Tagué: Meurtre

[Challenge de Calypso] « La Preuve de sang » de Thomas H. Cook

2012 Editions Folio (Policier)

Langue française – 468 pages | Traduit par Gaëtane Lambrigot

Temps de lecture : 3 jours

Note4étoiles-trèsbonmais

Synopsis

Quelques semaines après la mort de sa grand-mère qui l’a élevé, Kinley, auteur à succès de livres d’enquête basés sur des faits divers aussi réels que sanguinolents, doit retourner dans sa petite ville natale de Géorgie afin d’enterrer son meilleur ami, Ray Tindall. Sur place, Kinley apprend que Ray travaillait sur l’affaire du meurtre d’une adolescente commis en 1954 et à la suite duquel un innocent a été condamné et exécuté. Devant les supplications de la fille de Ray, Kinley accepte de reprendre le flambeau… Remontant la piste du travail effectué par son ami, Kinley épluche les minutes d’un procès arrangé renvoyant à un passé trouble. Il finira par découvrir la vérité sur les notables de la petite ville mais aussi et surtout sur lui-même et ses origines…

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Une entame déstabilisante où l’auteur nous plonge brutalement dans l’intrigue sans présentation du personnage central ni de l’univers dans lequel il gravite.
À ce point que j’ai pensé avoir le tome X d’une série entre les mains. Or, ce n’est apparemment pas le cas.
Fluide, l’écriture de Thomas H. Cook ne casse pas trois pattes à un rossignol mais elle remplit sa mission principale : elle est efficace. C’est avant tout ce qu’on lui demande. La preuve, une fois commencé ce thriller est difficile à refermer même à poser sur la table de chevet pour dormir. J’ai du mobiliser toute ma volonté pour ne pas le dévorer en une nuit (blanche). Au lieu de cela, j’ai préféré faire durer le plaisir. Plus on en apprend sur l’intrigue et plus on veut en savoir. C’est addictif.  L’ambiance des procès au tribunal comme l’atmosphère d’une petite ville américaine où tout le monde se connait, s’épie et médit des uns des autres, sont réussies.   Je n’avais pas lu de thriller depuis plusieurs semaines. Un désamour motivé par plusieurs déceptions successives. Sans m’avoir totalement réconciliée avec le genre, car il n’est pas exempt de défauts, notamment de longueurs et de répétitions, La preuve de sang m’a fait passer un très bon moment de suspense. Ce roman distille les fausses pistes avec brio jusqu’à un final surprenant comme je les affectionne.
C’était l’occasion pour moi de faire la connaissance de Thomas H. Cook. Cet essai se doit d’être confirmé. Ce que je ferai avec plaisir. Pourquoi pas en lisant « Les feuilles mortes » dont je n’entends dire que du bien ?

[Challenge « Le Choix du Chapelier Fou Spécial Sagas (Juin) + Baby-Challenge Fantasy 2013] « Tara Duncan, 3, Le sceptre maudit » de Sophie Audouin-Mamikonian

Editions Flammarion (2008)

381 pages

Temps de lecture : 2 jours

Note livredeuxétoilessansplus

Synopsis 

Tara Duncan, la jeune princesse magicienne, doit précipitamment quitter la Terre pour AutreMonde : sa mère, Selena, a été blessée lors d’un attentat. Et le cruel Magister, maître des Sangraves, que tous croyaient disparu, est de retour. Avec l’aide d’une immense et redoutable armée de démons, il prétend s’emparer de l’Empire d’Omois. Et peut-être éradiquer ensuite la race des dragons… D’ailleurs qui pourrait résister au pouvoir du Sceptre Maudit dont il est désormais le détenteur et qui prive de leur magie les sortceliers d’AutreMonde ? L’Impératrice et l’lmperator capturés, Tara se retrouve seule, à quatorze ans, à la tête de l’Empire pour mener une guerre perdue d’avance. Aidée de ses amis, l’elfe Robin, Fabrice, Moineau la  » Bête « , Cal l’astucieux Voleur, la naine Fafnir et de son arrière-grand-père le chien Manitou, la jeune Impératrice doit prendre tous les risques. Une fois encore, il lui faut affronter Magister, ses hordes et ses espions ainsi que son terrifiant tueur : le Chasseur. Les pouvoirs de Tara Duncan ne cessent de grandir mais sa magie pourra-t-elle empêcher l’armée des démons de déferler sur l’Univers ?

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Un tome hybride où l’auteure tente de quitter le domaine de l’enfantin pour un monde plus adolescent. L’effort est louable. Rendre la saga plus adulte est une bonne idée mais l’assombrissement progressif qu’essaie de mettre en place S. A-M entre en collision avec l’univers premier de la série et de ce fait, fusionne mal avec les éléments enfantins qui sont les bases de ledit univers si bien que l’évolution est peu convaincante et ce tome devient plus que brouillon. 

Le résultat est bancal. Tout comme le style, dans un premier temps très basique pour être a la portée des plus jeunes, il se retrouve parfois pollué par des mots savants, à moins sens, inadaptés au lectorat visé comme  par exemple « casuistique ».

Visiblement, l’auteure a fait de ce troisième tome, un tome de transition pour faire entrer ses personnages dans l’adolescence, les premiers émois amoureux et les flirts de jeunesse, mais cela est maladroitement exécuté, la transition est balourde et manque de subtilité. Bien qu’âgés de 14 à 17 ans. Tara et ses amis restent toujours assez puérils.

Quant à l’intrigue, elle multiplie les événements avec précipitation. Meurtres, enlèvements ou guerre trouvent une issue favorable en quelques pages. Ce n’est pas crédible.  Les ficelles sont grosses, les péripéties maladroitement amenées dans l’histoire.

Je lirai peut-être le 4 pour voir si l’auteure réussira à rendre son univers plus mois rose bonbon, ce qu’elle a commencé à faire avec ce tome. Malgré que l’univers reste encore trop sirupeux « petites fées à paillettes et gentils dragounets ». 

« Le choix du Chapelier fou : Spécial sagas » (Octobre)

« La Scène des Souvenirs » de Kate Morton

 

Editions Presses de la Cité (2013)

574 pages

Temps de lecture : 2 jours et demi

Note
3étoilesbon

 

Synopsis

2011. La célèbre actrice Laurel Nicolson se rend dans le Suffolk, au chevet de sa mère âgée. Dans la ferme de son enfance, la comédienne est assaillie par les souvenirs, et plus particulièrement par les images d’un après-midi d’été étouffant, cinquante ans auparavant. Partie se réfugier dans une cabane perchée dans les arbres afin de rêvasser tranquillement, Laurel, alors adolescente, avait vu sa mère poignarder un inconnu. Un événement que personne n’avait évoqué par la suite.
Hantée par ce drame resté secret, Laurel décide de plonger dans le passé de sa famille. Elle trouve dans le grenier une photographie datant de la Seconde Guerre mondiale qui lui révèle l’existence d’une certaine Vivien…

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Loin de son niveau habituel, K. Morton déçoit avec son nouveau roman.

La Scéne des souvenirs ne m’a pas séduite de maniére inconditionnelle.

L’intrigue est paresseuse, les longueurs abondent (descriptions en veux-tu en voilà, l’une des mauvaises habitudes de l’auteure, surabondance de dialogues parfois sans impact réel sur l’intrigue, passages creux (la partie sur l’enfance de Vivien notamment)) même l’écriture est moins soignée et les raccourcis narratifs plus grossiers que d’habitude.

Reste les beaux personnages de Jimmy et Vivien.

Comme souvent, chez l’écrivaine l’intrigue avance sur la base d’une succession de quiproquos et rien n’est ce qu’il semble être.

Hélas, il fut frustrant pour moi de deviner le pot-aux-roses assez tôt dans le roman. Environ à 250 pages du dénouement.

K. Morton lasse la fidéle lectrice que je suis en utilisant toujours le même canevas narratif et les mêmes ingrédients romanesques.

Bien que le roman ait du charme et que le plaisir soit au rendez-vous (par intermittence) grâce au cadre historique qui est trés bien planté et à l’atmosphére de la fin de la guerre 39/45 trés bien restituée, il me semble que les romans de K. Morton se déroulant vers la fin du 19ieme siécle et le début du 20 iéme aient davantage de puissance romanesque.

[Le Choix du Chapelier Fou : Spécial PAL] [7] Mars: « « La Cité des Jarres » d’Arnaldur Indridason

Editions Points (Policier) (2006)

327 pages

Temps de lecture : 3 heures

Note 3étoilesbon

Synopsis

Un nouveau cadavre est retrouvé à Reykjavik. L’inspecteur Erlendur est de mauvaise humeur : encore un de ces meurtres typiquement islandais, un  » truc bête et méchant « 
qui fait perdre son temps à la police… Des photos pornographiques retrouvées chez la victime révèlent une affaire vieille de quarante ans. Et le conduisent tout droit à la  » cité des Jarres « , une abominable collection de bocaux renfermant des organes…

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Bien que, paradoxalement, je l’ai lu trés vite, (3 h), ce roman m’a déçue par son manque d’originalité et son classicisme poussé à l’extrême.

Avec tout ce que j’entendais d’élogieux sur ce thriller depuis des années, je m’attendais à être davantage transportée.

Le début est poussif. Le rythme global est un peu lent et flegmatique et l’intrigue sans réelle surprise même si elle est solide et a su me tenir éveillée.

Sympathique, l’inspecteur est quand même un peu fade. On a du mal à s’attacher aux personnages principaux qui nous laissent à l’écart et comme dans Wallander, la vie privée du héros prend un tantinet trop le pas sur l’enquête à mon goût.

En résumé, je n’ai pas adoré ni détesté mais je m’attendais à bien mieux. 

« La Mort s’invite à Pemberley » de PD James

Editions Fayard

Publié en 2012 ~ Langue : Française ~ 380 pages

Temps de lecture : 2 jours

Plaisir de lecture  Très bon mais…

Synopsis

Rien ne semble devoir troubler l’existence ordonnée et protégée de Pemberley, le domaine ancestral de la famille Darcy, dans le Derbyshire, ni perturber le bonheur conjugal de la maîtresse des lieux, Elizabeth Darcy. Elle est la mère de deux charmants bambins ; sa sour préférée, Jane, et son mari, Bingley, habitent à moins de trente kilomètres de là ; et son père adulé, Mr Bennet, vient régulièrement en visite, attiré par l’imposante bibliothèque du château. 
Mais cette félicité se trouve soudain menacée lorsque, à la veille du bal d’automne, un drame contraint les Darcy à recevoir sous leur toit la jeune sour d’Elizabeth et son mari, que leurs frasques passées ont rendu indésirables à Pemberley. Avec eux s’invitent la mort, la suspicion et la résurgence de rancunes anciennes.

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C’est surtout en tant que « suite » d’Orgueil et Préjugés que ce roman marque incontestablement des points. Il y a pour le lecteur amateur de Jane Austen, le plaisir immense de retrouver des personnages adorés ou honnis dont PD James a su capter à merveille la personnalité, le caractère et les aspirations. Aucune fausse note dans le traitement des personnages créés par Jane Austen n’est à déplorer. Même lorsque PD James réinterprète certains faits ou actions d’Orgueil et Préjugés, même lorsqu’elle extrapole sur certains événements ou fait évoluer le caractère de certains protagonistes (le colonel Fitzwilliam en particulier) de manière surprenante et osée, ou confére plus de mâturité à Elizabeth et Darcy, elle reste dans le ton austenien et dans la vérité de l’histoire. Nulle incohérence, nulle trahison de l’œuvre originelle n’est commise. Du grand art assurément Mrs. PD James.

Je découvre l’écriture de la grande dame du polar britannique (que d’aucuns comparent à Agatha Christie) avec ce titre. Une écriture solide et mâture qui sait se montrer à la hauteur du style austenien, notamment dans les dialogues et la descriptions des paysages de Pemberley. Ce qui est heureux, car, hélas, PD James abuse un peu de ces descriptions pour meubler une intrigue policière qui n’a vraiment rien de sensationnelle. C’est là où vraiment le bât blesse, tant l’enquête policière et la quête du meurtrier semblent être des prétextes à s’emparer de la matière austeniene et à faire évoluer les personnages de Darcy, Liz, Jane, Lydia et les autres.

PD James se fait visiblement plaisir avec ces « jouets » précieux de la littérature victorienne, qui pourrait l’en blâmer ? Pas moi, en tout cas, car même si je déplore vivement les (trop nombreuses) longueurs du roman et le manque d’originalité de l’intrigue policière, je dois confesser que ce fut, pour moi, fan de Jane Austen, un grand bonheur de retrouver l’univers de Pride & Prejudice et les personnages auxquelles je suis fortement attachée. Oui, il est jouissif de voir notre Liz et notre Darcy plus amoureux que jamais, en train de roucouler entourés de leurs enfants et de voir évoluer Liz dans son rôle de maitresse de Pemberley… et bien d’autres bonheurs encore.  

Un roman policier à réserver avant tout aux fans d’Orgueil & Préjugés. Les amateurs de polar à rebondissements risquant de trouver le temps long malgré les révélations finales inattendues. 

En conclusion, merci PD James d’avoir donné une si bonne suite aux aventures de Darcy et Liz car tout fan qui se respecte sera resté un peu sur sa faim certainement à la fin d’Orgueil & Préjugés. 

[LC] « Comment sauver un vampire amoureux » de Beth Fantaskey

Editions du Masque

Publié en 2011 ~ Langue : Française ~ 320 pages

 Temps de lecture : 3 jours

Plaisir de lecture  Sans plus

Synopsis 

Lorsque Jessica Packwood a appris qu’elle était une princesse vampire roumaine, elle a eu le choc de sa vie. Il s’avère que c’était la partie facile. Maintenant, en tant qu’épouse du prince Lucius Vladescu, elle doit réclamer son trône et convaincre une nation de vampires qu’elle est apte à être leur reine. Mais Jess ne peut même pas commander un repas décent au personnel roumain de son château, et encore moins faire face à ses sujets, des morts-vivants sournois qui aimeraient la voir échouer. Et quand Lucius est accusé du meurtre d’un vampire nommé Elder et emprisonné privé du sang dont il a besoin, Jessica se retrouve seule et doit lutter pour leur survie à tous les deux. Prête à tout pour laver le nom de son mari et obtenir sa libération, elle requiert l’aide de sa meilleure amie Mindy Stankowicz et celle du mystérieux cousin Italien de Lucius, Raniero Lovatu. Mais ils cachent tous deux de sombres secrets. Jess comprendra-t-elle à qui elle peut faire confiance – et la façon d’acquérir le pouvoir – avant qu’elle ne perde tout, y compris le vampire qu’elle aime ?

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Une suite on ne peut plus superflue à l’intrigue très prévisible qui se laisse lire malgré un début languissant et une fin très convenue. L’intrigue se focalise sur les premiers pas de Jessica dans le monde des vampires et dans son nouvel habit de princesse vampire, prétendante au trône, à qui incombe de nouvelles et terrifiantes responsabilités, que la jeune fille va découvrir au fil des pages.

J’ai trouvé que Jessica n’était plus que l’ombre d’elle-même dans ce deuxième tome, bien loin de la Jessica déterminée et pleine de caractère du tome précédent. J’avais l’impression de voir interagir une autre héroïne, ce, jusqu’à la fin du roman, où d’amorphe et geignarde, le personnage reprend quelques couleurs. Sa relation avec Lucius n’a plus non plus le lustre des débuts, cela manque de passion entre nos deux jeunes mariés, où sont les disputes, les piques du premier tomes ? Jessica nous la joue petite épouse soumise à son beau et fort mari (pffff !). Heureusement que Mindy est là, pour superficielle qu’elle soit, c’est elle qui apporte le petit grain d’humour et de folie nécessaire à l’intrigue.

Drôles aussi, les échanges de mails et de courrier entre Lucius, toujours sarcastique, et son cousin vampire surfeur et végétarien (un nouveau personnage assez intéressant bien que peu fouillé).

Je pense que cette suite n’était pas indispensable et si vous décidez de faire l’impasse, vous ne raterez pas grand-chose, autant j’avais adoré Comment se débarrasser d’un vampire amoureux autant là je me suis ennuyée ferme à plusieurs reprises au cours de ma lecture.