Tagué: Littérature anglaise

Pig Island de Mo Hayder

 

2008 Editions Pocket

Française Langue française – 471 pages

Temps de lecture : 6 jours

Note 4étoiles-trèsbonmais

Synopsis

Joe Oakes est journaliste et gagne sa vie en démystifiant les prétendus phénomènes paranormaux. En débarquant sur Pig Island, îlot perdu au large de l’Ecosse, il est fermement décidé à vérifier si la trentaine d’allumés qui y vivent en vase clos vénèrent le diable comme les en accusent les gens de la côte. Et, surtout, il veut tordre le cou au mythe du monstre qui aurait élu domicile sur l’île, une mystérieuse créature filmée deux ans plus tôt par un touriste à moitié ivre. Mais rien, strictement rien ne se passe comme prévu. Joe est confronté à des événements si atroces qu’ils bouleversent à jamais son idée de la peur et du mal…

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Un style percutant, une intrigue glauque, une ambiance sombre, une sensation de malaise latente, un thème délicat et casse-gueule (les sectes et le fanatisme religieux vu à travers le prisme des prédicateurs itinérants),  des scènes d’un réalisme cru, une construction originale et complexe… c’est du Mo Hayder, quoi….

Plus profond et torturé que Fétiches mais bien inférieur à Tokyo, Pig Island est un bon thriller malgré sa longueur qui provoque un certain ennui et ses nombreux temps morts.

Pig Island se démarque avant tout par son ambiance sombre  flirtant étroitement avec l’épouvante, sa construction originale où intrigues et sous-intrigues s’emboîtent à la manière d’une poupée russe (quand un arc narratif s’achève, une nouvelle sous-intrigue inattendue fait son apparition pour nous surprendre à nouveau jusqu’au rebondissement final (que j’avais deviné, hélas pour moi) et son ton cru et réaliste (sang, tripes, excréments, rien n’est épargné au lecteur).

Malgré le plaisir pris à sa lecture, à l’arrivée Pig Island constitue donc pour moi une petite déception. Mes attentes étaient certainement trop grandes.

Un thriller à lire toutefois si on est amateur du genre, même s’il n’est pas exempt de défauts et n’est pas l’œuvre la plus réussie de Mo Hayder.

[Masse critique Babelio] « Viscères » de Mo Hayder

2015 Éditions Presses de la Cité (Sang d’encre)

Française Langue française – 441 pages – Sortie : 15 Janvier 2015

Temps de lecture : 4 jours

Note 4étoiles-trèsbonmais

Synopsis

Il y a quinze ans, deux amoureux ont été retrouvés sauvagement éviscérés dans le bois attenant à la maison de campagne des Anchor-Ferrers. Le principal suspect, qui a avoué les crimes, est depuis sous les verrous. Mais aujourd’hui, alors que Oliver, Matilda et leur fille, Lucia, n’ont pas oublié cette découverte macabre, l’histoire se répète, plongeant la famille dans la terreur.

En grand peintre de l’angoisse, Mo Hayder nous livre une série de tableaux sanglants, dans lesquels le commissaire Jack Caffery, toujours hanté par la disparition de son jeune frère, est plus vulnérable que jamais.

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Merci à Babelio et aux éditions Presses de la cité pour leur confiance.

Le moins que l’on puisse dire, c’est que le titre et la photo de couverture, attirent immanquablement l’œil.

De l’auteure britannique, Mo Hayder, j’avais lu et adoré Tokyo (un petit bijou, pas loin du chef-d’œuvre). Avant de commencer Viscères, j’avais tenu à me replonger dans l’univers unique de la romancière, histoire de renouer avec son écriture si particulière en me lançant dans une lecture sans cesse repoussée en bas de ma pile à livres, Pig Island (une lecture sympa mais décevante en regard de l’excellent Tokyo).
J’attaquais par conséquent ma lecture de Viscères avec enthousiasme et beaucoup d’attentes.

Le début est déjà un morceau de bravoure à lui seul. De par l’ambiance oppressante qu’il parvint à installer dès les premières pages. Haletant, intrigant, il ferre magistralement le lecteur, et lui donne envie de poursuivre sa lecture d’une seule traite.

L’ambiance est d’ailleurs l’un des points névralgiques de Viscères. Elle est très réussie, à la fois angoissante et mystérieuse.

Comme toujours chez Mo Hayder, un soin très particulier est apporté à la construction de l’intrigue. Cette construction par paliers, ce crescendo narratif, c’est  la marque de fabrique de l’auteur britannique. Ça et l’extrême originalité de ses scénarios toujours machiavéliques, souvent loin des sentiers battus.

En outre, l’alternance des points de vue des différents personnages, de l’inspecteur Caffery (qui me devient de plus en plus sympathique) aux victimes en passant par les criminels, apportent indéniablement une dimension supplémentaire au récit.

L’identification aux personnages s’opère sans difficulté, l’auteure sait comment nous les rendre proches, et quoiqu’ils ne soient pas les personnages les plus attachants qui soient, le lecteur ne pourra que se sentir concerné par leur sort peu enviable. C’est donc en toute logique que j’ai bien souvent eu peur pour eux, peur de ce qu’on allait leur infliger.

Le synopsis, s’il n’est pas cent pour cent neuf, possède somme toute une certaine originalité.
En plus de la trame principale, d’autres sous-intrigues parallèles a priori sans ramifications entre elles (du moins le croit-on), sous-tendent l’ensemble du récit. On est d’ailleurs impatient de parvenir à l’épilogue de Viscères pour découvrir par quel habile tour de passe-passe, l’auteure réussira à tisser les différents fils narratifs entre eux pour amener sa conclusion.

Et c’est peut-être là où le bât blesse un peu : les ficelles qui font avancer l’histoire sont tout de même un peu « grosses » pour être totalement crédibles. Le hasard fait trop bien les choses et les rencontres « fortuites’ de l’inspecteur Caffery avec des témoins-clés de l’affaire, juste au moment où son enquête se met à piétiner paraissent tombées un peu trop à point nommé.  J’ai eu une sensation d’artificialité.

Chose rare dans les thrillers d’ordinaire, les méchants ont une vraie épaisseur et Mo Hayder nous donne le temps (et l’opportunité) d’apprendre à les découvrir, à les connaître (notamment leur passé, leurs motivations et leurs personnalités) en nous livrant accès à leurs esprits et à leurs pensées. Par ailleurs, grâce à un subtil basculement de point de vue, opéré par Mo Hayder  à la moitié du roman, nous quittons la compagnie des victimes pour celle des coupables, sans que l’intrigue n’en perde pour autant en intérêt. C’est un beau tour de force !
Pour conclure, je dirais que ce qui est passionnant dans Viscères, c’est que rien ni personne n’est réellement ce qu’il semble être de prime abord, ce qui nous offre de belles surprises et une conclusion inattendue.

Dans l’ensemble, je n’ai pas été déçue, c’est du très bon Mo Hayder et j’ai retrouvé dans Viscères, tout ce qui me séduit chez cette romancière. L’écriture nerveuse, précise et organique, l’originalité des intrigues, le soin apporté à la construction scénaristique (ici avec un ingénieux glissement de focale parfaitement exécuté), les rebondissements inattendus….

En résumé, Viscères a su me tenir en haleine, en dépit de quelques petites longueurs, et même s’il ne m’a pas coupé le souffle comme Tokyo, j’ai éprouvé des émotions fortes pendant ma lecture.

Je ne sais pas s’il deviendra un classique du suspense comme l’on dit certains critiques américains mais le fait est que l’on passe un très bon moment de lecture en sa compagnie…. Je recommande sa lecture aux amateurs de frissons comme aux aficionados des romans à tiroir où le jeu des apparences est érigé au rang d’art majeur.

[Challenge de Calypso, session Je], « Quand j’étais Jane Eyre » de Sheila Kohler

 

2013 Editions 10/18
Langue française – 236 pages | Traduit par Michèle Hechter
Temps de lecture : Une journée
Note 4étoiles-trèsbonmais
Synopsis

Dans le calme et la pénombre, au chevet de son père qui vient de se faire opérer des yeux, Charlotte Brontë écrit, se remémore sa vie, la transfigure. Elle devient Jane Eyre dans la rage et la fièvre, et prend toutes les revanches : sur ce père, pasteur rigide, désormais à sa merci, sur les souffrances de son enfance marquée par la mort de sa mère et de deux sœurs aînées, sur sa passion malheureuse pour un professeur de français à Bruxelles, sur son désespoir face à son frère rongé par l’alcool et la drogue, sur le refus des éditeurs qui retournent systématiquement aux trois sœurs Brontë leurs premiers romans, envoyés sous pseudonyme.

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Hormis les faits les plus connus, le pastorat de leur père, leur passé de gouvernante, leurs amours malheureuses (…), je connaissais très peu de choses sur la vie des dames Brontë,(une existence bien triste, en vérité), et ce, bien que j’aime énormément leurs œuvres respectives.
Dans Quand j’étais Jane Eyre, Sheila Kohler évite habilement le piège de l’hagiographie. Elle fait le pari (réussi) de noircir/assombrir la personnalité de ses héroïnes. Toutes brillantes et talentueuses qu’elles soient, S. Kohler n’hésite pas à accentuer les défauts et les traits de caractère les moins flatteurs des trois sœurs. Mais également de leur entourage (j’ai été très surprise par la froideur indifférente du pater familias, lequel n’a d’yeux que pour son fils chéri, et méprise ses filles !).
L’audace de S. Kohler a pour conséquence principale de nous montrer Charlotte (de même qu’Emily et Anne) sous un jour plutôt inédit et pas toujours très sympathique, tant elles semblent parfois froides et hautaines. De plus, derrière la saine émulation qui existe entre les trois sœurs, l’on sent clairement poindre une sorte de jalousie rentrée, un rien d’hypocrisie voire de mesquinerie déguisée. Néanmoins, les demoiselles Brontë se révèlent touchantes, et le lecteur ne pourra que s’attacher à elles et se laisser émouvoir par leur triste destin.
Charlotte et sa Jane Eyre sont, certes, les piliers centraux de ce roman (nous avons le privilège de pénétrer l’intimité du personnage, et d’assister d’une certaine façon à la rédaction de Jane Eyre (un fantasme pour la lectrice que je suis) qu’elle conçoit avant tout comme une vengeance envers une société qu’elle juge injuste). Pour autant, Emily et Anne ne sont pas écartées de l’intrigue. Elles sont notamment très présentes dans la seconde partie du roman. Nous apprenons également à mieux les connaitre, ainsi que les conditions dans lesquelles leurs grandes œuvres ont été rédigées (Les Hauts de Hurle-Vent, Agnès Grey…).
C’est là sans doute, l’aspect le plus passionnant du livre. Pour qui aime les romans de la sororité Brontë, l’on ne peut que se régaler. Tout en restant, bien entendu, consciente que Quand j’étais Jane Eyre, s’il s’inspire des biographies les plus réputées des sœurs Brontë, ne se cache pas d’être un exercice fictionnel.

Pour en revenir à l’écriture de Sheila Kohler, je l’ai trouvée vraiment très agréable, fluide, poétique.
Deux petits bémols, cependant : À mes yeux, le roman manque beaucoup de linéarité. L’histoire de Charlotte, de ses sœurs, de son père et de son frère, racontée dans le désordre en fonction des péripéties de Jane Eyre, est narrée de manière un peu trop éclatée. Les époques et les lieux se télescopent allègrement et les allers-retours entre réalité, fiction et intertextualité ne sont pas toujours maîtrisés. Tout cela complexifie la lecture et occasionne quelques petites longueurs. Cependant, ce qui m’a vraiment déçue, reste la façon maladroite, pour ne pas dire grossière, dont Sheila Kohler jette des ponts entre la vie des Brontë et leurs œuvres. Les passerelles sont souvent construites de manière artificielle. Certains rapprochements réalité/œuvre apparaissent purement forcés, comme imbriqué au chausse-pied.

En somme, Quand j’étais Jane Eyre possède quelques défauts, mais reste un très bon roman que j’ai pris énormément de plaisir à dévorer (lu d’un souffle en une journée), et ce, grâce aux personnages de Charlotte, Emily et Anne, et au style élégant de Sheila Kohler.

Les Brontë sont une sororité passionnante à connaitre !

[Challenge de Calypso, Session « Pierre », « Pierre de lune » de W. Wilkie Collins

2003 Editions du Masque (Labyrinthes )
Langue française – 574 pages
Temps de lecture : 6 jours
Note 3étoilesbon
Synopsis

Ami et rival de Dickens, Wilkie Collins invente avec Pierre de lune le premier récit policier moderne, et donne au roman une nouvelle mission : dire et montrer ce qu’il est de bon ton de taire et de cacher. Borges, T. S. Eliot, Charles Palliser aujourd’hui, considèrent ce livre comme l’un des sommets absolus du genre. Il n’est évidemment pas question de résumer ici ce roman gouverné de bout en bout par la peur, oeuvre  » hitchcockienne  » avant la lettre, qui réussit cet inquiétant tour de force : une fois le livre refermé (après quelques nuits blanches), chaque lecteur possède, ou croit posséder, son interprétation du mystère. Du très grand art. Précisons que la présente édition de Pierre de lune est la seule en français à n’avoir été ni censurée ni abrégée.

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Ce roman n’est pas mauvais, il est loooooooooooooooooooooong!

L’intrigue, divisée en deux périodes narratives prises en charge par divers relateurs, prend vraiment son temps pour s’installer. La première centaine de pages est pauvre en sensations de lecture. De plus, on peine à s’y retrouver parmi une distribution de personnages touffue et on se perd dans l’arbre généalogique. Je me suis ennuyée.
Le mystère de la disparition du diamant apporte un enjeu mais qui ne m’a pas plus transcendée que cela. Sa parentèle avec les policiers à tiroirs style Rouletabille.
La narration repose sur plusieurs témoins oculaires de l’affaire. Lesquels se succédent par écrit, sous la forme d’une déposition, comme à la barre d’un tribunal. Un procédé très prisé de W. Collins puisque déjà utilisé dans La Dame en blanc. D’abord Bettetedge, l’intendant de la demeure de campagns
e où se déroule l’intrigue. Un personnage de vieillard bourru assez drôle en lui-même. Même si sa misogynie prononcée m’a souvent fait lever les yeux au ciel. Serais-ce notre bon W. Collins, le macho ? En tout cas les théories machistes qu’il place dans la bouche de Betteredge laissent perplexe. Puis Miss Clake. Une cousine éloignée de la famille, une vieille fille indiscrète et bigote dont le fanatisme religieux (et l’hypocrisie) prête beaucoup à sourire tant le personnage est ridicule bien malgrè lui, (l’épisode des brochures pieuses est très amusant). Drusilla (c’est son prénom passe ensuite la plume à Mr Bruff, le vieil avoué de la famille dont la narration paraphrase et récapitule beaucoup celle des autres (heureusement, ce passage est court). Ensuite, c’est au tour de Franklin Black de faire son retour sur le devant de la scène (il avait disparu depuis la fin de la premiére période) et de s’acquitter de son témoignage. Imité bientôt par Ezra Jennings (un homme de sciences). Et comme W. Collins aime à multiplier les modes de narration, il ne s’agira pas d’une lettre cette fois mais d’extraits de journal. À Franklin Blake et au sergent Cuff et à Mr Candy revient alors l’honneur de conclure le récit.
Le sergent Cuff est savoureux. Un peu comme un ancêtre de Hercule Poirot. Un cousin éloigné de Sherlock Holmes. Il est fort dommage que le personnage apparaisse si peu de temps dans le roman.

J’avoue que la principale critique que je puis faire à ce roman est sa longueur excessive, alimentée par des redites et des paraphrases inutiles. La forme prime sur le fond, les modes de narrations alternatifs et la saveur de certains personnages transcendent une intrigue sans réel piquant, même si elle nous fera nous interroger, elle ne nous tiendra pas éveiller des nuits durant comme l’affirme le résumé. A contrario. Je me suis retrouvé à piquer souvent du nez sur ce roman. Je le regrette, mais ce livre m’a profondément ennuyé. S’il souffre des mêmes « défauts », il me souvient que La Dame en blanc, (lu l’an passé) m’avait davantage tenu en haleine.

[Contemporaine] Baby Challenge 2014« Le Corps exquis » de Poppy Z Brite [Abandon]

2008 Editions J’ai Lu
Langue française – 286 pages
Note 1étoile passez votre chemin
Synopsis

Perversion des âmes et poésie du macabre au service d’une des fictions les plus noires jamais publiées sur les serial killers : sans concession, choquante, répulsive. Un roman fascinant et extrémiste. Un livre violent dont aucun lecteur ne sortira indemne.

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J’ai abandonné ce roman avant la fin mais je fais tout de même un billet pour expliquer les raisons de mon choix.

Toutes les critiques (ou presque) qualifie ce roman underground de chef-d’oeuvre absolu.

Pour ma part, je me suis forcé à le lire jusqu’ au milieu (ce fut un calvaire, croyez-moi, car outre son manque flagrant d’intérêt, ce roman est à vomir). J’ai fini par jeter l’éponge tant j’avais l’impression de perdre mon temps…Le style de Poppy Z Brite n’étant même pas assez bon pour rattraper une intrigue inintéressante et invraisemblable.J’ai vraiment détesté. Non pas, parce que je suis une âme sensible, une coincée, ou que je n’ai pas le coeur assez bien accroché, (principaux reproches que l’ont fait, j’ai l’impression, à celles et ceux qui n’aiment pas ledit roman) mais primo, parce que je m’ennuyais en le lisant et secundo, parce que mon instinct de lectrice me soufflait que cette lecture était tout à fait dispensable, (j’ai d’ailleurs reçu un ou deux témoignages qui allaient en ce sens, m’assurant qur je ne ratais pas grand-chose, que ce livre était loin du chef-d’oeuvre annoncé). Mais enfin et surtout, je ne vois pas ce que ce roman peut apporter à la littérature en général, et à la lectrice que je suis en particulier. Le corps exquis commence dans l’invraisemblance totale pour se poursuivre dans le ridicule le plus absolu. Comme si par exemple, un dangereux tueur nécrophile pouvait s’évader aussi facilement d’un quartier de haute-sécurité d’une prison, en abusant trois légistes en simulant sa propre mort ! Depuis quand un individu peut-il cesser de respirer pendant des heures et arrêter quasiment les battements de son coeur ? Comment peut-on avoir recours à un stratagème d’évasion aussi ridicule ?) Sans parler de la probabilité de rencontrer justement un autre serial-killer (sur son palier ou presque), homosexuel (comme par hasard) et ayant les même penchants pervers et criminels en plus (ou presque) dans une ville aussi vaste et peuplée que la Nouvelle- Orléans… Manque terrible de crédibilité. De plus, l’amalgame (tendancieux et par conséquent dangereux) qui est fait en permanence par Poppy Z Brite entre l’homosexualité et la transmission du sida m’a vraiment dérangée (L’appelation peste gay revient trop souvent à mon goût). 

Et les personnages !? Creux, sans profondeur, caricaturaux et risibles. Quant à la démarche artistique… Le sordide pour le sordide, sans ambition autre que la provoc’ facile et gratuite n’est pas une démarche artistique intéressante à mes yeux. Au contraire. Poppy Z. Brite, sur un sujet similaire (l’étude de la psychée des serial-killers), est loin d’avoir le talent et la finesse d’une Joyce Carol Oates et de son excellent Zombi, autrement plus ambitieux, profond et abouti. Le corps exquis, à l’inverse, est vraiment d’une vacuité phénoménale (à part les scènes de boucherie, de tortures, et autres joyeusetés comme la nécrophilie, le cannibalisme ou la transmission volontaire du VIH à des partenaires non avertis), que nous apporte « l’auteure » ? Rien. Quant à cette pseudo-magnifique histoire d’amour sensuelle que l’on m’avait vantée … No comment…

Bref, je ne vous incite à rien. Lisez-le ou pas. Le mieux reste de vous faire votre propre opinion mais soyez conscient qu’à côté de ce roman, même le Marquis de Sade passe pour un petit joueur….

Pour ADULTES UNIQUEMENT

 

[Challenge de Calypso] « Session 20, Amour », « La poursuite de l’amour » de Nancy Mitford

Editions 10/18 (Domaine étranger) (2006)

253 pages

Temps de lecture : 5 jours

Note 3étoilesbon

Synopsis

Deux jeunes femmes à la poursuite de l’amour, tel est le sujet définitivement intemporel de ce roman. Elles sont cousines germaines et s’aiment tendrement. Autant Fanny se montre prudente et raisonnable dans cette quête, autant Linda, romanesque et sans frein, risque son va-tout chaque fois qu’elle s’éprend d’un homme ! La morale de l’histoire est tirée par Lord Merlin pour qui l’on se trompe toujours quand on est jeune : « L’amour, c’est pour les grandes personnes. » Avec ses excentriques, ses belles, ses châteaux et sa campagne – bref tout ce qui fait le charme pas toujours discret mais éternel, de la verte Albion -, l’inoubliable fresque des Radlett et des Montdore compte au rang des joyaux de l’humour anglais.

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Un roman qui me faisait de l’oeil depuis longtemps du fond de ma PAL et que le challenge m’aura donné une belle raison de lire.

Si Jane Austen avait connu les folles années 30, nul doute qu’elle aurait pu nous écrire un roman de cet acabit, à la fois caustique, truculent, acerbe et empli d’ironie. Car au travers des péripéties amoureuses de Linda, une éternelle midinette en quête du grand amour, et racontée par une narratrice raisonnable qui prend du recul sur les choses de l’amour, la drôlerie des situations naissant de ce décalage entre l’héroïne romanesque et emportée par ses rêves et celle, sérieuse et dépassionnée, qui l’observe tel un entomologiste examinant froidement un insecte étrange, c’est la montée du nazisme observée d’angleterre et les débuts du communisme auxquels nous assistons.

Pénalisé par de nombreuses longueurs, notamment dans sa premiére moitié, le roman souffre d’un gros probléme de rythme et seule la seconde partie se lit d’une traite.

L’intrigue bâtie sur un jeu d’oppositions qui créent la cocasserie du roman est parfois un peu plate et trop bavarde.

Grosse déception en revanche avec la fin que j’ai trouvé bâclée comme c’est pas permis, j’oserai même dire « torchée » en 3 ou 4 lignes ! Frustration assurée !Bref, un roman sympathique et charmant mais dont le sujet aurait mérité un meilleur traitement. Dommage.

« Fétiches » de Mo Hayder

 

Editions Presses de la Cité (2013)
425 pages
Temps de lecture : 6 jours
Note 4étoiles-trèsbonmais
Synopsis

Les patients de l’unité fermée Beechway sont très sensibles à la suggestion. Une hallucination peut se répandre tel un virus. Aussi, lorsque plusieurs malades se donnent la mort après s’être atrocement mutilés, le fantôme de « La Maude » ressurgit. Selon la légende, au XIXe siècle, à l’époque où Amberly était une maison de redressement, une surveillante naine et sadique surnommée Sœur Maude terrorisait les pensionnaires. Son spectre n’aurait depuis cessé de hanter les lieux, et aurait causé au fil des ans de nombreuses victimes. Soucieux de protéger ses patients mais aussi de mettre fin à l’hystérie collective qui gagne même son équipe, AJ, infirmier psychiatrique en chef, décide de faire appel au commissaire Jack Caffery.

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Je poursuis ma découverte de Mo Hayder avec ce roman (le dernier en date publié en France).

J’ai mis du temps à le lire mais la qualité intrinséque du roman n’est pas en cause. Au contraire, j’ai passé un très bon moment avec ce roman sombre et original.

Certes, ce n’est pas le thriller de l’année et il comporte pas mal de longueurs dans sa première moitié mais il ne démérite en rien par rapport aux autres productions du genre et remplit son office : nous faire flipper. La couv’ dérangeante et le résumé annoncent la couleur, du reste.

Une ambiance bien glauque et prenante et dérangeante (à la Hayder, j’ai envie de dire), un lieu angoissant (un asile hanté), un coupable désigné (le fantôme d’une naine !) de bonnes idées (Mére Monstre, un beau personnage de « folle » assez poétique), la rencontre avec Jack Caffery (que je ne connaissais pas au demeurant, et qui est un flic fort atypique et personnage que je prendrais plaisir à découvrir « à rebours » en lisant ses anciennes enquêtes), et une fin surprenante que je n’ai pas vu venir.

Bref, encore un bon Hayder (même si c’est très en dessous de Tokyo qui est pas loin d’être un chef-d’oeuvre).