Tagué: Magie noire

[Masse critique Babelio] « Zoo City » de Lauren Beukes

Editions Eclipse (2011) (Presses de la Cité)
333 pages | Traduit par Laurent Philibert-Caillat
Temps de lecture : 3 jours
Note coupdecoeur
Synopsis

Zinzi arbore un paresseux symbiotique sur le dos, une sale habitude de faire des arnaques et un talent rare pour trouver les choses perdues. Mais quand les flics lui confisquent sa dernière paie, elle doit se tourner vers le job qu’elle déteste le plus : retrouver les personnes disparues.Engagée par Odi Huron, un producteur renommé, pour retrouver une pop star pour ado disparue, elle pense avoir son ticket de sortie de Zoo City, la ville où les pires criminels d’Afrique du Sud et leurs compagnons animaliers symbiotiques tentent de survivre.Au lieu de cela, Zinzi doit s’enfoncer dans les bas-fonds de la ville, ravagés par la magie et la criminalité, où elle devra faire face aux sombres secrets de différentes vies passés… dont la sienne
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Cela faisait bien longtemps, en vérité, qu’ouvrant un livre pour  en lire les vingt premiers chapitres, je n’avais senti d’emblée se profiler le coup de cœur.   
Difficile pour moi de retranscrire par des mots, l’enthousiasme qui fut le mien à la lecture de cet excellent roman de SF. 
Peu adepte de ce genre au départ, (ma référence restait 1984 d’Orwell), ce roman dystopique m’a bluffée ! Tant par l’originalité de son univers,  la profondeur des concepts proposés, que par la  maitrise indéniable de l’auteure, qui tient son histoire d’une main de fer, tout en écrivant avec un style quasi-parfait : rythmé, ciselé, drôle et percutant. 
Jusqu’à présent, je n’avais lu de L. Beukes que le roman Les Lumineuses. Soyons honnête, si j’avais apprécie ce thriller-spatio-temporel pour son synopsis, le style ne m’avait pas plus impressionnée que le roman ne m’avait transcendé.
D’où mon agréable surprise en entamant ce bijou au style jouissif et irrésistible.

Le premier chapitre (le plus long de tous) pose immédiatement les bases de l’univers en nous plongeant aux côtés de Zinzi, une animalée, possédant le don de retrouver les objets perdus en suivant les liens lumineux qui relient l’objet à son propriétaire, et de Paresseux, son animal-conscience-culpabilité.

Celles et ceux qui ont lu l’intégrale de l’excellente saga jeunesse À la croisée des mondes (His Dark Materials) (que j’avais adoré il y a quelques années), seront sans doute surpris de rencontrer dans Zoo City, une idée assez similaire au concept d’animal/ âme liée à son propriétaire, utilisée jadis par Philip Pullman. La ressemblance ne s’arrête point là, car les deux auteurs mettent tous deux cette idée de génie au service d’un univers fascinant et tous deux l’utilisent comme un outil d’exploration de l’âme humaine, et de ses travers, afin d’interroger  les notions de péché, de culpabilité, et de repentir. Mais si l’idée d’un animal-lié à un être humain en tant qu’âme chez l’un, et en tant qu’incarnation de la culpabilité d’un individu ayant commis un acte répréhensible chez l’autre, L. Beukes pousse le concept vers la noirceur la plus absolue, en l’habillant de son propos désenchanté, et en le proposant dans une Afrique du Sud aussi crépusculaire qu’inattendue, où elle laisse libre cours à son imagination débridée pour nous donner à voir l’évolution terrifiante de nos sociétés contemporaines.

Ce qui m’a le plus séduit chez Zinzi, c’est son côté marginale, voire amorale, de  bad girl au passé trouble, et à la vanne facile. Cynique en diable, et pourvue d’un sacré punch, Zinzi (qui m’a souvent fait songer à Charley Davidson), porte le roman sur ses épaules. Non seulement, l’intérêt que nous éprouvons pour le personnage ne faiblit jamais, grâce au dévoilement progressif de son passé mais surtout celui-ci nous tient en haleine au fur et à mesure que les pièces du puzzle s’assemblent. Bien que sans foi ni loi, et volontiers cassante, Zee n’en demeure pas moins une héroïne des plus attachantes (attachiante ?), qui m’a ravi plus d’une fois par son caractère affirmé et son sens de la formule qui tue.
Du point de vue des personnages, Zinzi et Paresseux forme un tandem détonnant mais les personnages secondaires qui gravitent autour d’eux, apportent chacun leur lot de saveur au roman. Chacun d’entre eux étant des plus atypiques, perturbé, et extravagant.

Cette chronique vous semble par trop élégiaque ? Vous trouvez cela suspect venant de ma part ? Qu’à cela ne tienne ! En chipotant un peu, je peux tout de même vous dénicher quelques points négatifs ici ou là.

1) Le roman est très complexe à comprendre et exige une lecture attentive  (Mais est-ce vraiment un défaut, toutefois ?). 
Je ne le pense pas, bien au contraire. J’avoue donc sans honte aucune que certains passages m’ont semblés un peu nébuleux, mais rien qui handicape la lecture ou entache le plaisir que l’on y prend, rassurez-vous. 
2) Le roman comporte quelques petites longueurs et souffre de baisses de rythme occasionnelles (Essentiellement dans les inter-chapitres qui alternent avec l’intrigue principale : extraits de mail, de livres, d’articles, et de documents d’archives officiels …
3) L’enquête policière n’est pas d’un suspense insoutenable, ne vous attendez pas à du Agatha Christie 2.0 ou vous seriez déçus. Dans Zoo City, l’accent est surtout mis sur l’univers déjanté et les personnages qui ne le sont pas moins, d’ailleurs. Dès lors, la conduite de l’enquête devient prétexte à explorer un monde étrange,  ses systèmes de valeurs et ses codes sociaux, comme d’interroger des concepts divers et variés autant philosophiques, sociologiques que culturels.
4) Le dénouement de Zoo City est assez surprenant, mais un peu invraisemblable. En outre, une légère lassitude s’installe dans les derniers chapitres. Lesquels s’étirent un peu en longueur, mais la lecture reste agréable. De plus, je n’avais pas du tout deviné comment les différents arcs narratifs allaient trouver à s’assembler et à se résoudre dans la conclusion. Et j’ai tremblé pour les personnages principaux jusqu’à la toute fin du roman.
Au regard de « ces petites réserves », Zoo City est donc un petit coup de cœur, mais un coup de cœur tout de même. 
À découvrir et à faire découvrir.

Je remercie donc triplement Babelio. En premier lieu, pour m’avoir accordé une fois de plus leur confiance, deuxièmement pour l’envoi de ce roman SF (que je n’aurai sans doute jamais lu si le sort n’en avait décidé autrement) et enfin pour l’immense plaisir que m’a procuré sa lecture.

 

« Les Chroniques des Enchanteurs, 19 Lunes » de Kami Garcia & Margaret Stohl

 

Editions Hachette (Black Moon) (2012)

437 pages | Traduit par Luc Rigoureau

Temps de lecture : 2 jours

Note 4étoiles-trèsbonmais

Synopsis

Est-ce que la mort est la fin… ou seulement le commencement ? 

Ethan Wate a passé la majorité de sa vie à essayer de s’échapper de sa petite ville de Gatlin. Il n’a jamais pensé qu’il pourrait rencontrer la fille de ses rêves, Lena Duchannes, qui a dévoilé une facette secrète, puissante et maudite de Gatlin, cachée à la vue de tous. Et il n’aurait jamais imaginé qu’il aurait été forcé de laisser derrière lui tout le monde et tout ce qui comptait pour lui. Donc quand Ethan se réveille après les évènements glaçants de la 18ème Lune, il n’a qu’un but : trouver un moyen de retourner vers Lena et ceux qu’il aime. 

A Gatlin, Lena fait de son mieux pour permettre le retour d’Ethan, promettant de faire tout ce qu’il faut, même si ça signifie faire confiance à de vieux ennemis ou risquer les vies de la famille et des amis qu’Ethan a laissés pour protection. 

Séparés, Ethan et Lena doivent de nouveau travailler ensemble pour réécrire leur destin dans cette conclusion de la saga 16 Lunes.

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Si j’ai eu les larmes aux yeux dès le début du roman (et un peu à la fin), je m’étais imaginé être davantage émue par ce dernier tome. Hélas, j’ai trouvé que ça manquait d’émotion, que ça tournait parfois à vide.  

Ce dernier tome est satisfaisant dans l’ensemble, bien qu’il laisse un tantinet le lecteur sur sa faim. Pourquoi cette sensation d’inachèvement en moi ? Sûrement parce que cette fin me laisse un goût de facilité. J’ai trouvé que certains fils narratifs essentiels de la saga étaient traités de façon trop expéditive parfois à l’aide d’une simple pirouette de la part de Stohl et Garcia qui relâchent un peu leurs efforts. Ces dames nous avaient habitué à plus de profondeur.

 Comme il y a finalement assez peu de rappels des événements des tomes précédents, j’avoue avoir parfois un peu peiné à me remémorer les grandes lignes de la mythologie des Enchanteurs et à me rappeler qui était qui, qui était quoi et qui avait fait ceci ou cela. Mais passées les premières pages, on s’y retrouve mieux.

Construit sous la forme d’une alternance narrative entre Ethan, du moins son fantôme, prisonnier de l’au-delà où son sacrifice l’a entrainé, et Léna restée dans le monde des vivants qui, convaincue de sa survivance, tente de le ramener prés d’elle, force est de constater que les parties les plus intéressantes sont celles racontée par la voix du jeune homme. Notamment, la première partie du roman où Ethan fait en quelque sorte son apprentissage de son nouveau statut de Diaphane tout en cherchant un moyen de revenir à la vie et que j’ai dévoré d’un souffle tant je l’ai trouvé passionnante. L’intensité retombe un peu ensuite et quelques longueurs font leur apparition.

Chose étonnante, Amma, est bien plus émouvante dans son chagrin d’avoir perdu Ethan que Léna qui a, je dois l’avouer, une manière puérile de porter le deuil de son grand amour. Depuis 17 Lunes, Léna n’a pas cessé de m’agacer de plus en plus, mon énervement ayant atteint son point culminant dans ce tome conclusif où elle se montre particulièrement antipathique.

Dans l’ensemble, Link(cube) et Ridley sont fidèles à eux-mêmes et mis à part à quelques (rares) moments-clés de l’histoire, leurs personnages ne prennent pas beaucoup de place dans l’intrigue qui est surtout focalisée sur Ethan et dans une moindre mesure sur Léna. Maccon, Marian, John et Liv sont aussi un peu trop relégués au rôle de figurants, cela m’a un peu déçue. Quant aux sœurs, hélas, on les voit peu, même si tante Prue à une grande importance, du moins au tout début de l’intrigue, car elles sont toujours aussi hilarantes à voir se chamailler et fourrer leurs nez partout.

Là où le tome se révèle décevant pour moi, c’est dans la gestion des personnages malveillants, les « méchants de l’histoire » sont vaincus assez rapidement et tout aussi facilement alors qu’ils sont censés être redoutables, c’est ce qu’on nous serine depuis maintenant trois tomes ! Abraham Ravenwood, Angélus et compagnie ne trouvent pas des fins très dignes de leur statut de « terreurs invincibles » !

Parmi les points forts du roman, on peut mettre en avant quelques petites révélations offertes par-ci-par-là et la découverte du monde des morts de l’autre côté du monde réel symbolisé par Gatlin, un au-delà plutôt bien pensé et stylisé par les auteures où l’on croise plusieurs personnages étranges et surtout (enfin) la visite guidée de La Grande Garde et notamment de la bibliothèque renfermant Les Chroniques des Enchanteurs, sur lequel on en apprend davantage également. Mais ce qui m’a réellement séduit avant tout dans ce dénouement, c’est la quête héroïque (et initiatique) que doit mener Ethan qui doit franchir obstacle sur obstacle, collecter objet après objet, conclure marché après marché pour parvenir, tel un Orphée moderne descendant dans les Enfers pour retrouver sa belle aimée, jusqu’à toucher au bout de l’épreuve. C’est ce qui m’a semblé le plus réussi dans le roman.

Un dernier tome triste, mélancolique et sombre, qui n’est ni avare en magie, ni dans la multiplication des obstacles et des dangers mis sur le chemin d’Ethan. C’est juste dommage que tout se résolve un peu trop facilement à certains moments.

 

[Challenge ABC 2012, Littératures de l’imaginaire, Lettre Z] « Les Chemins de Camelot, 1, L’Ombre de Camelot » de Sarah Zettel

Editions Milady (2009)

405 pages

Titre original : Camelot’s shadow

Fantasy

Temps de lecture : 4 heures

Note 

Synopsis

À dix-neuf ans, la belle Rhian est en âge de se marier, mais aucun prétendant ne trouve grâce aux yeux de son père. Pour sauver la vie de sa mère, il l’a promise à un sorcier !
Rhian refuse d’être sacrifiée. Armée de son arc et de son courage, elle prend les rênes de son destin et s’enfuit. Bien vite le danger surgit sur sa route. Le chevalier Gauvain, filant à bride abattue vers Camelot avertir son souverain des menaces de guerre, lui porte secours. Ensemble, ils se lancent à l’aventure pour sauver l’âme de Rhian… et le royaume.

Un roman efficace malgré son manque de souffle et de surprises. Sans doute parce que trop lisse et convenu. Il se divise en deux parties distinctes. La première est surtout consacrée à la mise en place de l’univers, à la présentation des personnages et à faire naitre la romance entre les deux héros. Une histoire d’amour qui donne une impression de facilité, les sentiments des personnages s’affirment un peu trop tôt et vite pour être crédibles. L’histoire d’amour souffre singulièrement d’un manque de passion. Mais c’est l’occasion pour Sarah Zittel de donner une vision peu habituelle de Gauvain, érigé ici en héros romantique et torturé.

La deuxième moitié du roman est bien meilleure, plus sombre et plus grave, emplie de magie noire et d’embûches pour nos infortunés héros. Ce deuxième pan de l’intrigue m’a semblé plus adulte et moins archétypal et avouons-le l’auteure nous montre qu’elle possède une sacrée imagination en proposant une sorte de conte de fées sombre qui revisite avec bonheur quelques légendes populaires.

 Malgré ces petits défauts, ce roman de fantasy n’est donc pas dénué d’un certain charme. L’auteure parvient sans difficulté à nous replonger dans le mythe arthurien et dans la lutte entre Saxons et Bretons pour la possession de la Grande-Bretagne. Son style n’est pas ébouriffant mais reste fluide et un grand luxe de détails achève de planter efficacement le décor.

Une libre réécriture plaisante quoique sans génie de la légende de Camelot et du Roi Arthur entouré de ses chevaliers de la Table Ronde. Magie noire et amourette sont au rendez-vous de ce sympathique premier tome. Une suite existe, je la lirai et j’espère y voir l’héroïne s’y affirmer davantage que dans ce premier jalon de l’histoire où elle reste assez timorée. 

 

[Baby-challenge Livraddict Fantasy] « Les Salauds Gentilshommes, tome 1 : Les Mensonges de Locke Lamora » de Scott Lynch

Editions Bragelonne

Publié en 2007 ~ Langue : Française ~ 551 pages

Temps de lecture : 3 jours

Note  Excellent 

Synopsis

On l’appelle la Ronce de Camorr. Un bretteur invincible, un maître voleur. La moitié de la ville le prend pour le héros des miséreux. L’autre moitié pense qu’il n’est qu’un mythe. Les deux moitiés n’ont pas tort. En effet, de corpulence modeste et sachant à peine manier l’épée, Locke Lamora est, à son grand dam, la fameuse Ronce. Les rumeurs sur ses exploits sont en fait des escroqueries de la pire espèce, et lorsque Locke vole aux riches, les pauvres n’en voient pas le moindre sou. Il garde tous ses gains pour lui et sa bande : les Salauds Gentilshommes. Mais voilà qu’une mystérieuse menace plane sur l’ancienne cité de Camorr. Une guerre clandestine risque de ravager les bas-fonds. Pris dans un jeu meurtrier, Locke et ses amis verront leur ruse et leur loyauté mises à rude épreuve. Rester en vie serait déjà une victoire…

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Existe-t-il à l’instar des voitures, des romans qui sont des diesels ? Si oui, alors, ce roman en est un, il toussote et cale au démarrage mais une fois qu’il se met à chauffer et à monter en pression, on ne l’arrête plus !

Comme vous l’aurez compris avec cette métaphore (facile), le début, trop long, trop lent et trop bavard m’a laissé sur le carreau (d’arbalète ?). Mais je n’ai pas baissé les bras et ma persévérance a fini par payer car la deuxième grosse partie du roman est vraiment prenante et offre rebondissements sur rebondissements.

De ce roman, j’ai surtout adoré l’atmosphère, les personnages (des gredins attachants au grand cœur qui détroussent les nobles de la ville avec des combines aussi brillantes que complexes) et Locke Lamora est une sorte de « Fantomas » avant l’heure, roi des acteurs, du grimage et des mensonges (d’où le titre de ce premier tome).

J’ai également trouvé le style de Scott Lynch très bon, à la fois irrésistible et  vivifiant : c’est cru, follement truculent et ça tinte aux oreilles en faisant rougir les jeunes filles mais c’est une langue délicieusement scabreuse qui est pratiquée et ce ton très enlevé participe à la réussite et à la drôlerie de ce roman digne d’un roman populaire qu’un Dumas ou un Gauthier n’aurait pas dédaigné. Scott Lynch écrit vraiment très bien en faisant passer dans ses mots beaucoup d’humour, d’émotion et de souffle.

La construction du roman sous forme d’épisodes (parfois très courts) accentue ce côté roman d’aventure d’antan. Et lorsque le suspense et l’angoisse atteignent leur paroxysme chez le lecteur, hop !, l’action dévie sur un autre personnage ou une autre époque car l’auteur entrecroise présent et passé en intercalant des chapitres relatant l’enfance et l’adolescence de Locke Lamora et de ses comparses dans le déroulement de l’intrigue principale.

Bien entendu, nous nous retrouvons projetés dans un monde médiévo-imaginaire  de toute beauté, et pourtant, j’ai eu la sensation d’être à la Cour des Miracles telle qu’elle existait au XVIIème siècle à Paris avec ses bandes de voleurs et d’assassins, ses rivalités et son code d’honneur. Le grand Coer s’incarne manifestement dans l’impitoyable personnage de Barsavi, le roi qui gère et supervise le petite monde des détrousseurs, un peu comme un parrain à la Don Corleone.

Même si je ne peux pas dire que j’ai accroché de la première à la dernière ligne, vu que je me suis ennuyée au début et que j’ai trouvé certains chapitres concernant le passé sans trop d’intérêt, j’ai quand même trouvé cette lecture excellente mais raccourcie, elle aurait pu être encore meilleure

J’ai souri, ri, et eu une petite larmichette de temps en temps. J’ai tremblé pour nos salauds gentilhommes, écarquillé les yeux de surprise aussi. En résumé, j’ai vécu ce livre. 

[LC] « L’épouvanteur, 3, Le secret de l’épouvanteur » de Joseph Delaney

Editions Bayard (Jeunesse)

Publié en 2007 ~ Langue : Française ~ 371 pages

Temps de lecture : 1 jour et demi

Plaisir de lecture : Bon mais…

Synopsis 

 » L’hiver va être long et rude, mon fils. Tous les signes l’annoncent. Les hirondelles se sont envolées cers le sud presque un mois plus tôt qu’à l’accoutumée, et les premières gelées sont survenues alors que mes rosiers étaient encore en fleur Je n’avais jamais vu ça. Ca sera une période éprouvante : aucun de nous n’en sortira indemne. Aussi, ne quitte jamais ton maître. Il est ton seul véritable ami. Vous devrez vous soutenir l’un l’autre  » Alors que le froid se fait plus vif, l’Epouvanteur reçoit un message qui semble grandement le perturber. Il décide aussitôt de quitter Chipenden pour se rendre dans sa maison d’hiver, à Anglezarke. La vieille demeure est lugubre : dans les profondeurs obscures de ses caves sont enfermées des sorcières et des gobelins. Quant au mystérieux auteur de la lettre, qui rôde dans les parages, il se révèle être l’ennemi juré de John Gregory. Au cours de longs mois d’hiver, Tom découvre peu à peu le passé caché de son maître. L’Epouvanteur doit-il payer le prix de ses erreurs de jeunesse ? Lorsque certains secrets qu’il a toujours dissimulés, seront finalement dévoilés, Tom va se trouver en grand danger…

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Celui des trois que j’ai le moins aimé pour le moment.

Il ne se passe presque rien. C’est routinier. On s’ennuie. Et le « secret » de l’épouvanteur, on le connait depuis le second tome. Pour le suspense, on repassera…

Seules les parties sur les lamias, la mère de Tom et la fin relèvent un peu l’intérêt.

L’ambiance est comme toujours sombre et réussie. L’écriture est plaisante. Mais ce troisième tome est beaucoup moins prenant que les deux premiers. Serai-je en train de me lasser déjà ?

Malgré tout, de nombreuses questions attendent réponses et la conclusion donne envie de lire le quatrième tome. Aussi vais-je me rassurer en me disant que ce n’est qu’un banal accident de parcours…

[LC] « La Cité des ténèbres, 1, La Coupe mortelle » de Cassandra Clare

Editions Pocket (Jeunesse)

Publié en 2012 ~ Langue : Française ~ 571 pages

Temps de lecture : 2 jours

Plaisir de lecture   Très bon mais…

Synospis

Clary n’en croit pas ses yeux. Elle vient de voir le plus beau garçon de la soirée commettre un meurtre. Et détail terrifiant: le corps de la victime a disparu d’un seul coup!

Mais le pire reste à venir…Sa mère a été kidnappée par d’étranges créatures et l’appartement complètement dévasté.

Sans le savoir, Clary a pénétré dans une guerre invisible entre d’antiques forces démoniaques et la société secrète des chasseurs d’ombres… Une guerre dans laquelle elle a un rôle fatal à jouer.

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Aparté : J’aime beaucoup les nouvelles couvertures des Editions Pocket, elles sont vraiment belles.

Passons maintenant à un avis plus substantiel sur le contenu de ce premier tome.

Déjà un aveu : Les 200 premières pages ont bien failli me faire jeter l’éponge et abandonner ce roman tant elles sont plates et ennuyeuses. Cette platitude pourrait être dissuasive. On aurait tort cependant d’abandonner car la deuxième partie sans être exceptionnelle non plus, m’a semblé de meilleure qualité et le roman commence à prendre du souffle lorsqu’on entre enfin dans le vif du sujet et que les protagonistes commencent un peu à se remuer au lieu de bavasser. 

Jace n’a pas fait de suite ma conquête et j’avoue lui préférer Simon et dans une moindre mesure, Alec, pour le moment. 

J’ai trouvé que si l’histoire mettait trop de temps à se mettre en place, l’univers surnaturel bariolé de Cassandra Clare était bien orchestré

Je déplore également le fait que l’alchimie entre Jace et Clary n’est pas instantanée, elle met du temps à survenir. Une fois en place, elle nous offre des dialogues plutôt savoureux entre les deux jeunes gens. 

Je trouve Clary plutôt agréable à suivre d’aventure en aventure mais Isabelle m’énerve dans son rôle trop codifié de garce de service.

Bref, une grosse moitié de roman inintéressante malgré un univers fantastique empli de créatures surnaturelles sympathiques et possèdant de petites touches d’originalité dans sa mythologie mais une intrigue qui met du temps à s’installer et une alchimie pas toujours évidente entre les personnages mais une deuxième partie assez prometteuse permet de fonder quelques espoirs de lire un meilleur second tome. 

[Challenge ABC 2012, Littératures de l’imaginaire, Lettre F] « Le Monde la chasseuse de la nuit, 2, L’étreinte des ténèbres » de Jeaniene Frost

Editions Milady

Publié en 2012 ~ Langue : Française ~ 432 pages

Temps de lecture : 2 jours

Plaisir de lecture  Bon mais…

Synopsis

Kira Graceling, détective privé à Chicago, aurait dû passer son chemin. Mais son sens du devoir lui interdit d’ignorer les gémissements de douleur qu’elle entendLa victime, Mencheres, est un maître vampire qui pensait n’avoir plus rien à découvrir de la vie. Jusqu’à ce que Kira entre dans la sienne : intrépide, adorable et humaine, elle n’hésite pas à braver la mort pour le sauver. Il brûle d’amour pour elle, mais le danger se rapproche, et Mencheres doit choisir entre la femme qu’il désire et un plongeon dans la plus noire des magies.

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J’ai bien aimé mais le seul réel mérite de ce spin-off est de nous faire découvrir plus en amont, le personnage de Mencheres. Pour le reste, l’intrigue manque d’originalité et d’action véritable, même si la mythologie égyptienne employée est plaisante.

N’empêche que j’ai souvent trouvé le temps long, il y a pas mal de pages un peu trop bavardes.

La romance prend un peu trop le pas sur l’intrigue et les rebondissements et Kira est une jeune femme un peu trop donneuse de leçon qui m’a agacée souvent.

J’ai apprécié que Bones, Cat et Vlad interviennent dans le spin-off même si je trouve que les deux premiers sont très sous-employés par J. Frost, un peu comme si elle ne savait pas trop quoi faire d’eux. Leur présence m’avait semblé plus légitime dans La première goutte de sang. 

Néanmoins, ce tome m’a permis de m’attacher enfin à Mencheres, qui, jusque là était l’un des vampires qui m’intéressait le moins dans la saga. Je le trouvais trop froid et timoré. J’aime finalement sa personnalité. Son passé est passionnant à découvrir et il est capable de se montrer touchant et séduisant. Cependant, Bones, Ian et Vlad restent toujours mes vampires préférés.

Un épisode qui m’a donc réconcilié avec Mencheres mais que j’ai trouvé inférieur à La première goutte de sang.

Bien mais sans plus pour moi. Jeaniene Frost m’a habituée à beaucoup mieux.

J’en attends bien davantage du prochain spin-off sur Vlady !!!!