintes fois arpentés dans ce second tome. Je n’ai pas été surprise une seule fois par l’auteure. Ni même sourciller lors des rares révélations ou rebondissements que comportent l’intrigue puisque j’ai tout vu venir à des kilomètres

En ce qui concerne la trame générale, j’ai trouvé qu’il y avait peu de continuité et de  cohérence entre les deux tomes. J’avais presque l’impression de lire une autre histoire, impression renforcée par la narration binaire (avant/maintenant) adoptée par Lauren Oliver, très différente de la méthode narrative employée dans le tome précédent. Mais surtout ce qui m’a le plus dérouté c’est la manière dont Lena a changé en l’espace de six mois (et de deux tomes) certes, elle a connu des épreuves et a grandi, mûri, s’est endurcie, ce n’est plus l’adolescente naïve du début et c’est très bien mais je trouve que cette évolution s’est opérée bien vite (trop vite ?) pour être totalement crédible et de fait parfois je ne reconnaissais plus le personnage. A certains moments, je croyais presque voir évoluer Lara Croft voire même Katniss dans Hunger Games, couteau entre les dents, luttant pour sa survie. Et dans ces moments-là on est tellement loin de la Lena du premier tome que c’est perturbant. Une autre chose m’a fait lever haut les sourcils, c’est le comportement inconstant et mesquin de Lena envers Alex (qui est mort en se sacrifiant pour elle afin qu’elle s’échappe et gagne la nature). Pouf, elle le pleure dans les premiers chapitres et six mois plus tard elle retombe follement amoureuse d’un autre garçon qu’elle ne connait que depuis quelques jours en zappant presque Alex de ses pensées ! D’ailleurs, j’ai trouvé son rapprochement avec Julian maladroit et peu crédible, (ils se détestent et deux jours après sont près à mourir l’un pour l’autre ? Mouais… j’y aurai cru davantage si les sentiments de Lena avait commencé à s’éveiller vers la toute fin du roman ou alors s’il était tombée follement amoureuse de lui dans le troisième tome …) d’autant que le triangle amoureux qui se profile à l’horizon m’agace déjà. Pourquoi les auteur(e)s d’aujourd’hui incluent-ils systématiquement un triangle amoureux dans tous les romans jeunesse ou bit-lit ? C’est insupportable. 

Côté personnages, Alex et Hana manquent beaucoup. Julian, le nouvel amour de ma vie que je pourrai mourir pour toi et comment t’es trop beau quand tu te douches dans les égouts et que d’abord personne pourra nous séparer, et qu’on restera ensemble à jamais je le jure sur les étoiles (j’exagère à peine, le dialogue entre Elena & Julian dans les dernières pages est juste à mourir de rire) de Lena est assez fadasse (en tout cas, même s’il sait se révéler parfois touchant, il est moins charismatique qu’Alex).

En revanche, j’ai apprécié découvrir de nouveaux intervenants dans l’intrigue, notamment des rebelles intéressants voire attachants comme Raven, Sarah, Tack et les invalides des tunnels. Lena, je l’ai dit a beaucoup changé et passe de main en main tel un objet sans toujours être maitresse de son destin puisqu’elle est otage ou prisonnière une bonne partie du livre. 

Le style de Lauren Oliver reste agréable car fluide mais je l’ai trouvé beaucoup moins poétique que dans Delirium. Point de fulgurances ici, on a affaire à une écriture plus factuelle et pragmatique

En conclusion : une suite convenue et terriblement prévisible, à l’intrigue simpliste et balisée. Au final, malgré ses carences, le premier tome etait indéniablement meilleur. 

Ce billet est très sévère, oui, je sais, mais j’attendais tellement de cette suite que ma déception est à la hauteur de mes attentes ! 

[LC] « Starters » de Lissa Price

Editions Robert Laffont (R)

Publié en 2012 ~ Langue : Française ~ 449 pages

Temps de lecture : quelques heures

Plaisir de lecture  Très bon mais …

Synopsis 

Dans un futur proche : après les ravages d’un virus mortel, seules ont survécu les populations très jeunes ou très âgées : les Starters et les Enders. Réduite à la misère, la jeune Callie, du haut de ses seize ans, tente de survivre dans la rue avec son petit frère. Elle prend alors une décision inimaginable : louer son corps à un mystérieux institut scientifique, la Banque des Corps. L’esprit d’une vieille femme en prend possession pour retrouver sa jeunesse perdue. Malheureusement, rien ne se déroule comme prévu… Et Callie réalise bientôt que son corps n’a été loué que dans un seul but : exécuter un sinistre plan qu’elle devra contrecarrer à tout prix !

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Starters ou le conflit intergénérationnel poussé à son paroxysme ! Dans un contexte post-guerre mondiale apocalyptique réussi où le monde, la société et ses  régles ont radicalement changés. De même que les rapports entre les survivants. La base de départ de Starters m’a donc beaucoup plu, je l’ai trouvé intéressante et solide

En effet, avec son univers à la Total Recall (film américain inspiré d’un roman de Philip. K. Dick) et malgré une couverture à mon sens trop enfantine Starters possède une tronc central astucieux et plutôt original.

Hélas, quelques petites incohérences gênantes, au coeur même du dispositif science-fictionnel mis en place par Lissa Price, viennent un peu ternir le plaisir du lecteur et empêchent le roman de remporter, selon moi, une adhésion totale.

Je n’ai pas trouvé que l’idée principale (et effrayante) du récit, à savoir la possession d’un corps par l’esprit d’une autre personne, était suffisamment ou clairement expliquée. Cela m’a fait sourciller. On nous dit que le donneur dort sur un fauteuil pendant que son locataire va faire la tournée des grands ducs ou s’adonner aux sports extrêmes alors que ce corps en question est censé être plongé dans un profond sommeil ? (pas tout compris, moi !). Au début, j’avoue avoir été perdue. Ce n’est que vers les deux quarts du livre que j’ai (enfin) réussi à saisir le procédé ! Enfin, je crois … (mais bon je suis un peu lente parfois … ;-))

Sinon Starters est un thriller dystopique somme toute assez prenant (quelques petites longueurs tout de même) et relativement innovant (surtout dans le fait qu’il utilise des ressorts et des rebondissements de thriller traditionnel, ce qui est assez rare en dystopie je pense). Le roman est écrit de manière fluide et agréable et se lit tout seul en quelques heures

De plus, Callie est une héroïne sympathique à laquelle on s’attache facilement et dont on cautionne totalement les agissements dans sa lutte pour sa survie et celle des siens. Son petit frère est très attachant (même si on le voit peu) et les personnages que Callie rencontre sur son parcours sont tous plus ou moins bien campés. Certains nous émeuvent, d’autres nous agaçent ou nous énervent, je n’ai pas souvenir que l’une ou l’une d’entre eux me soit apparu comme trop transparent. Le Vieux, le méchant de l’histoire est un adversaire fantasmagorique et mystérieux à la Fantomas (à cause du masque dont il s’affuble constamment mais pas seulement puisque sa personnalité semble tout aussi étrange) dont on voudrait savoir davantage (dans la suite certainement).

L’amourette prèsente dans le roman est plutôt mignonne (pas transcendante non plus mais mignonne) même si un peu cousue de fil blanc. D’ailleurs, Starters est quand même un peu prévisible même si de gros rebondissements inattendus nous coupent la chique de temps en temps (surtout dans les derniers chapitres en fait).

Starters est un roman de science-fiction jeunesse pas mal du tout, pas renversant, extraordinaire ou exceptionnel mais quand même réussi et agréable à lire. Bref, j’accorde généreusement 4 étoiles parce que j’ai pris du plaisir à lire ce roman mais l’essai devra être confirmé par la suite.

[Challenge ABC 2012 – Littératures de l’imaginaire – Lettre Q] « Etrangère » de Didier Quesne


Editions Nestiveqnen (Fractales/Fantasy)

Publié en 2001 ~ Langue : Française ~ 336 pages

Temps de lecture : 3 jours

Plaisir de lecture :  Bon mais…

Synopsis

Lirelle aurait pu rester « simplette » toute sa vie et continuer à garder ses chèvres, tout en ne comprenant rien au monde qui l’entoure. Mais un soir de printemps, elle va vivre le phénomène le plus exceptionnel de sa morne vie : Mèn-Gi, un haut mage venu d’un autre univers, va l’entraîner bien malgré lui dans son voyage « spatemporel » de retour, faisant d’elle une « perturbation ».

En se décorporalisant avec le Mèn, Lirelle va absorber ses nombreux pouvoirs et bénéficier de sa grande expérience dans de nombreux domaines et entre autres, dans le maniement du sabre. Mais, ce qui sera sans doute pour elle le plus bouleversant, c’est que pour la première fois de sa vie, sa conscience neuve va s’ouvrir sur un monde qui lui est complètement inconnu. Toutefois, la découverte de ses nouvelles capacités va devoir se faire rapidement, car le monde sur lequel Lirelle s’éveille est loin d’être aussi paisible que celui qu’elle vient de quitter…

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Mon avis est en demi-teinte.

J’ai eu du mal à rentrer dans le roman. L’atmosphère est assez sombre et glauque et le style de Didier Quesne parfois étrange. En revanche, j’ai beaucoup aimé l’univers médiéval mis en place et correctement travaillé par Didier Quesne. Un monde aussi fascinant que repoussant, aussi peuplé de violences que de grands concepts philosophiques. Le plus bel atout du roman sans aucun doute.

Après, il est vrai que certains éléments de l’intrigue m’ont mis un peu mal à l’aise. Le thème de l’homosexualité féminine y est par exemple traitée de manière assez dérangeante.

Je trouve Lirelle peu attachante, les seconds rôles le sont majoritairement bien davantage. Elle prend tout le monde de haut et règle tous ses problèmes par la menace ou la violence.

J’ai véritablement accroché vers le milieu du roman. J’ai même commencé à bien aimer à partir de ce moment-là car l’intrigue se densifie et devient très intéressante. En revanche, la fin est beaucoup trop rapide. L’auteur l’expédie assez vite, sans dénouer tous les fils de son histoire, certaines interrogations sont carrément laissées en plan. Et vu qu’apparemment c’est un one-shot, c’est vraiment très frustrant.

Bon roman fantasy/SF mais sans plus.

[LC] « Hunger Games, 2, L’Embrasement » de Suzanne Collins

Editions Pocket (Jeunesse)

Publié en 2010 ~ Langue : Française ~ 399 pagesTemps de lecture : 2 jours

Plaisir de lecture   Très bon mais ….

Synopsis :

Après avoir gagné les Jeux de la Faim, Katniss Everdeen et Peeta Mellark retournent dans leur district. Alors que la « tournée de la victoire » dans le pays est sur le point de commencer, elle est visitée par le président de Panem. Il explique que le tour qui leur a permis de sortir tous deux vainqueurs des jeux, considéré comme un acte de rébellion envers le Capitole, donne des idées aux 12 districts du pays. 

Il la menace de tuer son meilleur ami, Gale, si elle ne peut prouver à tout Panem que son acte n’était pas une provocation, mais un acte irréfléchi commandé par son amour fou pour Peeta.

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Suzanne Collins fait évoluer l’histoire de manière plutôt inattendue. Les enjeux sont déplacés, une bonne moitié du roman étant consacrée à l’étude des relations entre les personnages. Mais ce deuxième tome qui parait de prime abord moins intense que son prédécesseur, se révèle finalement tout aussi passionnant.

L’action démarre peut-être un peu tardivement mais une fois les choses enclenchées, l’intrigue mise en place par Suzanne Collins scotche par son sadisme et son côté plus vicieux que jamais qui nous met les nerfs à rude épreuve.

J’ai aimé en apprendre davantage sur le personnage de Gale que j’avais trouvé trop peu exploité dans le premier tome, Katniss m’a un peu moins touchée dans ce second volet (rien ne pourra atteindre jamais l’intensité perdue de sa relation avec Rue à mes yeux). Sa force de caractère et son tempérament rendent son personnage attractif, pourtant, dans ces nouvelles aventures, je l’ai trouvé parfois un peu trop dure ou condescendante envers les autres personnages, notamment avec Gale et Peeta, limite antipathique lors de certaines scènes. J’espère que l’auteure corrigera le tir dans le prochain tome. Au contraire, Peeta me semble toujours manquer un peu de caractère, c’est surtout flagrant lorsqu’on le compare à Gale.

Bref, j’ai été moins emportée que pour le premier tome mais j’ai beaucoup aimé quand même ce tome 2 qui permet d’être optimiste pour le tome 3.