Tagué: Roman cinq étoiles

[LC] « La cité des ténèbres, 2, L’épée mortelle » de Cassandra Clare

Editions Pocket (Jeunesse)
Publié en 2012 ~ Langue : Française ~ 524 pages
Année de parution française : 2009
Année de parution originale : 2008
Titre VO : The Mortal Instrument Trilogy, book 2: City of Ashes
Genre : JeunesseFantastique
Temps de lecture : 2 jours
Note 
Synopsis 
Le monde obscur est en émoi depuis le meurtre mystérieux d’un loup-garou survenu devant le Hunter’s Moon, l’un des repaires de lycanthropes les plus fréquentés de New York. Du côté des Chasseurs d’Ombres, l’Inquisitrice, une femme insensible et austère, est dépêchée par l’Enclave pour s’emparer de l’Institut: Valentin est de retour et une guerre sanglante se prépare.Pris dans la tourmente des événements récents, écartelés entre coeur et raison, Clary et Jace se lancent à corps perdu dans la lutte sans merci qui oppose les défenseurs du bien aux forces du mal. Une lutte qui les ménera des souterrains de la Cité Silencieuse aux eaux sombres de l’East River…

Si des doutes subsistaient en moi quant à l’intérêt réel de la saga après lecture du premier tome, la lecture de cette suite me les a totalement ôtés de l’esprit. Je crois que me voilà fan de la saga !

Le fait est que j’ai adoré ce deuxième segment bien plus rythmé, sombre, sanglant et paradoxalement plus drôle que le précédent qui mettait trop de temps à se mettre en route. Il se passe tellement de choses dans cette suite, qu’on ne se rend même pas compte qu’on tourne les pages et on est presque surpris de voir arriver la fin.

La saga acquiert enfin un univers propre, tranchant avec l’aspect conventionnel de la plupart des romans jeunesse. Il n’y a qu’à voir l’amour fraterno-incestueux que Cassandra Clare ose mettre en scène entre Jace et Clary ou bien encore lorsqu’elle aborde l’homosexualité avec le couple Alec/Magnus (J’adore ce petit couple, ils sont trop trognons !).

La seule l’ombre au tableau pour moi serait l’attitude trop puérile de Classira (elle m’agace depuis le tome 1 et à mon avis ce n’est pas prés de s’arranger). Je trouve ces réactions souvent « gamines » et disproportionnées. Jace m’a davantage séduite même si je lui préfère toujours Simon. J’ai déjà donné mon avis plus haut sur Alec, reste Isabelle qui me laisse assez indifférente, le petit Max qui est mignon. De nouveaux personnages intéressants se frayent un chemin dans l’univers de la série à l’image de la vénéneuse inquisitrice qui m’a fait songer à Dolores Ombrage dans Harry Potter (Je sais pas trop pourquoi).

Bref, inutile de préciser que le tome 3 a plutôt intérêt à être à la hauteur car j’espère bien que la montée en puissance va se poursuivre.

« L’amour sans le faire » de Serge Joncour

Editions Flammarion (Rentrée Littéraire)
Publié en 2012 ~ Langue : Française ~ 319 pages
Genre : ContemporaineDrame
Temps de lecture : 2 jours 
Note 
Synopsis
« On ne refait pas sa vie, c’est juste l’ancienne sur laquelle on insiste », pense Franck en arrivant aux Bertranges, chez ses parents qu’il n’a pas vus depuis dix ans. Louise est là, pour passer quelques jours de vacances avec son fils dont elle a confié la garde aux parents de Franck. Le temps a passé, la ferme familiale a vieilli, mais ces retrouvailles inattendues vont bouleverser le cours des choses. Franck et Louise sont deux êtres abîmés par la vie, ils se parlent peu mais semblent se comprendre. Dans le silence de cet été chaud et ensoleillé, autour de cet enfant de cinq ans, « insister » finit par ressembler, tout simplement, à la vie réinventée.
Peut-être le roman le mieux écrit de toute cette rentrée littéraire (même si je suis loin de les avoir tous lus). J’avoue avoir beaucoup de mal à vous parler de cette lecture. Même aprés plusieurs jours, je ne trouve pas les mots adéquats pour vous dire à quel point ce roman m’a plu et touchée.
Un roman terrien, sensuel et gourmand
L’histoire qui nous est donnée à lire n’a rien d’innovant ou de spectaculaire, elle aurait même pu être banale, si ce n’était la magnifique écriture de Serge Joncour qui sublime le quotidien par la magie de ses mots.
La plupart des paragraphes sont comme autant de strophes d’un poème célébrant la nature et la vie. Les petits bonheurs de l’été deviennent des instants de grâce : boire une  citronnade glacée, sortir la lourde table en chêne de la salle à manger pour prendre les repas dehors, plonger une cuillère de confiture maison dans un yaourt nature deviennent presque des actes magiques.
Visuel 
De ce roman, il me restera d’abord l’image d’un champ craquelé de sécheresse où jaillit un geyser d’eau. Cette vision à elle seule suffit à évoquer ce très beau roman où la vie jaillit comme un geyser dans le cœur meurtri des personnages.

Ayant grandi à la campagne, j’ai retrouvé bon nombre de sensations et d’émotions éprouvées alors que j’étais toute gamine. Les parents de Franck sont si authentiques que j’ai parfois cru revoir mes grands-parents à travers eux. J’ai retrouvé la pudeur des sentiments des gens de la campagne, l’affection qui s’exprime par de petites attentions, comme de cuisiner pour ceux qu’on aime par exemple ou tout simplement ces silences complices qui laissent  passer mille choses entre les êtres.

En lisant ce roman, je n’ai pu m’empêcher de songer au film Le grand chemin avec Anémone et Richard Bohringer et, ce, bien que l’histoire ne soit pas la même, j’y ai retrouvé la même volonté de souligner l’importance de la nature dans la reconquête de soi-même.

D’ailleurs, le rapport à l’image est très présent dans ce livre, Franck travaille dans le cinéma et trimballe partout avec lui sa caméra. C’est en filmant l’insignifiance des choses qu’il rend, paradoxalement, la vie plus réelle et plus tangible.

L’intrigue et les personnages 

L’amour est le sujet véritable du livre, l’amour sous toutes ses formes : filial, fraternel, déçu, celui de la terre, celui des siens et celui de l’absent… Le pardon aussi tient une grande place dans ce roman qui en mettant en exergue le besoin du retour à la terre et à ses racines d’un quadragénaire désabusé, prend des allures de parcours initiatique tardif.  Car, souvent, revenir à la terre de son enfance, n’est-ce pas revenir d’abord à soi-même ?

Cet amour de la terre prend le dessus sur l’amour romantique ou physique d’où le titre car aimer c’est aussi ne pas le dire ni le faire parfois. Un roman d’amour qui n’en est pas un et des personnages loin d’être des héros ou des modèles. Le personnage principal ne se comporte pas toujours bien, il est souvent égoïste, il a des torts et des défauts mais surtout des failles et c’est ce qui rend Franck et les siens si attachants. Quant au petit Alexandre, il est ce petit vent frais qui souffle sur nos visages et nous fait sourire à chacune de ces apparitions dans le roman. Sans lui, le drame serait sans doute plus pesant et plus suffocant.

Oui, car on se prend immédiatement d’affection pour ces êtres de tous les jours, au point d’épouser leurs affres et leurs incertitudes.

Si d’un point de vue narratif, l’intrigue connait quelques flottements (l’achat d’un parasol jaune par exemple), le roman se lit vraiment d’une seule traite sans lassitude ni ennui malgré l’absence d’enjeux autres qu’humains ou existensiels. 

En conclusion 

Un très beau roman qui puise sa force dans l’authenticité des personnages et la justesse d’une écriture qui la sublime.  

« Home » de Toni Morrison

Editions Christian Bourgois

Publié en 2012 ~ Langue : Française ~ 151 pages
Traduit par Christine Laferrière

Temps de lecture : 2 h

Note 

Synopsis

Toni Morrison nous plonge dans l’Amérique des années 1950.

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Bien que je l’ai beaucoup aimé Home est l’antithèse de La couleur des sentiments. Toni Morrison use de tout son talent et de sa subtilité pour éviter le piège de la démonstration appuyée et des sentiments servis sur un plateau. C’est pourquoi dans ce livre dur et profond, son écriture nerveuse et précise nous tient éloignée de nos émotions pour mieux nous montrer l’horreur à froid sans l’enrobage d’une quelconque pitié.

Dés le début, on est plongé dans l’inconnu, aucune présentation ni description n’est faite du personnage principal, Franck, qui se réveille sanglé dans un hôpital psychiatrique sans que nous sachions pourquoi.

Désorienté par ce manque d’informations, nous progressons à l’aveugle dans un récit où rien se laisse deviner jusqu’à la fin. C’est en avançant dans l’histoire que nous comprendrons où nous allons et pourquoi. Ce qui est délicieusement perturbant.

Ajoutons à cela le fait que le roman est écrit avec une économie de moyens admirable, chaque mot est pensé, pesé, et à sa place. La construction du livre tient sur une dizaine de chapitres et est irréprochable. Les enjeux de l’histoire se dévoile petit à petit et de la même manière se dévoile le passé de Franck, le personnage principal, un ancien soldat hanté par les horreurs de la guerre de Corée de laquelle il vient de rentrer, à la fois traumatisé et empli de culpabilité.

Dans un contexte historique douloureux et passionnant, les années 50 aux Etats-Unis avec sa ségrégation raciale et le Maccarthysme, Toni Morrison ausculte les fantômes de l’Amérique.

Une fois achevé, on contemplera ce roman dans sa globalité comme un tableau où chaque personnage, chaque détail est à sa place et donne corps et sens à une très belle œuvre envoûtante toute en retenue.

[LC] + [Challenge ABC 2012, Littératures de l’imaginaire, Lettre P] + [Baby-challenge Fantasy 2012] « Druide » d’Olivier Peru

Editions Eclipse

Publié en 2010 ~ Langue : Française ~ 511 pages

Temps de lecture : 4 jours

Plaisir de lecture  Excellent 

 Synopsis 

 1123 après le Pacte.

Au nord vivent les hommes du froid et de l’acier, au sud errent les tribus nomades et au centre du monde règnent les druides. Leur immense forêt millénaire est un royaume d’ombres, d’arbres et de mystères. Nul ne le pénètre et tous le respectent au nom du Pacte Ancien. Les druides, seigneurs de la forêt, aident et conseillent les hommes avec sagesse mais un crime impensable bouleverse la loi de toutes les couronnes : dans la plus imprenable citadelle du Nord, quarante-neuf soldats ont été sauvagement assassinés sans que personne ne les entende seulement crier.

Certains voient là l’oeuvre monstrueuse d’un mal ancien, d’autres usent du drame comme d’un prétexte pour relancer le conflit qui oppose les deux principales familles régnantes. Un druide, Obrigan, et ses deux apprentis ont pour mission de retrouver les assassins avant qu’une nouvelle guerre n’éclate. Mais pour la première fois, Obrigan, l’un des plus réputés maître loup de la forêt, se sent impuissant face à l’énigme sanglante qu’il doit élucider… Chaque nouvel indice soulève des questions auxquelles même les druides n’ont pas de réponses.
Une seule chose lui apparaît certaine : la mort de ces quarante-neuf innocents est liée aux secrets les plus noirs de la forêt.

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Druide est un roman hors normes à bien des égards et je pense que ma chronique ne reflétera pas entièrement tout le bien que j’ai pensé de cette oeuvre incontournable de la fantasy française.

Dejà, je ne sais pas vraiment par où commencer ce billet. Tant de choses m’ont séduites dans ce roman que je pourrai écrire des pages et des pages. Donc je vais résumer ma pensée en vous disant : Lisez le absolument !

Oh! J’ai bien quelques petites réserves à formuler sur la forme (longueurs évitables, nombreux monologues intérieurs, descriptions interminables des paysages forestiers) mais, elles ne font pas le poids face aux éléments qui ont soulevé mon enthousiasme concernant le fond de l’histoire.

Et si ce n’est pas un coup de cœur, je n’en suis pas loin. D’ailleurs, je vais me jeter sur les autres romans de l’auteur. S’ils sont de la même qualité, nul doute que je vais me régaler ! Si vous aimez la fantasy vous ne pouvez pas passer à cote de ce bijou.

Si on pourra songer à Tolkien notamment lors de quelques batailles anthologiques digne du Retour du Roi  Olivier Peru sait se construire bien loin de ses illustres modèles en conservant jalousement sa personnalité propre.

Le début est un peu lent et confus, il y a beaucoup de personnages et de lieux avec lesquels on doit se familiariser mais il ne faut pas se décourager. Tout se met en place ensuite.

L’univers médiéval druidique est de toute beauté, ciselé au cordeau. Une atmosphére sylvestre à la fois enchantée et tribal se dégage de ce roman servi par une écriture d’une grande et belle densité mais qui sait rester fluide et poétique. Le tout confère au roman un souffle puissant.

Le maitre loup et ses apprentis sont trés attachants et d’une richesse incroyable dans leurs personnalités ainsi que les fréres de séve (les autres druides), les rois fiers, forts et fragiles, aussi detestables qu’admirables et touchants à la fois plein de rage et de noblesse. Même les monstres que nos héros affrontent sont soigneusement élaborés par Olivier Peru qui les dotent d’une histoire, d’un passé et d’une personnalité propre. Ce ne sont pas juste des « méchants » affrontant des « gentils ». La dramaturgie mise en place est bien plus complexe et profonde qu’il n’y parait de prime abord.

La fin est assez grandiose. Des surprises attendent le lecteur au détour de chaque chapitre. La fin m’a cueilli au menton avec ses révelations stupéfiantes sur le pourquoi du comment. 

Les batailles entre les soldats sont de véritables morceaux de bravoure d’une grande intensité qui ne lésinent pas sur les fluides corporels : du sang, de la sueur, des tripes, du vomi, et des larmes.

L’écriture de Peru est organique, directe et vise le coeur et l’estomac. On vit le roman de manière viscérale.

Olivier Peru a su construire une solide mythologie druidique maitrisée à la perfection, a su créer une horde de monstres sans pitié impressionnnants qui resteront dans la mémoire du lecteur surtout lorsqu’on en apprend davantage sur eux.  

Mais son plus haut fait de gloire est aussi d’être parvenu à faire couler une séve nouvelle dans le grand arbre de la fantasy. 

« Zulu » de Caryl Ferey

Editions Folio (Policier)

Publié en 2010 ~ Langue : Française ~ 454 pages

Temps de lecture : 2 jours

Plaisir de lecture  Excellent

Synopsis 

Enfant, Ali Neuman a fui le bantoustan du KwaZulu pour échapper aux milices de l’Inkatha, en guerre contre l’ANC, alors clandestin. Même sa mère, seule rescapée de la famille, ne sait pas ce qu’elles lui ont fait… Aujourd’hui chef de la police criminelle de Cape Town, vitrine de l’Afrique du Sud, Neuman doit composer avec deux fléaux majeurs : la violence et le sida, dont le pays, première démocratie d’Afrique, bat tous les records.
Les choses s’enveniment lorsqu’on retrouve la fille d’un ancien champion du monde de rugby cruellement assassinée dans le jardin botanique de Kirstenbosch. Une drogue à la composition inconnue semble être la cause du massacre. Neuman qui, suite à l’agression de sa mère, enquête en parallèle dans les townships, envoie son bras droit, Brian Epkeen, et le jeune Fletcher sur la piste du tueur, sans savoir où ils mettent les pieds… Si l’apartheid a disparu de la scène politique, de vieux ennemis agissent toujours dans l’ombre de la réconciliation nationale…

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L’excitation est à son comble chez moi : je viens de découvrir un nouvel auteur français fantastique : Caryl Ferey ! Mazette ! Quelle plume implacable ! Quelle puissance d’évocation ! Quelle profondeur psychologique et émotionnelle dans son Zulu. Je m’attendais à un thriller sombre et dur mais je ne m’attendais pas à ce que ce soit aussi crépusculaire et désenchanté.

Quel dépaysement occasionné par ce roman, quel réalisme dans la description sociale, sanitaire et politique de cette Afrique du Sud post-Apartheid et montrée à la veille de l’organisation de la coupe du monde de football 2010.

Caryl Ferey nous entraine dans un cauchemar de thriller, une spirale sanglante de violence, de haine et de souffrance qui souffle en cyclone autour de chaque mot, entre chaque ligne et à chaque page.

Je l’ai dit : Quelle plume soignée. L’écriture est aussi belle que notre laideur humaine, celle qu’on se prend en pleine face en lisant ce roman, aussi ciselée que le visage de ces princesses d’ébène que l’on rencontre dans Zulu.

L’enquête possède des ramifications dans différents domaines : politique, social, histoire, science, ce qui la rend d’une richesse incroyable et elle nous emmène très loin dans l’horreur. La violence viscérale de certaines scènes est presque insoutenable car l’écriture de Ferey est âpre et organique. Ames sensibles s’abstenir donc. Et inutile d’espérer un quelconque happy end, Caryl Ferey n’est pas là pour faire des concessions à ses lecteurs. Il les guide, point. Ensuite, à eux de décider s’il suivent ou pas.

Le personnage du « zulu » inventé par Caryl Ferey : Ali Neumann, me hantera longtemps. D’un incroyable charisme, d’une grande complexité émotionnelle et psychologique, le personnage possède une densité qu’il est rare de trouver généralement dans les thrillers. Toujours sur la ligne jaune, au bord du gouffre et suicidaire, le policier est pétri dans la glaise sombre des secrets.

Le reste de la distribution du roman n’est pas en reste avec ces personnages souvent borderline, cabossés, esquintés et désespérés qui prennent place aux côtés de Neumann et donnent également énormément de grandeur à cette histoire tristement effrayante de réalisme.

On s’attache non seulement à Ali mais aussi à toutes celles et ceux qui gravitent autour de lui : sa maman, ses amis, « sa petite amie », la danseuse zulu …

Une galerie de personnages finement travaillés en somme.

Un thriller excellent mais trés dur à ne pas mettre entre toutes les mains car nul ne pourra en ressortir indemne.

Sacré coup de poing que ce Zulu doublé de la découverte d’un excellent auteur français. Un grand thriller à lire absolument et un auteur à suivre de très près ! 

[LC] « Les Portes du secret, 2, Le souffle d’émeraude » de Maria V. Snyder

Editions Harlequin (Darkiss)

Publié en 2010 ~ Langue : Française ~ 550 pages

Temps de lecture : 2 jours

Plaisir de lecture :  Excellent 

Synopsis

Après des années d’exil, Elena retourne en Sitia, son pays natal, où elle a hâte de retrouver sa famille et de commencer sa formation magique auprès d’Irys, son mentor. Mais rien ne se déroule comme elle l’avait espéré : non seulement son unique frère semble lui vouer une haine farouche et incompréhensible, mais de plus, un drame terrifie toute la population sitienne : l’une après l’autre, une série d’adolescentes sont enlevées et assassinées par un magicien rebelle animé de funestes projets. L’occasion pour l’audacieuse Elena de mettre en oeuvre les pouvoirs qu’elle vient de se découvrir. Des pouvoirs très particuliers. 

Confrontée aux démons de son propre passé et à de dangereux ennemis, Elena peut heureusement compter sur le soutien d’anciens amis, et de Valek, son mystérieux amant…

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ATTENTION SPOILERS SUR LE TOME 1 ET 2 

Un très bon tome, tout à fait dans la continuité du premier.

J’ai vraiment beaucoup aimé même si Le souffle d’émeraude est un tantinet moins palpitant que Le poison écarlate (j’ai toujours tendance à être un peu sévére avec une suite quand j’ai adoré le premier tome d’une saga). Disons aussi que le parfum de nouveauté et de la découverte s’est peut-être un peu évaporé d’où cette sensation de très léger moins bien

Cela reste tout de même de la fantasy hautement fréquentable. Même si j’ai trouvé  qu’il y avait quelques petites longueurs, surtout au début, mais ensuite, tout se met en place et c’est rien que du bonheur de découvrir  un univers éloigné d’Ixia, à savoir Sitia, la patrie d’origine d’Elena, de rencontrer les siens, de découvrir les coutumes de son peuple arboricole, de voir évoluer ses pouvoirs, mais aussi de faire connaissance avec de nouveaux personnages bien campésLa maman (poule) et le papa (inventeur un peu farfelu) d’Elena m’ont fait rire, Roze la magicienne, l’insupportable frère d’Elena et le prétendant au trône m’ont souvent agacés (même si le frère d’Elena s’améliore sur la fin), le calvaire des victimes de l’horrible meurtrier m’a glacée ! J’ai aussi adoré le cheval parlant d’Elena accro aux pommes et aux bonbons à la menthe (!) et sa rencontre avec les petits mendiants sitiens m’a touchée. 

Un tome où intervient plus de magie,  il en manquait cruellement dans le tome introductif de la série où on ne faisait que l’évoquer sans la montrer beaucoup.

L’intrigue, solide, ne recycle pas les ingrédients du précédent tome et tient en haleine jusqu’au bout. Il ya de la romance juste ce qu’il faut, du romantisme oui mais jamais de mièvrerie grâce surtout à un héros qui sait se faire à la fois mystérieux tout autant que craquant à force de décontraction, de courage et de tendresse : j’ai nommé Valek ! Que j’avais hâte de retrouver et je n’ai pas été déçue par son retour. J’aime la relation que nos deux tourtereaux partage, où respect et confiance tiennent une immense place.

Elena me plait toujours autant avec son caractère frondeur et sa personnalité de tête de mule sachant tout de même s’amender (un peu) lorsqu’elle a tort.

Bref, un tome excellent même si j’ai trouvé le précédent un peu plus prenant. La fin est peut être un peu rapide aussi mais bon c’est histoire de chipoter un peu car elle reste très correctement agencée tout de même. 

Cette saga est très difficile à se procurer (je crois qu’elle n’existe que d’occassion et à des prix exorbitants) mais elle vaut vraiment le détour. J’espère ne pas être déçue par le troisième et dernier tome que je compte lire en juillet (les avis font état d’un tome très inférieur en qualité par rapport aux précédents d’où mes craintes).

[LC] + [Challenge ABC 2012 – Littératures de l’imaginaire – Lettre D] « L’épouvanteur, 2, La malédiction de l’épouvanteur » de Joseph Delaney

Editions Bayard (Jeunesse)

Publié en 2006 ~ Langue : Française ~ 361 pages

Temps de lecture : 2 jours

Plaisir de lecture  Excellent 

Synopsis 

 

Voilà six mois que tu es l’apprenti de M. Gregory, me dit maman. Tu as déjà été témoin de bien des événements. A présent, l’obscur t’a remarqué et va tenter de te neutraliser. Tu es en danger, Tom. Toutefois, rappelle-toi ceci lorsque tu seras un homme, mon fils, ce sera au tour de l’obscur d’avoir peur, car tu ne seras plus la proie, tu seras le chasseur. C’est pour cela que je t’ai donné la vie. » L’Épouvanteur et son apprenti, ornas Ward, se sont rendus à Priestown pour y achever un travail. Dans les profondeurs des catacombes de la cathédrale est tapie une créature que l’Épouvanteur n’a jamais réussi à vaincre. On l’appelle le Fléau. Tandis que Thomas et M. Gregory se préparent à mener la bataille de leur vie, il devient évident que le Fléau n’est pas leur seul ennemi. lanquisiteur est arrivé à Priestown. Il arpente le pays à la recherche de tous ceux qui ont affaire aux forces de l’obscur! Thomas et son maître survivront-ils à l’horreur qui s’annonce?

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Avec ses scènes étonnamment sombres voire effrayantes pour du jeunesse, ce roman m’a fait passer un très bon moment à l’image du premier tome que j’avais beaucoup aimé. Force m’est de reconnaitre que ce second tome est encore meilleur.

Ici, tout est plus rythmé et intense, on n’a pas le temps de s’ennuyer car les événements s’enchainent d’une manière assez soutenue. Et ça commence dès le début qui nous plonge d’emblée dans l’action avec une lutte sanglante contre un gobelin carnivore.

L’ambiance sur fond d’inquisition et de chasse aux sorcières médiévale est réussie. D’ailleurs, la forte connotation religieuse (fanatisme) m’a surprise de même que le diabolisme évoqué dans certaines scènes.

Le tout est rédigé dans un style fluide et agréable à lire.

Tom, le jeune héros prend de l’assurance et doit affronter de terribles créatures parfois sans l’aide de son maître (qui se retrouve souvent en mauvaise posture dans ce tome). Le mystère du passé de l’Epouvanteur s’épaissit et le personnage de la mère de Thomas prend une épaisseur bienvenue et apporte un nouveau lot d’interrogations diverses.  Alice est de retour également dans un rôle plus obscur encore que dans le tome précédent. Bref, grâce aux personnages et leur passé trouble, la mythologie générale s’enrichit

Un très bon second tome qui donne envie de lire la suite.