Tagué: Policier

[Challenge de Calypso, session Chanson] « Pénélope Green,1, La Chanson des Enfants Perdus »

 

2011 Editions Casterman
Langue française – 312 pages
Temps de lecture : 2 jours
Note 3étoilesbon
Synopsis

NOM : Green
PRÉNOM : Pénélope
SITUATION FAMILIALE : orpheline, unique héritière du journaliste James Alec Green
AMBITION (SCANDALEUSE) : devenir journaliste
SIGNES PARTICULIERS : une envie d’étrangler son prétendant, cette endive de Wilfrid, et un goût prononcé pour l’aventure et le danger

Pénélope Green décide de reprendre une mystérieuse enquête de son père : le dossier FOXGLOVE COURT. Quel terrible secret va-t-elle découvrir, dans les bas-fonds de Londres ?

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Un roman jeunesse fortement prévisible. L’intrigue ne casse pas deux bretelles à un accordéon, et la clef du mystère n’est point difficile à trouver.

L’écriture de B. Bottet est plaisante, le vocabulaire est riche, les tournures de phrases soignées, et les dialogues possèdent un rythme assez enlevé.

Penelope Green pourra en énerver certain(e)s, même si dans l’ensemble, j’ai apprécié sa personnalité, sa nature aventureuse et frondeuse.
Mais ce serait mentir que de dire qu’elle n’est pas agaçante de temps en temps, et prétentieuse. Je l’ai trouvé assez froide dans ses réactions (son attitude détachée dans certaines situations m’a laissé plus d’une fois perplexe.
Je pense que cela tient au fait que le personnage manque de profondeur. Son principal défaut reste, toutefois, sa naïveté voire sa bêtise. Elle agit comme une idiote, ne voit rien de ce qui se passe sous son nez et prend sans cesse les mauvaises décisions !
Son compagnon d’aventures est prometteur mais par rapport à Penny, il demeure, hélas, trop en retrait.

La fin du XIXème siècle en Angleterre est évoquée avec justesse, l’atmosphère des bas-fonds londonien est réussie, toutefois, le roman aurait gagné à ce que ces descriptions soient plus détaillées. L’auteure se contente d’une évocation assez « cliché ».

Sympathique, sans plus.

« La garçonnière » d’Hélène Grémillon [Partenariat PriceMinister-Rakuten 2013]

Editions Flammarion (2013)

300 pages

Temps de lecture : 2 jours

Note 3étoilesbon (14/20)

 Synopsis

Ce roman est inspiré d’une histoire vraie. Les événements se déroulent en Argentine, à Buenos Aires. Nous sommes en août 1987. C est l’hiver. Les saisons ne sont pas les mêmes partout.
Les êtres humains, si.

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Dés le prologue, très joliment écrit, et fort intriguant (du fait, que nous ignorons tout des personnages au départ), la dimension romanesque se déploie, un potentiel qui s’incarne notamment dans le personnage de Lisandra, à la fois mystérieuse et fragile.

Renforcé par une narratologie originale, servi par des chapitres courts, mais aussi parfois desservie par une écriture un peu trop simpliste et une crudité qui apparait peu nécessaire en maints endroits, La Garçonnière m’a souvent laissé dubitative. Car, force est de reconnaitre, qu’en regard du premier roman de l’auteure, Le Confident (que j’avais bien aimé malgré quelques réserves imputables aux maladresses inhérentes à tout premier roman), l’écriture d’Hélène Grémillon a baissé en qualité (reste à savoir si cela est volontaire, une démarche assumée pour « coller » à l’ambiance du récit, ou non). L’alternance entre les temps du récit est troublante. De même que la narration, où les voix de Vittorio et d’Ana Maria se fondent et se confondent l’une en l’autre pour offrir un narrateur hermaphrodite et possédant une double sensibilité qui permet d’enrichir la « vision » du lecteur. La bonne idée de l’auteure est surtout ici de faire cohabiter efficacement plusieurs modes narratifs entre eux : récit à la première personne, dialogues, relation de faits anciens, et retranscriptions d’entretiens psy enregistrés. Le tout brouillant les frontières narratives avec un certain brio, je dois le dire.

Parmi les défauts constatés, je mettrai en avant le fait que le roman perd, hélas, très vite la mécanique du thriller pour acquérir la morne dynamique d’un roman mi- historique mi- psychologique (se déroulant en argentine dans les années 80), souffre d’un manque flagrant de descriptions et d’une accumulation de dialogues creux, en ce sens où ils ne font nullement progresser l’intrigue. restant trop en surface des choses et des caractères des personnages principaux. Pareillement pour l’intrigue, qui, si elle exploite bien le contexte politique de son époque (les enlèvements et les meurtres perpétrés par la junte) en apportant une réelle densité et une noirceur appréciable dans le climat, ne se donne jamais réellement à voir, l’histoire se déroulant pour l’essentiel dans un environnement urbain, entre immeubles, cafés, prison, hôtel … aucun paysage n’est décrit,

L’enquête est prenante dans les trois premiers quarts du roman, avant de connaitre un gros creux vers le milieu, occasionné par un défilé pesant de longueurs, de digressions ennuyeuses, et qui ne se résorbe que dans les derniers chapitres. Le lecteur se verra abuser par un festival de fausses pistes diverses qui pimenteront sa lecture. Si elle ne rattrape pas les lenteurs et le manque de profondeur de l’ensemble, la fin se révèle des plus saisissantes, d’autant plus que, si l’on devine sans mal certaines choses en cours de lecture, la clef de l’énigme reste assez inattendue, clôturant cet imparfait roman sur une note satisfaisante.

Un second roman plutôt agréable à lire donc, et pourvu d’une narratologie audacieuse, mais qui n’échappe pas à ses travers. Il me laissera de lui un souvenir mitigé, l’impression que l’auteure passe souvent à côté de son propos, se doublant chez moi, d’une sensation elliptique d’ennui, consécutive au fait que les codes du thriller sont régulièrement bafoués au profit d’un verbiage oiseux, faussement psychanalytique, sorte de psychologie de comptoir qui m’a parfois donné envie de lire certaines pages en diagonale.

Merci infiniment à Priceminister-Rakuten pour leur confiance et l’envoi de ce roman.

[Challenge de Calypso, session 13 « Ombre(s) »] « Hantée, 1, Les Ombres de la ville » de Maureen Johnson

Editions Michel Lafon (2012)

428 pages

Temps de lecture : 3 jours

Note 4étoiles-trèsbonmais

Synopsis

A Londres, un assassin hante les rues, réveillant la légende de Jack l’Éventreur. Malgré l’omniprésence des caméras, le tueur est indétectable.Aurora, arrivée depuis peu sur son campus, se rend compte qu’elle est la seule capable d’apercevoir son ombre.Accompagnée d’un mystérieux jeune homme, elle plonge au plus profond des brumes de la cité pour arrêter le meurtrier avant qu’il ne récidive. A moins que son don ne fasse d’elle la prochaine victime….
 
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Je suis mitigée sur ce roman.

Le début est looooooooooooooooooooooong et mou ; hormis l’installation de l’héroine américaine dans son nouveau collège du coeur de Londres, (choc des cultures),  il se ne passe pratiquement rien.

On s’ennuie jusqu’au deuxième meurtre; ensuite le charme commence à agir.

D’un côté,  nous sommes en présence d’une bonne idée : un imitateur fantôme de Jack l’Eventreur en plein vingt-et-unième siècle, de bons personnages auxquels on s’attache assez viten d’un climat réaliste qui se teinte peu à peu de fantastique – (sans doute ce que j’ai préféré dans le roman) et pour finir d’une mythologie ectoplasmique bien construite mais de l’autre, nous avons aussi un traitement insuffisant, qui ne parvient pas particulièrement à transcender un sujet pourtant prometteur.  Si bien, que l’aspect historique fait quelquefois figure de prétexte. Pire, l’histoire se révèle vite prévisible (quatrième de couv’ trop bavarde ?).

Le parti-pris fantastique de l’intrigue est plaisant, certes. Cependant, si l’ambiance réussit parfois à être pesante, elle n’est jamais vraiment angoissante.

Pour qui ne connait pas la légende sanglante de Jack the Ripper, les fréquents rappels qui nous en sont donnés ne déplairont nullement. A l’inverse de votre dévouée blogeuse qui s’étant déjà beaucoup documentée par le passé  a parfois eu l’impression de se retrouvait nez à bec avec un perroquet victorien lui rabâchant la même chanson sur des pages et des pages.

C’est une bonne idée de respecter la chronologie des meurtres de l’époque, d’insérer quelques scènes un peu sanglantes mais il aurait fallu aller plus loin dans la démarche de reconstitution historique selon moi. L’aspect scolaire et la mise en relief du fonctionnement d’un collège privé anglais prend quand même trop de place. Sans parler des histoires entre élèves qui entre cours, devoirs et amourettes cassent la dynamique horrifique de l’intrigue.

Le clin d’œil involontaire à la série 21 Jump Street (question de génération) m’a fait sourire.

Pour faire court, ce n’est pas un mauvais roman mais je m’attendais à autre chose. Ce billet n’est nullement dissuassif d’ailleurs, je pense que ce roman mérite  lecture malgré ses défauts et j’entends bien pour ma part lire la suite.

[Challenge de Calypso, Session Blanc/Blanche] « Blanche-Neige et Le Chasseur » de Lily Blake & « La Dame en blanc » de Wilkie Collins

Editions Hachette (Black Moon) (2012)

272 pages

Titre original : Snow White & the Huntsman

Temps de lecture : 2 jours

Note 

Synopsis

Dans une réécriture du conte des frères Grimm, le chasseur supposé tuer Blanche-Neige dans les bois devient son protecteur et son mentor afin de vaincre la Reine maléfique.

Le traitement du conte original reste léger voire parfois trop superficiel mais néanmoins,  je n’ai pas boudé mon plaisir car cette réécriture de l’oeuvre de Jacob Grimm est véritablement divertissante grâce à sa fluidité, sa magie trés présente et l’audacieux assombrissement d’une histoire mondialement connue.

Les nouveaux habits dont se parent Blanche-Neige sont ma foi bien séduisants.

Les personnages reçoivent un traitement assez original à l’image de Blanche-Neige qui, de princesse naïve et petite chose fragile , devient une guerrière vêtue de cuir, une Jeanne d’Arc énervée qui sait jouer du couteau. Métamorphose amusante. Le prince charmant n’est pas de l’aventure, un chasseur et un jeune duc ami d’enfance de Blanche-Neige le remplace. Le personnage de la méchante reine, belle-mère de la princesse est beaucoup plus travaillé et présent que dans l’histoire originelle et ses motivations sont plus étoffées également. Elle n’agit pas que par jalousie ou pour être la plus belle du royaume. Enfin, l’ambiance est beaucoup plus réaliste et violente que dans le conte de fées. Le romantisme est peu présent au contraire du climat guerrier.

Après, les puristes diront sans doute que tout se passe dans un laps de temps trop court dans cette modernisation, que Blanche-Neige ressemble trop à Jeanne d’Arc et que Lily Blake survole son sujet au lieu de chercher à l’approfondir, je suis d’accord, mais bien qu’un peu dénaturé, ce conte boosté à la fantasy, reste agréable et plaisant à lire. Je me suis surprise à aimer alors que je m’attendais à une complète déconvenue.

« La Dame en blanc » de Wilkie Collins 

Editions Phebus (Libretto) (2011)

666 pages

Titre original : The Woman in White (1860)

Thriller 

Temps de lecture : 3 jours

Note 4étoiles-trèsbonmais

Synopsis 

Les Français avaient oublié ce roman, ancêtre de tous les thrillers, qui fascinait Borges et rendit jaloux Dickens (roman publié ici pour la première fois en version intégrale). Il nous révèle une sorte de  » Hitchcock de la littérature  » : suspens, pièges diaboliquement retors, terreurs intimes, secrètes inconvenances – rien n’y manque. Pourtant le chef-d’oeuvre de Collins n’a jamais cessé d’être dans les pays anglo-saxons un succès populaire : l’un des plus sûrs moyens, en tout cas, d’empêcher l’innocent lecteur de dormir.

Diane Setterfield dont j’ai récemment lu et apprécié le roman Le Treizième conte est à l’origine de ma découverte de l’auteur victorien Wilkie Collins et de son œuvre la plus célèbre : La Dame en blanc.  Elle en parle en termes très élogieux et l’évoque à maintes reprises comme étant l’un des livres préférés de son héroïne. Il n’en fallait pas plus pour piquer ma curiosité.  Je me suis procuré ce roman, possédant par ailleurs une très bonne réputation dans les milieux littéraires.

On m’avait vanté une atmosphère mystérieuse à la Jane Eyre (roman que j’adore depuis longtemps) mais j’ai trouvé, au contraire, le roman trop « terre à terre » dans sa résolution de l’égnime.  Manquant à la fois de suspense mais aussi de fantasmagorie. C’est sans doute ce qui a rendu ma lecture agréable, certes, mais non point passionnante comme je l’espérais. Ce « thriller » est un peu trop sage et basique à mon goût.

Si l’originalité du roman réside dans sa construction « chorale », chaque personnage, du plus important au plus insignifiant, est convoqué à la barre d’un tribunal imaginaire, tel un témoin-clé, pour y livrer sa version des faits, l’intrigue, quant à elle reste somme toute assez classique, voire prosaïque. Et c’est dommage car on sent nettement que dans certains passages existe une réelle volonté d’instaurer une pointe de surnaturel et de fantastique mais cela retombe très vite dans un registre plus cartésien.  

L’auteur se contente de jouer avec les codes traditionnels du roman policier (devenus traditionnels par la force des choses et du temps passé mais pas à l’époque de la rédaction du roman). 

Si fait, La Dame en blanc nous laisse un peu sur notre faim car nous devinons bien des choses plus de cent pages avant le dénouement. Les rouages du scénario sont parfois trop apparents et déjouent toute tentative de suspens.

Reste une belle écriture victorienne et le plaisir de lire l’un des tout premiers « thriller psychologique » de la littérature européenne. Une découverte intéressante pour le moins. Sans doute novateur et surprenant à l’époque de sa sortie, le roman souffre un peu de son aspect un brin suranné, lui qui utilise des codes beaucoup utilisés dans le roman policier depuis le 19iéme siècle. Les « ficelles » nous sembleront trop familières (du moins à celles et ceux qui lisent beaucoup de polars) pour maintenir le mystère jusqu’au bout.

J’ai pris plaisir tout de même à découvrir Mr. Wilkie Collins et sa plume élégante. Un classique que je recommande de découvrir malgré tout. 

[Partenariat] « Défi à Sherlock Holmes » de Béatrice Nicodème

Editions Hachette (Jeunesse) (2012)

224 pages

Temps de lecture : 3 h

Note : 

Synopsis 

Londres à la fin du XIXe siècle…
Une série de crimes particulièrement atroces tient la police en échec. Et voilà que le mystérieux assassin va jusqu’à lancer un défi à Sherlock Holmes en personne ! Une femme de la haute société, la bonne d’un prêtre, une couturière un égyptologue de renom, mais qui seront les prochaines victimes ?

Holmes et Watson jouent parfaitement leur partition à quatre mains dans ce roman-hommage dont Conan Doyle n’aurait pas à rougir. Les deux compères se renvoient la balle avec malice pour notre plus grand plaisir. Tout le petit monde inventé par Sir Doyle répond présent et on croise avec bonheur les figures récurrentes des nouvelles originelles.

Jamais dénaturés ou affaiblis, Holmes et Watson sont fidèles à eux-mêmes dans cette nouvelle aventure. J’ai, au contraire, eu continuellement l’impression d’avoir sous les yeux les personnages originels surtout lors de leurs chamailleries irrésistibles. Personnalités, traits de caractère, défauts et travers, tout concourt à nous offrir les personnages tels que Doyle a su nous les faire découvrir et aimer.

Le sens du détail de Béatrice Nicodème est à lui seul remarquable, cela va jusqu’à préciser l’essence du bois de la pipe que fume Sherlock. Il est évident que l’auteure a beaucoup lu Conan Doyle avant d’écrire cette suite et la lectrice (et amatrice du célèbre détective) que je suis ne saurait que trop la remercier de son professionnalisme.

De plus si, sur la forme l’entreprise est réussie, le fond n’est pas en reste non plus. L’intrigue policière est intéressante, le rythme bien dosé et la fin surprenante. L’écriture de Béatrice Nicodème est fluide et sait se faire évocatrice lorsqu’il s’agit d’animer ce Londres de cette fin de 19ième siècle en le nourrissant de références culturelles passionnantes, mais aussi espiègle avec ces petites pointes d’humour offertes çà et là.

Si je craignis en ouvrant le livre, estampillé jeunesse, de me trouver en présence d’une aventure trop enfantine, il n’en est rien bien heureusement. Rien n’est édulcoré. Pas même les crimes sanglants ou les allusions à la toxicomanie de Sherlock.

Hormis quelques (petites) réserves concernant l’épilogue du roman qui à mon sens n’était pas nécessaire car trop invraisemblable, aucune autre fausse note n’est à déplorer concernant ce roman que j’ai trouvé très agréable à lire et très respectueux envers l’univers, les personnages et les codes holmiens que Béatrice Nicodème manie avec talent.  

Avec ce Défi à Sherlock Holmes, c’est à elle-même que Béatrice Nicodème lance un défi, et elle le réussit haut la main.

Merci à Hachette jeunesse et Livraddict pour cette belle découverte et à Béatrice Nicodème pour les moments délicieusement récréatifs que j’ai passé grâce à elle. 

[Le Choix du Chapelier Fou : Spécial PAL] [3] Novembre : « Thursday Next, 2, Délivrez-moi ! » de Jasper Fforde

 

Pour cette troisième édition du challenge (deuxième en ce qui me concerne)

Le Chapelier Fou m’a gentiment choisi : 

« Thursday Next, 2, Délivrez-moi » de Jasper Fforde

Rappel des règles

 

Sur une superbe idée d’Arcaalea mise en œuvre sur son blog Ephémère qui s’inspire du rendez-vous « Random Reads » initié par I’m Loving Books, et découverte sur le blog Autour du livre.

 – Avoir une liste de votre PAL (Pile à Lire)

– Tirer au sort un livre dans cette liste, de la manière qui vous plaît le plus (pour ma part, j’utilise le logiciel « The Hat »)

Sachez qu’il vous est possible de ne sélectionner que votre PAL prioritaire, vous êtes totalement libres de faire ce que vous voulez ^^

 

 

Editions 10/18 (Domaine étranger) (2006)

444 pages

Temps de lecture : 2 jours

Note 

Synopsis 

Thursday Next, détective littéraire et agent des OpSpecs, bénéficie d’un repos bien mérité après être rentrée dans l’intrigue du roman Jane Eyre grâce au portail de la prose et en avoir sauvé l’héroïne. Elle a aussi retrouvé l’homme de ses rêves, Landen, et comme un bonheur n’arrive jamais seul, la voilà enceinte ! Seulement, la corporation Goliath ne l’entend pas de cette oreille, et pour la contraindre à libérer le criminel qu’elle a enfermé dans un poème de Poe, le groupe tout-puissant fait éradiquer son mari de la réalité – il serait mort dans un accident de voiture à l’âge de deux ans !
Seule Thursday se souvient que Landen a un jour existé… Mais maintenant que le portail de la prose a disparu, la jeune femme va devoir subir un entraînement spécial à la jurifiction – la police interne des livres – avant de pouvoir reprendre ses voyages à l’intérieur des chefs-d’oeuvre de la littérature.

 

Tout comme pour le premier tome, L’Affaire Jane Eyre, Délivrez-moi ! est un gros coup de cœur.

J’adore cette saga et la recommande à tous les amateurs d’uchonie brillante et déjantée. Personnes hermétiques à l’humour anglais à la Monty Python s’abstenir. Thursday Next, pour être savouré à sa juste valeur, exige que l’on abandonne son esprit cartésien et son sérieux au vestiaire avant d’entrer dans l’univers délicieusement nawak du talentueux Jasper Fforde sinon la magie n’opérera pas. 

L’idée de pouvoir voyager dans les livres me fait rêver ! Le pouvoir que possède Thursday Next me fait baver d’envie. Comme j’aimerai être à sa place …et intégrer la Jurifiction (soupir de désespoir) ! 

De fait, j’ai trouvé cette suite encore plus inventive et loufoque. Encore plus rythmée et hilarante également. Entre l’utilisation inédite des notes de bas de pages du roman, les personnages des grands classiques qui sautent de livres en livres, la fiction qui se mélange à la réalité et toutes les autres idéés délirantes de Jasper Fforde autour de la littérature, on ne s’ennuie pas une seconde.

De Dickens à Kafka en passant par Jane Austen, on s’amuse à voir Marianne Dashwood réclamer des Menthos et des collants et conduire un bi-plan autant que d’assister à l’apprentissage de Thursday Next au sein de la Jurifiction. Surtout que notre pauvre agent n’est guére épargnée par les soucis personnels mais aussi professionnels dans cette suite très réussie.

Les romans de Jasper Fforde sont magiques ! Pourquoi ? Parce que ce sont des livres qui donnent envie de lire ! L’intertextualité est mise en place si brillamment qu’elle  jette astucieusement des ponts entre les romans évoqués avec drôlerie et gourmandise, si bien que le lecteur ne peut avoir qu’une seule envie : traverser ces passerelles et partir à la découverte de nouvelles joies littéraires.

Ainsi, Jasper Fforde m’a donné follement envie de découvrir Les Grandes espérances de Charles Dickens, il en parle si bien dans cette seconde aventure qu’à l’image de Thursday, on veut partir à la rencontre des personnages du célèbre roman. 

Encore un régal que ce deuxième tome de la série, entre SF, humour, polar, espionnage et amour de la littérature.

« La Mort s’invite à Pemberley » de PD James

Editions Fayard

Publié en 2012 ~ Langue : Française ~ 380 pages

Temps de lecture : 2 jours

Plaisir de lecture  Très bon mais…

Synopsis

Rien ne semble devoir troubler l’existence ordonnée et protégée de Pemberley, le domaine ancestral de la famille Darcy, dans le Derbyshire, ni perturber le bonheur conjugal de la maîtresse des lieux, Elizabeth Darcy. Elle est la mère de deux charmants bambins ; sa sour préférée, Jane, et son mari, Bingley, habitent à moins de trente kilomètres de là ; et son père adulé, Mr Bennet, vient régulièrement en visite, attiré par l’imposante bibliothèque du château. 
Mais cette félicité se trouve soudain menacée lorsque, à la veille du bal d’automne, un drame contraint les Darcy à recevoir sous leur toit la jeune sour d’Elizabeth et son mari, que leurs frasques passées ont rendu indésirables à Pemberley. Avec eux s’invitent la mort, la suspicion et la résurgence de rancunes anciennes.

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C’est surtout en tant que « suite » d’Orgueil et Préjugés que ce roman marque incontestablement des points. Il y a pour le lecteur amateur de Jane Austen, le plaisir immense de retrouver des personnages adorés ou honnis dont PD James a su capter à merveille la personnalité, le caractère et les aspirations. Aucune fausse note dans le traitement des personnages créés par Jane Austen n’est à déplorer. Même lorsque PD James réinterprète certains faits ou actions d’Orgueil et Préjugés, même lorsqu’elle extrapole sur certains événements ou fait évoluer le caractère de certains protagonistes (le colonel Fitzwilliam en particulier) de manière surprenante et osée, ou confére plus de mâturité à Elizabeth et Darcy, elle reste dans le ton austenien et dans la vérité de l’histoire. Nulle incohérence, nulle trahison de l’œuvre originelle n’est commise. Du grand art assurément Mrs. PD James.

Je découvre l’écriture de la grande dame du polar britannique (que d’aucuns comparent à Agatha Christie) avec ce titre. Une écriture solide et mâture qui sait se montrer à la hauteur du style austenien, notamment dans les dialogues et la descriptions des paysages de Pemberley. Ce qui est heureux, car, hélas, PD James abuse un peu de ces descriptions pour meubler une intrigue policière qui n’a vraiment rien de sensationnelle. C’est là où vraiment le bât blesse, tant l’enquête policière et la quête du meurtrier semblent être des prétextes à s’emparer de la matière austeniene et à faire évoluer les personnages de Darcy, Liz, Jane, Lydia et les autres.

PD James se fait visiblement plaisir avec ces « jouets » précieux de la littérature victorienne, qui pourrait l’en blâmer ? Pas moi, en tout cas, car même si je déplore vivement les (trop nombreuses) longueurs du roman et le manque d’originalité de l’intrigue policière, je dois confesser que ce fut, pour moi, fan de Jane Austen, un grand bonheur de retrouver l’univers de Pride & Prejudice et les personnages auxquelles je suis fortement attachée. Oui, il est jouissif de voir notre Liz et notre Darcy plus amoureux que jamais, en train de roucouler entourés de leurs enfants et de voir évoluer Liz dans son rôle de maitresse de Pemberley… et bien d’autres bonheurs encore.  

Un roman policier à réserver avant tout aux fans d’Orgueil & Préjugés. Les amateurs de polar à rebondissements risquant de trouver le temps long malgré les révélations finales inattendues. 

En conclusion, merci PD James d’avoir donné une si bonne suite aux aventures de Darcy et Liz car tout fan qui se respecte sera resté un peu sur sa faim certainement à la fin d’Orgueil & Préjugés.