Tagué: Mystère

« La Chambre ardente » de John Dickson Carr

2003 Éditions Le Masque

Française Langue française – 254 pages | Traduit par Maurice Bernard Endrêbe

Temps de lecture : 2 jours

Note 3étoilesbon

Synopsis

Gastro-entérite ou arsenic? Pour en avoir le cœur net, il n’y a qu’une solution : exhumer le corps. Ce qui n’est pas une mince affaire. Car le cercueil de Miles Despard a été descendu dans le caveau familial et pour y accéder, il faut ôter quelques mètres carrés de dallage cimenté, déblayer une couche de terre et de gravier, puis soulever la grande dalle de l’entrée qui pèse bien une demi tonne. Bref, de quoi donner de l’ouvrage à plusieurs hommes armés de leviers, de pies et de pelles. Et pour quel résultat! Dans sa niche, le cercueil de bois tout neuf est vide. Faut-il en conclure qu’ils ne rêvent pas, ceux qui croient voir rôder le vieux Miles, à la nuit tombée?

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John Dickson Carr, que je ne connaissais pas il y a encore un mois, est considéré comme le maître du meurtre en chambre close. J’ai longtemps cru que cette lecture se signalerait à mes yeux en se révélant être un gros coup de cœur… Hélas, ce ne fut finalement pas le cas….

Bien qu’un peu datée (le roman date des années 30), l’écriture de J. Dickson Carr est soignée (si l’on excepte les nombreuses redites) et agréable à lire. Les personnages possèdent assez d’épaisseur pour nous convaincre et le mystère parvient à nous intriguer sans difficulté.

Avec pour toile de fond la sorcellerie du 17ème siècle  (particulièrement le procès de la Brinvilliers), l’intrigue se déroule de manière assez lente et contemplative, sur une trame classique à la Agatha Christie. L’enquête avance doucement par l’entremise des témoignages des différents protagonistes de l’histoire.  Ce n’est pas, par conséquent, un thriller placé sous haute tension même si certains chapitres se concluent sur de mini-rebondissements qui relancent l’intérêt du lecteur.

Un thriller brillant sur les 3/4 de l’intrigue qui se décrédibilise par une fin ultra-décevante (L’intérêt des meurtres en chambre close ne réside-t-il pas UNIQUEMENT dans la résolution finale de l’énigme ?)

Je ressors très mitigée de cette lecture. Elle m’a tenue en haleine pendant presque deux cent pages avant de me frustrer avec une fin bancale.

En résumé : Un bon policier, bien écrit et prenant, mais dont la fin qui trop hésite entre rationalité pure et surnaturel ne m’a pas convaincue du tout.

Dans le genre du meurtre impossible ou du meurtre en chambre close, un conseil : Préférez Le Mystère de la chambre jaune de Gaston Leroux, bien supérieur à La Chambre ardente.

Attendu que La Chambre ardente semble être considéré comme le meilleur roman de l’auteur, je n’ai pas encore décidé, si j’en lirai un autre….

« Trois » de Sarah Lotz

2014 Editions Fleuve Noir
Langue française – 528 pages – Sortie : 22 Mai 2014
Temps de lecture : 2 jours
livredeuxétoilessansplus
Synopsis

Jeudi noir sur la planète. Ce jour-là, quatre avions de ligne s’écrasent aux quatre coins du globe. Troublante coïncidence, d’autant que sur trois des quatre sites de la catastrophe, les secouristes découvrent un rescapé. Chaque fois, il s’agit d’un enfant et chaque fois, sa survie tient du miracle.La presse internationale s’empare de l’événement, il n’est bientôt plus question que des « Trois » et les spéculations à leur sujet vont bon train. Certains fanatiques religieux voient même en eux l’incarnation des cavaliers de l’Apocalypse, à ce détail près qu’ils devraient être quatre… Y aurait-il un quatrième survivant ?Dans le même temps, les familles qui ont recueilli les enfants sont confrontées à des événements étranges. Alors qui sont au juste ces enfants ? Et que veulent-ils ?Un thriller glaçant mené de main de maître par une jeune auteure virtuose.

Un résumé à faire saliver le plus blasé des amateurs de thrillers, un début passionnant qui donne envie d’en savoir plus, quelques scènes angoissantes,  et une auteure possédant un excellent style, vif et incisif…

Ma lecture commençait sous les meilleures auspices possibles…mais au bout d’une cinquantaine de pages : patatras, le désenchantement à commencé à pointer le bout de son vilain nez !
Ah, quelle déception. Car en fait de thriller haletant, nous sommes ici confrontés au roboratif inventaire des témoignages de tous les protagonistes de l’affaire, des principaux, directement impliqués, jusqu’au plus insignifiant témoin extérieur, rassemblés dans un livre fictif par un écrivain qui l’est tout autant.

Original par la diversité des modes narratifs employés et ses incessants changements de point de vue : du témoignage oral aux tweets en passant par les messages audios et vidéos, la narration est prise en charge par une vingtaine de personnages environ dont une dizaine de manière récurrente,  un procédé qui tend à rendre l’intérêt fluctuant, car des personnages se révèlent plus intéressants et attachants que d’autres, ce roman noir fantastique qui n’a de thriller que sa classification fallacieuse, souffre de très nombreuses longueurs. J’ai honte de l’avouer mais je m’ennuyais tellement que je l’ai lu en diagonale à partir du milieu, sautant les parties consacrées aux personnages qui  m’intéressaient moins ou celles (trop présentes) concernant la religion dont l’auteure parle trop à mon goût personnel.
Alors, certes, l’auteure gère brillamment sa narration éclatée, je dirais même de main de maitre tant l’entreprise est ambitieuse et périlleuse, et il est appréciable pour le lecteur de disposer de différents points de vue, mais cela rend tout de même la lecture complexe et alourdit le propos.
Mais sans conteste, c’est la fin du roman qui m’aura le plus déçue; non seulement elle n’apporte aucune conclusion satisfaisante au lecteur, mais surtout  elle est invraisemblable. Elle ne fait que développer sur plusieurs chapitres, une hypothèse déjà évoquée tout au long du roman, théorie que le lecteur aura, de toute façon, échafaudée de lui-même depuis le milieu du roman. Si bien qu’une fois le livre refermé, je me suis dit : À quoi bon lire ce roman jusqu’à la fin ? Puisque l’on a la solution pratiquement 200 pages avant la conclusion ?
Le sentiment qui prédomine chez moi, est donc la déception, et la sensation principale: le regret d’avoir perdu mon temps avec ce roman qui s’annonçait pourtant prometteur.

« Tokyo » de Mo Hayder

Editions Pocket (Thriller) (2005)

473 pages

Temps de lecture : 2 jours

Note cinqétoilesexcellent

Synopsis

Quand Grey débarque à Tokyo sans attaches, argent ni bagages, elle a beaucoup à prouver et encore plus à cacher.
Sa rencontre avec Jason, pour lequel elle éprouve une fascination immédiate, est déterminante : il lui trouve un toit, une maison délabrée vouée à la démolition, et un emploi dans un club à hôtesses très privé. Ses clients ? Des yakuzas et un étrange infirme accompagné d’une nurse à la silhouette monstrueuse… Moeurs inavouables, violence, écrasant secret… Ce nouvel univers est pourtant familier à Grey.
Le but de son voyage ? Retrouver un mystérieux film à l’existence contestée datant de l’invasion de la Chine par les Japonais. Un seul homme pourrait l’aider. Un survivant du massacre qui refuse de répondre à ses questions…

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La classification de ce roman est trompeuse, plus qu’un thriller, il s’agit davantage d’un roman noir à forte connotation historique puisqu’une grande partie est consacrée à relater l’occupation japonaise en Chine à la fin des années 30.

Glauque, dérangeant, malsain, psychologiquement brutal parfois, ce roman est placé sous le signe de la dualité : Deux personnages, deux histoires, deux générations, deux époques, deux destins, deux trajectoires paralléles, en deux pays dont liés par un passé commun et terrible (Chine et Japon) et entre passé et histoire plus contemporaine (des années 90).

Il bénéficie d’une ambiance réussie, d’un climat angoissant qui va crescendo, et du style de Mo Hayder que j’ai trouvé trés intéressant dans sa crudité bucolique, sa poésie contemplative et percutante, qui met en valeur la beauté du Japon, ce pays entre tradition et modernité, une réalité fort bien illustrée et retranscrite par Mo Hayder par ses mots et l’ambiance globale de son récit.

J’ai adoré en apprendre davantage sur la colonisation de la Chine par le Japon (période historique assez nébuleuse pour l’Européenne que je suis), et que Mo Hayder nous raconte sans fard et sans concession aucune, en nous en dévoilant toute l’horreur. Notamment, les actes barbares commis à Nankin en 1937 et dont on sait peu de choses en définitive.

Grey est une héroïne des plus complexes avec laquelle l’identification s’avère difficile, du fait d’abord de l’étrangeté de sa quête, mais surtout de sa personnalité ambigüe et mutique. Héroïne en constante mutation, presque en gestation d’elle-même, Grey  hante les pages du livre de son errance psychologique, de ses désirs inassouvis, de son aspiration à la normalité et à une impossible rédemption.  Elle traverse le roman,  telle une femme – chrysalide attendant de se libèrer de son carcan pour s’accomplir. Troublant. Le théme de la métamorphose, de l’éclosion du cocon d’insecte, est d’ailleurs trés présent au sein de ce roman et rajoute au côté organique de l’écriture de Mo Hayder.

Dommage, cependant, que l’intrigue comporte des longueurs, même si l’histoire tient sans mal le lecteur en haleine jusqu’à un dénouement proprement bouleversant et hallucinant de noirceur.

Un très très bon roman, aiguisé comme un katana, et qui nous chahute comme une secousse sismique de force 10. Je le conseille très fortement. En ce qui me concerne, je sais que je n’oublierai pas cette lecture de sitôt. 

[Challenge « Un mot, des titres », session « Lumière »] « Les lumières de septembre » de Carlos Ruiz Zafon

 

 

Editions Robert Laffont (2012)

260 pages | Traduit par François Maspero

Temps de lecture : 2 jours

Note 3étoilesbon

Synopsis

1937.
La mort de son mari l’ayant laissée sans revenus, Simone Sauvelle accepte de quitter Paris pour occuper un emploi de secrétaire particulière en Normandie. Lazare Jann, son employeur, est un génial inventeur de jouets. Il vit dans une immense propriété en compagnie de sa femme, très malade, qui n’a pas quitté son lit depuis vingt ans. Passionnément amoureux d’elle, il la soigne personnellement. Simone Sauvelle, sa fille Irène, quinze ans, et Dorian, son jeune fils, sont immédiatement séduits par la grande gentillesse de Lazarus.
Ils tombent aussi sous le charme de Cravenmoore, son extraordinaire demeure. Composée d’innombrables pièces et corridors qui se perdent dans l’obscurité, elle est peuplée de marionnettes qui semblent mener une existence indépendante. Hannah, la jeune domestique de Lazarus, devient vite l’amie d’Irène, à laquelle elle présente Ismaël, son beau cousin. Et très naturellement les deux adolescents tombent amoureux l’un de l’autre, tandis qu’une douce amitié rapproche Lazarus et Simone.
C’est alors qu’une force criminelle prend possession de Cravenmoore, comme si l’amour et l’affection lui étaient insupportables. Ombre plus noire que les recoins les plus obscurs, elle tue Hannah, cherche à assassiner Irène et Ismaël, attaque Simone, Dorian et Lazarus. Pourquoi manifeste-t-elle tant de jalousie et de haine ? Et quelles sont ses motivations ? En trouvant dans un phare abandonné le journal intime d’une jeune femme disparue des années auparavant, Irène et Ismaël percent peu à peu le mystère de cette force désespérée.
Et c’est dans une chambre isolée, au bout d’un long couloir gardé par des marionnettes possédées par une folie homicide, près d’une femme oubliée du monde depuis vingt ans, que les deux adolescents doivent aller traquer la vérité.

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L’écriture de Zafon est toujours envoûtante même si les nombreuses descriptions (mer, ciel, soleil, bois) revenant à chaque page ou presque font office de remplissage.

Les thèmes abordés sont parmi les plus fétiches et typiques de l’auteur (l’enfance, le premier amour, les mystères du passé, la vie après la mort…) et déjà utilisés dans d’autres de ses œuvres.

L’ambiance gothique est suffisamment inquiétante pour tenir haleine et les personnages bien campés.

On se prend au jeu et l’on suit leurs aventures avec passion et effroi.

Sur un thème assez similaire (les automates), je l’ai préféré à Marina. Contrairement à ce dernier, bancal et invraisemblable, ici, l’intrigue se revendique fantastique dés le départ et s’assume en tant que telle. Elle n’est pas abâtardie par un réalisme pesant. C’est un conte assumé, rappelant les contes noirs d’Hoffmann est c’est réussi.

[LC] « Le Treizième conte » de Diane Setterfield

Editions Pocket (2008)

567 pages

Temps de lecture : 3 jours

Note 

Synopsis

Vida Winter, auteur de best-sellers vivant à l’écart du monde, s’est inventé plusieurs vies à travers des histoires toutes plus étranges les unes que les autres et toutes sorties de son imagination. Aujourd’hui, âgée et malade, elle souhaite enfin lever le voile sur l’extraordinaire existence qui fut la sienne. Sa lettre à Margaret Lea est une injonction : elle l’invite à un voyage dans son passé, à la découverte de ses secrets. Margaret succombe à la séduction de Vida mais, en tant que biographe, elle doit traiter des faits, non de l’imaginaire. Et elle ne croit pas au récit de Vida. Dès lors, les deux femmes vont confronter les fantômes qui hantent leur histoire pour enfin cerner leur propre vérité…

Autant j’ai éprouvé de la difficulté à m’immerger dans l’histoire (davantage encore à m’habituer au style un peu empesé voire amidonné comme un col de chemise, quoique joli et poétique de Diane Setterfield) autant passées les 150 premières pages, je n’ai plus réussi à refermer ce roman tant, entre-temps, l’intrigue était devenue passionnante.

Diane Setterfield, c’est palpable, tant dans la recherche du mot juste que dans la construction raffinée des personnages et de l’intrigue, semble apprécier la littérature victorienne. Elle nous donne d’ailleurs d’excellents conseils de lecture au sein même du récit. Son roman s’approprie avec bonheur les ambiances délicieusement « vieille angleterre », les atmosphères feutrées et brumeuses en même temps que les codes romanesques. Ce que confirme le soin apporté aux descriptions des paysages désolés de cette contrée prise dans un linceul de brouillard, de vent et de neige.

Nul doute pour moi que D. Setterfield rend ici un vibrant  hommage  aux plumes magistrales des grandes romancières que furent Jane Austen ainsi qu’ Emily et Charlotte Brontë. Ces échos surranés donnent beaucoup de charme à ce roman trés immersif.

Par son évocation des gouvernantes laides et soigneuses (Hester) et son mystère latent, le roman m’a fait souvent songer à Jane Eyre (encensé plus d’une fois par l’héroïne du livre) mais aussi bien sûr aux Hauts de Hurle-vent (évoqué là encore par D. Setterfield).

Non sans rappeler le trés bon roman Le jardin des secrets de l’australienne Kate Morton, de par son aspect saga familiale, Le treizième conte prend des allures d’enquête policière tout autant que de roman initiatique pour sa narratrice principale, qui profite de la rédaction d’une biographie d’une célèbre auteure de romans à succés pour partir sur les traces de son propre passé et en quête d’elle-même. Le procédé narratif est astucieux et laisse une grande place au traitement des personnages notamment sous l’angle psychologique.

Le tout est savamment auréolé de mystère et d’une pointe d’étrangeté qui nous fait échafauder mille hypothèses tout au long de notre lecture. Si j’avais commençé à effleurer (un peu) la résolution de l’égnime vers le milieu du roman, bien des choses ont réussies à me surprendre tout de même.  L’auteure nous gratifiant d’un sacré coup de théâtre mais chut …

Je garde toutefois quelques réserves quant à certains arrangements narratifs qui m’ont semblés un peu hasardeux mais hormis cela, et les longueurs que comportent souvent inutilement le roman, j’ai passé un trés bon moment avec ce roman fort appréciable dont  les personnages sont fascinants. Un roman qui célèbre avec poésie la magie des livres et le bonheur de lire. Sujet qui me tient beaucoup à coeur. Et comme j’ai un gros faible pour les livres qui parlent… de livres en exaltant la beauté de l’acte de lecture mais aussi de l’acte d’écriture, ce roman ne pouvait que me plaire…

[LC + relecture] « Jane Eyre » de Charlotte Brontë

Editions Le Livre de Poche (Les Classiques de Poche) (2009)

539 pages

Temps de lecture : 5 jours

Note 

Synopsis

Jane Eyre est orpheline. Jusqu’à l’âge de 10 ans elle est hébergée (plus qu’élevée) par une tante. Elle et ses enfants maltraite Jane qui est finalement envoyée dans un pensionnat pour orphelins miteux. Jane y étudie pendant 6 ans puis y reste 2 ans comme enseignante. Quand les gens qu’elle aimait quittent l’école Jane décide de partir aussi. Elle trouve une place comme gouvernante d’une jeune fille française, pupille d’un certain M. Rochester. 

Lu et adoré il y a plus de deux ans, je m’aperçois que, curieusement, je ne l’avais pas chroniqué. Je profite donc de cette  relecture sous forme de lecture commune pour vous livrer mon avis sur ce roman :

Par où commencer ? Comment parler de ce trés grand roman victorien sans trop en dévoiler ? 

Sachez tout d’abord que ma relecture de Jane Eyre n’a fait que confirmer mon coup de coeur passé. J’ai pris autant de plaisir à le découvrir qu’à le relire. 

L’histoire d’amour, cette passion entre Jane et Mr. Rochester, est l’une des plus belles de la littérature anglaise. L’une des plus complexe, profonde et surprenante aussi.

Faisant fi des miévreries, Charlotte Brontë nous donne à voir le choc de deux fortes personnalités qui s’affrontent et orchestre avec brio la romance inattendue entre un homme d’âge mûr sombre et taciturne en lutte constante contre lui-même, en butte à des désirs charnels qu’il méprise et en quête de rédemption pour ses fautes passées, avec une jeune orpheline innocente, intelligente bien qu’un peu naïve, mais trés intuitive de 18 ans. De discussions en joutes verbales, ces deux êtres que rien ne destinait l’un à l’autre, vont pourtant s’apprivoiser et peu à peu apprendre à s’aimer avant que les conventions sociales ne s’en mêlent.

Vous verrez que Charlotte Brontë ne ménage en rien ses personnages, multipliant les obstacles sur leur chemin, les affres du destin et ne leur épargnant point la souffrance et la cruauté de l’existence. Ce qui rend l’histoire trés crédible. Jane Eyre n’est pas un conte de fées. 

J’en veux pour preuve l’atmosphère trés sombre du roman presque aux lisières du fantastique parfois. Thornfield est une demeure étrange qu’on pourrait croire maudite, une sorte de château gothique où se produisent des événements noctutnes inquiétants.

Ce qui est également saisissant dans ce roman, outre la pertinence dans l’analyse des comportements humains et dans les rapports entre les êtres, c’est le climat peu orthodoxe, assez noir et équivoque qui s’en dégage. La passion entre Jane et Rochester n’est pas désincarnée. Elle se manifeste aussi par une attirance charnelle partagée dont la représentaation est inhabituelle pour l’époque

Bien sûr, on pourra penser que peut-être le roman est un peu long, surtout au début lorsque Jane narre son enfance et sa jeunesse dans sa triste pension pour orphelines. Peut-être se dira-t-on aussi que Charlotte Brontë abuse des descriptions mais sa plume est si belle et si agréable à lire qu’on lui pardonne volontiers ses digressions sur le charme de la campagne anglaise.

Il y aurait tant d’autres choses à dire sur cette oeuvre magnifique mais je vous laisse le plaisir de les découvrir par vous-même.

Jane Eyre est à mes yeux un roman quasi-parfait à découvrir sans tarder, à lire, relire et relire encore tant il nous transporte à la fois dans la merveilleuse campagne anglaise, cadre somptueux d’un amour qui ne l’est pas moins, mais nous fait entrer également avec talent dans les paysages psychiques des personnages inoubliables que sont Jane et Edward.

Un de mes classiques préférés ! 

[LC] « A comme association, 6, Ce qui dort la nuit » d’Erik L’Homme

Editions Gallimard/Rageot (Jeunesse)
Publié en 2011 ~ Langue : Française ~ 203 pages
Année de parution originale : 2011
Genre : FantastiqueJeunesse
Temps de lecture : 2 h
Note 
Synopsis
Lorsque Jasper se décide enfin à revenir à l’Association, il trouve porte close. Entre de faux Agents qui traquent un sorcier joueur de tambour dans le métro et de vrais vampires qui organisent une fête sanglante dans un manoir de banlieue, il n’a pas le temps de s’étonner. Accompagné de son fidèle sortilège Fafnir et d’Ombe qui lui prodigue toutes sortes de conseils bizarres, Jasper mène l’enquête… …Ignorant que Walter a disparu et que Mademoiselle Rose passe son temps à discuter avec un miroir, accroché dans sa cuisine ! Jasper sauve la vie de l’Agent stagiaire Nina et remonte avec elle la piste de l’étrange sorcier. Une piste semée de cadavres. Mais qui, du sorcier qui a pris Walter en chasse ou de la troublante Nina, risque le plus de causer sa perte ?

Ce qui dort la nuit ? Pas moi en tout cas ! Ce livre ne m’a pas fait piquer du nez. Il a su me tenir éveillée sans problème !

Il n’était pas aisé pour Erik L’Homme d’enchainer après un excellent tome 5. Mais il le fait plutôt efficacement. Centré fortement sur Jasper mais aussi, une fois n’est pas coutume, sur la mystérieuse mademoiselle Rose, ce sixième segment est certes moins poignant et beaucoup moins haletant que le 5 mais il se défend pas mal dans la hiérarchie de la saga.

La vie a repris ses droits et l’émotion vibrante suscité par le drame terrible survenu dans le tome précédent s’atténue un peu. La nostalgie remplace le chagrin. Jasper a séché ses larmes (un peu vite peut-être ?) et recommence à faire ses blagues ringardes. Il s’affirme de plus en plus comme un électron libre et œuvre en marge de l’association sans vergogne. Aucun doute, le personnage a mûri et gagné en assurance et en force de caractère.

Si le rythme retombe un peu par rapport au tome 5, les mystères concernant l’association, eux, s’épaississent. Et quelque chose me dit que cela ne fait que commencer.

Plaisir et détente sont comme toujours au rendez-vous. Mais ce tome qu’on pourrait qualifier de tome-gadget marque un léger recul dans la montée en puissance de la série. Ce qui dort la nuit n’apporte pas grand-chose à l’intrigue générale mais est fort sympathique à lire. Et la fin est terrible. L’Homme nous abandonne avec un cliffhanger énorme qui nous laisse bouche bée dans l’attente insupportable de lire le tome 7.