Tagué: Humour

[Challenge de Calypso, session « sans » ] « À Mélie sans Mélo » de Barbara Constantine

2009 Éditions Calmann-Lévy

Française Langue française – 244 pages

Temps de lecture : 2 jours
Note livredeuxétoilessansplus
Synopsis
Mélie, soixante-douze ans, vit seule à la campagne. Pour la première fois, sa petite-fille, Clara, vient passer les grandes vacances chez elle. La veille de son arrivée, Mélie apprend qu’elle a un problème de santé… Elle verra ça plus tard. La priorité, c’est sa Clarinette chérie ! Durant tout l’été (le dernier ?), Mélie décide de fabriquer des souvenirs à Clara. Des rigolos. Comme regarder pousser les bambous en écoutant La Traviata, chanter sous la pluie des chansons de Nougaro, goûter les mauvaises herbes qui poussent le long des chemins. Il y a aussi le vieux Marcel, qui va apprendre à Clara à faire de la mécanique… Et puis, comme la vie est vraiment dingue parfois, il y a Mélie qui va enfin rencontrer le grand amour… Cent cinquante ans à eux deux ? Mais quand on aime, on ne compte pas !

séparateur

Cela tient peut-être au fait que j’ai eu la chance d’avoir une grand-mère extraordinaire à côté de laquelle Mélie fait bien pâle figure, mais j’ai trouvé ce roman très ennuyeux. Le despotisme affectueux de cette grand-mère encore très gamine dans sa tête m’a vite lassée, en fait sous couvert de dispenser de pseudo leçons de vie à deux francs six sous, le personnage de Mélie, sorte de croisement entre Tatie Danielle et Mamie Nova se contente de régenter son monde et de se mêler de la vie des autres. Agaçant.

Si ce n’était qu’elle encore, mais non… On ne croit pas une minute aux personnages tant ils sont puérils et immatures. Qu’ils soient âgés de quarante, cinquante, ou soixante ans, ils ont tous des mentalités de gamins de 8 ans.

En outre, le style est faible, très faible. On croirait lire une longue rédaction de vacances. Par ailleurs, lorsqu’on écrit un roman où plusieurs personnages s’expriment, il est bon, pour ne pas dire indispensable de doter chacun de sa propre voix, or, dans ce roman tous les protagonistes usent du même langage, du même vocabulaire et des même tournures grammaticales, comme s’il ne s’agissait en fait que d’un seul et même individu, et ce quelque soit l’âge, le milieu social ou la personnalité du personnage. Résultat : Les dialogues sonnent faux et les situations ne sont pas crédibles.

De plus,  à trop vouloir éviter le mélo,  B. Constantine finit purement et simplement par supprimer les émotions du lecteur. Je n’ai rien ressenti pendant ma lecture. Ni sourire, ni rire, ni larmichettes. Nada. Indifférence totale.

Une chose est certaine: je ne garderais pas un grand souvenir de ce roman. Lu il y a deux semaines, je l’ai déjà oublié.
En fait, j’ai juste trouvé ce livre « niais » voire « bébête ». Non content d’être prévisible, il manque également cruellement de profondeur. Et surtout qu’est-ce qu’on s’ennuie.

Je mets deux étoiles parce que je suis gentille mais ce roman en mérite à peine une.
Vu que le reste de la production de Barbara Constantine semble pour le moins à l’avenant, je ne pense pas lire ses autres romans. Ce ne sont pas des histoires pour moi. Je suis certainement bien trop cynique pour les apprécier.

« Une pièce montée » de Blandine Le Callet

2006 Éditions Le Livre de Poche

Française Langue française – 252 pages

Temps de lecture : 4 jours

Note 3étoilesbon

Synopsis

La pièce montée arrive, sur un plateau immense porté par deux serveurs. Vincent voit osciller au rythme de leur marche cette tour de Babel en choux à la crème, surmontée du traditionnel couple de mariés. Il se dit: C’est moi, ce petit bonhomme, tout en haut. C’est moi. Il se demande qui a pu inventer un gâteau aussi ridicule. Cette pyramide grotesque ponctuée de petits grains de sucre argentés, de feuilles de pain azyme vert pistache et de roses en pâte d’amandes, cette monstruosité pâtissière sur son socle de nougatine. Et ce couple de mariés perché au sommet, qu’est-ce qu’il symbolise, au juste ?

 séparateur

La ballade de Lila K du même auteur avait été un immense coup de cœur, il y a quelques mois de cela. Voici pourquoi je tenais à découvrir les autres romans de de B. Le Callet dont celui-ci qui se trouve être son tout premier. À mon grand regret, cette fois la magie n’a pas opérée autant que je l’aurai espéré. Je n’ai pas retrouvé le charme ou les éléments qui m’avaient tant conquise dans La ballade de Lila K.

Est-ce le sujet ? Les personnages souvent antipathiques ? L’écriture moins soignée ? La construction par strates ? Tout cela à la fois ? Je me suis parfois ennuyée.

Certains personnages étant plus intéressants, drôles ou touchants que d’autres au sein de ce roman chorale, l’intérêt des chapitres est par conséquent très fluctuant, et diffère en fonction du protagoniste qu’il met en lumière.

Le style particulièrement mordant, voire incisif,  de B. Le Callet fait merveille dans cette chronique familiale acide qui offre une vision grinçante de la bonne petite bourgeoisie de province, certes en usant de quelques clichés éculés, mais on lui pardonne volontiers tant son ton grinçant, et son regard sans concession, sont réjouissants. Cette famille dont elle nous parle avec tant de cruelle lucidité, se pourrait être la mienne, la votre, la nôtre…c’est ce qui fait aussi la force de ce roman. Chacun se retrouvera certainement à revivre une situation vécue au sein de sa propre famille, que ce soit lors d’un mariage ou non.

Paradoxalement, si je me suis ennuyée parfois en cours de lecture, et pourtant, je dois malgré tout reconnaître que le roman m’a semblé finalement presque trop court. Le dénouement est notamment assez frustrant,  trop rapide par rapport au reste du récit, il nous laisse sur notre faim, et l’on se prend à regretter qu’il n’y ait pas une cinquantaine de pages supplémentaires. Histoire de clore les choses de manière plus approfondie.

En conclusion, une lecture sympathique quoiqu’un peu inégale. Quand certains chapitres font sourire, grincer des dents ou émeuvent, d’autres ennuient, ce qui déséquilibre la construction du roman.

En tous cas, Une pièce montée n’est pas un livre qui  laisse indifférent son lecteur. Bien au contraire. Positivement ou négativement, ce roman vous marquera pour un moment. Même si l’on peut déplorer un léger manque de profondeur et quelques longueurs gênantes, notamment dans la partie consacrée au prêtre (j’ai failli abandonner ma lecture à ce moment-là, c’est dire…).

Un roman contemporain loin d’être désagréable à lire donc, mais que j’aurai souhaité un peu plus transcendant.

[Challenge de Calypso, session Club « Club Dumas » d’Arturo Pérez-Reverte

 

 

 

Langue française – 448 pages | Traduit par Jean-Pierre Quijano

Temps de lecture : 3 semaines
Note livredeuxétoilessansplus

Synopsis

Lucas Corso est un détective d’un genre particulier, il est chasseur de livre. Il se voit confier deux missions : d’une part authentifier un manuscrit des ‘Trois mousquetaires’, comme étant de la main même de Dumas, de l’autre, enquêter sur un mystérieux livre de sorcellerie italien du XVe siècle. Sur son chemin, les cadavres s’amoncellent, une mystérieuse jeune femme le protège, des personnages échappés des romans de Dumas l’espionnent. Entre Tolède et Paris, le diable semble mener la danse…

Admirablement documenté, ce roman fait la part belle à l’érudition de son auteur. Oui, mais voilà: on s’ennuie terriblement à le lire. Car l’intrigue (entre ésotérisme et littérature) est lente, poussive, laborieuse, roborative.

Déjà, l’histoire peine à se mettre en place, et ne démarre qu’au bout de cent pages (et encore).

Le roman regorge de détails techniques, de termes barbares que seuls maitrisent, selon moi, les imprimeurs et les bibliophiles collectionneurs. Pour ma part, ce jargon m’a très vite perdue, et j’ai même sauté des pages de longues et lourdes explications.

Reliure, pagination, et massicotage, ne sont guère des sujets passionnants pour un thriller !

En définitive, je suis passée à côté de ce roman, pire, je ne suis jamais parvenue à rentrer dedans.

D’autant plus que la narration est prise en charge de manière singulière, la focale navigue d’un personnage à l’autre. Untel raconte ce que fait et vit Machin, et ainsi de suite… Confusionnant à souhait !

Je m’attendais à autre chose, en fait. À du palpitant, du suspense, quoi. Finalement, je n’ai trouvé que de l’ennui. Et une fin décevante.

Mon premier Perez-Reverte, et j’espère que j’apprécierai davantage les prochains (même si cette prise de contact manquée ne m’incite pas à renouveler le rendez-vous de sitôt!)

 

 

 

 

 

[Masse critique Babelio] « Zoo City » de Lauren Beukes

Editions Eclipse (2011) (Presses de la Cité)
333 pages | Traduit par Laurent Philibert-Caillat
Temps de lecture : 3 jours
Note coupdecoeur
Synopsis

Zinzi arbore un paresseux symbiotique sur le dos, une sale habitude de faire des arnaques et un talent rare pour trouver les choses perdues. Mais quand les flics lui confisquent sa dernière paie, elle doit se tourner vers le job qu’elle déteste le plus : retrouver les personnes disparues.Engagée par Odi Huron, un producteur renommé, pour retrouver une pop star pour ado disparue, elle pense avoir son ticket de sortie de Zoo City, la ville où les pires criminels d’Afrique du Sud et leurs compagnons animaliers symbiotiques tentent de survivre.Au lieu de cela, Zinzi doit s’enfoncer dans les bas-fonds de la ville, ravagés par la magie et la criminalité, où elle devra faire face aux sombres secrets de différentes vies passés… dont la sienne
.

séparateur

Cela faisait bien longtemps, en vérité, qu’ouvrant un livre pour  en lire les vingt premiers chapitres, je n’avais senti d’emblée se profiler le coup de cœur.   
Difficile pour moi de retranscrire par des mots, l’enthousiasme qui fut le mien à la lecture de cet excellent roman de SF. 
Peu adepte de ce genre au départ, (ma référence restait 1984 d’Orwell), ce roman dystopique m’a bluffée ! Tant par l’originalité de son univers,  la profondeur des concepts proposés, que par la  maitrise indéniable de l’auteure, qui tient son histoire d’une main de fer, tout en écrivant avec un style quasi-parfait : rythmé, ciselé, drôle et percutant. 
Jusqu’à présent, je n’avais lu de L. Beukes que le roman Les Lumineuses. Soyons honnête, si j’avais apprécie ce thriller-spatio-temporel pour son synopsis, le style ne m’avait pas plus impressionnée que le roman ne m’avait transcendé.
D’où mon agréable surprise en entamant ce bijou au style jouissif et irrésistible.

Le premier chapitre (le plus long de tous) pose immédiatement les bases de l’univers en nous plongeant aux côtés de Zinzi, une animalée, possédant le don de retrouver les objets perdus en suivant les liens lumineux qui relient l’objet à son propriétaire, et de Paresseux, son animal-conscience-culpabilité.

Celles et ceux qui ont lu l’intégrale de l’excellente saga jeunesse À la croisée des mondes (His Dark Materials) (que j’avais adoré il y a quelques années), seront sans doute surpris de rencontrer dans Zoo City, une idée assez similaire au concept d’animal/ âme liée à son propriétaire, utilisée jadis par Philip Pullman. La ressemblance ne s’arrête point là, car les deux auteurs mettent tous deux cette idée de génie au service d’un univers fascinant et tous deux l’utilisent comme un outil d’exploration de l’âme humaine, et de ses travers, afin d’interroger  les notions de péché, de culpabilité, et de repentir. Mais si l’idée d’un animal-lié à un être humain en tant qu’âme chez l’un, et en tant qu’incarnation de la culpabilité d’un individu ayant commis un acte répréhensible chez l’autre, L. Beukes pousse le concept vers la noirceur la plus absolue, en l’habillant de son propos désenchanté, et en le proposant dans une Afrique du Sud aussi crépusculaire qu’inattendue, où elle laisse libre cours à son imagination débridée pour nous donner à voir l’évolution terrifiante de nos sociétés contemporaines.

Ce qui m’a le plus séduit chez Zinzi, c’est son côté marginale, voire amorale, de  bad girl au passé trouble, et à la vanne facile. Cynique en diable, et pourvue d’un sacré punch, Zinzi (qui m’a souvent fait songer à Charley Davidson), porte le roman sur ses épaules. Non seulement, l’intérêt que nous éprouvons pour le personnage ne faiblit jamais, grâce au dévoilement progressif de son passé mais surtout celui-ci nous tient en haleine au fur et à mesure que les pièces du puzzle s’assemblent. Bien que sans foi ni loi, et volontiers cassante, Zee n’en demeure pas moins une héroïne des plus attachantes (attachiante ?), qui m’a ravi plus d’une fois par son caractère affirmé et son sens de la formule qui tue.
Du point de vue des personnages, Zinzi et Paresseux forme un tandem détonnant mais les personnages secondaires qui gravitent autour d’eux, apportent chacun leur lot de saveur au roman. Chacun d’entre eux étant des plus atypiques, perturbé, et extravagant.

Cette chronique vous semble par trop élégiaque ? Vous trouvez cela suspect venant de ma part ? Qu’à cela ne tienne ! En chipotant un peu, je peux tout de même vous dénicher quelques points négatifs ici ou là.

1) Le roman est très complexe à comprendre et exige une lecture attentive  (Mais est-ce vraiment un défaut, toutefois ?). 
Je ne le pense pas, bien au contraire. J’avoue donc sans honte aucune que certains passages m’ont semblés un peu nébuleux, mais rien qui handicape la lecture ou entache le plaisir que l’on y prend, rassurez-vous. 
2) Le roman comporte quelques petites longueurs et souffre de baisses de rythme occasionnelles (Essentiellement dans les inter-chapitres qui alternent avec l’intrigue principale : extraits de mail, de livres, d’articles, et de documents d’archives officiels …
3) L’enquête policière n’est pas d’un suspense insoutenable, ne vous attendez pas à du Agatha Christie 2.0 ou vous seriez déçus. Dans Zoo City, l’accent est surtout mis sur l’univers déjanté et les personnages qui ne le sont pas moins, d’ailleurs. Dès lors, la conduite de l’enquête devient prétexte à explorer un monde étrange,  ses systèmes de valeurs et ses codes sociaux, comme d’interroger des concepts divers et variés autant philosophiques, sociologiques que culturels.
4) Le dénouement de Zoo City est assez surprenant, mais un peu invraisemblable. En outre, une légère lassitude s’installe dans les derniers chapitres. Lesquels s’étirent un peu en longueur, mais la lecture reste agréable. De plus, je n’avais pas du tout deviné comment les différents arcs narratifs allaient trouver à s’assembler et à se résoudre dans la conclusion. Et j’ai tremblé pour les personnages principaux jusqu’à la toute fin du roman.
Au regard de « ces petites réserves », Zoo City est donc un petit coup de cœur, mais un coup de cœur tout de même. 
À découvrir et à faire découvrir.

Je remercie donc triplement Babelio. En premier lieu, pour m’avoir accordé une fois de plus leur confiance, deuxièmement pour l’envoi de ce roman SF (que je n’aurai sans doute jamais lu si le sort n’en avait décidé autrement) et enfin pour l’immense plaisir que m’a procuré sa lecture.

 

[Challenge « Le Choix du Chapelier Fou Spécial Sagas (Avril)] « Une Aventure d’Alexia Tarabotti, Le Protectorat de l’ombrelle, 3, Sans honte » de Gail Carriger

 

Editions Orbit (2012)

310 pages

Temps de lecture : 2 jours

Note cinqétoilesexcellent

Synopsis

Miss Alexia Tarabotti, devenue Lady Alexia Woolsey, se retrouve dans une situation délicate. C’est LE scandale de la saison. Elle doit s’enfuir en Italie, à la recherche de réponses. 
Une histoire de vampires, de loups-garous et d’imprévus…

séparateur

Encore un très bon tome à l’actif de cette saga qui n’en finit pas de me séduire.

L’éloignement entre Alexia et lord Maccon rend peut-être la lecture un peu moins piquante car ils passent peu de temps l’un avec l’autre. Leurs joutes verbales endiablées manquent.

Alexia, bien que toujours fidèle à elle-même, montre une facette vulnérable de sa personnalité et Lord Maccon en mari qui noie son chagrin dans la bouteille différe de ses précédentes apparitions. Tous deux sont irrésistibles.

Ce tome malméne l’héroïne (tout le monde veut la tuer à commencer par les vampires) ce qui offre des saynétes savoureuses (les coccinelles) et nous permet de voyager en Europe.  L’humour est toujours présent. Surtout dans les dialogues entre Alexia et Mme Lefoux et Maccon et Lyall tous irrésistibles de drôlerie.Le pince sans rire, Floote n’est pas mal non plus de même que la charmante Ivy, trés amusante dans son genre. Comme dans le tome précédent, Mme Lefoux apporte avec elle une bonne dose de steampunk, ce qui est fort appréciable.

Ce tome brille par ses dialogues et son rythme enlevé qui régale en scénes d’action décoiffantes et en Ombrelleassaut ! Les luttes claniques et politiques sont un peu trop présentes mais nécessaires. C’est l’un des aspects qui m’intéresse le moins.

L’intrigue met en place des axes prometteurs pour la suite. Nous ne sommes pas au bout de nos surprises.

Encore une fois, CHAPEAU à Gail Carriger pour sa plume et ses idées ! 

« Le choix du Chapelier fou : Spécial sagas » (Octobre)

[LC] « Oscar Pill, 1, La révélation des Médicus » d’Eli Anderson

Editions France Loisirs (2009)

571 pages

Temps de lecture : 3 jours

Note livredeuxétoilessansplus

Synopsis

Je m’appelle Oscar Pill et je ne suis pas un garçon comme les autres. Je suis un Médicus : j’ai le pouvoir extraordinaire de voyager dans n’importe quel corps vivant. Comme mon père, qui fut autrefois un célèbre Médicus avant de disparaître. Aujourd’hui, l’humanité entière est à nouveau menacée : Skarsdale, le sombre Prince des Pathologus, s’est échappé de sa prison. Et moi, j’ai été choisi pour l’affronter. Il me faut braver tous les dangers et rapporter un Trophée d’un endroit où je ne suis jamais allé. Un univers mystérieux qui se trouve… dans le corps humain.

séparateur

J’ai aimé l’univers assez original (bien qu’il fasse songer à Harry Potter). L’imaginaire de l’auteur est plutôt riche et visuel,le principe de l’intrusion corporel est amusant mais le reste : bof  bof.

Les débuts sont pourtant sympas, on découvre l’univers on suit Oscar dans ses premiers pas d’apprenti, on fait quelques voyages dans le corps humain avec lui et aprés plus grand chose. Ce devient bavard et plat. C’est dommage car il y a beaucoup de bonnes idées (la maison aux objets enchantés, les livres qui parlent, les statues qui conservent l’âme des défunts…) mais leur traitement est trop simpliste.

C’est lent, c’est long et vraiment très enfantin tant dans le style que dans la psychologie des personnages assez ras-des pâquerettes. Oscar est vraiment puéril parfois. On ne croirait jamais qu’il a douze ans ! Seul le personnage décalé de Juliette, sa grande soeur, m’a fait sourire.

Jet j’ai fini par trouver le temps long. D’autant qu’il existe un ventre mou au milieu qui m’aura été fatal. J’ai décroché à ce moment-là et n’ai plus vraiment réussir à retrouver mon intérêt premier. Je me suis forcé à le finir par respect pour les autres participants de la LC. A la fin, j’avais hâte d’en terminer, je m’ennuyais. Il ne se passe pas enormément de choses même pour un tome d’introduction.

Ce premier tome souffre du manque de méchants.

Peut-être que maintenant que les bases sont posées, le tome deux prendra pluq de risques, sera moins lisse, plus audacieux ? A voir…

« Avant toi » de JoJo Moyes

Editions Milady (2013)

475 pages

Temps de lecture : 2 jours

Note  4étoiles-trèsbonmais

Synopsis 

Quand Lou apprend que le bar où elle est serveuse depuis des années, met la clé sous la porte, c’est la panique. En pleine crise, dans ce trou paumé de l’Angleterre, elle se démène pour dégoter un job qui lui permettra d’apporter à sa famille le soutien financier nécessaire. On lui propose un contrat de six mois pour tenir compagnie à un handicapé. C’est alors que la jeune femme découvre Will, un jeune tétraplégique qui rêve de mettre fin à ses jours. Lou n’a que quelques mois pour le faire changer d’avis.

séparateur

Une question pour commencer : Pourquoi les handicapés sont ils toujours plein aux as dans les fictions ? Pour connaitre le handicap dans mon entourage proche, je peux vous dire que lorsque qu’on a pas les moyens financiers confortables des parents de Will, la vie quotidienne est autrement plus difficile même avec les aides sociales, il n’est pas aisé de se faire seconder dans les soins médicaux ou d’acquérir du matériel médical souvent plus cher qu’une voiture neuve. Cet aspect-là des choses m’avait déjà beaucoup agacé dans Intouchables à l’époque. 

(Fin de la parenthèse).

Depuis, toujours favorable à accorder une mort digne a qui la réclame, j’ai trouvé que ce roman, plutôt agréable à lire au demeurant, était un peu – du moins au départ – desservi  par sa maniére simpliste et unilatérale ou presque d’aborder le sujet de l’euthanasie, presque uniquement sous l’angle religieux. « Notre religion l’interdit » ou pire comme un meurtre ! A mes yeux, l’euthanasie étant un suicide assisté, ce genre de réfléxions a toujours tendance à me faire me demander (comme le fait d’ailleurs Jojo Moyes dans le roman, un bon point pour elle) comment quelqu’un peut-il juger de la qualité de vie et de la somme des souffrances des personnes prisonnières de leur propre corps. Heureusement, l’auteure a ensuite l’intelligence d’enrichir ce faisceau d’avis sur l’euthanasie en offrant d’autres points de vue (dont surtout ceux des malades) grâce aux échanges que Lou a via un forum spécialisé, ce qui permet à J. Moyes, sans avoir l’air d’y toucher, des arguments en faveur de la mort assistée, et un autre hourra pour elle, sans que cela soit fait de manière lourde et appuyée.  

Venons-en aux personnages : si Will est attachant de par son esprit caustique, son intelligence et sa détermination à vivre (et mourir) comme il l’entend, j’ai trouvé que J, Moyes avait bien dosé son personnage, entre force, fragilté, humour et pudeur. Un personnage qui m’a fait songer à Augustus dans Nos étoiles contraires de John Green. J’avoue avoir eu plus de mal avec Louisa. (une sorte de Bridget Jones en moins sympa et rigolote) qui m’a agacé dans une bonne moitié du roman. Le personnage bénéficie ensuite d’une évolution intéressante. Mais au début, Louisa est assez antipathique (de même que la plupart des seconds rôles). Son mépris initial envers les personnes âgées et les handicapés (vu comme des gens à torcher selon elle), et sa façon de  ramener toujours tout a elle, nous la montre comme égoiste et peu compatissante.  Même si rencontre avec Will la fera ouvrir les yeux et grandir enfin.  will en fait une personne meilleure et c’est l’une des plus belles réussites du roman.

Le pire étant sa réaction en apprenant le « projet » de Will. D’abord, elle est furieuse qu’on l’ai engagé pour surveiller le jeune homme. Elle est surtout choquée d’avoir été prise pour une idiote plus que par la décision du malade, dirait-on. Puis ensuite, sa réaction devieny franchement déplacée.  De quel droit peut-elle se permettre au bout de 2 mois de juger la mére de Will qui vit cela depuis 2 ans ou se mêler ainsi de la décision de ce dernier. Enfin, que dire de ce chantage ! de cette bienpensance insupportable chez elle et chez son entourage. Insupportable. Aprés, il est évident que cette réaction première est nécessaire pour illustrer l’évolution du personnages dans la deuxième moitié et puis cela a aussi le mérite de faire réfléchir le lectorat sur sa propre conception de l »euthanasie. C’est un mal pour un bien. Mais ces passages ont été difficiles à lire pour moi. 

Pour terminer sur une note plus positive, j’ai bien aimé voir nos deux héros s’apprivoiser jour après jour et devenir amis. Une jolie histoire d’amitié amoureuse écrite avec finesse et pudeur mais qui n’évite pas les clichés. Un effort est fait pour montrer le handicap de façon réaliste mais la fin est prévisible et certaines situations déjà vues ou lues ailleurs.Mais Avant toi a le mérite de poser des questions pertinentes sur le handicap et d’aborder un sujet encore tabou : l’euthanasie. 

L’écriture de J. Moyes est trés efficace, jamais larmoyante et le ton toujours juste, si bien que malgré quelques passages un peu faiblards, on devore ce roman sans s’en rendre compte. Néanmoins, sur un sujet assez proche, j’ai nettement préféré Nos étoiles contraires.