Tagué: Roman 3 étoiles

« Eclair d’été » de Tamara McKinley

Editions L’Archipel (2009)

370 pages

Temps de lecture : 2 jours

Note 3étoilesbon

Synopsis

Orpheline à douze ans, Miriam a toujours su faire face à l’adversité. Quand elle découvre, à l’aube de son soixante-quinzième anniversaire, qu’elle a été spoliée de son héritage, elle n’hésite pas. Un nouveau combat l’attend. Sans doute le plus important de son existence : rétablir l’honneur de son père et récupérer son bien pour le transmettre aux siens. Cette quête de vérité et de justice sera pour Miriam l’occasion d’emprunter les chemins du souvenir. Un voyage qui la mènera de l’Irlande sinistrée des années 1890 à l’Australie de la première moitié du XXe siècle, monde âpre, sauvage, mais empli d’espoir pour nombre de pionniers venus y chercher fortune.

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Je découvre Tamara McKinley avec ce roman. Mon choix s’est porté vers cette auteure australienne motivée par un bon bouche-à-oreilles (les critiques sont presque toutes positives à l’endroit de T. McKinley) mais aussi par la comparaison avec Kate Morton qui revient dans plusieurs commentaires de la blogosphère. Et comme j’aime beaucoup la plume de K.Morton…

Au départ, l’affaire était mal engagée. En effet, le début du roman m’a semblé plat et bourré de clichés (le lord protestant qui tombe amoureux de la petite servante catholique, le fils deshérité, la fuite des amants…),  j’avais l’impression de lire un Harlequin historique. Ce n’est qu’après presque une centaine de pages que j’ai réussi à accrocher (l’arrivée en Australie) mais avant cela je me suis ennuyée. Si après lecture, j’ai trouvé ce roman moins bon qu’un roman de Kate Morton, notamment au niveau de la qualité de l’écriture et l’atmosphère rendue, Eclair d’été fut une découverte charmante. D’ailleurs, j’ai envie de lire d’autres T. McKinley pour avoir d’autres points de comparaisons. Il est difficile de juger un auteur sur un seul livre. D’autant que ce n’est pas son meilleur apparemment. Ce dernier semble être La dernière valse de Mathilda.

Au bout du compte, j’ai passé un bon moment de lecture malgré le fait que le roman me parait moins abouti qu’il pourrait l’être. Certaines choses sont trop survolées ou trop clichées. De même que la psychologie des personnages est traitée de manière superficielle.

En ce qui concerne la période historique évoquée (l’Irlande au début du XIXième siècle et l’établissement des premiers colons en Australie), j’aurai aimé qu’elle soit un peu plus approfondie et détaillée pour me sentir davantage dans « l’ambiance », comme le fait si bien Kate Morton lorsqu’elle nous emmène dans le passé.

 Eclair d’été manque un peu de souffle romanesque, sans doute à cause de l’entremêlement continuel entre présent et passé, un panachage temporel, qui hâche l’intrigue en nous laissant sur notre faim. A chaque amorçe de rebondissement, hop ! on revient dans le présent. Les passages que j’ai le plus appréciés sont bien évidemment ceux situés dans le passé de Kate et de Miriam. Mes personnages chouchous auront été Mim, Fiona et Jack. Même si j’ai trouvé la matriarche un peu trop dure envers les siens parfois, aprés tout ce qu’elle a enduré de drames dans sa vie, on peut comprendre son caractére affirmé !

Bref, un roman agréable à lire qui sait ménager l’intérêt du lecteur jusqu’à la fin et le dévoilement des secrets de famille. 

« La Scène des Souvenirs » de Kate Morton

 

Editions Presses de la Cité (2013)

574 pages

Temps de lecture : 2 jours et demi

Note
3étoilesbon

 

Synopsis

2011. La célèbre actrice Laurel Nicolson se rend dans le Suffolk, au chevet de sa mère âgée. Dans la ferme de son enfance, la comédienne est assaillie par les souvenirs, et plus particulièrement par les images d’un après-midi d’été étouffant, cinquante ans auparavant. Partie se réfugier dans une cabane perchée dans les arbres afin de rêvasser tranquillement, Laurel, alors adolescente, avait vu sa mère poignarder un inconnu. Un événement que personne n’avait évoqué par la suite.
Hantée par ce drame resté secret, Laurel décide de plonger dans le passé de sa famille. Elle trouve dans le grenier une photographie datant de la Seconde Guerre mondiale qui lui révèle l’existence d’une certaine Vivien…

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Loin de son niveau habituel, K. Morton déçoit avec son nouveau roman.

La Scéne des souvenirs ne m’a pas séduite de maniére inconditionnelle.

L’intrigue est paresseuse, les longueurs abondent (descriptions en veux-tu en voilà, l’une des mauvaises habitudes de l’auteure, surabondance de dialogues parfois sans impact réel sur l’intrigue, passages creux (la partie sur l’enfance de Vivien notamment)) même l’écriture est moins soignée et les raccourcis narratifs plus grossiers que d’habitude.

Reste les beaux personnages de Jimmy et Vivien.

Comme souvent, chez l’écrivaine l’intrigue avance sur la base d’une succession de quiproquos et rien n’est ce qu’il semble être.

Hélas, il fut frustrant pour moi de deviner le pot-aux-roses assez tôt dans le roman. Environ à 250 pages du dénouement.

K. Morton lasse la fidéle lectrice que je suis en utilisant toujours le même canevas narratif et les mêmes ingrédients romanesques.

Bien que le roman ait du charme et que le plaisir soit au rendez-vous (par intermittence) grâce au cadre historique qui est trés bien planté et à l’atmosphére de la fin de la guerre 39/45 trés bien restituée, il me semble que les romans de K. Morton se déroulant vers la fin du 19ieme siécle et le début du 20 iéme aient davantage de puissance romanesque.

« Les Heures Lointaines » de Kate Morton

Editions Presses de la Cité (2011)

633 pages

Temps de lecture : 4 jours

Note 3étoilesbon

Synopsis

Lorsqu’elle reçoit un courrier en provenance du Kent qui aurait dû lui arriver cinquante ans auparavant, Meredith Burchill révèle à sa fille Edie un épisode de sa vie qu’elle avait gardé secret jusqu’alors. En septembre 1939, comme beaucoup d’autres enfants, Meredith avait été évacuée de Londres et mise à l’abri à la campagne. Recueillie par des aristocrates du Kent dans le château de Milderhurst, elle était devenue l’amie de l’excentrique et talentueuse Juniper, la cadette de la famille. 
Pourquoi Meredith a-t-elle dissimulé son passé à sa propre fille ? Et pourquoi n’est-elle pas restée en contact avec Juniper, devenue folle après avoir été abandonnée par son fiancé ? Afin de reconstituer le puzzle de son histoire familiale, Edie se rend au château de Milderhurst dont les vieilles pierres cachent plus d’un secret.

J’avais beaucoup aimé ma première lecture de Kate Morton, Le Jardin des secrets. 

Aussi,  j’attendais beaucoup de ce roman.

Hélas, mon plébiscite sera moindre en ce qui concerne Les Heures Lointaines, qui, sans mauvais jeu de mot, m’ont semblées interminables.

En effet, je me suis pas mal ennuyée pendant cette lecture. A cause sans doute des nombreuses longueurs descriptives et digressives qui ralentissent le récit mais aussi du nombre de dialogues à mon sens inutiles accompagnant une action qui avance au petit trot.  Il vous faudra être patient avant qu’enfin il se passe des choses intéressantes. C’était d’ailleurs, l’un des défauts remarqués dans Le Jardin des secrets.

La première moitié du roman est vraiment peu palpitante. L’impression de vacuité est d’autant plus palpable que l’histoire proposée ici est bien moins passionnante. 

L’intrigue m’a beaucoup moins convaincue et touchée que celle du Jardin des secrets et je me suis également moins attachée aux personnages, sans doute sont-ils moins forts ? Même si Juniper ressemble beaucoup à Eliza, mon personnage préféré dans Le Jardin des secrets, disons qu’elle m’a plu sans me plaire vraiment car c’est un double atténué, forcément moins bouleversant que l’original.

Découragée par les blabla, j’ai parfois été tenté de lire certaines pages en diagonale.

Mais comme malgré tout j’étais curieuse de connaitre la clef de l’énigme, (K. Morton sait très bien s’y prendre pour vous conduire à des sommets d’expectative en vous faisant miroiter une fin contenant toutes les réponses à vos questions)  j’ai lu le dernier tiers d’une seule traite. Bien que surprenante, la résolution du mystère m’a semblé tirée par les cheveux et il demeure des zones d’ombre. Quant aux autres fils narratifs, s’ils trouvent une explication, ils se dénouent sans trop de surprise puisqu’il suffit de repérer les nombreux indices qui sont offerts par K. Morton pour deviner la plupart des secrets enfouis.

Les procédés narratifs sont les mêmes que dans Le Jardin des secrets, alternance des époques, des temps, narrateur omniscient, fausses pistes abusant le lecteur…Sauf que le canevas fictionnel quasi-identique fonctionnait bien mieux dans Le Jardin des secrets.

Néanmoins, les romans de K. Morton possédent un charme indéniable même lorsqu’ils sont moyens comme c’est le cas ici. Peut mieux faire donc, ma chère Miss Morton. Il me reste Les Brumes de Riverton à découvrir et j’espère ne pas avoir une nouvelle déconvenue. 

[LC + Thriller Baby Challenge 2013] « Enfants de la paranoïa » de Trevor Shane

Editions Michel Lafon (2012)

363 pages

Temps de lecture : 3 jours

Note 3étoilesbon

Synopsis

Règle un : on ne tue pas les innocents
Règle deux : on ne tue pas les ennemis de moins de 18 ans

Depuis des siècles une guerre clandestine, ignorée du commun des mortels, oppose deux anciens clans qui se déchirent au nom du Bien et du Mal. Des deux côtés : des assassins endoctrinés et entraînés dès leur plus tendre enfance à haïr et détruire le camp adverse. Artistes de la dissimulation, ils maquillent leurs meurtres en actes de violences aléatoires : des affaires qui curieusement ne sont jamais résolues. Joseph, vingt ans, est l’un de ces tueurs d’élite. Plongé dans la brutalité depuis sa naissance, il ne connaît qu’une réalité : tuer ou être tué. Mais lors d’une réunion dans le New Jersey, il tombe dans une embuscade tendue par l’ennemi. Échappant de peu à ce piège mortel, Joseph se réfugie à Montréal où il rencontre Maria, une jeune innocente de seize ans. Pour la première fois, son esprit froid et impitoyable chancelle. S’il veut sauver la femme qu’il aime, il doit abandonner la vie qu’il a toujours connue et les gens qui ont combattu à son côté. Osera-t-il transgresser les règles et protéger une autre vie que la sienne ? Une seule vérité demeure : le premier à tuer est le dernier à survivre. Toutes les guerres ont des règles. Si vous les enfreignez, vous devenez la cible.

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Vraiment déçue. La classification jeunesse/SF est trompeuse. Elle m’avait fait attendre autre chose de ce roman. Pour tout dire, la SF, je la cherche encore… Je n’ai pas trouvé le début d’un commencement de science-fiction ou de fantastique dans cette histoire qui ressemble davantage à du Tarantino ou du Besson version junior.

Déjà, tout va trop vite dans ce roman. L’auteur confond vitesse et précipitation. La mise en place de l’univers est bâclée, sous le prétexte fallacieux de rester « flou », l’auteur fait de la rétention d’information et ce faisant décourage le lecteur de s’impliquer plus avant dans l’histoire. Le fait de ne rien expliquer permet aussi de dissimuler le fait que le roman pour moi manque cruellement de fond, pour ne pas dire de profondeur.

Sur le même principe, l’histoire entre les deux personnages principaux, faute d’être installée correctement au cœur de l’intrigue, ne parvient pas à être crédible. Le couple vedette n’est absolument pas touchant. Ce sont des gamins immatures et égoïstes, Roméo et Juliette de seconde zone, qui ne réfléchissent pas plus loin que le bout de leur nez et dont à aucun moment, je n’ai senti la véracité des sentiments qu’ils sont censés éprouver l’un envers l’autre. Ils passent leur temps à se disputer, se crier dessus et à se plaindre d’une situation dont ils sont les seuls responsables. Franchement, insupportables ces deux-là !

Mais le pire, c’est ce recours systématique à la pirouette scénaristique dont abuse l’auteur pour ne pas dévoiler aux lecteurs le pourquoi du comment d’une guerre qui fait rage depuis des siècles en mobilisant de gros moyens à l’insu du peuple lambda. C’est trop facile d’éluder les tenants et les aboutissants d’un haussement d’épaule. Pour ma part, pour entrer dans une histoire et m’attacher à des personnages, j’ai besoin d’un minimum d’explications, de quelques bases de réflexion, d’un petit quelque chose à me mettre sous la dent ! Là, nada. On ne saura jamais rien du pourquoi du comment et c’est hautement préjudiciable au roman. Faute de comprendre un minimum ce qui se passe, je me suis rapidement désintéressée de l’affaire et j’ai laissé les personnages s’entretuer sous mes yeux, sans émotion. Je n’ai pas réussi à m’impliquer, me suis sentie mise à l’écart du début à la fin (que j’ai vu arriver avec soulagement d’ailleurs !).

Comme le roman est en plus branché sur courant alternatif, il y a de nombreux passages (entre deux scènes de tueries et de courses-poursuites) où l’on s’ennuie ferme à lire les atermoiements incessants des personnages pris dans un road-movie bancal, répétitif et lassant qui ne m’aura happée que par intermittence.

Un dernier chapitre haletant n’a pas suffit à me faire revenir sur mon impression première et mon goût de trop peu. L’intensité arrive trop tard, de même que l’émotion, pour me donner envie de lire la suite.  Je n’en vois pas l’intérêt si l’auteur continue ainsi à snober son lecteur.

Je m’attendais vraiment à tout autre chose et c’est une grosse déception pour ma part.

[Le Choix du Chapelier Fou : Spécial PAL] [7] Mars: « « La Cité des Jarres » d’Arnaldur Indridason

Editions Points (Policier) (2006)

327 pages

Temps de lecture : 3 heures

Note 3étoilesbon

Synopsis

Un nouveau cadavre est retrouvé à Reykjavik. L’inspecteur Erlendur est de mauvaise humeur : encore un de ces meurtres typiquement islandais, un  » truc bête et méchant « 
qui fait perdre son temps à la police… Des photos pornographiques retrouvées chez la victime révèlent une affaire vieille de quarante ans. Et le conduisent tout droit à la  » cité des Jarres « , une abominable collection de bocaux renfermant des organes…

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Bien que, paradoxalement, je l’ai lu trés vite, (3 h), ce roman m’a déçue par son manque d’originalité et son classicisme poussé à l’extrême.

Avec tout ce que j’entendais d’élogieux sur ce thriller depuis des années, je m’attendais à être davantage transportée.

Le début est poussif. Le rythme global est un peu lent et flegmatique et l’intrigue sans réelle surprise même si elle est solide et a su me tenir éveillée.

Sympathique, l’inspecteur est quand même un peu fade. On a du mal à s’attacher aux personnages principaux qui nous laissent à l’écart et comme dans Wallander, la vie privée du héros prend un tantinet trop le pas sur l’enquête à mon goût.

En résumé, je n’ai pas adoré ni détesté mais je m’attendais à bien mieux. 

« Bilbo, Le Hobbit » de JRR Tolkien

Editions Le Livre de Poche (2007)

312 pages

Temps de lecture : 4 jours

Note 3étoilesbon

Synopsis

Bilbo, comme tous les hobbits, est un petit être paisible qui n’aime pas être dérangé quand il est à table. Mais un jour, sa tranquillité est troublée par la venue d’un magicien nommé Gandalf, et de treize nains barbus qui n’ont qu’une idée en tête : récupérer le trésor de leurs ancêtres, volé par Smaug le dragon sur la Montagne Solitaire. Suite à un malentendu, Bilbo se retrouve malgré lui entraîné dans cette périlleuse expédition.

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Avis :

Mon premier billet de 2013 ne sera pas très positif.

Je n’ai pas eu beaucoup de plaisir à découvrir Bilbo, le hobbit. Ô combien louangé partout, récemment adapté au cinéma, je dois dire que je m’attendais à mieux qu’à un ouvrage souvent soporifique qui m’a fait à plusieurs reprises piquer du nez sur la page.

Quelques bons moments mais un roman globalement ennuyeux avec pléthore de descriptions interminables, de dialogues à rallonge et de chants nains, trolls ou elfes s’étendant sur plusieurs pages à la suite. Tout ceci contribue à alourdir la narration et à rendre bourratif  le contenu du roman.

Le seul passage intéressant est la découverte de l’anneau et la rencontre entre Bilbo et Gollum. Peut-être aussi la bataille contre les araignées géantes et les visites dans la caverne du dragon. Le reste n’est que palabres et la fin trop axée sur les affrontements guerriers.

Heureusement que le personnage de Bilbo est parfois amusant car les nains m’ont agacée et très vite, je me suis mise à les confondre.

L’intrigue tient en quelques lignes et le scénario m’a semblé manquer de richesse et d’action.  Ce fut pour moi plus de trois cent pages de souffrance que de lire ce livre. 

Le style bien que parfois un peu lourd, reste plaisant sauf pendant les descriptions qui « meublent » le vide entre les rares moments d’action. 

Peut-être suis-je trop vieille pour apprécier ce roman, bien qu’il ne me semble pas tant que ça destiné à la jeunesse, il est relativement sombre pour des enfants. J’ai sans cesse eu la désagréable impression de ne jamais être véritablement « entrée » dans l’histoire.

Je suis décue de ma découverte, pourtant, j’avais bien apprécié ma lecture du premier tome du Seigneur des Anneaux, il y a environ  dix ans. 

[LC] « Blitz, 1, Black-Out » de Connie Willis

Editions Bragelonne (2012)

643 pages | Traduit par Joelle Wintrebert

Titre original : Blitz, book 1: Blackout (2010)

Science-Fiction

Temps de lecture : 5 jours

Note 

Synopsis

Oxford, futur proche. L’université est définitivement dépoussiérée : historien est devenu un métier à haut risque. Car désormais, pour étudier le passé, il faut le vivre. Littéralement.
Michael Davies se prépare pour Pearl Harbor, Merope Ward est aux prises avec une volée d’enfants évacués en 1940, Polly Churchill sera vendeuse en plein coeur du Blitz, et le jeune Colin Templer irait n’importe où, n’importe quand, pour Polly…
Ils seront aux premières loges pour les épisodes les plus fascinants de la Seconde Guerre mondiale. Une aubaine pour des historiens, sauf que les bombes qui tombent sont bien réelles et une mort soudaine les guette à tout moment. Sans parler de ce sentiment grandissant que l’Histoire elle-même est en train de dérailler.
Et si, finalement, il était possible de changer le passé ?

J’avoue être assez déçue par cette lecture dont pourtant on m’avait dit le plus grand bien.

Pourtant, mes premières impressions étaient plutôt positivesLe début est accrocheur. Les personnages sont en majorité sympathiques. Le style de Connie Willis est fluide et agréable à lire et il y a quelques pointes d’humour bienvenues. De plus, on apprend des choses sur la seconde guerre mondiale notamment sur le Blitz. Mais l’histoire tient une si grande place et l’auteure nous livre tant de dates, détails, descriptions et anecdotes, manifestement issues de ses recherches sur le sujet, que, très vite nous croulons sous l’afflux d’informations et que la tête nous tourne presque ! 

L’auteure est connue pour se documenter beaucoup avant d’écrire un roman et son érudition déjà présente dans Sans parler du chien n’est plus à prouver mais même si nous apprenons des choses intéressantes sur différents périodes de la guerre 39/45, cela vire trop souvent à la fastidieuse leçon d’histoire bourrée de dates, de lieux et d’anecdotes. Si bien que parfois on s’ennuie. Certains passages débordent tant de faits, dates, lieux et chiffres qu’ils en deviennent indigestes. L’affluence de personnages à distinguer les uns des autres et tous ces faits historiques à assimiler ont fait qu’à mon grand agacement, j’avançais dans ma lecture à la vitesse d’un escargot neurasthénique, j’avoue sans honte avoir même lu certaines pages fortement descriptives en diagonale. Ajoutons à cela que nous naviguons sans cesse dans une sorte de brouillard temporel s’étirant de 39 à 44  et cela explique sans mal mes difficultés.Longtemps, je me suis mélangée les pinceaux entre les personnages et les dates. Quelques personnages surgissent parfois sans crier gare au cours de l’histoire (l’auteure ne nous les présente pas, on les voit juste agir sans réelle certitude quant à leur fonction dans l’intrigue), ils restent pendant deux ou trois chapitres puis disparaissent aussi soudainement qu’ils sont apparus !

Au vu du titre, Blitz, il semblait pour le moins évident que ce premier tome allait aborder le thème de la seconde guerre mondiale en Angleterre toutefois je ne pensais pas que ce serait aussi présent. La quatrième de couverture pouvait laisser croire que nous aurions entre les mains un ouvrage orienté SF parlant notamment de voyages temporels alors que cet aspect science-fictionnel est au fond très peu mis en valeur sur l’ensemble des six cent pages.

L’espace de quelques chapitres, j’ai eu l’espoir d’une seconde partie moins ennuyeuse que la première. Mais mon optimisme a vite été douché car si la suite du roman est moins axé sur les conflits qui règnent en Europe, moins éparpillée dans le temps aussi et se concentre dans un même espace-temps en réunissant enfin les personnages principaux au même endroit, ce qui rend la succession des événements moins éclatée et plus lisible, elle est surtout ultra-répétitive.

Le roman finit par tourner en rond tandis que les personnages passent leur temps à se courir après en effectuant chaque jour les même gestes (aller travailler, se cacher pendant les bombardements, aller se coucher et rebelote le lendemain et ainsi de suite) et surtout en  répétant inlassablement la même chose : ai-je altéré par mon action le cours de l’histoire ? Oui, non, mais si, mais non…Pourquoi l’équipe de récupération n’est-elle pas venue me chercher ? Quand va-t-elle arriver ? Ces incessantes répétitions sont fortement agaçantes. A fortiori, quand le thème SF du voyage dans le temps n’est traité QUE de manière uniquement théorique, par le biais de l’hypothèse et du questionnement plutôt que dans l’action ou une quelconque illustration du propos. Cette seconde partie m’a semblé interminable !

Contrairement à ce que j’espérais, ce roman n’a pas constitué un grand divertissement. Ma lecture en fut même laborieuse. J’ai trainé la patte pour lire les 100 dernières pages. J’étais tenté d’abandonner mais n’ai pas pu m’y résoudre. Ma ténacité fut en quelque sorte récompensée puisque cela s’améliore un peu sur la fin. Pas assez toutefois pour gommer mes impressions négatives. Les derniers paragraphes ont beau laisser la porte ouverte sur le tome 2, le souvenir de l’ennui ressenti pendant le premier tome tend plutôt à me dissuader de le lire pour le moment.