Tagué: Roman 4 étoiles

« Tout ce qu’on ne s’est jamais dit » de Celeste Ng

 

ISBN : 2355843678
Éditeur : Sonatine (2016)

Langue française – 300 pages – Sortie : Mars 2016

Note 4étoiles-trèsbonmais

Synopsis

Lydia Lee, seize ans, est morte. Mais sa famille l’ignore encore… Élève modèle, ses parents ont placé en elle tous leurs espoirs. Sa mère, Marylin, femme au foyer, rêve que sa fille fasse les études de médecine qu’elle n’a pas pu accomplir. Son père, James, professeur d’université d’origine chinoise, a tant souffert de sa différence qu’il a hâte de la retrouver parfaitement intégrée sur le campus. Mais le corps de Lydia gît au fond d’un lac. Accident, meurtre ou suicide ? Lorsque l’adolescente est retrouvée, la famille Lee, en apparence si soudée, va devoir affronter ses secrets les mieux gardés.
Des secrets si longtemps enfouis qu’au fil du temps ils ont imperceptiblement éloigné ses membres, creusant des failles qui ne pourront sans doute jamais être comblées. Bien sûr, Tout ce qu’on ne s’est jamais dit distille un suspense d’une rare efficacité. Mais ce livre qu’on garde en soi très longtemps est bien plus que cela. Celeste Ng aborde la violence de la dynamique familiale, les difficultés de communication, le malaise adolescent, avec une intensité exceptionnelle qui évoque l’univers de Laura Kasischke.
En distinguant cette œuvre envoûtante comme l’un des meilleurs romans de l’année, les critiques anglo-saxons ont salué la naissance d’un écrivain majeur et fait le succès du livre, vendu à plus d’un million d’exemplaires.

Mon avis

Un énorme merci à Sonatine pour leur confiance qui m’honore (et pour tous les superbes thrillers et les nouveaux auteurs découverts grâce à eux au cours des dernières années passées) ainsi qu’à Babelio pour m’avoir proposé ce partenariat privilégié que j’ai beaucoup apprécié.

Pour un premier roman, Tout ce qu’on ne s’est jamais dit est déconcertant de maîtrise : maturité de l’écriture, intelligence des dialogues, justesse psychologique, personnages brillamment construits…
Son originalité repose sur le fait que Celeste Ng nous emmène explorer le passé des protagonistes principaux pour mieux découvrir la vérité sur ce qui s’est passé cette fameuse nuit où Lydia a quitté silencieusement la maison. Avec posées en filigrane ces questions obsédantes :  Le désespoir est-il forcément héréditaire ? Jusqu’où doit-on pousser nos enfants à réussir leur scolarité et leur vie ? Où commence le vivre par procuration ? Jusqu’où peut-on se réaliser à travers ses enfants lorsqu’on pense avoir raté sa vie ? Pour quelles conséquences ?
Car au fond, il importe moins dans ce roman de découvrir ce qui est arrivé à la jeune Lydia que les circonstances qui ont formé le drame. C’est pourquoi, même si nous brûlons de découvrir le fin mot du mystère de la mort de la jeune fille (accident, suicide, meurtre ?), le cheminement pour y parvenir est tout aussi passionnant à suivre que la résolution de l’énigme en elle-même. Et ce, d’autant plus que les personnages, sont l’un des points forts principaux du roman.  Des personnages humains donc imparfaits mais très attachants malgré eux et leurs défauts. Ils m’ont tous touché chacun à leur façon, agacés ou déçus parfois. Mais jamais ne m’ont laissé indifférente.
Tout ce qu’on ne s’est jamais dit est un roman troublant qui interroge et prend á parti son lecteur. Comme pour dire : Voyez qui sont ces gens, voyez ce qu’ils ont affronté et voici ce qu’ils sont devenu. Et vous ? Qu’auriez-vous fait à leur place ?
A sa manière bien particulière, Tout ce qu’on ne s’est jamais dit de Celeste Ng se lit comme un véritable page-turner. Certes, ce très bon roman noir ne vous donnera pas forcément envie de passer une nuit blanche pour le terminer mais pour autant, une fois totalement immergé dans l’histoire, vous n’aurez pas envie de le reposer tant l’auteure parvient à nous maintenir en haleine tout du long, nous donnant envie d’en apprendre toujours davantage sur cette famille Lee, en apparence si tranquille.
La famille est une tragédie écrite par les parents et jouée par les enfants, dit-on. Peut-être est-ce vrai ? Du moins est-ce ce que l’on ne peut s’empêcher de penser en tournant la dernière page de ce très bon roman noir qu’est Tout ce qu’on ne s’est jamais dit de Celeste Ng. Une Laura Kasischke (auteure que j’adore) en devenir. En tout cas, c’est tout le mal qu’on peut lui souhaiter.

[Challenge de Calypso] « La Preuve de sang » de Thomas H. Cook

2012 Editions Folio (Policier)

Langue française – 468 pages | Traduit par Gaëtane Lambrigot

Temps de lecture : 3 jours

Note4étoiles-trèsbonmais

Synopsis

Quelques semaines après la mort de sa grand-mère qui l’a élevé, Kinley, auteur à succès de livres d’enquête basés sur des faits divers aussi réels que sanguinolents, doit retourner dans sa petite ville natale de Géorgie afin d’enterrer son meilleur ami, Ray Tindall. Sur place, Kinley apprend que Ray travaillait sur l’affaire du meurtre d’une adolescente commis en 1954 et à la suite duquel un innocent a été condamné et exécuté. Devant les supplications de la fille de Ray, Kinley accepte de reprendre le flambeau… Remontant la piste du travail effectué par son ami, Kinley épluche les minutes d’un procès arrangé renvoyant à un passé trouble. Il finira par découvrir la vérité sur les notables de la petite ville mais aussi et surtout sur lui-même et ses origines…

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Une entame déstabilisante où l’auteur nous plonge brutalement dans l’intrigue sans présentation du personnage central ni de l’univers dans lequel il gravite.
À ce point que j’ai pensé avoir le tome X d’une série entre les mains. Or, ce n’est apparemment pas le cas.
Fluide, l’écriture de Thomas H. Cook ne casse pas trois pattes à un rossignol mais elle remplit sa mission principale : elle est efficace. C’est avant tout ce qu’on lui demande. La preuve, une fois commencé ce thriller est difficile à refermer même à poser sur la table de chevet pour dormir. J’ai du mobiliser toute ma volonté pour ne pas le dévorer en une nuit (blanche). Au lieu de cela, j’ai préféré faire durer le plaisir. Plus on en apprend sur l’intrigue et plus on veut en savoir. C’est addictif.  L’ambiance des procès au tribunal comme l’atmosphère d’une petite ville américaine où tout le monde se connait, s’épie et médit des uns des autres, sont réussies.   Je n’avais pas lu de thriller depuis plusieurs semaines. Un désamour motivé par plusieurs déceptions successives. Sans m’avoir totalement réconciliée avec le genre, car il n’est pas exempt de défauts, notamment de longueurs et de répétitions, La preuve de sang m’a fait passer un très bon moment de suspense. Ce roman distille les fausses pistes avec brio jusqu’à un final surprenant comme je les affectionne.
C’était l’occasion pour moi de faire la connaissance de Thomas H. Cook. Cet essai se doit d’être confirmé. Ce que je ferai avec plaisir. Pourquoi pas en lisant « Les feuilles mortes » dont je n’entends dire que du bien ?

[Challenge de Calypso, session Livre], « La Voleuse de livres » de Markus Zusak

2008 Editions Pocket

Langue française – 633 page

Temps de lecture : 2 jours

Note cinqétoilesexcellent

Synopsis

Leur heure venue, bien peu sont ceux qui peuvent échapper à la Mort. Et, parmi eux, plus rares encore, ceux qui réussissent à éveiller Sa curiosité. Liesel Meminger y est parvenue. Trois fois cette fillette a croisé la Mort et trois fois la Mort s’est arrêtée. Est – ce son destin d’orpheline dans l’Allemagne nazie qui lui a valu cet intérêt inhabituel ou bien sa force extraordinaire face aux événements ? A moins que ce ne soit son secret… Celui qui l’a aidée à survivre. Celui qui a même inspiré à la Mort ce si joli surnom : la Voleuse de livres…

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Une vingtaine de pages m’auront été nécessaires pour parvenir à rentrer dans l’histoire. Le style est déconcertant, et la narratrice, peu banale. Faire de la mort, une conteuse, est l’une des grandes idées de l’auteur.
La deuxième est d’observer la montée du nazisme, et les débuts de la seconde guerre mondiale, par le prisme d’un petit village allemand ordinaire, sorte de microcosme où l’auteur braque sa loupe sociologique, à travers une galerie de personnages incroyables dont Liesel, Papa, Maman, Rudy, Max…
Des personnages réalistes et vrais, humains dans leurs qualités comme dans leurs défauts, touchants, attachants, énervants…. Des personnages en qui l’on croit et qui sonnent toujours justes.

Malgré l’épaisseur du livre, je n’ai pas éprouvé la moindre lassitude ni trouvé de longueurs pendant ma lecture. Au contraire, j’ai dévoré ce roman en 2 petites journées.

On pense souvent, à tort, tout savoir ou presque, de l’horreur de cette période, et pourtant… Les mots de l’auteur nous réinventent, ici, une effroyable réalité.

Étrangement, malgré la noirceur du sujet comme de l’atmosphère, par bien des aspects cette histoire racontée sous forme d’épisodes, chroniques des petits bonheurs et grands malheurs du quotidien, de l’enfance et de la vie, possède la même poésie de l’insignifiant que le monde fabuleux d’Amélie Poulain.

On ne sort pas indemne de ce roman. L’histoire de Liesel, de sa famille et de ses compagnons d’enfance, me resteront longtemps au coeur.
J’ai achevé ma lecture en larmes. La fin est bouleversante. En fait, tout le roman, l’est.

Une seule chose à dire : Lisez-le…Ne passez pas à côté de ce joli roman, certainement imparfait, mais empli de belles émotions, de poésie et de personnages inoubliables…

 

 

[Challenge de Calypso, session « Mort »] « Le Livre sans nom, 4, Livre de la mort » d’Anonyme

Editions Le Livre de Poche (2013)

504 pages

Temps de lecture : 3 jours

Note 4étoiles-trèsbonmais

Synopsis

Il est sans doute préférable pour votre bien-être que personne n’inscrive jamais votre nom dans Le Livre de la mort, sans quoi il vous resterait très peu de temps pour formuler vos dernières volontés. Aussi on peut aisément comprendre que celui-ci fasse l’objet de multiples convoitises, en général assez mal intentionnées. Et que quelques contrariétés guettent son actuel détenteur, l’infortuné Sanchez.

Officiellement mort, le Bourbon Kid, le tueur le plus impitoyable que la terre ait jamais portée, devrait, pour sa part, pouvoir aspirer à des jours heureux en compagnie de Beth, son amour de jeunesse enfin retrouvé. Encore faudrait-il que sa nouvelle identité reste secrète, sans quoi ses nombreuses victimes et ses ennemis, plus nombreux encore, pourraient bien s’unir pour élaborer une terrible vengeance. Mais quand Beth est kidnappée et qu’il s’avère être le seul à pouvoir sauver la petite ville de Santa Mondega d’un terrible bain de sang, le Bourbon Kid n’a plus qu’une solution : revenir d’entre les morts. Plus sauvage et impitoyable que jamais.

 

Une « resucée » (facile, le jeu de mot) des deux premiers tomes qui resteront mes préfèrés.

L’effet de surprise des débuts est un peu passé. Ce quatrième opus sent un peu le réchauffé.

Malgré la présence de l’inénarrable Sanchez et sa cuvée spéciale,  qui, dans ce dernier épisode, vole indiscutablement la vedette au Bourbon Kid en personne, ce quatriéme tome m’a moins fait rire.  A part, quelques scènes amusantes et quelques répliques bien senties, l’humour est moins présent.  Avant tout, c’est un vent de nostalgie  qui souffle entre les pages de cette dernière aventure,  cela n’a pas été pour me déplaire. Au contraire. J’ai aimé retourner sur les traces du passé du Kid et des autres habitants de Santa Modega, là où tout à commencé, on se souvient de tous les morts qui jalonnent le parcours du Bourbon Kid.  Son histoire avec Beth prend de la place dans l’intrigue.

J’ai mis pas mal de temps à le lire car je trouvais qu’il tournait en rond.  Certains chapitres du début, bien que toujours courts et rapides à lire, m’ont semblés être du remplissage. L’intrigue ne devient jouissive que passé le gros milieu du livre.

Même, s’il est un peu moins fun et rock’n’roll, ce tome nous offre un sacrè final qui dépote tout. Les cent derniéres pages sont  grandioses et renouent avec les tueries ultra-violentes à l’humour cartoonesque habilement chorégraphiées  par l’auteur, qui faisaient tout le charme décomplexé des premiers.

Bref, si ce n’est pas le meilleur de la série, c’est un tome à lire de toute façon pour les vrais fans de la saga du Bourbon Kid !

lechallengedecalypspo

« Coup de foudre à Austenland » de Shannon Hale

Editions Charleston (2013)

260 pages

Temps de lecture . 2 h

Note 4étoiles-trèsbonmais

Synopsis

Jane Hayes est une jeune New Yorkaise en apparence tout à fait normale, mais elle a un secret : son obsession secrète pour Mr Darcy, ou plus précisément pour Colin Firth jouant Mr Darcy dans l’adaptation de la BBC de Pride and Prejudice. Résultat, sa vie amoureuse est proche du néant : aucun homme n’est à la hauteur de la comparaison. Quand une riche parente lui laisse en héritage un séjour de 3 semaines dans un centre chic pour les Austen-addicts, les fantasmes de Jane impliquant une rencontre fortuite avec un héros tiré tout droit de l’époque de la Régence deviennent un peu trop réels. Cette immersion dans cet Austenland réussira-t-elle à débarrasser Jane de son obsession pour lui permettre de rencontrer un vrai Mr. Darcy ?

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Un cupcake à la rose…Voilà ce que m’évoque ce court roman de Shannon Hale.

Si ce n’était les tergiversations sentimentales incessantes de cette girouette de Jane, j’aurai davantage apprécié ce moment de lecture – détente. En effet, l’héroïne ne sait pas ce qu’elle veut et se contredit sans cesse. Malgré tout, je me suis beaucoup reconnue dans ce personnage de Jane, disons, que je me suis reconnue surtout dans l’admiration sans bornes qu’elle voue à Jane Austen, au roman Orgueil et Préjugés, et à Elizabeth Bennett et Mr Darcy.

Tout comme elle, j’ai lu le roman plusieurs fois et vu et revu l’adaptation de la BBC avec Mister Colin Firth. Je fus d’ailleurs sensible aux multiples allusions de l’auteure (souvent fort amusantes) concernant cette mini-série.

L’idée de départ est trés sympathique : Passer des vacances dans une fausse Angleterre de 1816, reconstituée à partir d’acteurs et de figurant(e)s afin de revivre les grandes intrigues amoureuses des romans de Jane Austen.  En grande admiratrice de Miss Jane Austen, j’ai moi aussi parfois rêvé de  faire un bond dans le passé pour me retrouver à l’époque pré-victorienne et m’en aller espionner Lizzie et son Mr Darcy. Bonne idée mais traitement approximatif, hélas. Car le récit devient vite répétitif.  Il y a aussi des flottements narratifs qui font que l’on a parfois envie de bailler.

Mon plus grand regret est que l’auteure délaisse, un peu trop vite à mon goût,  son idée d’immersion historique, pour laisser revenir le 21éme siecle de façon prématurée dans l’intrigue.

Bien sûr, les codes de la chick- lit sont présents mais cela reste supportable. A la base, je n’aime pas ce style mais dans Coup de foudre à Austenland, j’ai trouvé que les éléments caractéristiques du genre fonctionnaient bien.

Mais ce que j’ai surtout aimé dans ce roman, c’est le brouillage continuel entre la fiction et la réalité. Comme Jane, les lectrices auront du mal a démêler le vrai du faux tout au long du récit. Qui joue ? Qui est sincère ?

Jusqu’au bout, j’ai eu des doutes sur les personnages et je n’ai deviné la fin que quelques pages avant. Donc au final, la fin n’est pas si prévisible que je le craignais.

Sans prétention aucune, ce petit roman permet de passer un bon moment de détente agrémenté d’humour. La romance oscille entre conservatisme et modernisme  et la lecture est facilitée par une écriture trés simple.

Les fans d’Austen – et celles qui aiment la chick-lit à la Bridget Jones, croquerons cette friandise avec gourmandise comme moi qui n’en ai fait qu’une bouchée en le terminant en 2h. J’ai désormais hâte de voir l’adaptation cinématographique.

« Le Baiser des Sirènes, 1, Attirance » d’Anne Greenwood Brown

Editions Milan (Macadam) (2013)

317 pages | Traduit par Hélène Hiessler

Temps de lecture : Quelques heures

Note
4étoiles-trèsbonmais

Synopsis

Calder White vit dans les eaux sombres du lac supérieur. Il est le seul mâle d’une fraterie de sirènes. Pour survivre, les sirènes n’ont d’autre choix que de se nourrir d’énergie vitale humaine donc de tuer. Mais Calder est convaincu qu’une autre manière de survivre est possible. Il veut arrêter de tuer et se « sevrer ». Il va faire la rencontre de Lily,une humaine et il va devoir faire un choix cornélien entre cet amour naissant et le clan de sa famille de sirènes…
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Le roman d’Anne Greenwood Brown a le mérite de nous plonger ( ;)) dans l’intrigue dès les premières pages.

Il est indéniable également que ce premier tome a du charme malgré ses maladresses.

Son atout majeur étant la fraicheur de son univers.

Le thème des tritons et des sirènes est encore assez nouveau en littérature jeunesse pour intéresser le lecteur.

Si bien que malgré ses défauts (la liste en bas de ce billet) et si l’on parvient à passer outre la forte ressemblance avec Fascination (premier tome de Twilight) dont il emprunte beaucoup au scénario, Le Baiser des Sirènes est une petite lecture sympathique qui, globalement, m’aura fait passer deux ou trois heures de détente.

Pêle-mêle, les points forts de ce premier tome de cette saga aux allures de Twilight aquatique :

– Le narrateur est un garçon, cela change de l’ordinaire. Il est attachant dans une certaine mesure et capable d’humour lorsqu’il le faut notamment dans ses réparties. 

– L’univers est plutôt original et possède une vraie identité qui donne du charme à ce premier tome.

– La mythologie sirénienne proposée est intéressante. Les créatures qui peuplent le roman sont loin des gentilles sirènes de Walt Disney. J’ai bien aimé les personnages de Tallulah et de Parvati. 

– L’écriture, sans être renversante est fluide et plaisante à lire. Le roman se lit en quelques heures. 

Les points négatifs :

– Je n’aime pas la couverture

– Le fait que ce soit justement un Twilight aquatique où les vampires sont remplacés par des tritons et des sirènes.

– Les personnages principaux sont des Edward et Bella bis. La psychologie et la manière d’être du héros ressemble à s’y méprendre à l’esprit tourmenté d’Edward Cullen et à son dégoût de lui-même, jusque dans sa décision de cesser de tuer des humains pour se nourrir. Quant à l’héroïne, c’est un mix entre Bella et Lena (pour son côté décalé et poêtesse) dans la saga Le Livre des lunes.

– Ce premier tome manque d’action (hormis à la fin il ne se passe rien) et de profondeur à la fois dans l’intrigue mais aussi chez les personnages.

– L’histoire d’amour prend trop de place au détriment du reste. De plus, la naissance de l’amour entre les deux héros arrive trop tôt dans le roman. On a du mal à croire à leur romance.

– Une action trop tardive

–  Le cliffangher final est mal négocié. Il ne donne pas forcément envie de lire la suite. 

Conclusion : De l’idée mais des améliorations doivent être apportées dans le traitement du sujet et l’intrigue devra s’epaissir. Mes 4 étoiles récompensent l’univers mis en place mais l’auteure devra mieux faire pour la suite. 

[Challenge « Le Choix du Chapelier Fou Spécial PAL (Avril)] « Bloodlines, 1 » de Richelle Mead

 

Editions Castelmore (2012)

448 pages

Temps de lecture : 3 jours

Note 4étoiles-trèsbonmais

Synopsis

Sydney, alchimiste, dissimule l’existence des vampires aux yeux du monde. Pas par bonté d âme, mais pour préserver des vies humaines menacées par ces créatures qu on lui a toujours décrites comme maléfiques.
Sa nouvelle mission : cacher et protéger Jill, jeune vampire et princesse Moroï, menacée de mort. Quel meilleur endroit pour cela qu’une école privée à Palm Spring, sous le soleil de Californie ? Voilà bien le dernier endroit où des vampires sanguinaires iraient la chercher… Et si le mal n était pas là où Sydney le croyait ?

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La vraie satisfaction de Bloodlines est de retrouver certaines vieilles connaissances tirées de la série Vampire Academy, notamment le personnage d’Adrian, fidèle à lui-même et en même temps en pleine période de remise en questions suite à sa rupture avec Rose. Rose que l’on entrevoit également le temps de quelques pages accompagnée d’Abe. Il est très agréable de retrouver Eddie et que soit évoqué le personnage de Mason (trop tôt disparu de Vampire Academy). Seul Dimitri (rapidement évoqué au début) n’est pas physiquement présent dans l’histoire et j’avoue qu’il m’a manqué ce bon vieux Dimka :))

La présence d’Adrian, que j’apprécie beaucoup pour son humour et son effronterie, est un rayon de soleil qui égaye la grisaille de la première (grosse) moitié de Bloodlines. A elle seule, Sydney ne suffit pas à tenir en haleine au fil des nombreux chapitres du livre. Par rapport à la flamboyance de Rose Hathaway, Sidney manque cruellement de charisme. Et si toutefois, elle est moins lisse et transparente que le personnage de Vasilia, (un peu moins), j’aurai aimé la voir montrer plus de caractère et agir de manière plus impulsive (même si l’éducation très stricte reçue par son personnage explique son côté réservé et timoré). Mis à part cela l’évolution psychologique du personnage, notamment en ce qui concerne ses croyances et ses doutes envers les vampires, est bien illustré par R. Mead.

Sydney agace aussi par son côté superficiel, elle se lamente à plusieurs reprises sur ses trois ou quatre kilos en trop (selon elle) et en enviant la minceur extrême des Moroïs. Jill (demie-soeur de Lissa) n’est guère mieux, elle, dont le seul souci au cœur de la tourmente où elle se trouve est de faire du mannequinat et de fréquenter des garçons (euh…ne vaudrait-il pas mieux sauver ta peau d’abord ?).

Bref, les enjeux les plus importants, outre de protéger Jill (une adolescente capricieuse sur les bords), sont pour Sidney de perdre du poids et de rentrer dans du 36, pour elle, au-dessus de cette taille, cela relève presque de l’obésité. Si bien que notre alchimiste doit en tout et pour tout manger un yaourt nature et deux bouchées d’une part de pizza pendant toute la durée du roman (qui s’étale sur plusieurs mois). Quel bel exemple pour la jeunesse de prôner l’anorexie et de faire du fait de rentrer dans du 36 les des buts ultimes de sa vie (sifflote). Richelle Mead me déçoit beaucoup sur ce coup.

Est-ce à cause d’un cerveau mal approvisionné en nutriments essentiels, que Sydney est aussi longue à comprendre ce qui se passe, alors que les réponses se trouvent juste sous son nez ? Sans doute. Le fait est que le lecteur devinera bien des choses avant elle.

Bloodlines est long à démarrer. La mise en place des personnages et des lieux (adieu St-Vladimir, vive la Floride !) est fastidieuse entre description des nouveaux venus dans l’histoire et du nouveau lycée et de ses élèves et professeurs. Me suis beaucoup ennuyée. En vérité, l’intrigue ne s’anime vraiment que vers un gros tiers de la fin. D’ailleurs, si l’ossature du scénario transparait assez entre les lignes, au lieu d’une fin téléphonée comme je m’y attendais, l’auteure a su finalement me surprendre en donnant un côté inattendu à la résolution des mystères présents dans ce premier tome. Il y a plusieurs choses que je n’avais pas vu venir, je l’avoue. La fin placée sous haute tension est bonne car elle malmène les personnages principaux et remet en cause certaines certitudes. Les ultimes pages laissent espérer un second tome explosif (de bien des façons) et j’ai l’impression que nous apprendrons de nouvelles choses intéressantes sur la nature des Dhampirs et celle des Moroïs. Je souhaite ne pas me tromper en disant que le deuxième tome sera meilleur que celui-ci qui souffre de la comparaison directe avec Vampire Academy, tout en restant tout de même agréable à lire malgré ses défauts.

En résumé si ce spin-off atténue un peu le regret suscité par la fin de la série Vampire Academy (une de mes séries bit-lit préférées), et comble quelque peu le manque éprouvé par les fans, il n’est toutefois pas de taille à remplacer ou a éclipser cette dernière pour l’instant, loin de là. Pour preuve, les moments les plus réussis de Bloodlines sont pour moi ceux où apparaissent Adrian, Rose, Eddie, Abe et cie, les personnages-clefs rencontrés dans VA. Cela prouve bien que les personnages mis en scène dans Bloodlines sont beaucoup moins intéressants et réussis.