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Orgueil & Préjugés et Zombies de Seth Grahame-Smith & Jane Austen


2014 Editions Pocket

Française Langue française – 349 pages | Traduit par Laurent Bury – Sortie : 9 Janvier 2014
Temps de lecture : 5 jours

Note **

Synopsis

Pour la famille Bennet, qui compte cinq filles à marier, l’arrivée de deux jeunes et riches célibataires dans le voisinage est une aubaine: enfin, des cœurs à prendre, et des bras supplémentaires pour repousser les zombies qui prolifèrent dans la région ! Mais le sombre Mr Darcy saura-t-il vaincre le mépris d’Elizabeth, et son ardeur au combat ? Les innommables auront-ils raison de l’entraînement des demoiselles Bennet? Les sœurs de Mr Bingley parviendront-elles à le dissuader de déclarer ses sentiments à Jane? Surtout, le chef-d’œuvre de Jane Austen peut-il survivre à une attaque de morts-vivants ?

La sortie de l’adaptation ciné m’a donné envie de lire cette réécriture très décriée sur la blogosphère (et ailleurs) même si, pour être honnête, ni la couverture et encore moins le résumé, ne m’attiraient vraiment.

Les critiques sont assez virulentes envers ce livre. Je le serai un peu moins. Cette réécriture de l’œuvre culte est une pochade, pas très finaude, j’en conviens tout à fait, qui assume sa médiocrité de ton et son mauvais goût et n’a d’autre but que d’amuser. Un texte pour rire qui ne se prend pas au sérieux. Il faut le lire comme tel, et l’on se surprendra à sourire parfois…Car c’est parfois tellement mauvais que c’en est drôle ! Certaines scènes atteignent le comble du ridicule et tous les personnages sont tournés en dérision, au moins une fois au cours de l’intrigue. J’en veux pour preuve le personnage d’Elizabeth Bennet, si éloignée des fondamentaux de l’original, qu’on ne la reconnaît pas du tout. Et ne parlons pas de Lady Catherine de Bourgh, la tueuse émérite de Zombies (!) C’est pour le moins déroutant.

Néanmoins, moi qui m’attendais à détester ce roman, je me suis surprise à trouver cette réécriture assez sympa dans l’ensemble. Pourquoi, vous étonnerez-vous ? Certainement parce que je n’avais aucune attente particulière en le commençant. En fait, je pensais même que ce serait beaucoup plus nul que ça ne l’est en réalité. Certains passages sont amusants, les clins d’œil savoureux. L’humour (potache) naît du décalage entre l’époque victorienne si attachée aux règles de bienséance et le désordre inconvenant qu’y sème ces affreux zombies.
Mais ce qui rachète véritablement ce roman imparfait à mes yeux, c’est son auto-dérision assumée. Il ne se prend pas du tout au sérieux, pas plus que l’auteur. Ce qui rend cette réécriture attachante. On a l’impression de lire un hommage facétieux, irrévérencieux et maladroit.

Pour apprécier ce roman, je crois qu’il faut posséder une bonne dose de recul, de détachement mais SURTOUT énormément de second degré. C’est le meilleur moyen de ne pas être déçue. En ce qui me concerne, bien qu’inconditionnelle de Jane Austen, je ne considère pas cette réécriture comme scandaleuse ou infâmante. J’ai lu des choses bien plus innommables et offensantes envers la littérature (Fifty shades of Grey pour n’en citer qu’un).

On ne peut nier que cette petite farce est divertissante. Un vrai petit plaisir coupable. De plus, sa rédaction part d’une bonne intention : faire connaître l’œuvre aux nouvelles générations.
J’ajouterai que Jane Austen, réputée pour son grand sens de l’humour, aurait sans doute beaucoup ri de cette idée saugrenue de zombies victoriens!

Certes, ça ne vole pas haut, l’auteur se permet de nombreuses libertés avec l’intrigue, et la lecture est un peu ennuyeuse pour qui connaît l’œuvre originale mais, et j’en suis la première surprise : cette histoire de zombies bouffeurs de cervelle m’a permis de me….vider la tête 😉

« Fantômes » de Joe Hill

2014 Editions J’ai Lu

Française Langue française – 414 pages | Traduit par Valérie Rosier – Sortie : 8 Janvier 2014
Temps de lecture : 6 jours
Note
Synopsis
Imogene est jeune et belle. Elle embrasse comme une star et connaît l’histoire du cinéma sur le bout des doigts. Elle est morte et attend Alec Sheldon, dans la salle de projection le Rosebud, un certain après-midi de 1945… Arthur Roth est un gosse solitaire qui a de grandes idées et le don de s’attirer des ennuis. Il n’est pas facile de se faire des amis quand on est le seul garçon en plastique gonflable de la ville… Francis est malheureux. Autrefois humain, c’est aujourd’hui une sauterelle géante de deux mètres cinquante, et quand ils l’entendront striduler, tous les habitants de Calliphora se mettront à trembler… John Finney est enfermé dans un sous-sol taché du sang des autres enfants martyrs qui l’y ont précédé. Dans ce sous-sol se trouve aussi un téléphone ancien modèle débranché depuis longtemps. Pourtant, la nuit, il se met à sonner… Qui est à l’appareil? Le passé n’est pas mort. Il est encore à venir… En deux livres et de nombreux prix, Joe Hill s’est très vite imposé comme un des grands maîtres du fantastique. Avec Fantômes, il a connu un beau succès aussi bien auprès des critiques que des lecteurs.

Dans l’ensemble, ce recueil de nouvelles me laisse une impression mitigée. Je l’ai trouvé assez moyen. Pas mauvais, mais loin de l’excellence promise par la préface. Sur les 15 textes proposés, seules quatre m’ont vraiment plu : La belle au ciné hantant qui a beaucoup de charme et constitue un bel hommage au cinéma américain, Les
Fils d’Abraham, La Souricière (malgré une fin ouverte frustrante), Le
masque de papa (une bonne atmosphère étrange) mais une seule m’a vraiment
embarquée : Le téléphone noir.
J’ai détesté Dernier Cri, atrocement vulgaire et gratuitement sordide. Stridulations, trop scatologique à mon appréciation.
Pop Art n’est pas un ratage complet mais elle manque cruellement de vraisemblance. Je n’y ai pas cru une seconde ! Un garçon en plastique dénué d’organes internes comme de cerveau mais qui parle, marche et respire !? Le fantastique doit tout de même être un minimum crédible.
Certaines comme La cape ou Mieux qu’à la maison m’ont mortellement ennuyée. Je n’ai pas compris les intentions de Joe Hill.
Dernier souffle part d’une bonne idée mal exploitée. Bois Mort qui fait 2 pages n’a aucun intérêt. Le reste est dispensable, plat, bavard, long, comme Un petit déjeuner ou Escamotage.
Les nouvelles de Joe Hill se caractérisent avant tout par
deux constantes principales : leur longueur (parfois pas loin de 40 pages! ) et la
mauvaise habitude de l’auteur de bâcler la fin. En la laissant trop
ouverte, et que le lecteur se débrouille!, ou en optant pour du trop
convenu. Il y a aussi la tendance de l’auteur à la digression inutile et
aux longueurs intempestives. Descriptions à foison, dialogues sans intérêt
pour l’intrigue et remplissage pour augmenter les pages.
Si je devais caricaturer, je dirais que Joe Hill semble avoir deux passions
dans la vie : les flatulences et le base-ball. En tout cas, il nous en parle à chaque nouvelle ou presque ! Quant au style, s’il est plutôt enlevé, il n’est pas assez bon pour rattraper les faiblesses du recueil.

« Ainsi naissent les fantômes » de Lisa Tuttle

2014 Editions Folio (SF)

Française Langue française – 320 pages | Traduit par Melani Fazi – Sortie : 27 Mai 2014

Notecinqétoilesexcellent
Temps de lecture : 2 jours

Synopsis

En 2004, j’ouvrais mon recueil Serpentine sur cette dédicace : À Lisa Tuttle, dont les livres m’ont appris que les plus effrayants des fantômes sont ceux qu’on porte en soi. Ils étaient toujours là, ces fantômes : entre les pages des textes que je découvrais en cherchant la matière qui composerait ce recueil.

Mélanie Fazi.

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Je remercie chaleureusement le blog  http://le-fataliste.fr/justine/?p=5078 et les Éditions Folio SF de m’avoir permis de remporter ce très bon recueil de nouvelles fantastiques à l’occasion d’un concours.

J’avais très très envie de découvrir Lisa Tuttle. C’est chose faite, et je ne le regrette pas. C’est un auteur de très grand talent et ses nouvelles fantastiques, pour la plupart, des bijoux. Du moins, celles que j’ai eu le plaisir de découvrir dans ce choix de sept nouvelles inédites. Je tiens à souligner la traduction de Melanie Fazi. Parfaite, selon moi.

Lisa Tuttle excelle en plusieurs domaines, son style (elle écrit très bien), sa capacité à se démarquer par l’originalité des thèmes de ses nouvelles, l’introspection qu’elle impose à ses personnages, et la qualité de ses descriptions.

Des sept nouvelles de ce recueil, seules deux m’auront légèrement déçue. Quant aux autres, elles m’ont enthousiasmée.

Mes préférées :

Ma Pathologie : J’ai adoré cette nouvelle très dérangeante voire effrayante. Sur un sujet casse-gueule, Lisa Tuttle mène sa nouvelle de main de maitre, et évite avec brio le piège du ridicule ou de l’invraisemblance. Le suspense et l’horreur vont crescendo jusqu’à la toute fin. Chapeau !

Le Remède : Une magnifique nouvelle sur le langage, emplie d’une poésie grave et mélancolique, avec en prime, une très belle histoire d’amour.

Mezzo-Tinto : Je l’ai dévoré d’une traite. Sa construction en mise en abyme est brillante. J’ai adoré une fois encore comment L. Tuttle fait basculer un quotidien somme toute banal dans un fantastique effrayant qui se dévoile de manière progressive. La fin est grandiose car totalement inattendue.

Rêves captifs, la nouvelle qui ouvre le recueil est bonne mais ce n’est pas la meilleure du choix opéré par M. Fazi. Cependant, c’est une bonne entrée en matière, je pense, pour pénétrer dans l’univers si particulier de Lisa Tuttle. Le hic, c’est que Rêves captifs est écrite de telle manière que la fin en devient, hélas, assez prévisible.

Une heure en plus est également une très bonne nouvelle à la chute surprenante, où le fantastique colonise peu à peu, la réalité par petites touches subtiles jusqu’à un dénouement renversant. J’ai beaucoup aimé.

Le vieux monsieur Boudreaux marque davantage pour son atmosphère mélancolique et onirique très réussie plus que pour son intrigue assez statique et simpliste. Là encore, la fin en total décalage surprend.

La nouvelle la plus faible est pour moi La fiancée du dragon, dont j’avais entendu dire pourtant, le plus grand bien. Trop lente, trop longue, trop plate. De l’aveu même de l’auteur dans son entretien final avec Mélanie Fazi, cette nouvelle lui semble moins bonne qu’à l’époque où elle l’a écrit. Peut-être, est-elle un peu datée ? C’est vrai qu’elle date de 1985. Mais en fait, c’est surtout Isobel, l’héroïne, qui m’a déplu, je n’ai jamais compris ses réactions. De plus, j’ai trouvé les passages érotiques, inutiles.

Un très bon recueil de nouvelles fantastiques que je recommande vivement. Désormais, je rêve d’un tome 2 (et pourquoi pas un tome 3) Mélanie Fazi, si vous passez par là 😉

[LC] « La Conjuration primitive » de Maxime Chattam

Editions Albin Michel (2013)

462 pages

Temps de lecture : 2 jours

Note cinqétoilesexcellent

Synopsis

Une véritable épidémie de meurtres ravage la France.
Plus que des rituels, les scènes de crimes sont un langage.
Et les morts semblent se répondre d’un endroit à l’autre.
Plusieurs tueurs sont-ils à l’œuvre ? Se connaissent-ils ?
Et si c’était un jeu ?
Mais très vite, l’Hexagone ne leur suffit plus : l’Europe entière devient l’enjeu de leur
monstrueuse compétition.
Pour essayer de mettre fin à cette escalade dans l’horreur, une brigade de gendarmerie pas
tout à fait comme les autres et un célèbre profiler, appelé en renfort pour tenter de
comprendre.
De Paris à Québec en passant par la Pologne et l’Écosse, Maxime Chattam nous plonge dans
cette terrifiante Conjuration primitive, qui explore les pires déviances de la nature humaine.

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Un thriller haletant et original, tant dans sa forme narrative assez inédite, que dans son fond fictionnel. Les mises à morts sont plus atroces et inventives les unes que les autres. De plus, des questions intéressantes sur la folie et la perversion sont soulevées avec intelligence. M. Chattam propose une réflexion pertinente sur la nature humaine et ses déviances. 

Entre deux grimaces de dêgout (bien légitimes, croyez-moi), ce diable de Chattam m’a donné mal au ventre et des palpitations. J’étais dedans, je baignais dans l’horreur absolue avec les personnages du roman et j’avais peur pour eux (et presque pour moi).

Quelle angoisse ! Un thriller à ne pas lire seul(e) chez soi car il a tendance à nous rendre quelque peu parano. Au moindre bruit suspect dans le silence de la nuit, on commence à stresser et à s’imaginer qu’un serial killer assoifé de sang est derrière la porte de la chambre !

Le final digne d’un des meilleurs Survivor cinématographique est trés angoissant et immersif. 

Il y a du Silence des agneaux et du Massacre à la tronçonneuse dans ce thriller impossible à refermer avant la derniére ligne.

Maxime Chattam est à l’apogée de son art et de ses ténèbres. Quant au lecteur, il est au paroxysme du plaisir (sadique).

Une plongée très réussie au coeur de l’horreur et des ténèbres de chacun d’entre nous. L’un des meilleurs thrillers de M. Chattam avec le génial In Tenebris. Assurément aussi l’un des thrillers de 2013.

A lire absolument si vous êtes un adepte du genre et de maître Chattam.

[LC] « Les Faucheurs sont les Anges » d’Alden Bell

Editions Bragelonne
Publié en 2012 ~ Langue : Française ~ 288 pages
Année de parution française : 2012
Année de parution originale : 2010
Titre VO : The reapers are angels
Genre : Fantastique
Temps de lecture : 2 jours
Note 
Synopsis 
Depuis vingt-cinq ans, la civilisation se réduit à de pauvres enclaves qui s’efforcent d’endiguer des flots de morts-vivants. Une jeune fille nommée Temple sillonne ces paysages d’une Amérique dévastée lors d’une errance solitaire qui lui permet de faire taire ses démons intérieurs. Elle n’a pas souvenir du monde avant l’arrivée des zombies, mais se rappelle le vieil homme qui les avait recueillis, son jeune frère et elle ; un cadet dont elle a eu la charge jusqu’à la tragédie qui l’a poussée à aller de l’avant, en quête de rédemption. Un voyage initiatique d’îlot préservé en îlot préservé, à travers un Sud ravagé en proie à la sauvagerie, au cours duquel Temple devra décider où fonder un foyer et trouver le salut qu’elle cherche désespérément.

Contrepoids total au formidablement divertissant New Victoria, Les Faucheurs sont les anges offre une variation plus sombre et désenchantée du thème des zombies, actuellement en vogue dans la littérature fantastique et YA.

La couleur de New Victoria était déjà assez sombre, mais ici, l’atmosphère s’élève plusieurs teintes au-dessus pour devenir carrément noire. Le roman est un savant mélange entre le classique « survival » zombiesque et La Route de McCarthy.

Le langage cru et certaines scènes « hardcore » semblent indiquer que le roman s’adresse avant tout à un lectorat adulte et averti. Ce que ne préconise pas la quatrième de couverture. Attention, donc, ce roman est très dur à lire. Cela ne m’a pas dérangée car j’ai déjà lu bien pire mais on pourra éprouver un sentiment de malaise parfois.

Mon sentiment final s’avère contrasté. J’ai beaucoup aimé la première partie du roman, nettement moins la deuxième qui, selon moi, abandonne ce qui faisait sa force, c’est-à-dire une certaine forme de réalisme (même si je sais que vous allez me dire qu’il n’y a rien de réaliste à ce que les morts reviennent à la vie mais quand même…) pour verser dans le grotesque avec une sous-thématique improbable de mutations génétiques à laquelle on ne croit pas et un charabia métaphysique et religieux tendance new age qui, toujours selon moi, décrédibilise le roman en atténuant la bonne impression que procure la première partie.

Le meilleur du livre reste son héroïne : Temple. Une drôle d’adolescente à la fois complexe et torturée mais surtout très attachante à suivre dans son périple sur les routes d’une Amérique infestée de « rampant » et de « sac à viande ». De son passé, son origine et son histoire, il ne nous sera pas révélé grand-chose mais qu’importe, sa façon de voir la vie, de sentir les choses nous la rendent d’emblée sympathique. Les personnages qui l’entoure sont tout aussi singuliers et puissants : James, Maury, Moïse…ne laissent pas non plus de marbre. Ils sont très intriguants. 

La lenteur du récit aura sans doute séduit certains lecteurs, peut-être même l’auront-ils trouvé envoûtante ? Ce que je peux comprendre puisque cela m’a séduit moi aussi du moins dans les premiers chapitres. Car à force d’attendre une montée en puissance qui n’arrive jamais, on finit un peu par trouver le temps long.

J’ai peiné à lire le roman jusqu’au bout. Pourtant, je trouve la tentative de l’auteur d’apporter de la profondeur, de la réflexion et un questionnement sur la vie et à la mort à un livre de zombies fort louable.

Mais si le côté « philosophique » du récit est intéressant, il est vite contrebalancé par la « bondieuserie » dont est empreint le roman. Et ce sont sans doute ces incessantes références à Dieu, au bien, au mal, à la possibilité de rédemption qui m’auront le plus importuné ici.

En résumé, un roman inégal, lent, long et très théologique qui vaut surtout pour son atmosphère sombre, étrange et désenchantée et ses personnages complexes et décalés à commencer par Temple.

[Challenge ABC 2012, Littératures de l’imaginaire, Lettre V] « Instinct, tome 1 » de Vincent Villeminot

Editions Nathan (Blast)

Publié en 2011 ~ Langue : Française ~ 373 pages

Temps de lecture : 1 jour et demi

Plaisir de lecture  Bon mais…

Synopsis 

Tim ne garde qu’un souvenir troublant de l’accident. Quand il a repris conscience, il était une bête féroce, avide de chasse et de sang. A-t-il rêvé ? 

Ce n’est pas l’avis du professeur McIntyre, psychiatre singulier, qui l’emmène dans son institut de recherche où vivent d’autres initiés, tous sujets à des métamorphoses animales. C’est là que Tim rencontre Shariff et surtout Flora, une jeune fille séduisante et insaisissable…

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Cette chronique sera succinte je le crains, et pour cause : Instinct ne m’a guère convaincue, force m’est de l’avouer. Vu le bien qu’en disaient bon nombre de bloggeurs, je m’attendais à beaucoup mieux que ce premier tome assez bancal.

Après un début plutôt intriguant, les choses se gâtent rapidement malheureusement. Les moments forts sont rares et alternent avec de nombreux passages ennuyeux et bavards.

Seule la fin est vraiment prenante.

Je n’ai pas réussi à croire aux personnages notamment à celui de Shariff (même surdoué et en avance pour son âge, j’ai du mal à avaler qu’un gamin de 12 ans puisse parler comme ça et cracher des citations de Lao Tseu comme d’autres à son âge crachent des chewings-gums. Qu’il soit mûr pour son âge vu les épreuves endurées, je suis d’accord, mais là c’est trop, le personnage est too much et on y croit pas du tout). Tout comme on ne croit pas au talent incroyable de pirate informatique d’une gamine de 15 ans comme Flora, qu’elle soit très douée, OK, mais de là à pirater les agences gouvernementales et autres organisations étroitement surveillées, à détourner de l’argent aux Bahamas où je sais pas où, les doigts dans le nez et sans jamais se faire remarquer, c’est un peu trop gros pour être crédible. Autant ça passe avec  Lisbeth Salander, autant là, c’est irréaliste en diable.

Les personnages ne sont pas très attachants à l’exception de Shariff (touchant par moments, insupportable de prétention à d’autres), la palme de l’insupportable revenant à l’horripilante Flora (qui pique des crises pour rien et se la joue fausse rebelle à temps complet) même si elle met un peu d’eau dans son vin et devient un peu plus sympa vers la fin. Le personnage principal, Tim, manque de charisme et à autant de consistance qu’un oeuf mollet dans les 3/4 du livre. Il n’y a qu’à la fin qu’il prend (enfin) de l’épaisseur. Le reste du temps, j’avais tout le temps envie de le secouer pour le faire réagir un peu.

De plus, le style de Vincent Villeminot m’a semblé assez bizarre parfois. Maladroit, le plus souvent aussi. Néanmoins, cela est écrit de manière suffisamment fluide pour se lire très vite. Les 300 pages filent à toute allure malgrè les longueurs.

Mes trois étoiles récompensent donc avant tout l’idée plutôt originale qui a fleuri dans l’esprit de Vincent Villeminot, en revanche, je déplore la manière dont cette bonne idée est traitée dans ce premier tome.

Bon, finalement mon billet est moins court que je ne le pensais. Désolée de vous avoir donné de faux espoirs 🙂

Bien, je crois qu’il est temps que je m’arrête. Je pense avoir dit tout ce que je voulais dire sur ce roman dont je ne pense pas lire les suites. 

En dernier lieu, je dirai que je suis vraiment déçue de ne pas avoir apprécié ce livre car j’aurai vraiment voulu l’aimer…


[Baby Challenge Livraddict 2012 Thriller] « De fièvre et de sang » de sire Cédric

Editions Pocket

Publié en 2012 ~ Langue : Française ~ 565 pages

Temps de lecture : 2 jours

Plaisir de lecture  Bon mais…

Synopsis 

Une jeune fille se réveille entièrement nue et entravée sur un matelas couvert de sang. Elle sait qu’elle va mourir, toute tentative de fuite semble inutile. La douleur n’est rien en comparaison de la peur panique qui s’est emparée d’elle…
Le commandant Vauvert mène l’enquête en compagnie d’une profileuse albinos, Eva Svärta. Personnage excentrique et hors-norme, Eva a un véritable sixième sens qui fait d’elle une redoutable traqueuse de l’ombre. Ensemble, ils vont tenter de remonter la piste d’un tueur en série qu’ils croyaient mort et qui a pour habitude de vider entièrement ses victimes de leur sang. S’agit-il d’une réincarnation, d’un spectre, d’un homme, d’une femme, d’une créature d’un autre monde ?

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Je n’avais pas du tout apprécié ma première lecture de sire Cédric à savoir L’enfant des cimetières qui m’avait semblée grotesque. Néanmoins, j’ai voulu laisser une seconde chance à l’auteur. A-t-elle été concluante ?

Au début, oui. Les premiers chapitres de De fièvre et de sang sont plutôt bien construits et prenants et m’ont quelque peu réconciliée avec l’auteur.

Mais voilà, patatras ! sire Cédric retombe très vite dans ses travers : clichés en pagaille, dialogues de série B, style too much devenant involontairement drôle, fantastique bancal s’insérant mal dans l’intrigue. Le coupable se révèle trop rapidement, la fin perd en intérêt et traine en longueur.

En fait, l’intrigue m’a plu jusqu’au moment où elle bascule dans un fantastique improbable et complétement « perché » en abandonnant sans façons le côté traque d’un serial killer.

Si De fièvre et de sang fonctionne un peu mieux que L’enfant des cimetières c’est avant tout grâce à ses personnages attachants : le trio principal d’enquêteurs. à commencer par Eva, la profileuse albinos (encore un détail superflu qui n’apporte pas grand-chose à l’histoire pour moi) au passé dévasté et à l’esprit un peu perturbé. Oui, les personnages aident à faire passer la pilule.

Pour terminer un roman de sire Cédric, la seule solution pour moi, consiste à prendre ce qui se passe au trente-sixième degré. C’est la seule façon pour que cela devienne divertissant. Dés lors, l’outrance et l’exagération de l’auteur deviennent comiques et l’on passe un bon moment de rigolade.

Bref, c’est officiel, sire Cédric ce n’est définitivement pas fait pour moi. A l’avenir je passerai mon chemin. Et j’en suis désolée car j’aimerai bien aimer cet auteur, pour l’avoir vu en itw, il à l’air très humble et sympathique. Oui, mais, je n’y arrive pas, je ne parviens pas à accrocher au style et à l’univers. Tant pis. De toute façon, il n’a pas besoin de moi, sire Cédric a un lectorat fourni et fidèle.

J’ai scrupule à ne mettre que 3 étoiles car ce roman remplit sa mission malgré tout : occuper l’esprit,  mais en même temps, il ne mérite pas 4 étoiles non plus (à mes yeux du moins).

Voilà, maintenant, les fans de sire Cédric, vous pouvez me tomber dessus 😉