Tagué: Partenariat

« Il sera une fois » de Southeast Jones

couv63957132

2016 Editions Séma (Séma Galaxie)

Française Langue française – 236 pages – Sortie : 19 Mars 2016

Note : 4étoiles-trèsbonmais Très bon.

Synopsis

« Il sera une fois » vous invite à rêver demain : de l’humain au surhumain, de notre insignifiante petite planète aux confins de l’univers et au-delà, Southeast Jones vous convie à découvrir ses visions d’avenir au travers de quinze contes étranges, drôles ou inquiétants.

Ces histoires hors du commun vous fourniront nombre de réflexions sur les futurs possibles imaginés par l’auteur : quelle serait votre réaction si vous appreniez qu’il y a bien une vie après la mort ? Qui est ce Père Noël un peu bizarre que l’on voit le 24 décembre sur Carabistouille IV ? Quelles pourraient être les conséquences de la victoire des mutants contre le genre humain ? Quelles traces garde-t-on quand on a été avalé par un ogre ? Que faire si, pour sauver la Terre, il fallait détruire l’Humanité ?

Mon avis

Je ne vais pas vous mentir, en matière de SF, je suis plutôt néophyte. C’est un genre que je lis rarement et que j’apprécie peu en règle générale.Et pourtant, j’ai beaucoup apprécié Il sera une fois. Ce fut une lecture très divertissante.

Pourquoi ? Cinq raisons à cela :

La grande diversité des intrigues proposées. En effet, aucune nouvelle ne ressemble à une autre dans ce recueil de textes qui offre des univers et des ambiances très variées et de tonalités différentes. On navigue entre le drame, le rire, l’émotion à chaque page. Si bien qu’on parvient à la fin du recueil, sans s’en apercevoir, et surtout sans aucun sentiment d’ennui ou de lassitude. Bien sûr, certaines nouvelles m’ont davantage plu ou touché que d’autres, certes, mais l’ensemble présente une qualité assez homogène du début à la fin. Il y a très peu de nouvelles qui ne m’ont pas « accroché ».  Peut-être 2-3 mais seulement par goût personnel. Pas parce qu’elles sont mauvaises.

L’imagination débridée de l’auteur qui nous offre des intrigues très originales et maîtrisées à la perfection.

Ses conduites dynamiques du récit. Son style clair, simple, efficace, rythmé. Son ton pédagogue et vulgarisateur., jamais ennuyeux. Ses conduites dynamiques du récit.

Des descriptions courtes et précises. Parfaitement dosées pour poser le décor.

Les nombreuses petites touches d’humour. Souvent irrésistibles !

Et pour tellement d’autres choses encore que vous découvrirez en dégustant ce très bon recueil du talentueux Southeast Jones !

Je ne vous résumerai pas toutes les nouvelles, une par une, car il me faudrait les détailler et ainsi prendre le risque de trop vous en dévoiler, ce qui serait fortement dommage ! Aussi, je vais plutôt m’essayer à un autre exercice en vous livrant mon ressenti en quelques mots sur chaque texte, c’est parti.

– Barbares ! : Récit intriguant et agréable qui se dévoile progressivement. Chute travaillée que, hélas, j’ai vu venir de loin 😉

– Contrat : Une courte nouvelle vraiment excellente, à la fois par son humour noir, son ironie sous-jacente et sa conduite d’intrigue très rythmée. L’une de mes préférées du recueil.

– Émancipation : Une nouvelle qui vaut avant tout pour son ambiance sombre et désenchantée très réussie. L’angoisse nous saisit et monte crescendo jusqu’au dénouement. Récit finement exécuté.

– Divergence d’opinion : Courte nouvelle fort drôle et très percutante. Pas de fioritures inutiles. Belle ironie finale.

– Question de foi : J’ai beaucoup apprécié cette nouvelle mettant en scène un éventuel pape Paul VII confronté à un dilemme éprouvant sa foi. Belle atmosphère futuriste réaliste. Bonne conduite du récit. Efficace et sans temps morts. Fin réussie, en ce sens, qu’elle prend le lecteur à contre-pied. Dans le top de mes nouvelles préférées du recueil.

– Rétrocession : Bon texte mais je n’ai pas été transcendée ou émue outre-mesure.   Agréable à lire.

– Jonas : J’avais déjà lu la version courte dans l’anthologie « Sales bêtes ! ».Cette version longue me semble moins percutante.Quelques longueurs. Mais cela n’en demeure pas moins une histoire sympathique à lire.

– Trip : Une intrigue et un style un peu trop trash à mon goût mais comme c’est excellemment mené, bourré de bonnes idées et d’imagination, finalement, j’ai réussi à apprécié ce court texte d’anticipation.

– Grand-veille : Brillant ! J’ai adoré cette histoire très originale, où SF, horreur, et émotion sont parfaitement dosés.Avec en prime d’excellentes idées et une fin surprenante. Ma nouvelle préférée de toutes, je crois.

– Notre-Dame des opossums : Déjà lue  dans l’anthologie « Folie(s) ». Cette relecture a confirmé mon engouement premier : une bonne histoire très bien menée avec une dose de suspense bienvenu et qui fonctionne bien.

– Début de semaine : Sarcastique à souhait. Nouvelle sympathique mais sans plus. Je ne suis pas très « branchée » géopolitique en général. Ceci explique sans doute cela.

– Le C.R.I.M. était presque parfait : Pas ma préférée. Amusant, du suspense mais une fin assez décevante, un peu en « pétard mouillé ».  J’ai également trouvé certains passages un peu longs.

– Le temps du repos :  Sympa, mais trop brève pour véritablement parvenir à « rentrer dedans ». On a un peu l’impression de lire un prologue. Quelques supplémentaires n’auraient pas été inutiles, je pense.

– Noël lointain : Bonne base de départ, idée amusante, mais je n’ai pas accrochée. La fin qui, rétroactivement, modifie la perception qu’à le lecteur du récit à le mérite d’être originale et audacieuse.

– Les enfants de nos enfants : Très bonne histoire menée sur un rythme parfait et débordante d’une belle imagination. C’est cohérent, crédible : on y croit et on adhère aux possibles théories évolutionnistes et aux possibles futurs qu’imagine l’auteur pour nos enfants. Et ça fait froid dans le dos ! La nouvelle qu’il fallait pour clôturer ce très bon recueil en beauté !

En bref, de la SF qui ne se prend pas au sérieux et qui n’assomme pas le lecteur de termes techniques ronflants ou de théories complexes et prises de tête. J’apprécie cette démarche de vulgarisation.

Je conseille fortement la lecture de cet ouvrage !

[Partenariat] « Opprimés, 1, Les Enfants des Dieux » de Jessica Therrien

Editions Milan (Macadam) (2013)

318 pages | Traduit par Emmanuelle Pingault

Titre original : Oppression (2012)

Jeunesse, Fantastique, 

Temps de lecture : 1 journée

Note 3étoilesbon

Synopsis 

Une fille, une prophétie, un destin, et le sort de tout un peuple entre ses mains ! 
Elyse a deux secrets. Le premier : elle vieillit cinq fois moins vite que la moyenne, et paraît donc avoir 18 ans alors que c’est une octogénaire. Le second : elle a un pouvoir de guérison. Pour Elyse, cela ne la rend pas extraordinaire. Mais ces secrets rendent sa vie périlleuse. Après la mort de ses parents, elle fait attention à protéger ses secrets. Une seule personne au monde connaît son âge et ses capacités : Betsy, sa mère adoptive. La mort de Betsy la pousse à déménager à San Francisco afin de se cacher des curieux. Elle rencontre alors William, un beau jeune homme qui lui révèle qu’elle n’est pas la seule à garder ce genre de secrets. Il a, lui, le pouvoir de persuasion par exemple. Il existe plein de ces « descendants », qui viennent des lignées de dieux grecs. Et les descendants ont les pouvoirsassociés à leur ancêtre… Tous attendent Elyse, car elle possède le plus précieux et le plus désiré de tous les pouvoirs…

séparateur

Un immense merci aux Editions Milan et au site communautaire Livraddict pour m’avoir accordé leur confiance. J’avais très envie de lire ce livre, attirée en premier lieu par sa jolie couverture mystérieuse mais aussi par son résumé qui promettait un roman à l’univers mythologique comme je les aime.

J’apprécie particulièrement Les Editions Milan qui publie de la bonne littérature jeunesse grâce à leur collection Macadam. Syrli par exemple était vraiment excellent de même que la saga fantastico-jeunesse Rouge rubis de Kerstin Gier que j’ai adoré. C’est la première fois que j’opère un partenariat avec Milan et  j’espère que ce ne sera pas la dernière ;). 

Voyons un peu ce que j’ai pensé de ce premier tome de la saga des Enfants des Dieux de J. Therrien. 

Si en lisant le quatrième de couverture, j’ai immédiatement songé à la saga Le Pacte des Immortels d’Eric Nylund (dont j’ai lu et beaucoup aimé les deux premiers tomes),  ma lecture m’a par la suite démontré que je me trompais et que les références sont davantage à piocher du côté de Percy Jackson de Rick Riordan et dans une certaine mesure d’Harry Potter. Même si ici le style n’est pas humoristique mais davantage jeunesse et qu’il existe une réelle volonté de réinterprétation des mythes antiques sous l’angle humain et réaliste. En gros, les dieux grecs n’étaient pas des dieux mais des êtres dotés d’un pouvoir. Un don magique (dont certains sont plutôt funs et amusants, je dois l’avouer) qui est reçu en héritage par leurs Descendants.

Voilà pour le contexte du roman.

Mais Opprimés est hélas bien inférieur aux autres titres de la collection Macadam, d’abord, il met du temps à démarrer, ensuite l’héroïne n’a pas de caractère. Elle se laisse entrainer un peu facilement. Elle dit Amen à tout surtout si cela vient de William. Une vraie girouette qui pleure sans cesse et se ronge beaucoup les ongles (un hommage à Bella Swan qui passe son temps à se mordre les lèvres ?). Pour quelqu’un qui a vécu plus de deux cents ans, elle manque singulièrement de maturité et parait bien niaise et naïve.

La relation amoureuse d’Elyse et de William est très guimauve. A peine se rencontrent-ils qu’ils envisagent déjà de se marier et d’avoir des enfants (!) Euh, c’est pas un peu rapide aprés seulement 2 ou 3 jours ? Elle passe son temps à nous dire combien Will est « trop beau et trop sexy», à nous décrire ses lèvres, ses yeux, sa peau, ses cheveux et même ses sourcils et le creux de son coude… (!) à grands renforts de métaphores sucrées comme des barbes à papa. A un moment donné, c’est bon, le lecteur a compris, hein ! Pas la peine de nous le répéter toutes les dix pages ! On dirait Bella parlant d’Edward dans Twilight (non, en fait Elyse est pire encore !). Et bien sûr ce sont des âmes soeurs…blablabla, et puis d’abord, elle ne le mérite pas, il est trop bien pour elle, elle si nulle et si insignifiante… blablabla… (là, j’avoue que j’ai eu envie de la renvoyer sur le mont Olympe d’un grand coup de pied dans son popotin de « déesse » grecque).

Brossés à grands traits, les autres personnages n’ont pas de consistance. Ils semblent parfois n’avoir été crées par J. Therrien que pour pouvoir illustrer un don et en faire la démonstration. De ceux-là, je pense surtout aux amis de William et aux autres élèves de l’Institut, on ne sait pas grand-chose et on referme le roman sans savoir vraiment qui ils sont ou que penser d’eux.

D’ailleurs, les personnages secondaires ont tellement peu d’épaisseur et de personnalité propre que j’ai passé l’ensemble de ma lecture à les confondre, noms et dons itou.

Pareillement pour les méchants, les redoutables membres du Conseil. Si on entend beaucoup parler d’eux dans le roman, on ne les voient que très peu à l’œuvre, hormis Kara – l’un des rares personnages à avoir un peu de consistance et un rôle ambivalent, coincée comme elle l’est entre les méchants et les gentils.

Le Conseil joue l’Arlésienne tout au long du roman, à l’exception de Kara et Ryder, sous-fifres dudit Conseil, nous ne voyons pas l’ombre d’un de ses membres dans ce premier tome. Meme si on parle beaucoup d’un certain Christoph, il n’apparait jamais.

En revanche, la relation d’amitié entre Elyse et Anna est touchante. C’est l’une des choses que j’ai préféré dans le roman.

Quant à la mythologie du roman, elle est prometteuse mais exposée de manière trop rapide et succincte, surtout à l’endroit des Descendants.

Bref, tout n’est pas négatif. Ainsi ai-je plutôt apprécié également les quelques passages se déroulant à l’Institut car comme dit plus haut, ils font songer à Poudlard, notamment les cours de Défense des dons qui rappellent un peu les cours de Défenses contre les forces du mal enseignés dans Harry Potter. Oui, j’ai aimé voir les Descendants faire usage de leurs pouvoirs, s’affronter les uns les autres dans le but de s’entrainer à résister aux membres du Conseil qui les tient sous sa coupe depuis des siècles. Ce sont les seuls moments divertissants du livre. 

Certes, avec son style agréable à lire (bien que quelques phrases manquent de clarté pour moi ou que certaines métaphores sont un peu étranges à comprendre ) et ses chapitres courts, Opprimés se lit vite mais ne m’a pas vraiment convaincue et je me suis souvent ennuyée. Le problème majeur étant que J. Therrien se contente de poser les  bases de son histoire et ce de façon trop sommaire. Je comprends bien qu’il s agit là d’un tome introductif mais il faut quand même donner un minimum de grains à moudre au lecteur.  L’auteure, c’est frustrant, survole beaucoup son sujet et lorsque l’on referme le livre, on a l’impression de n’avoir pas progressé d’un pouce eu égard aux premiers chapitres et de n’avoir pas appris grand-chose.

Pour résumer : trop de blabla, bien trop de romance gnangnan et pas assez de profondeur  ni d’action dans ce premier tome où les personnages passent l’essentiel du roman à se demander s’il faut croire ou non la prophétie et entrer en guerre ou pas.

J’attends mieux pour la suite.

Dans ma BAL de début novembre

Mon facteur (fort sympathique) est venu me vendre son « fameux » calendrier ce matin et en a profité pour me remettre un colis en provenance des Editions Hachette en mains propres : Youpi ! c’était mon exemplaire de Défi à Sherlock Holmes de Béatrice Nicodème que j’attendais en frétillant d’impatience. Merci Hachette et Livraddict pour ce partenariat.

Mais la semaine passée ma boite aux lettres a également reçu d’autres hommages livresques grâce aux Editions Milady et à Archessia (chez qui j’avais remporté un concours). J’ai trouvé non seulement mon livre gagné Attachement de Rainbow Rowell mais en plus Les Editions Milady  qui sont vraiment ADORABLES m’ont fait une belle surprise en me glissant un autre roman de la collection Milady Romance dans l’enveloppe : Soyons fous de Lisa Plumley !

Que dire ? Je suis comblée ! Merci Merci Merci !

 

[Partenariat Price Minister] « Une place à prendre » de JK Rowling

Editions Grasset (2012)

680 pages

Titre original : The Casual Vacancy (2012)

Temps de lecture : 4 jours

Note  (16/20)

Synopsis

Bienvenue à Pagford, petite bourgade anglaise paisible et charmante : ses maisons cossues, son ancienne abbaye, sa place de marché pittoresque… et son lourd fardeau de secrets. Car derrière cette façade idyllique, Pagford est en proie aux tourmentes les plus violentes, et les conflits font rage sur tous les fronts, à la faveur de la mort soudaine de son plus éminent notable.

Entre nantis et pauvres, enfants et parents, maris et femmes, ce sont des années de rancunes, de rancœurs, de haines et de mensonges, jusqu’alors soigneusement dissimulés, qui vont éclater au grand jour et, à l’occasion d’une élection municipale en apparence anodine, faire basculer Pagford dans la tragédie.

Quel drôle de roman que celui -ci ! A la fois pétri de qualités mais aussi de longueurs. 

Une Place à Prendre illustre à merveille la petitesse d’esprit, la mesquinerie, l’hypocrisie et les pires bassesses dont l’espèce humaine est capable.

JK Rowling pose sa bombe à retardement dans une paroisse de la campagne anglaise qu’elle peuple d’une galerie de personnages ultra-réalistes jouant sur toute la gamme des travers humains. Puis elle attend de voir ce qui va se passer. La mort d’un citoyen apprécié du village sert alors de catalyseur voire de détonateur pour faire exploser en mille fragments les apparences de respectabilité cette bourgade bien-pensante jusqu’au drame inévitable qu’on senr palpiter un peu plus fort à mesure qu’on tourne les pages.

Le résultat de l’expérience offre une chronique de mœurs d’une férocité réjouissante mais aussi pleine de justesse et de pertinence qui pose de bonnes questions sur la société d’aujourd’hui. 

L’intrigue en elle-même n’a, et l’on s’en aperçoit dès le départ, pas de quoi tenir sur presque 700 pages et c’est le plus gros défaut du livre car pour ce qui est du reste, c’est d’un trés bon niveau tant dans l’écriture qu’en ce qui concerne la profondeur des personnages et des émotions qu’ils suscitent chez le lecteur. 

La plume de JK se charge de distiller sarcasmes et ironie par petites touches subtiles. Aucun doute, l’auteure possède l’art des petites phrases qui font mouche.

Le style est surprenant. Cru, incisif, intelligent, libérateur. Il se révèle très agréable à lire grâce à sa fluidité. En ce qui concerne les descriptions de Pagford, on notera toujours et encore le souci du détail qui est celui de JK Rowling. Après, il est certain que ce roman aurait pu facilement faire 200 pages de moins sans que cela nuise à l’histoire qui est somme toute assez sommaire, surtout au vu des redites qui sont présentes parfois. L’intrigue, contemplative, peine à tenir sur la distance, si bien que même l’ironie de l’auteure semble s’estomper au fil des chapitres. Et si je l’ai dévoré en quatre jours, je ne vous cache pas que j’ai connu quelques passages à vide. Notamment, entre les pages 300 et 400 du roman. 

Mais dans l’ensemble mon ressenti reste trés positif pour plusieurs raisons. D’abord, le changement de cap de JK Rowling me plait. Elle prouve avec ce livre qu’elle sait écrire autre chose que de la littérature jeunesse. Son style est bel et bien là, fluidité, descriptions visuelles vivantes, humour grinçant et densité des personnages. Pas d’inquiétude, JK est toujours une aussi bonne conteuse. Et cerise sur le pudding, en plus elle se lâche ! ce qui peut surprendre, moi-même je ne m’attendais pas à un tel déluge de gros mots, de scénes trés crues et de pornographie (hum, hum…). Cela change d’Harry Potter et ma foi ça fait du bien de voir JK Rowling se Carol Joyce Oates (iser). Car, tout au long de ma lecture, je n’ai eu de cesse de penser à cette romancière américaine trés talentueuse que j’aime beaucoup. J’ai trouvé bon nombre de ressemblances dans le style et le traitement de l’histoire entre ces deux auteures qui, pourtant, à la base semblent trés éloignées l’une de l’autre. Et pourtant, Une Place à Prendre m’a fait songer par son ton résolument réaliste, sa volonté d’ausculter un pays au travers de ses idéologies et ses moeurs et de fouiller en profondeur dans les têtes des personnages à la manière de procéder de Joyce Carol Oates.

Les personnages sont soignés. Alternativement, repoussants, touchants ou attachants. Même les personnages les plus antipathiques ont des failles. Je me suis ainsi surprise à aimer un personnage que je détestais dans la première partie du roman ou à l’inverse à prendre en grippe un personnage que je trouvais sympathique au départ. Il y a aussi des personnages contrastés, pourvu d’une dualité intéressante. Aucun être humain ne saurait être tout noir ou tout blanc, nous avons tous des bons et des mauvais côtés et c’est avec lucidité que JK illustre cet état de fait. Les personnages d’Une Place à Prendre sont des êtres mouvants, en perpétuel changement, comme de la glaise avec laquelle l’auteure fabrique des êtres empli de profondeur et de complexité.

La fin, très émouvante, tout comme pour moi, vous plombera sans doute le moral. Mais c’est sans aucun doute le dénouement qu’il convenait de donner à ce roman profond où l’on sent sourdre un désenchantement très perceptible quant à notre monde actuel. 

Vous l’aurez compris, hormis le fait qu’il soit trop long et comporte en conséquence plusieurs passages ennuyeux et bavards, je n’ai pas grand-chose à reprocher à ce roman qui s’avère bon et qui m’a fait passer un trés agréable moment de lecture.

La fiche du livre sur PriceMinister

Je remercie le site PriceMinister.com pour m’avoir donné la chance de participer pour la première fois à ces MATCHS DE LA RENTREE LITTERAIRE et plus particulièrement Oliver pour sa gentillesse et sa disponibilité. Merci infiniment pour l’envoi de ce livre qui m’a beaucoup plu. 

J’espère pouvoir renouveler l’expérience l’année prochaine.

[Partenariat] « L’Echange » de Brenda Yovannof

Editions Michel Lafon

Publié en 2012 ~ Langue : Française ~ 352 pages

Année de parution française : 2012
Année de parution originale : 2010
Titre VO : The Replacement

Genre : Fantastique

Temps de lecture : 2 jours

Note 

Synopsis

Mackie Doyle n’est pas un humain, même si tous les habitants de la petite ville de Gentry le considèrent comme un des leurs. Voilà seize ans, il a été échangé contre un bébé humain. C’est le prix à payer pour la paix avec le monde d’où il vient : un univers terrifiant où d’obscurs tunnels suintent des eaux pestilentielles, peuplé de morts-vivants et dirigé par une étrange princesse tatouée.
Depuis, Mackie se bat pour survivre, malgré ses allergies mortelles au fer, au sang et aux lieux sacrés. Quand la plus jeune sœur de Tate, la fille qu’il aime, disparaît, il décide de tout faire pour la retrouver, même s’il doit affronter pour cela les plus sinistres créatures. Dans cette descente aux enfers, trouvera-t-il enfin sa véritable place ?

Je trouve les critiques sévères envers ce livre. L’Echange récolte un accueil plus que mitigé de la part de la blogosphère et pourtant, comparé à d’autre romans YA qui reçoivent actuellement un plébiscite sur la toile, je l’ai trouvé plutôt meilleur. Je ne nie pas qu’il y ait quelques défauts à l’ensemble mais je ne comprend pas ce « désamour », (toutefois, je le respecte, chacun a le droit de penser ce qu’il veut et mon avis n’en est rien parole d’évangile, cela m’étonne c’est tout). La dernière fois que j’ai assisté à ce phénomène c’était pour un livre qui a été un gros coup de cœur pour moi : « Kaleb ». Cette fois, pas de coup de coeur, mais un bon moment de lecture dont je remercie Les Editions Michel Lafon et Livraddict

L’ambiance du roman est superbe. Lugubre et sombre à souhait, elle a su me mettre mal à l’aise et m’inquiéter. On se croirait dans les Noces Funebres de Tim Burton ou dans le Faërie (en plus édulcoré) de R. Feist. Elle m’a happée dés les premiers instants de ma lecture. Très bien rendue également, l’atmosphère de cette petite ville américaine aux superstitions profondément ancrées, où le  fantastique se mêle au quotidien depuis des temps immémoriaux. Une ville anodine où les habitants font constamment semblant que tout va bien, comme s’ils ne vivaient pas sous une tutelle maléfique, et où comme à Sunnydale (Buffy) le mal grouille dans les profondeurs de leur bourgade et vient quêter son tribut de sang tous les sept ans. 

Mackie est un personnage vraiment intéressant, froid, détaché et complexe. J’ai aimé le parti-pris de l’auteure de ne pas chercher à tout prix l’adhésion du lecteur envers son personnage. Ça reste un être à part, elle le laisse hors de portée, ce n’est pas un ami. On reste à distance pendant longtemps mais insidieusement on finit par s’attacher à lui dans la quatrième partie. Sa relation avec sa sœur, Emma, y est pour beaucoup, de même que sa manière de se conduire envers Tate. D’être passif, il sait trouver le courage de réagir et de tenter de se rebeller.

Et si la mythologie démoniaque n’est pas toujours claire, certaines subtilités m’ont, en effet, échappées, la mythologie du changeling est bien revisitée, parfois avec une pointe de philosophie et d’existentialisme, qui suis-je, pourquoi j’existe, dans quel but, où-vais-je ? Non, sans rire, je ne suis peut-être folle mais j’ai trouvé une jolie dimension philosophique dans ce roman. Allez savoir …Ce n’est pas qu’une succession de scènes fantastiques ou sanglantes, non, non, c’est plus que ça, c’est profond.. L’Echange se place dans la catégorie des YA intelligents, notamment dans son approche de la psychologie des personnages et dans l’analyse des rapports entre les habitants de cette petite communauté repliée sur elle-même.

J’ai beaucoup aimé le style de Brenda Yovannof, alternant phrases courtes et efficaces et paragraphes descriptifs offrant de belles sensations visuelles tout en installant un climat d’étrangeté latent.  Le hic c’est que certaines phrases m’ont semblées mal traduites en français ce qui les rend peu compréhensibles. La narration en « je » est bien choisie. Certes, elle ne propose qu’un seul point de vue mais comme le personnage de Mackie est tiraillé entre deux mondes, il n’est jamais partisan et nous livre sa vision des choses sans détours.

Alors, certes, je le redis, l’intrigue aurait gagnée à être davantage creusée, certaines choses sont trop survolées et la fin est peut-être un peu rapide (ou facile) mais ce roman vaut quand même le coup pour moi, ne serais-ce que pour sa superbe atmosphère sombre et lugubre et au malaise latent qu’elle suscite pendant la lecture. 

L’Echange c’est un conte défait, une histoire à cauchemarder debout, un malaise de 300 pages qui s’empare de vous progressivement. Pour moi, c’est un roman à lire malgré ses défauts mais bon c’est vous qui voyez … En tout cas, si vous aimez Burton, comme moi, il y a de fortes chances pour que vous aimiez ce livre. 

 

 

[Partenariat] « L’Eternéant » de Neal Shusterman

Editions Le Masque

Publié en 2012 ~ Langue : Française ~ 304 pages

Temps de lecture : une journée

Plaisir de lecture  Excellent

Synopsis

Après un accident de voiture auquel ils n’ont pas survécu, les âmes de Nick et d’Allie se retrouvent bloquées à mi-chemin entre la vie et la mort, dans un univers qu on appelle l’Éternénant. Il s’agit d’un lieu à la fois magique et dangereux où l’on croise toutes sortes d’âmes et d’objets errants. La reine autoproclamée de l’Éternénant, Mary Tourcélèste, a réuni ses ouailles dans un des rares buildings passés dans les limbes : les Twin Towers.
Or, Nick et Allie n ont aucune envie de rester coincés dans ce monde bizarre ! Ce qu’ils veulent à tout prix, c’est retrouver leur vie d’avant.
Leur quête les mènera dans les territoires inexplorés, sombres et parfois terrifiants de l’Éternéant… Mais plus le temps passe et plus l’espoir de retrouver un jour leur existence passée s’estompe. Et si tous leurs souvenirs s’évaporaient ? Il se pourrait bien alors qu’ils ne parviennent jamais à fuir ce monde étrange et inquiétant…

°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°

Tout d’abord un grand merci à Livraddict et aux Editions Le Masque/MSK pour m’avoir accordé ce fantastique partenariat (dans tous les sens du terme). 

Un vrai petit coup de cœur pour ce roman formidable, presque un gros, si ce n’était les quelques effilochages que connait l’intrigue et quelques petites choses convenues qui m’ont fait sourire, comme ce patriotisme ultra-américain que l’on retrouve dans certains passages.

Je n’ai pas lu ce roman, je l’ai dévoré ! En une journée ! Vous aurez compris que la force d’attraction de ce livre est énorme.

Les références se bousculent dans ma tête, Sa Majesté des mouches, Peter Pan version dark, les films de Tim Burton mais l’univers proposé est tout de même très original et regorge d’idées inédites assez géniales. Le mot « trouvailles » est même plus qu’approprié ici.

Voir le monde des humains, des êtres vivants, par les yeux des fantômes est une expérience nouvelle et fascinante. De même que partir à la découverte du monde des Illumières et de leur néant étrange dans lequel l’auteur détourne les codes et les usages de notre propre réalité voire normalité pour mieux s’en amuser et inventer les règles fantaisistes de l’Eternéant. On ne s’ennuie pas un seul instant au sein de ces trois cent pages et des poussières. On frémit, l’univers est parfois inquiétant, on rit, on sourit, l’humour noir de l’auteur est délicieux, on s’agite avec les personnages au long d’aventures trépidantes et épiques qui ne laissent aucun répit. Sans oublier, la petite pointe d’émotion nécessaire à l’empathie et à l’identification d’avec les personnages. Allie, Nick, Racine, Mary et consorts sont d’ailleurs des personnages très bien campés et d’autant plus convaincants qu’ils ont autant de qualités que de défauts et ne prennent pas toujours les bonnes décisions, ce qui permet à l’intrigue de rebondir sans cesse.

Quant au style de Neal Shusterman, il est parfait et idéalement adapté à l’histoire qu’il sert. Le ton familier moderne est associé à un métalangage tout à fait charmant où l’auteur invente tout plein de mots tantôt poétiques, drôles ou mystérieux.

Petits et grands prendront plaisir à plonger dans l’Eternéant et à en découvrir toutes les arcanes. Car s’il s’agit d’un roman jeunesse, nous sommes tout de même loin d’être en présence d’un roman aseptisé. L’auteur utilise sans détour le concept de la mort et n’atténue jamais la noirceur de son univers ou de certains de ses personnages. 

J’ai vraiment adoré ce roman jeunesse follement novateur et original qui bénéficie d’une étrangeté de tous les instants et d’un climat à la fois effrayant, drôle et décalé et j’ai vraiment hâte que sorte la suite!