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[Masse critique Babelio 2014 ]« Le complot Médicis » de Susana Fortes

 

Éditions Héloïse d’Ormesson (2014)  

Temps de lecture : Une semaine

Note3étoilesbon

Synopsis

26 avril 1478. Lorenzo de Médicis dit Laurent le Magnifique – homme fort de la république et grand mécène de la renaissance italienne – réchappe de peu à l’assassinat qui le vise, lui et sa famille, dans la cathédrale de Florence lors de « La Conjuration des Pazzi ». Cet événement, qui marque profondément les florentins, inspire les artistes de l’époque – Léonard de Vinci, Botticelli, Verrocchio. Cependant, seul le peintre Pierpaolo Masoni semble avoir saisi la nature véritable du crime. De nos jours. Ana Sotomayor, étudiante en art, se rend à Florence pour ses recherches sur La Madone de Nivole de Masoni. Elle découvre alors ses manuscrits et se prend de passion pour cette sombre affaire de meurtre. Que s’est-il passé à Florence ce jour-là? Qui était dans la confidence de cette trahison ? Et surtout, qui est le « troisième homme », fomenteur du complot contre les Médicis ? Cependant, Ana est loin de se douter qu’en se lançant dans cette enquête, elle va devenir la cible d’une police parallèle et des hommes de main du Vatican. Le roman, qui oscille habilement entre histoire de l’art et polar, jette des ponts entre la fastueuse période de la renaissance italienne et le monde contemporain. Une investigation haletante et fascinante sur la piste de La Conjuration des Pazzi qui entraîne le lecteur au coeur du Quattrocento.

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Mille merci aux Éditions Héloïse d’Ormesson et à Babelio pour leur confiance.

Un postulat de départ prometteur qui se pose en ces termes : est-il possible de résoudre un crime vieux de cinq cent ans rien qu’en étudiant un tableau à la sulfureuse réputation (on se rappellera que cette possibilité était déjà présente dans le Da Vinci Code mais pour des enjeux différents) ?
Idée originale et passionnante, s’il en est !

L’histoire débute quelques mois avant la tentative de coup d’état sur les Médicis (La fameuse conjuration des Pazzi) et le roman alterne entre les passages qui se situent à l’époque moderne où l’héroïne Ana Sotomayor, jeune étudiante espagnole en histoire de l’art, poursuit ses investigations sur les traces des commanditaires de l’attentat contre les
Médicis, et ceux qui se déroulent à l’époque des faits : le Florence de 1478. Précisons, que j’ai préféré très largement ces derniers.  Florence y est
merveilleusement restituée dans ses couleurs, ses parfums, ses lumières, ses mœurs, ses rivalités politiques….par les yeux et la voix de Luca di Credi, jeune apprenti de Masoni.
J’ai adoré pénétrer telle une petite souris dans l’atelier des artistes du Quattrocento.
Par comparaison, les passages avec Ana paraissent assez fades, et surtout trop bavards. Une impression accentuée par le fait qu’Ana n’est pas une héroïne très attachante. Elle est froide, prétentieuse, pédante. Elle m’a souvent agacée.
Dans les chapitres qui la concernent, j’ai souvent eu l’impression de faire du sur-place. L’enquête avance lentement, voire laborieusement, phagocytée par les digressions de l’auteure, les pensées intimes, les souvenirs et les monologues intérieurs d’Ana (dont on se fiche d’une force, mais d’une force!).
L’écriture de S. Cortes est fort plaisante à lire, malgré la volonté perpétuelle de l’auteure d’étaler son savoir à tout prix, ce qui donne un résultat souvent artificiel et des coq-à-l’âne parfois cocasses.
L’on devine à chaque page, la volonté qui anime S.Cortes de caser à tout prix ses connaissances sur Florence. À la longue, cela devient un peu lourd. Je l’imaginais, penchée sur son énorme pile de fiche de notes, en train de se dire : « Bon, comment je vais réussir à glisser cette anecdote ou ce vers de poésie dans mon récit ? ».

En résumé, un roman policier historique sympathique mais lent et surtout assez bavard. L’intrigue est intéressante, le dépaysement temporel assuré. Cependant, le suspense n’est pas au rendez-vous.
Ne vous attendez surtout pas à un polar palpitant, vous seriez déçu. En revanche, l’érudition de l’auteure, bien qu’exprimée de manière maladroite, (car elle ralentit beaucoup l’action et le rythme du récit), nous permet d’apprendre beaucoup de choses sur le Quattrocento.

À réserver en priorité aux amoureux de l’histoire, et de la première Renaissance italienne en particulier, mais pas uniquement car la lecture du Complot Médicis reste agréable, notamment grâce à l’époque passionnante que S. Cortes met en scène et en perspective, même pour les plus néophytes d’entre nous, dont je fais partie.

 

Fais-le pour maman de François – Xavier Dillard

2014 Éditions Fleuve Noir

Langue française – 281 pages – Sortie : 13 Mars 2014

Temps de lecture: 1 jour

Note1étoile passez votre chemin

Synopsis

Au début des années 70, Sébastien, 7 ans, vit seul avec sa mère et sa sœur adolescente, Valérie. Leur mère arrive tant bien que mal à joindre les deux bouts, malgré ses deux emplois qui lui prennent tout son temps et toute son énergie. Une dispute de trop avec sa fille qui dégénère, et c’est le drame familial. Valérie survivra à ses blessures mais la police ne croit pas à la version de la mère accusant son petit garçon d’avoir blessé sa soeur. La mère prendra 5 ans de prison. Des années plus tard, et grâce à ses parents adoptifs, Sébastien mène une vie « normale », alors que sa sœur vit dans un institut spécialisé et que sa mère n’est jamais reparue après sa sortie de prison. Sébastien est devenu un père et un médecin exemplaires. Jusqu’à de mystérieux décès d’enfants parmi ses patients et avec eux, le retour funeste des voix du passé…

Certaines critiques faisaient état d’une fin (je cite) grotesque. Si seulement…

Car à mes yeux, tout le roman, l’est. (Désolée pour celles et ceux qui l’ont adoré et pour l’auteur, soit dit en passant) mais je n’ai rien aimé dans ce thriller.

Je n’ai pas aimé l’écriture que j’ai trouvé bâclée. La grammaire est malmenée, et je ne vous parle pas des fautes d’orthographe. Si, en fait, il faut que je vous en parle car cela m’a choqué. Tout le monde fait des fautes, moi y compris. Étourderies, faute d’inattention, faute d’accord…. Bref, tout le monde fait des fautes…mais là, c’est quand même fort de café. Un exemple :  » beigne dans son sang  » au lieu de « baigne » (entre nous, comment peut-on laisser passer une faute pareille ? Ils n’ont pas de correcteurs chez Fleuve Noir ?) et des coquilles qui ont été également oubliées au passage.

L’intrigue est abracadabrante . Le mobile de la fameuse dame en blanc pas du tout crédible et l’identité de ladite meurtrière se devine dès le début.

En vain, ai-je donc poursuivi ma lecture en espérant être détrompé par un incroyable rebondissement, un extraordinaire coup de théâtre de dernière minute. En vain, vous dis-je ! Pourquoi ? Parce que le fameux twist final, je l’avais deviné aussi dès les premiers chapitres.

Quant aux personnages ! Des clichés ambulants ! Et j’ai trouvé qu’ils manquaient vraiment d’épaisseur, de densité. Ils sont creux, inconsistants… Dans ces conditions, difficile de s’attacher à eux ou de compatir à leurs tourments !

Avis purement subjectif, je précise, donc pas besoin de dégainer vos tomates 😉

« Ressacs » de David James Kennedy

2014 Editions Fleuve Noir (Thriller)

Française Langue française – 428 pages – Sortie : 9 Janvier 2014

Temps de lecture: 3 jours
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Synopsis

Présentation : Jean-Christophe d’Orgeix est interne dans un hôpital isolé au bord des falaises en terres basques. Par une nuit d’orage, alors qu’il vient contrôler un patient arrivé dans l’après-midi et souffrant de blessures graves après un accident de la route, il comprend que ce dernier a été agressé en plein hôpital et n’arrive pas à le sauver. Fou de rage, Jean-Christophe d’Orgeix part à la poursuite de l’agresseur. On ne le reverra jamais. Thomas, interne également et particulièrement affecté par la disparition de son ami, mène l’enquête en même temps que la police. Et bientôt il découvre une chose étrange. Dans cet hôpital, un ancien monastère construit par les Augustins 1000 ans plus tôt, d’autres disparitions ont eu lieu. Et notamment celle d’un jeune interne sept ans auparavant dont l’histoire personnelle est semblable à celle de Jean-Christophe d’Orgeix en tous points, et dont les photos montrent qu’il en est l’exact sosie

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Un énième Da Vinci Code à la française, ni meilleur, ni pire que les autres.
Le scénario reste classique voire téléphoné : une île (basque) battue par les flots, une caserne militaire isolée, une nuit de tempête, des meurtres étranges, une secte disparue… Les influences de l’auteur vont de Dan Brown à Thilliez en passant par Grangé. Rien de nouveau, en somme.

L’atmosphère tient quasiment du huit-clos. Et si, au bout de deux ou trois chapitres, l’auteur m’avait « ferrée », il m’a perdue environ au milieu du roman, à force de répétitions inutiles et de longueurs dispensables, avant de me faire finalement lever les yeux au ciel pour cause de dénouement complétement invraisemblable.

Ressacs se lit bien, l’écriture est fluide, bien qu’en dents de scie, alternant entre maîtrise et approximation, et sans être le thriller de l’année (ni même du mois), il peut permettre à un lecteur surmené de se changer les idées quelques heures. Mais il ne faut pas en attendre davantage. Ce livre est comme une cartouche d’encre dans une imprimante : un consommable, vite lu et encore plus oublié.

« Back Up » de Paul Colize

2013 Editions Folio (Policier)

Langue française – 496 pages

Temps de lecture : 4 jours

Note 4étoiles-trèsbonmais

Synopsis

Bruxelles, 2010  Un sans-papier est renversé par une voiture devant la gare du Midi. Il est transporté dans un état grave à la clinique où l’on diagnostique un coma particulier, mieux connu sous le nom de Locked I Syndrom. L’homme ne peut communiquer que par le mouvement des paupières. La police tente de l’identifier, sans succès. Il est conduit dans un centre de réadaptation où l’un des kinés parviendra peu à peu à entrer en contact avec lui.  Berlin, 1967  Quatre musiciens anglais faisant partie d’un groupe de rock, Pearl Harbor, trouvent la mort dans des conditions et des lieux différents. La police ne trouve ni lien ni élément suspect et conclut à des morts naturelles. Les familles des victimes se tournent vers les médias. Un journaliste irlandais, intrigué par l’affaire, accepte de mener des investigations. X Midi, l’inconnu de la gare de Bruxelles, se souvient. Son enfance dans un Bruxelles qui « Bruxelles » encore, sa découverte avec sa mère des premiers Chuck Berry et d’Elvis Presley, son adolescence difficile à l’heure de l’euphorie consumériste des sixties. Appelé sous les drapeaux, il fuit à Paris, devient batteur, toxico et vit comme un beatnik entre la France, Londres et Berlin. Petit à petit le destin du marginal s’enfonce dans un monde de violence et de délires stupéfiants, jusqu’au jour où il est appelé pour remplacer au pied-levé le batteur du groupe Pearl Harbor pour une session d’enregistrement, un titre, un seul, qui ne sera jamais commercialisé et pour cause.

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J’ai beaucoup apprécié la lecture de ce roman de Paul Colize. Quel plaisir de plonger dans la folle histoire du Rock n’Roll, d’en revisiter les grands classiques et de hanter les coulisses des concerts des groupes les plus mythiques des décennies 60-70 !

Back up est un roman inclassable, une œuvre hybride et iconoclaste, à mi-chemin entre l’essai, le thriller et le livre de souvenirs, et qui retrace plusieurs décennies d’histoire avec un grand H comme avec un petit, lorsqu’il évoque l’émergence de la pop culture underground en Europe, et cerise sur le micro, on y apprend également beaucoup de choses sur le rock, Back up fourmillant d’anecdotes passionnantes.

Back up est un thriller qui sent la sueur, le sang, la pisse et le vomi. Une drôle d’épopée dégoulinante de riffs endiablés et de décibels à faire saigner les tympans, qui offre une évocation sensorielle et organique de trente années de folie créative. L’atmosphère sex, drugs et rock n’Roll des années 60/70 ‘s est très bien restituée. L’auteur s’est manifestement beaucoup documenté. L’enquête sur les morts suspectes des membres d’un groupe de rock anglais des années 60 et le mystère qui entoure un étrange enregistrement effectué juste avant leurs disparitions successives est vraiment attractive et le fait qu’elle se déroule en parallèle  avec la narration des souvenirs d’adolescence du personnage central, (victime d’un Locked in syndrom), donne envie au lecteur de tourner les pages jusqu’à la fin. 

Par un curieux tour de force, Paul Colize parvient à nous rendre attachants des personnages qui sont loin de l’être pourtant. Les protagonistes de Back up sont à mille lieux d’être des enfants de chœur,  à commencer par (l’anti) héros autour duquel tourne toute l’histoire du livre, et pourtant, curieusement, on prend plaisir à les suivre dans leurs pérégrinations psychédéliques.

Bref, réfractaires au rock, aux hippies ou puritains, s’abstenir. Ce sera ma seule réserve concernant ce roman : Pourquoi des scènes sexuelles aussi explicites ? Aussi crues et détaillées ? Cela participe de l’époque, certes, mais certains passages sont un peu trop « hardcore » à mon goût, je pense notamment à la scène dans la cabine de la piscine qui m’a semblé « gratuite », en ceci qu’elle ne me semble pas indispensable dans le développement de l’intrigue. D’ailleurs, l’auteur n’y fait pratiquement plus allusion par la suite.

En dehors de cette remarque, Back up est un roman très prenant, difficile à abandonner pour aller  dormir. Si vous cherchez un thriller original et détonnant, n’hésitez plus, lisez-le 😉

[Challenge de Calypso, session « Mort »] «Jusqu’à ce que la mort nous unisse » de Karine Giebel

Editions Fleuve Noir (2009)

489 pages

Temps de lecture : 2 jours

Note livredeuxétoilessansplus

SYNOPSIS

L’Ancolie est une fleur aussi belle que toxique. Belle, à l’image de certains souvenirs. Toxique, à l’image de certains regrets. L’Ancolie, c’est aussi le nom d’un chalet perdu en pleine montagne. C’est là que vit Vincent, un homme seul et meurtri. Rejetant son passé et redoutant son avenir, il préfère vivre dans le présent. Une existence éprise de liberté qu’il consacre entièrement à sa passion pour la montagne et à son métier de guide. Jusqu’au jour où la mort frappe tout près de lui, l’obligeant à sortir de sa tanière. Aux yeux de tous, un tragique accident, une chute mortelle. Seul Vincent est persuadé qu’il s’agit d’un meurtre, que ce n’est pas la montagne qui a tué, et que les vrais coupables doivent payer. Alors, aidé par Servane, une jeune recrue de la gendarmerie avec laquelle il a noué une étrange relation, il se lance dans une quête de vérité. Une quête qui va le conduire sur d’effroyables sentiers, le confronter à ses propres démons. Une quête qui va déterrer un à un des secrets profondément enfouis au coeur de cette paisible vallée, et qui auraient dû le rester à jamais. Car si le mensonge blesse, la vérité peut être fatale…

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A moins d’aimer la montagne et d’être passionné de randonnées pédestres, ce thriller est l’un des plus ennuyeux que j’ai jamais lu.  Plus de 300 pages sont nécessaires avant que l’intrigue ne démarre réellement. Les 100 premières pages sont d’une platitude mortelle. L’auteure passe bien trop de temps à décrire les paysages montagnards. A parler de la vie sentimentale du héros. L’intrigue policière passe vraiment à l’arrière-plan pendant une bonne partie du roman. Le seul mystère contenu ici est de savoir justement où est passé le suspense ? Car il y en a très peu. Mis à part, les rares éclairs d’étonnement qui le traverse par intermittence, tout est prévisible dans ce thriller long et bavard.

Les personnages sont caricaturaux. Les dialogues stéréotypés et parfois maladroits. Lorsque cela s’anime enfin, c’est trop tard. Le lecteur a déjà décroché. Bref, déçue par K. Giebel dont j’avais bien aimé Les Morsures de l’ombre et dans une moindre mesure Juste une ombre.

Bon, j’arrête d’être vilaine avec Karine Giebel (au demeurant, apparemment très sympathique). Un roman qui plait moins que les autres dans une bibliographie cela arrive à tous les auteur(e)s. Il me reste plusieurs romans de l’auteure à découvrir et je le ferai avec j’espère des beaux suspenses à la clef.

lechallengedecalypspo

[LC + Thriller Baby Challenge 2013] « Enfants de la paranoïa » de Trevor Shane

Editions Michel Lafon (2012)

363 pages

Temps de lecture : 3 jours

Note 3étoilesbon

Synopsis

Règle un : on ne tue pas les innocents
Règle deux : on ne tue pas les ennemis de moins de 18 ans

Depuis des siècles une guerre clandestine, ignorée du commun des mortels, oppose deux anciens clans qui se déchirent au nom du Bien et du Mal. Des deux côtés : des assassins endoctrinés et entraînés dès leur plus tendre enfance à haïr et détruire le camp adverse. Artistes de la dissimulation, ils maquillent leurs meurtres en actes de violences aléatoires : des affaires qui curieusement ne sont jamais résolues. Joseph, vingt ans, est l’un de ces tueurs d’élite. Plongé dans la brutalité depuis sa naissance, il ne connaît qu’une réalité : tuer ou être tué. Mais lors d’une réunion dans le New Jersey, il tombe dans une embuscade tendue par l’ennemi. Échappant de peu à ce piège mortel, Joseph se réfugie à Montréal où il rencontre Maria, une jeune innocente de seize ans. Pour la première fois, son esprit froid et impitoyable chancelle. S’il veut sauver la femme qu’il aime, il doit abandonner la vie qu’il a toujours connue et les gens qui ont combattu à son côté. Osera-t-il transgresser les règles et protéger une autre vie que la sienne ? Une seule vérité demeure : le premier à tuer est le dernier à survivre. Toutes les guerres ont des règles. Si vous les enfreignez, vous devenez la cible.

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Vraiment déçue. La classification jeunesse/SF est trompeuse. Elle m’avait fait attendre autre chose de ce roman. Pour tout dire, la SF, je la cherche encore… Je n’ai pas trouvé le début d’un commencement de science-fiction ou de fantastique dans cette histoire qui ressemble davantage à du Tarantino ou du Besson version junior.

Déjà, tout va trop vite dans ce roman. L’auteur confond vitesse et précipitation. La mise en place de l’univers est bâclée, sous le prétexte fallacieux de rester « flou », l’auteur fait de la rétention d’information et ce faisant décourage le lecteur de s’impliquer plus avant dans l’histoire. Le fait de ne rien expliquer permet aussi de dissimuler le fait que le roman pour moi manque cruellement de fond, pour ne pas dire de profondeur.

Sur le même principe, l’histoire entre les deux personnages principaux, faute d’être installée correctement au cœur de l’intrigue, ne parvient pas à être crédible. Le couple vedette n’est absolument pas touchant. Ce sont des gamins immatures et égoïstes, Roméo et Juliette de seconde zone, qui ne réfléchissent pas plus loin que le bout de leur nez et dont à aucun moment, je n’ai senti la véracité des sentiments qu’ils sont censés éprouver l’un envers l’autre. Ils passent leur temps à se disputer, se crier dessus et à se plaindre d’une situation dont ils sont les seuls responsables. Franchement, insupportables ces deux-là !

Mais le pire, c’est ce recours systématique à la pirouette scénaristique dont abuse l’auteur pour ne pas dévoiler aux lecteurs le pourquoi du comment d’une guerre qui fait rage depuis des siècles en mobilisant de gros moyens à l’insu du peuple lambda. C’est trop facile d’éluder les tenants et les aboutissants d’un haussement d’épaule. Pour ma part, pour entrer dans une histoire et m’attacher à des personnages, j’ai besoin d’un minimum d’explications, de quelques bases de réflexion, d’un petit quelque chose à me mettre sous la dent ! Là, nada. On ne saura jamais rien du pourquoi du comment et c’est hautement préjudiciable au roman. Faute de comprendre un minimum ce qui se passe, je me suis rapidement désintéressée de l’affaire et j’ai laissé les personnages s’entretuer sous mes yeux, sans émotion. Je n’ai pas réussi à m’impliquer, me suis sentie mise à l’écart du début à la fin (que j’ai vu arriver avec soulagement d’ailleurs !).

Comme le roman est en plus branché sur courant alternatif, il y a de nombreux passages (entre deux scènes de tueries et de courses-poursuites) où l’on s’ennuie ferme à lire les atermoiements incessants des personnages pris dans un road-movie bancal, répétitif et lassant qui ne m’aura happée que par intermittence.

Un dernier chapitre haletant n’a pas suffit à me faire revenir sur mon impression première et mon goût de trop peu. L’intensité arrive trop tard, de même que l’émotion, pour me donner envie de lire la suite.  Je n’en vois pas l’intérêt si l’auteur continue ainsi à snober son lecteur.

Je m’attendais vraiment à tout autre chose et c’est une grosse déception pour ma part.

« Nécrologie » de Paul Cleave

Editions Sonatine (2012)

415 pages | Traduit par Fabrice Pointeau

Temps de lecture : 2 jours

Note 4étoiles-trèsbonmais

Synopsis

A la suite d’un drame personnel, Théodore Tate, un ancien flic, s’est reconverti en détective privé. Alors que la police est occupée à chasser le fameux Boucher de Christchurch, le serial killer qui terrorise la ville, c’est lui qu’on mandate pour s’occuper d’une banale exhumation, celle du corps d’un directeur de banque dont la veuve est suspectée d’homicide. Là, un glissement de terrain accidentel révèle la présence de trois cadavres immergés dans le lac qui borde le cimetière. S’agit-il de victimes du Boucher, ou bien un autre tueur en série est-il à l’oeuvre? Lorsqu’en plus on découvre dans le cercueil à la place du corps de l’honorable banquier, celui d’une jeune inconnue, c’est le début d’un engrenage infernal pour Théodore qui va devoir découvrir seul la vérité sur cette affaire. Avant que la police ne découvre la vérité sur lui… et sur ses terribles secrets.

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Mon premier Paul Cleave ne sera pas le dernier car j’ai passé un trés bon moment de lecture. 415 pages en deux jours, c’est pour vous dire que j’ai aimé.

L’intrigue est surprenante,  je dirais même originale, emplie d’humour noir comme on aime et de scénes chocs. 

La couverture et le titre annoncent d’emblée la couleur. Le roman, bien que souvent drôle, est loin d’être joyeux. La majeure partie du roman se déroulant dans un cimetière à déterrer des cadavres, l’auteur nous offre notre lot de sensations fortes, cela va sans dire. 

J’ai beaucoup apprécié également le côté borderline du personnage principal,  détective privé  sur le retour, looser magnifique hanté par ses fantômes, anti-héros attachant à deux doigts de basculer tête la premièrere au fond du gouffre.  J’ai souvent souri à ses répliques sarcastiques.

L’atmosphére pluvio-macabre un peu dérangeante apporte une plus-value certaine. 

Certes, la vraisemblance n’est pas toujours de mise. Bien sûr, certains rebondissements sont attendus et quelques ficelles sont un peu grossses. Sans compter la faculté incroyable que semble avoir Théodore à se sortir des pires situations, finger in the nose mais cela n’enlève  rien au plaisir  qu’apporte ce roman bien ficelé.

Encore une fois, Sonatine ne me déçoit pas.