Tagué: Roman deux étoiles

[Partenariat] « Les Amoureux » de Sophie Avon

Editions Mercure de France (Bleue)
Publié en 2012 ~ Langue : Française ~ 384 pages
Genre : Contemporaine
Temps de lecture : 
Note 
Synopsis 
« Sonia tomba amoureuse violemment et sut qu’elle n’avait jamais aimé comme ça, avec cette inquiétude et cette joie. Mais elle sut très vite que ce garçon-là, elle devrait le conquérir. Et c’était la première fois qu’elle se donnait tant de mal pour un individu disposé tout à la fois à la combler et à la décevoir ». Début des années 80 : Sonia, à peine dix-huit ans, a quitté sa ville de Bordeaux pour monter à Paris suivre des cours de théâtre. C’est sur scène qu’elle veut s’épanouir. Lorsqu’elle rencontre Alexandre, elle prend immédiatement conscience de la fulgurance du sentiment qui l’assaille. Avec la fougue de la jeunesse, elle se jette à corps perdu dans cette relation… Mais Alexandre et Sonia ne sont pas égaux devant l’amour : Alexandre est aussi attiré par les garçons.

La très belle chanson de Charles Aznavour La Bohème pourrait être la bande-son de ce roman de Sophie Avon. J’y ai pensé plus d’une fois au cours de ma lecture, tant est prégnante ici cette insouciance qui caractérise les années 80, contexte choisi par l’auteure pour développer son histoire.

Ils ont à peine vingt ans pour la plupart, passionnés par l’art sous toutes ses formes, pensent avoir du talent et courent le cachet en se nourrissant de rêves et d’idéaux, tout en cherchant à se faire une place au soleil, sur les planches des théâtres parisiens ou les projecteurs des plateaux de tournages. La précarité de leur vie, ils l’idéalisent, puisque seul l’amour compte à leurs yeux, bien plus que l’argent ou la gloire.

Vous l’aurez compris, Sophie Avon retranscrit à merveille l’était d’esprit et les idéologies du début des eighties avec ces personnages qui vivotent en attendant de décrocher un rôle et se contentent d’amour et d’eau fraiche. La réussite de la reconstitution sociétale de l’époque est ce qui m’a semblé le plus réussi dans ce roman.

Car malheureusement, j’ai ensuite vite déchanter.

La couverture du roman, sobre et jolie, exsude une sensualité qui associée à une alléchante quatrième de couverture laissait miroiter une histoire d’amour fou, passionnée et fougueuse.

 Mille fois hélas, il n’en va pas tout à fait ainsi dans cet ouvrage de Sophie Avon, que je découvre par ailleurs avec ce livre, et je n’ai pas vu mes attentes tout à fait comblées, je dois le confesser.

Pauvre de moi qui m’attendais à m’émouvoir ou tout du moins à vibrer, frémir et trembler face à cette histoire d’amour apparemment douloureuse et poignante. Je me suis sentie flouée sur toute la ligne, trompée sur la marchandise de bout en bout tant le roman ne m’a procuré qu’une seule sensation : l’ennui.

Bien peu d’émotions se dégagent de ce roman où l’amour est, je pense, trop intellectualisé, disséqué, discuté…pour parvenir à toucher le lecteur. La sensualité n’est guère au rendez-vous non plus.  C’est surtout une certaine crudité du langage qui l’emporte dans les scènes d’amour.

Sorte de Jules et Jim inversé (et transposé dans les eighties) où deux jeunes hommes s’aiment passionnément avant de rencontrer et de tomber amoureux successivement de la même femme (déjà, cet état de fait semble bien peu crédible, le monde est petit, tout le monde se connait à Paris dans les milieux du spectacle, certes, mais quelle est la probabilité pour que deux anciens amants tombent amoureux fous l’un après l’autre de la même femme en l’espace de quelques mois ?). Du coup, ces deux histoires d’amour semblent artificielles.

Surtout que le thème de la quête de l’identité sexuelle des personnages masculins du roman n’est que survolé par Sophie Avon, pas assez fouillé ni analysé selon moi.  Il est un peu fort de café, que deux jeunes hommes à priori attirés par les garçons deviennent subitement hétérosexuels (ou presque) en tombant amoureux de la même jeune fille ! mais soit, admettons que cela s’explique par le climat libertaire du début des années 80 et passons. Cependant, j’aurais vraiment apprécié que l’auteure nous montre le cheminement intérieur et intime des personnages masculins du roman. Un jour, ils aiment un garçon, le lendemain une fille. Cela manque d’une certaine réflexion sur l’identité sexuelle, le processus amoureux concernant les deux jeunes hommes n’est pas assez explicité. Les personnages ont l’air de changer de sexualité comme on change de chaussettes comme ça brusquement.

Au détour d’une phrase, Alexandre qui, bien que très amoureux, ne parvient pas pendant des semaines à exprimer charnellement son désir pour sa compagne, réussit subitement à faire l’amour avec elle comme ça, sans que rien ne laisse entrevoir le processus amoureux ou même mental intervenu dans l’esprit du jeune homme ! C’est un peu trop facile et j’ai trouvé que l’auteure avait trop tendance à user de ce genre de pirouettes pour se sortir des ornières narratives de son intrigue. C’est dommage.

Je ne demandais pas une étude de mœurs sur les années 80 mais une immersion partielle dans l’esprit des personnages masculins n’aurait pas été superflue. J’ai également été surprise que Sophie Avon n’évoque pas le début des années Sida (ici, les personnages n’utilisent pas de protections ce qui laisse penser que les premiers ravages de la maladie n’ont pas encore fait parler d’eux).

Autre souci majeur : les personnages sont bien peu attachants. Ils m’ont semblé préfigurer ce qui allait devenir le « bobotisme » des années 2000, tant ils semblent élitistes et regardent l’existence et les gens de haut comme s’ils étaient supérieurs à tous et à tout. Résultat, eux non plus ne sont pas parvenus à m’émouvoir un iota.

La très belle écriture de Sophie Avon ne parvient pas à sauver l’ensemble où trop de longueurs viennent décourager le lecteur. Quelques instants surnagent parmi l’océan de bavardages et de références culturelles qui s’écoule entre les pages de cet ouvrage.

Au final, je n’ai pas apprécié cette lecture et je suis déçue. Je m’attendais à un beau roman plein de frémissements, de passion et d’intensité et j’ai trouvé à la place un roman parfois ennuyeux, dénué d’émotions et empli de personnages désincarnés et agaçants.

Je garderai de ce livre la vive sensation d’une déception latente. Comme quoi, une couverture attirante est parfois trompeuse, mieux voir revoir Jules et Jim de Truffaut ou sur un sujet un peu similaire le très joli film d’André Téchiné : Rendez-vous.

Je remercie vivement Abeline Majorel et Mercure de France qui m’ont fait parvenir ce roman dans le cadre de l’opération organisée par le site : Leschroniquesdelarentreelitteraire

[LCD3] « GhostWalkers, 1, Jeux d’ombres » de Christine Feehan

Editions Milady
Publié en 2011 ~ Langue : Française ~ 488 pages
Traduit par Frédéric Grut
Année de parution française : 2011
Année de parution originale : 2003
Titre VO : Shadow GameGenre : Fantastique

Temps de lecture : 2 jours

Note 

Synopsis

L’amour est à un battement de coeur de la peur.

Lily a mis au point une expérience conçue pour amplifier les capacités psychiques d’une unité d’élite. Mais quelque chose a mal tourné : les hommes meurent un par un, victimes d’étranges accidents. Le capitaine Ryland Miller sait qu’il est le prochain.
Désormais, il ne peut avoir confiance qu’en une seule personne : Lily. Possédant un sixième sens surnaturel, la jeune femme partage toutes les peurs du capitaine, ses soupçons et les moindres battements passionnés de son coeur… Ensemble, ils découvriront un terrible secret qu’une personne cherche à enterrer, quel que soit le prix à payer.

J’ai très peu apprécié ce premier tome. A tel point que je pense m’abstenir de lire les suivants. 

L’intrigue militaro-fantastique n’est pas désagréable en soi mais elle est rapidement sacrifiée sur l’autel de la romance convenue et du sexe racoleur. Dommage car on a la sensation que l’histoire n’a pas la place nécessaire pour pouvoir se déployer d’où une impression de bâclage à la fin. Les personnages passent la majeure partie du roman à se demander comment vaincre les vilains méchants pas beaux qui complotent contre eux dans l’ombre et soudain dans les dernières pages, pouf ! tout s’arrange en moins de deux comme par magie ! Là, on se dit, c’était bien la peine d’en faire un fromage pour si peu vu que ces ennemis ne sont ni bien malins ni très dangereux au final !

Les personnages ne sont pas repoussants, ils sont même assez sympas mais très caricaturaux.

La pauvre fifille à papa, multi-millionnaire cloitrée parce qu’elle est trop intelligente et que sortir c’est entendre les pensées parasites des gens de l’extérieur, ce qui est une torture pour elle, et qui attend depuis pas loin de trente piges de rencontrer son prince (forcément musclé, viril et ténébreux, hein !) pour se faire déflorer avec des airs niais (oh, mais je ne sais pas comment faire, je n’y connais rien du tout, mais ne t’inquiète pas, j’ai lu des livres sur le sujet !). Pas très crédible tout ça et surtout cliché à mort !

L’humour (involontaire) des dialogues dans les scènes de sexe m’a fait limite pleurer de rire (non, mais, me disais-je, c’est pas possible, comment un homme peux dire des trucs comme ça à une nana sans éclater de rire ? dans la vraie vie ça ne se pourrait pas à mon avis !)

Donc, il y a un peu d’humour, un peu d’action, un tout petit peu de suspense (mais l’enquête n’est pas très palpitante non plus, soyez-en bien conscients) mais il y a surtout beaucoup trop de sexe, j’vous jure, c’est l’overdose !

C’est donc un acte manqué en ce qui me concerne mais, qui sait ?, peut-être que vous vous passerez un bon moment sans prise de tête avec ce bouquin ?

Je ne pense pas lire la suite de la série.

[Challenge ABC 2012, Littératures de l’imaginaire, Lettre J] « Les étoiles de Noss Head, 1, Vertige » de Sophie Jomain

Editions Rebelle

Publié en 2012 ~ Langue : Française ~ 382 pages

Temps  de  lecture :  quelques  heures

Note  Sans plus

Synopsis

Hannah, bientôt dix-huit ans, était loin d’imaginer que sa vie prendrait un tel tournant. Ses vacances tant redoutées à Wick vont se transformer en véritable conte de fées, puis en cauchemar… Tout va changer, brutalement. Elle devra affronter l’inimaginable, car les légendes ne sont pas toujours ce qu’on croit.

Leith, ce beau brun ténébreux, mystérieux, ne s’attendait pas non plus à Hannah. Il tombe de haut, l’esprit a choisi : c’est elle, son âme soeur. Pourra-t-il lui cacher ses sentiments encore longtemps ? Osera-t-il lui avouer qu’il n’est pas tout à fait humain ?
Il le devra, elle est en danger et il lui a juré de la protéger, toujours…

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Je vais apporter une note discordante dans le concert de louanges qui entoure ce livre mais j’ai vraiment trouvé ce début de saga très moyen !

Et qu’on ne me dise pas que ça ne ressemble pas à Twilight car c’est pour moi du sous Twilight avec des lycanthropes à la place des vampires, notamment au niveau de l’intrigue du tome 1, Fascination.  Le nombre de ressemblances entre les deux sagas est frappant. Certains dialogues m’ont même donnés une grosse impression de déjà-vu. Leigh/Edward : même combat ! La relation Leight/Hannah part sur les mêmes bases (je t’aime mais je ne peux pas être avec toi car tu es humaine/ Je te désire mais je n’ai pas le droit de coucher avec toi…). Ah ! si une grosse différence tout de même : Hannah est dix mille fois plus idiote et énervante que Bella ! Incroyable, comment à 18 ans (l’âge d’Hannah dans le livre) peut-on être aussi puérile ? Je vous le demande : comment peut-on se conduire autant comme une gamine et prendre des décisions aussi stupides ? Je n’ai pas du tout adhéré au personnage cela va sans dire. J’ai préféré Gwen, la gothique, bien qu’elle soit caricaturale au possible.

La narration est molle et le tout est d’une prévisibilité rare. Il n’y a vraiment qu’Hannah pour ne pas deviner dès les premières pages tout le déroulement de l’intrigue (y compris l’identité du vilain méchant loup-garou obsédé par l’odeur d’Hannah et son envie de la posséder, cela ne vous rappelle pas quelque chose à propos d’un certain vampire assoiffé du sang d’une prénommée Bella après qu’il l’ait humé, ça ? Hum…).

Il y a quand même une chose qui a su trouver grâce à mes yeux mais seulement dans les dernières pages, le traitement assez original de la mythologie lupine et les règles communautaires qui en découle (même si ça ressemble quand même aux lois vampiriques dont les Volturis sont en charge de faire respecter).

Bref,  c’est tout à fait le genre de livre que j’aurai voulu apprécier, tous les ingrédients semblaient être réunis pour que je passe un bon moment, et Sophie Jomain m’a l’air d’être une auteure très sympathique et bosseuse mais patatras, trop de défauts et surtout de facilités m’ont empêchés d’accrocher vraiment.

Pour conclure, je dirai que ce premier tome se lit vite et bien, sans déplaisir mais sans passion ou bouleversement non plus, du moins en ce qui me concerne. 

Une totale déception tout simplement.

[LC] « Delirium, 2, Pandemonium » de Lauren Oliver

Editions Hachette (Black Moon)

Publié en 2012 ~ Langue : Française ~ 375 pages

Temps de lecture : 2 jours

Plaisir de lecture  Sans plus 

Synopsis 

Lena vit dans un monde où le gouvernement impose aux jeunes de 18 ans une opération pour les immuniser contre l’amour. A la veille de son opération, Lena découvre ce sentiment interdit avec Alex et ensemble ils décident de s’enfuir. Mais seule Lena y parvient. Après s’être échappée de Portland dans le Maine, Lena rejoint une communauté d’Invalides – les résistants au système – réfugiée dans la Nature. Là-bas, elle se transforme en guerrière de la résistance. Un futur sans Alex semble d’abord inimaginable, mais Lena va de l’avant. Elle combat pour lui et pour un monde où l’amour ne serait plus considéré comme une maladie. Entraînée dans un mélange explosif de révolution et de contre-insurrection, Lena doit lutter pour survivre et croire encore que l’amour est possible, et plus encore : souhaitable…

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 ATTENTION GROS SPOILERS SUR LE TOME 1

Ah ! que je suis déçue par ce second tome ! Pas loin d’être affligée même. Sans avoir été un coup de cœur, le premier tome de Delirium m’avait tout de même fait passer un bon moment et j’attendais la suite, sinon avec impatience, du moins avec intérêt. Mais voilà, ce deuxième tome est pour moi un ratage, un coup d’épée dans l’eau, un foutage de trogne. 

Oui, je vous le demande : que faire lorsque dès le début d’un roman, vous devinez pratiquement ce qui va s’y passer de A à Z ? Même la fin, censée être une surprise renversante pour les lecteurs, m’a fait l’effet d’un énorme pétard mouillé puisque dès le départ, je SAVAIS que cela allait se passer ainsi !

Commençons par évoquer ce qui va avant de passer aux choses négatives :  Pandemonium contient plus d’action et plus de rythme ainsi que moins de longueurs que son prédécesseur. Hélas, cela se fait au détriment de l’émotion. Les scènes qui pourraient être très touchantes ou émouvantes (il y en a) sont trop survolées voire bâclées pour que le lecteur parvienne à s’impliquer émotionnellement. Le gros point positif pour moi, c’est que Lauren Oliver nous fait passer de l’autre côté du grillage électrifié, en nous faisant pénétrer dans le monde des rebelles. Ce qui nous permet de découvrir l’univers dystopique du point de vue des invalides.

Dans le tome 1, la petite boule au ventre n’était pas loin lorsque je lisais une scène où Lena était en mauvaise posture, j’avais peur pour elle et pour ses ami(e)s. Ici, rien de tout cela ! Je n’ai pas eu le ventre noué une seule seconde ou douté que Lena s’en sortirait  tant on avance sur des sentiers maintes fois arpentés dans ce second tome. Je n’ai pas été surprise une seule fois par l’auteure. Ni même sourciller lors des rares révélations ou rebondissements que comportent l’intrigue puisque j’ai tout vu venir à des kilomètres

En ce qui concerne la trame générale, j’ai trouvé qu’il y avait peu de continuité et de  cohérence entre les deux tomes. J’avais presque l’impression de lire une autre histoire, impression renforcée par la narration binaire (avant/maintenant) adoptée par Lauren Oliver, très différente de la méthode narrative employée dans le tome précédent. Mais surtout ce qui m’a le plus dérouté c’est la manière dont Lena a changé en l’espace de six mois (et de deux tomes) certes, elle a connu des épreuves et a grandi, mûri, s’est endurcie, ce n’est plus l’adolescente naïve du début et c’est très bien mais je trouve que cette évolution s’est opérée bien vite (trop vite ?) pour être totalement crédible et de fait parfois je ne reconnaissais plus le personnage. A certains moments, je croyais presque voir évoluer Lara Croft voire même Katniss dans Hunger Games, couteau entre les dents, luttant pour sa survie. Et dans ces moments-là on est tellement loin de la Lena du premier tome que c’est perturbant. Une autre chose m’a fait lever haut les sourcils, c’est le comportement inconstant et mesquin de Lena envers Alex (qui est mort en se sacrifiant pour elle afin qu’elle s’échappe et gagne la nature). Pouf, elle le pleure dans les premiers chapitres et six mois plus tard elle retombe follement amoureuse d’un autre garçon qu’elle ne connait que depuis quelques jours en zappant presque Alex de ses pensées ! D’ailleurs, j’ai trouvé son rapprochement avec Julian maladroit et peu crédible, (ils se détestent et deux jours après sont près à mourir l’un pour l’autre ? Mouais… j’y aurai cru davantage si les sentiments de Lena avait commencé à s’éveiller vers la toute fin du roman ou alors s’il était tombée follement amoureuse de lui dans le troisième tome …) d’autant que le triangle amoureux qui se profile à l’horizon m’agace déjà. Pourquoi les auteur(e)s d’aujourd’hui incluent-ils systématiquement un triangle amoureux dans tous les romans jeunesse ou bit-lit ? C’est insupportable. 

Côté personnages, Alex et Hana manquent beaucoup. Julian, le nouvel amour de ma vie que je pourrai mourir pour toi et comment t’es trop beau quand tu te douches dans les égouts et que d’abord personne pourra nous séparer, et qu’on restera ensemble à jamais je le jure sur les étoiles (j’exagère à peine, le dialogue entre Elena & Julian dans les dernières pages est juste à mourir de rire) de Lena est assez fadasse (en tout cas, même s’il sait se révéler parfois touchant, il est moins charismatique qu’Alex).

En revanche, j’ai apprécié découvrir de nouveaux intervenants dans l’intrigue, notamment des rebelles intéressants voire attachants comme Raven, Sarah, Tack et les invalides des tunnels. Lena, je l’ai dit a beaucoup changé et passe de main en main tel un objet sans toujours être maitresse de son destin puisqu’elle est otage ou prisonnière une bonne partie du livre. 

Le style de Lauren Oliver reste agréable car fluide mais je l’ai trouvé beaucoup moins poétique que dans Delirium. Point de fulgurances ici, on a affaire à une écriture plus factuelle et pragmatique

En conclusion : une suite convenue et terriblement prévisible, à l’intrigue simpliste et balisée. Au final, malgré ses carences, le premier tome etait indéniablement meilleur. 

Ce billet est très sévère, oui, je sais, mais j’attendais tellement de cette suite que ma déception est à la hauteur de mes attentes ! 

[Baby Challenge Livraddict 2012 Thriller] + [LC] « Deuils de miel » de Franck Thilliez

Editions Pocket (Thriller)

Publié en 2010 ~ Langue : Française ~ 340 pages

Temps de lecture : 2 jours

Plaisir de lecture  Sans plus

 Synopsis 

 Après le décès accidentel de sa femme et de sa fille, le commissaire Sharko est un homme brisé. Insomnies, remords, chagrin… Difficile dans ces conditions de reprendre du service. Mais une macabre découverte va brutalement le ramener à la réalité : une femme est retrouvée morte, agenouillée, nue, entièrement rasée dans une église. Sans blessures apparentes, ses organes ont comme implosé. Amateur d’énigmes, le tueur est aussi un orfèvre de la souffrance. Et certainement pas prêt à s’arrêter là. Pour Sharko, déjà détruit par sa vie personnelle, cette enquête ne ressemblera à aucune autre, car elle va l’entraîner au plus profond de l’âme humaine : celle du tueur… et la sienne.

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Décidément, je ne suis toujours pas réellement convaincue par Franck Thilliez. Je lui préfère largement Maxime Chattam voire Jean-Christophe Grangé.

Deuils de miel est légèrement supérieur à La Forêt des ombres car moins prévisible mais moins réussi que La Chambre des morts qui reste à ce jour, des trois romans de Franck Thilliez lus, celui que j’ai préféré.

Cependant, après avoir lu trois livres de cet auteur, j’éprouve la nette sensation de lire toujours un peu la même chose. Les intrigues suivent toujours peu ou prou le même Modus Operandi  et les enquêteurs et enquêtrices ont toujours à peu près les mêmes caractéristiques (il s’agit ici d’un policier déjà mis en scène dans le premier roman de l’auteur, Ange rouge pour train d’enfer, que je n’ai pas lu, ce qui fut dommageable à ma lecture car F. Thilliez aborde souvent le passé du personnage et sa traque de l’Ange rouge dans Deuils de miel). Bref, cela tourne en rond.

Mes reproches sont plus ou moins identiques à chaque nouvelle lecture : invraisemblance de l’intrigue, dénouement trop rapide faisant l’effet d’un ballon qui se dégonfle, motivations farfelues des coupables. Le roman réutilise aussi de manière éparse des éléments d’autres thrillers du Silence des agneaux à In Tenebris en passant par le film Seven et en ceci il affirme son manque d’originalité.

D’ordinaire efficace, le style de Thilliez m’a fortement agacée dans Deuils de miel. Pas un paragraphe qui ne soit alourdi par une ou plusieurs métaphores ou images se voulant poétiques. Néanmoins, c’est un défaut récurrent chez la plupart des auteurs de thrillers français, de Chattam à Grangé en passant par Sire Cédric donc ne nous attardons pas sur le sujet.  Un bon point, toujours le même : cela se lit vite.

Mais à aucun moment je ne me suis sentie investie dans le roman, ne me suis posé des questions sur l’enquête ou le tueur, été surprise par une quelconque « révélation ».  J’avais l’impression de ne pas ressentir lles mots des pages que je lisais. En quelque sorte, pendant toute ma lecture, je suis restée extérieure à l’histoire que Thilliez nous raconte avec une sensation latente d’ennui provoqué par un sentiment très fort de déjà-lu. C’est sans doute ce qui m’a le plus détourné du roman tant je me sentais blasée en le lisant.

Vous l’aurez compris, je ne m’enthousiasme pas pour ce thriller qui ressemble à tant d’autres que j’ai déjà lus. En revanche, tous les néophytes en matière de roman policier dérangeant et sanguinolent devraient adorer Deuils de miel. Pour ma part, j’ai lu beaucoup mieux.

 

[LC] « La Forêt des ombres » de Franck Thilliez

Editions Pocket (Thriller)

Publié en 2010 ~ Langue : Française ~ 366 pages

Temps de lecture : 2 jours

Plaisir de lecture  Sans plus

 

Synopsis 

 

Paris, hiver 2006. Arthur Doffre, milliardaire énigmatique, est sur le point de réaliser un rêve vieux de vingt-cinq ans : ressusciter un tueur en série, le Bourreau 125, dans un livre. Un thriller que David Miller, embaumeur de profession et auteur d’un premier roman remarqué, a un mois pour écrire contre une forte somme d’argent. Reclus dans un chalet en pleine Forêt-Noire, accompagné de sa femme et de sa fille, de Doffre et de sa jeune compagne, David se met aussitôt au travail. Mais il est des fantômes que l’on ne doit pas rappeler, et la psychose saisit un à un tous les occupants de la ténébreuse demeure cernée par la neige…

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Franck Thilliez ne révolutionne en rien le huit-clos mais son thriller est plutôt efficace, reconnaissons-le. Même si toutes les ficelles du genre sont utilisées. Un peu de « Misery » par ci, de « Faust » par là etc…

Le roman souffre surtout d’un énorme manque de suspense et de réalisme. La  tension y est pratiquement inexistante car on ne tremble ni ne frissonne à aucun moment du livre.

L’intrigue se démonte facilement tant elle est prévisible. Très vite, le lecteur aura presque tout deviné de l’histoire, subodoré le dénouement bien des chapitres à l’avance. Les personnages sont antipathiques, mêmes les « héros » sont à baffer, un imbécile et une hystérique égoïste.

Cela se lit très vite, un bon point à mettre à l’actif de l’auteur mais c’est surtout du fait que le style est très commun et très codifié « thriller » au final. Fluide, parfois maladroit voire grand-guignolesque et excessif mais pourtant étrangement prenant.

Du même auteur, j’ai largement préféré « La chambre des morts ». Je lirai « Deuils de miel » dans les mois à venir.