Tagué: La plume au masculin

[Partenariat] [Masse critique Babelio] « Les Cendres froides » de Valentin Musso

Editions Points (Thriller)

Publié en 2012 ~ Langue : Française ~ 343 pages

Temps de lecture : 3 heures

Plaisir de lecture : Très bon mais …

Synopsis

Le drame, quand on commence à creuser le passé, c’est qu’il faut aller jusqu’au bout. 1999. A la mort de son grand-père, Aurélien Cochet découvre que celui-ci aurait travaillé durant la guerre dans un lebensborn, une maternité nazie accueillant des jeunes femmes enceintes de membres de la SS. Au même moment, dans un petit village de la Marne, une octogénaire sans histoire est retrouvée assassinée à la suite d’un cambriolage. Les gendarmes soupçonnent très vite une mise en scène, mais ils sont loin de se douter que cette retraitée est la victime indirecte, plus de cinquante ans après la fin de la guerre, de l’entreprise eugéniste nazie. Aidé par une jeune universitaire, Aurélien Cochet va tenter de lever le voile sur le passé de sa propre famille. Cambriolage, menaces, agression … Rien ne l’empêchera de plonger au coeur d’un des programmes les plus mystérieux et les plus terrifiants du IIIe Reich. Quitte à mettre ceux qu’il aime en danger …

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Tout d’abord, je remercie Les Editions Points pour l’envoi de ce roman (et le petit mot personnalisé fort sympathique du service presse :-)) et bien sûr le merveilleux site Babelio qui rend tout cela possible grâce à sa Masse critique, opportunité magnifique de découvrir de nouveaux univers littéraires en même temps que de nouveaux auteurs à l’image de Valentin Musso, dont j’avais beaucoup entendu parler (en d’excellents termes) mais que je n’avais pas encore lu.

Les cendres froides, second roman de l’auteur, est un thriller que je qualifierais d’historique et d’introspectif. D’abord de par son contexte historique visiblement très documenté qui se révèle vite passionnant. Grâce à Valentin Musso, j’ai appris beaucoup de choses sur la période de l’occupation allemande en France et notamment l’existence de ces maternités nazies effrayantes pratiquant un horrible tri génétique.  J’ai presque honte de l’avouer mais j’ai lu en un peu plus de 3h ce que l’auteur a du mettre des mois à mettre sur pied et à écrire (les détails abondants témoigne d’un travail fouillé et appliqué).

Ce que j’ai beaucoup aimé dans ce roman est le fait que les destins individuels des protagonistes se croisent, s’effleurent, jusqu’à, pour certains, se réunir à la fin de l’histoire. Nous découvrons petit à petit les ramifications entre ces destins au fur et à mesure de la progression de l’intrigue : les petites histoires de chacun se mêlent astucieusement à la grande Histoire européene et française tout en dressant le portrait d’hommes et de femmes pris dans la tourmente de la seconde guerre mondiale. Des personnages émouvants, courageux ou terribles existant à diverses époques et dans plusieurs pays.

Entre passé et présent, secret de famille, meurtre et enquête, Valentin Musso nous offre une intrigue à tiroirs, aux rebondissements progressifs savamment orchestrés. Certes, on pourra déplorer un manque de suspense, ici on n’est pas dans un thriller à l’américaine avec meurtres en série, traque du psychopathe, coups de feu dans tous les sens et cliffhangers en fin de chaque chapitre (même s’il y en a quelques-uns vers la fin). Ce n’est pas un page-turner (même si cela se lit très agréablement et assez vite). Là n’est pas le propos de ce thriller intimiste et très introspectif où les failles des personnages vont jusqu’à nourrir l’intrigue. Ce n’est pas d’un ébouriffant et intenable suspense mais c’est tout de même très prenant à lire.

Nous collons aux basques d’Aurélien, un héros fouillé, solide et attachant parti sur les traces d’un passé familial douloureux. Dans le même temps, le grand ressac de l’histoire nous porte de l’un a l’autre des personnages secondaires des années 40 à nos jours : Rachel, Heloise, Élie, le duo d’inspecteur, les voisins de la victime …

J’ai été très agréablement surprise par la qualité et la richesse du style ainsi que par le vocabulaire très recherché de Valentin Musso, oui, je l’avoue, j’avais des à-prioris au vu de son nom (c’est pas bien je sais, ouh, la vilaine) et du fait que je trouve le style de son frère, Guillaume Musso, plus plat, (du moins en ce qui concerne le seul livre que j’ai lu de lui). D’ailleurs, loin de moi l’idée d’occasionner des tensions fraternelles lors du prochain déjeuner dominical , mais j’ai préféré (et de beaucoup) l’écriture de Valentin à celle de son grand frère .  

Un style plus que correct donc, sans être pour autant hautain ou professoral, même si j’ai dû chercher parfois la définition de certains mots dans le dictionnaire  (on sent un peu l’agrégé de lettres dans cette recherche du joli mot rare mais ce n’est pas désagréable d’apprendre des mots nouveaux :-)).

Valentin Musso bâtit solidement son histoire, lui apporte un luxe de détails et d’anecdotes sur la deuxième guerre mondiale et la politique eugéniste des nazis, donne naissance à des personnages intéressants et pudiques, et instaure un climat réussi qui installe un vrai sentiment de malaise chez le lecteur.

Au final, nous avons un roman effrayant de vraisemblance qui se double d’un puzzle passionnant à voir se reconstituer sous nos yeux. Tout cela offre un thriller historique qui réfute l’esbrouffe et le sensationnel pour se concentrer sur les histoires narrées et la psychologie de ses nombreux personnages. En somme, un thriller intelligent qui en contrepartie (on ne peut pas tout avoir non plus) manque dans une certaine mesure de suspense et de surprises.

Je lirai avec plaisir le premier roman de l’auteur : La Ronde des innocents.

[Challenge ABC 2012, Littératures de l’imaginaire, Lettre B] « Les Ames croisées » de Pierre Bottero

Editions Le Livre de Poche (Fantasy)

Publié en 2011 ~ Langue : Française ~ 411 pages
 
Temps de lecture : 2 jours
Plaisir de lecture  Trés bon mais …
Synopsis 

« Qui veux-tu être, Nawel ? Qui veux-tu vraiment être ? »

Elle le savait désormais.
-Je me nomme Nawel Hélianthas…
Un vœux, un simple choix, possédait-il le pouvoir d’orienter une existence entière ?
– Je sollicite le droit et l’honneur de revêtir…
Un mot, un unique mot pouvait-il devenir une clé ?

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Ce n’est pas péjoratif que de dire que ce roman est du pur Bottero. On y retrouve, en effet, tous les ingrédients qui font, d’ordinaire, le charme des livres de cet auteur tant regretté : un univers fantasy original et très soigné empli de magie et de dangers, de la poésie, de la philosophie et un beau récit d’initiation.  Je dis d’ordinaire, car, pour moi, le charme a moins opéré que d’habitude. S’il est plus adulte que la trilogie du Pacte des Marchombres, ce roman ne m’a pas permis de m’attacher véritablement aux personnages,  Nawel m’a paru moins attachante qu’Ellana ou même qu’Ewilan. Pour tout dire, elle m’a même souvent agacée au fil des pages.

A vrai dire, j’ai accroché seulement à partir de la seconde moitié du roman. Tout ce qui précède m’a semblé long et plat, trop descriptif. Je m’ennuyais un peu. Cependant, soyons honnête, ces longueurs s’expliquent par le fait que ce premier tome a un rôle introductif dans la saga que P. Bottero souhaitait écrire.

La deuxième partie et fin du roman est donc à la fois passionnante et frustrante car hélas, nous n’auront jamais la suite des aventures de Nawel. 

Un joli roman très fréquentable au final dont les quelques petits défauts n’entachent pas le plaisir de lecture proposé (notamment dans sa deuxième moitié). De petits défauts qui, mille fois hélas, encore ne pourront pas être rectifiés dans une suite et c’est à la fois triste et dommage car Les Ames croisées est un roman très prometteur.

[LC] + [Challenge ABC 2012 – Littératures de l’imaginaire – Lettre D] « L’épouvanteur, 2, La malédiction de l’épouvanteur » de Joseph Delaney

Editions Bayard (Jeunesse)

Publié en 2006 ~ Langue : Française ~ 361 pages

Temps de lecture : 2 jours

Plaisir de lecture  Excellent 

Synopsis 

 

Voilà six mois que tu es l’apprenti de M. Gregory, me dit maman. Tu as déjà été témoin de bien des événements. A présent, l’obscur t’a remarqué et va tenter de te neutraliser. Tu es en danger, Tom. Toutefois, rappelle-toi ceci lorsque tu seras un homme, mon fils, ce sera au tour de l’obscur d’avoir peur, car tu ne seras plus la proie, tu seras le chasseur. C’est pour cela que je t’ai donné la vie. » L’Épouvanteur et son apprenti, ornas Ward, se sont rendus à Priestown pour y achever un travail. Dans les profondeurs des catacombes de la cathédrale est tapie une créature que l’Épouvanteur n’a jamais réussi à vaincre. On l’appelle le Fléau. Tandis que Thomas et M. Gregory se préparent à mener la bataille de leur vie, il devient évident que le Fléau n’est pas leur seul ennemi. lanquisiteur est arrivé à Priestown. Il arpente le pays à la recherche de tous ceux qui ont affaire aux forces de l’obscur! Thomas et son maître survivront-ils à l’horreur qui s’annonce?

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Avec ses scènes étonnamment sombres voire effrayantes pour du jeunesse, ce roman m’a fait passer un très bon moment à l’image du premier tome que j’avais beaucoup aimé. Force m’est de reconnaitre que ce second tome est encore meilleur.

Ici, tout est plus rythmé et intense, on n’a pas le temps de s’ennuyer car les événements s’enchainent d’une manière assez soutenue. Et ça commence dès le début qui nous plonge d’emblée dans l’action avec une lutte sanglante contre un gobelin carnivore.

L’ambiance sur fond d’inquisition et de chasse aux sorcières médiévale est réussie. D’ailleurs, la forte connotation religieuse (fanatisme) m’a surprise de même que le diabolisme évoqué dans certaines scènes.

Le tout est rédigé dans un style fluide et agréable à lire.

Tom, le jeune héros prend de l’assurance et doit affronter de terribles créatures parfois sans l’aide de son maître (qui se retrouve souvent en mauvaise posture dans ce tome). Le mystère du passé de l’Epouvanteur s’épaissit et le personnage de la mère de Thomas prend une épaisseur bienvenue et apporte un nouveau lot d’interrogations diverses.  Alice est de retour également dans un rôle plus obscur encore que dans le tome précédent. Bref, grâce aux personnages et leur passé trouble, la mythologie générale s’enrichit

Un très bon second tome qui donne envie de lire la suite. 

[Book club Livraddict du 23 mai] « L’héritage, 1, Eragon » de Christopher Paolini

Editions Bayard (Poche)

Publié en 2007 ~ Langue : Française ~ 679 pages

Temps de lecture : 3 jours

Plaisir de lecture :  Bon mais …

Synopsis

Un garçon…
Un dragon…
Une épopée…

Voilà bien longtemps que le mal règne dans l’Empire de l’Alagaësia… Et puis, un jour, le jeune Eragon découvre au cœur de la forêt une magnifique pierre bleue, étrangement lisse. Fasciné et effrayé, il l’emporte à Carvahall, le village où il vit très simplement avec son oncle et son cousin. Il n’imagine pas alors qu’il s’agit d’une œuf, et qu’un dragon, porteur d’un héritage ancestral, aussi vieux que l’Empire lui-même, va en éclore… Très vite, la vie d’Eragon est bouleversée. Contraint de quitter les siens, il s’engage dans une quête qui le mènera aux confins de l’Alagaësia. Armé de son épée et guidé par les conseils de Brom, le vieux conteur, Eragon va devoir affronter, avec son jeune dragon, les terribles ennemis envoyés par le roi dont la malveillance démoniaque ne connaît aucune limite.
Eragon n’a que quinze ans, mais le destin de l’Empire est désormais entre ses mains ! 

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S’il me fallait résumer mon impression d’ensemble sur Eragon, je dirais que c’est de la fantasy trop propre sur elle et que l’auteur a peur de se salir les mains dans le sang de ses créations d’encre et de mots.

L’intrigue manque d’ambition et de nouveauté. J’ai eu plusieurs fois la sensation d’un recyclage, appliqué et studieux certes, des romans fantasy que C. Paolini a du dévorer dans sa jeunesse. Il y a notamment beaucoup de Tolkien mal digéré  : les sorciers, les elfes, les nains… Ca manque d’audace, de ventre, de sang et de larmes pour captiver le lecteur. C’est trop gentillet.

L’amitié unissant Eragon et Saphira, sa dragonne, n’est pas parvenue à me toucher. Déjà, la dragonne grandit trop vite pour le lecteur s’attache à suivre ses progrès, ensuite parce que le jeune garçon manque de complicité avec sa compagne à écailles. Saphira passe son temps à le charrier d’une manière sarcastique plus qu’amicale et Eragon l’éloigne de lui à tout bout de champs. On les voit assez peu intérargir sauf vers la fin, le reste du temps Saphira lui tient des discours philosophiques brumeux et ampoulés.

Les personnages secondaires sont bien plus intéressants mais la plupart meurent rapidement dans l’histoire ou bien sont sous-exploités comme Broom le conteur que j’ai beaucoup apprécié durant ma lecture.

Le contenu du roman est plein de poncifs. Lorsqu’on a lu un peu de fantasy comme moi, c’est flagrant.

De nombreux passages du livre m’ont semblés très ennuyeux. L’auteur décrivant les paysages traversés ou l’architecture des bâtiments sur 2 ou 3 pages parfois ! D’ailleurs, le rythme général est plutôt lent et une sensation de longueur s’installe assez vite.

En ce qui concerne le style, la jeunesse de l’auteur est prègnante à chaque paragraphe. On sent qu’il s’applique, qu’il veut bien faire mais l’expression reste maladroite. Néanmoins, cela se lit bien et vite.

A l’heure actuelle, je ne suis pas sûre de lire la suite. 

[LC] + [Baby Challenge Livraddict 2012 Thriller] « Seul le silence » de R.J Ellory

Editions Le Livre de Poche (Thriller)

Publié en 2009 ~ Langue : Française ~ 601 pages

Temps de lecture : 3 jours 

Plaisir de lecture  Excellent !

 Synopsis 

Joseph a douze ans lorsqu’il découvre dans son village de Géorgie le corps d’une fillette assassinée. Une des premières victimes d’une longue série de crimes. Des années plus tard, alors que l’affaire semble enfin élucidée, Joseph s’installe à New York. Mais, de nouveau, les meurtres d’enfants se multiplient… Pour exorciser ses démons, Joseph part à la recherche de ce tueur qui le hante. Avec ce récit crépusculaire à la noirceur absolue, R. J. Ellory évoque autant William Styron que Truman Capote, par la puissance de son écriture et la complexité des émotions qu’il met en jeu.

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Ce roman est une claque, un uppercut au ventre.

On me l’avait dit long et peu rythmé et j’ai longtemps crains de m’ennuyer en le lisant. C’est pourquoi je différais sans cesse sa lecture. Pauvre de moi ! Quelle erreur !

Je ne nierai pas le fait qu’il y ait pas mal de longueurs dans ce roman. Mais elles contribuent à installer l’ambiance poisseuse, désenchantée et crépusculaire de ce livre qui prend vraiment aux tripes.

Il y a du Steinbeck et du Truman Capote dans ce roman ! Ellory fait partie de la cour des grands auteurs américains pour moi désormais. Tant son écriture est puissante, poétique et émotionnelle.

Un thriller ?

Non. Ce livre n’en est pas un tant l’intrigue policière passe au second plan. Même si le suspense est maintenu jusqu’à la fin. Une fin que l’on ne voit pas venir d’ailleurs tant Ellory nous conduit sur des fausses pistes. Mais encore une fois connaitre l’identité de l’assassin sadique n’est pas l’enjeu véritable ici (c’est pourquoi je pense que tant de lecteurs ont été déçus par la révélation finale) car si l’on s’attend à un thriller conventionnel et balisé, on en sera pour ses frais.

 Nous avons davantage entre les mains une grande et romanesque chronique des moeurs de l’Amérique de la fin des années 30 aux années 70. L’occasion de nous brosser le portrait d’une nation pas encore libérée de ses démons du 19ième siècle : racisme, discrimination, puritanisme suffocant.

L’auteur exorcise ces spectres douloureux et l’inquiétude latente des américains face à la deuxième guerre mondiale et à la montée du nazisme, en les faisant s’incarner dans la personne d’un horrible tueur d’enfants sadique et pédophile. Un monstre dissimulé parmi les ouailles bien-pensantes de plusieurs petits hameaux situés dans une Amérique profonde aussi rurale qu’étroite d’esprit et encline à un conservatisme dérangeant.

Car cet assassin est avant tout une extrapolation, la somme des peurs, frustrations et fanatismes d’une population effrayée. Ce qu’Ellory nous fait très bien ressentir et comprendre dans ce livre marquant.

Une atmosphère sombre et envoûtante nous tient en haleine sur plusieurs centaines de pages. Des personnages authentiques nous donnent envie de suivre leurs évolutions. Joseph Vaughan est un personnage attachant qu’on voit grandir, changer et perdre son innocence au fil du récit. Et une ingénieuse narration éclatée entre passé et présent brouille habilement les frontières temporelles pour mieux ménager ses rebondissements.

Je l’ai dit plus haut, Ellory écrit superbement bien et même si le récit n’échappe pas aux longueurs, j’ai eu la sensation qu’un ventilateur taquin tournait les pages à ma place tant la lecture était rapide.

En conclusion, Seul le silence n’est pas loin d’être un chef-d’oeuvre à mes yeux, c’est en tout cas un superbe roman de moeurs doublé d’un très puissant témoignage sur l’histoire des Etats-Unis, presque un document sociologique. Superbe ! 

 

[Baby-challenge Livraddict Fantasy] « Le Trône de fer, 1, intégrale » de George R.R. Martin

Editions J’ai Lu

Publié en 2010 ~ Langue : Française ~ 786 pages
Traduit par Jean Sola

Temps de lecture : 2 mois ! 

Plaisir de lecture  Très bon mais …

Synopsis 

Après avoir tué le monarque dément Aerys II Targaryen, Robert Baratheon est devenu le nouveau souverain du royaume des Sept Couronnes. Tandis qu’en son domaine de Winterfell, son fidèle ami le Duc Edward Stark rend paisiblement la justice. Mais un jour, le roi Robert lui rend visite, porteur de sombres nouvelles : le trône est en péril. Stark, qui s’est toujours tenu éloigné des affaires du pouvoir, doit alors abandonner les terres du Nord pour rejoindre la cour et ses intrigues. L’heure est grave, d’autant qu’au-delà du mur qui protège le royaume depuis des siècles, d’étranges créatures rôdent…

Cette chronique ne sera pas détaillée, elle traitera davantage d’une impression d’ensemble. Et pour cause, vu que j’ai mis deux mois à lire ce premier tome, tout n’est pas très frais dans ma mémoire.

La traduction française approximative et le nombre effarant de personnages ont sensiblement compliqués ma lecture. Je n’irai pas jusqu’à dire que je n’ai pas aimé car il y a indéniablement un bon potentiel et une atmosphère réussie, mais force est d’avouer qu’il ne se passe pas grand-chose de concret dans ce début de saga et je me suis retrouvée à bailler plusieurs fois devant mon livre. De plus, je m’attendais à quelque chose de plus « fantasy » justement mais il y a peu d’éléments fantastiques mis en scène dans ce premier tome. Cela reste très « roman de chevalerie », « roman médiéviste » et il est beaucoup question de politique : comment un régicide a permis de s’emparer du trône, que sont devenus les héritiers légitimes dudit trône, comment les cartes du pouvoir ont-elles été redistribuées… et de l’avenir de ce royaume : Faut-il ou non faire la guerre ? Qui sont les ennemis du roi en place ?

Les investigations menées pour découvrir qui a tué l’ancienne main du roi sont intéressantes mais assez peu évoquées au final.

Bref, je me suis ennuyée.

En revanche, j’ai trouvé l’univers de la saga vraiment somptueux, très riche de paysages, de couleurs et de mystère. Malgré une traduction douteuse, le style de R.R Martin est lui aussi très chatoyant. Certains personnages m’ont beaucoup plu également comme Arya, petite fille courageuse et espiègle, et Tyron, le nain au caractère bien trempé et au carquois empli de sarcasmes et d’humour.

Quel dommage dès lors que l’intrigue fasse du surplace dans ce premier tome car les longueurs ont eut raison de mon envie de lire le tome 2.