Tagué: Guerre

[Challenge de Calypso, session Sang]« Les lunes de sang, 1» d’Anaïs Cros

2006 Editions Nestiveqnen (Fantasy)

Française Langue française – 464 pages

Temps de lecture : une semaine

Note4étoiles-trèsbonmais

Synopsis

Evrahl, nain et médecin, a perdu toute sa famille lors de la guerre des Vingt Lunes. Décidé à les venger, il se rend à Lunargent, cité royale de Mortelune, pour y comploter l’assassinat du roi Torn, responsable à ses yeux de la mort des siens. S’installant au cœur de la cité, il partage le logement d’un étrange personnage. Listak, demi-lunaire brillant et excentrique, possède des dons d’observation et de déduction hors du commun. Une relation d’amitié se noue peu à peu entre les deux colocataires, mais Listak s’avère être un proche du roi Torn. Les choses se compliquent encore davantage lorsque le souverain demande à Listak d’éclaircir les menaces qui pèsent sur lui. Pris entre deux feux, Evrahl devra choisir entre son désir de vengeance et son amitié naissante, tout en échappant à une enquête qui se rapproche de plus en plus de lui…

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Ce roman de fantasy français possède un charme tout Holmesien. Rien d’étonnant à cela : La saga d’Anaïs Cros est une transposition  des aventures de Sherlock Holmes et du Docteur Watson de Conan Doyle dont l’auteur est une amatrice éclairée comme on peut s’en apercevoir en lisant Les Lunes de sang : A. Cros maîtrise son sujet sur le bout des doigts..

On retrouve dans ce premier tome l’univers du célèbre héros de C. Doyle avec ses codes, ses références, ses gimmicks (Élémentaire mon cher Watson (même si, on le sait, ce dialogue n’apparaît dans aucun roman de Doyle mais dans les adaptations ciné), et ses détails légendaires (le génie du personnage, la fameuse pipe, le penchant pour la drogue du détective et son faible appétit, le violon qui devient ici une lyre) et les personnalités de ses deux célèbres héros. Le tout s’accompagne des éléments fantasy si chers à Tolkien : nains, elfes, magie, lutins…

La transposition fantasy est astucieusement exécutée : rien à redire de ce côté-là. Maintenant passons à ce qui fâche.

Les personnages ne se démarquent pas assez à mon goût de leurs modèles (On a tout de même l’impression de lire Sherlock et Watson au pays des Nains et des Elfes). Néanmoins Evrahl (Watson) et Listak (Sherlock) sont sympathiques et savent se montrer attachants. Nous les accompagnons dans leur enquête avec un certain plaisir.

Cependant, même si l’écriture est belle et les descriptions abondantes et soignées, on a justement l’impression que ces longues descriptions travaillées servent de paravents pour tenter de masquer un scenario bien mince tout comme le fait qu’il ne se passe pas grand-chose dans ce premier tome qui s’étire en vain. 100 pages de moins et ce roman serait déjà plus digeste, il y a beaucoup de pages  inutiles, en regard de leur faible apport dans la trame générale du récit.

C’est, avec la belle écriture d’A. Cros, l’atout principal de cette transposition sympathique, hélas fortement handicapée par ses nombreuses longueurs et son trop grand nombre de pages inutiles. Un tome inaugural prometteur mais il faudra confirmer l’essai. J’espère que la suite me convaincra davantage…si je la lis.

[Challenge de Calypso, session « cœur»], « Chroniques des Féals, Cœur de Phénix » de Mathieu Gaborit


2003 Éditions J’ai Lu (Fantasy)

Française Langue française – 282 pages

Temps de lecture : 3 jours

Note 3étoilesbon

Synopsis

Qui ne connaît pas la Tour Écarlate ? Ce donjon de pierre rouge qui domine le village de Sédénie, au cœur de l’Empire de Grif’. Ici on ose à peine murmurer son nom… Le mystère et la magie qui entourent ces lieux imposent une crainte respectueuse à la population. Ceux qui vivent à l’intérieur ne se montrent jamais. Au plus fort de l’hiver, lorsque la neige a barré l’unique route menant au delà des montagnes, les anciens content les légendes liées à cette tour couleur de sang. Ils évoquent la vision fugitive de silhouettes encapuchonnées dont le regard étincelle comme des rubis. Ils parlent aussi du vol majestueux de créatures de feu qui prennent leur essor depuis le couronnement de la tour. Mais aucun d’entre eux ne connaît la vérité, aucun d’entre eux ne peut l’imaginer… Qui sont ces sages de la guilde qui sont chargés, depuis l’aube des temps, de garder un terrible secret ? Qui sont les phéniciers ? Pourquoi se cachent-ils derrière les murs de cette tour, adeptes mystérieux consacrant leur vie aux fabuleux Phénix ? Januel est l’un de ces disciples. Son talent remarquable lui vaut d’être choisi pour faire renaître le Phénix de l’empereur de Grif’. Cette Renaissance doit sceller l’alliance de l’empire avec les autres pays. Une guerre se prépare. Leur ennemi : la Charogne, le royaume des morts. Mais un événement inattendu va changer la cérémonie en drame et jeter Januel sur le chemin d’une fantastique aventure…

 

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Une très bonne mythologie qui mêle adroitement les légendes et leurs incarnations : phénix, griffons, dragons, licornes, sirène…, un personnage central sympathique, quoique pas forcément très attachant, des compagnons de route intéressants mais parfois trop vite sacrifiés sur l’autel de l’action, un parcours initiatique classique pour le genre, des luttes de pouvoirs, un climat politique trouble, des adversaires monstrueux issus d’un monde parallèle, mais une exécution moyenne, une mise en œuvre paresseuse et au final, un premier tome assez mou et longuet. Certains aspects de l’histoire sont convenus, déjà-vu et prévisibles mais l’originalité de la mythologie des Féals sauve l’ensemble de l’ennui.

Mathieu Gaborit possède un style plaisant, le roman est plutôt bien écrit dans l’ensemble si l’on excepte certains flottements narratifs, les nombreuses répétitions (un même mot peut revenir 3 fois dans une seule phrase !), l’abus de descriptions et le fait que celles-ci se ressemblent toutes un peu (j’ai failli faire une indigestion du mot « coudées » !, tant il revient fréquemment!).

Tous les ingrédients fantasy sont réunis pour que cela fonctionne, hélas, la recette manque un peu de saveur, une pincée d’audace , et un soupçon d’inattendu, auraient certainement fait davantage exploser le chaudron magique !

Un ressenti en demi-teinte, donc. Mais je lirai sans doute la suite. Cependant, je n’en ferai pas une priorité, la fin de ce tome ne proposant guère de suspense insoutenable, je ne me jetterai pas sur le tome 2.

[LC] « La Maitresse de Rome » de Kate Quinn

Editions Presses de la Cité (2012)

535 pages | Traduit par Catherine Barret

Temps de lecture : 3 jours

Note cinqétoilesexcellent

Synopsis

Jeux du cirque, complots, banquets, orgies… Dans cette formidable saga antique, Kate Quinn fait revivre avec panache l’univers dépravé et sanglant de la Rome du Ier siècle.

Jeune esclave juive soumise aux caprices de l’arrogante Lepida Pollia, sa maîtresse, Thea connaît pour la première fois le bonheur dans les bras du gladiateur Arius le Barbare, la nouvelle coqueluche de Rome. Mais leur idylle attise la jalousie de Lepida, qui s’emploie de son mieux à les séparer.
Cette dernière n’est pas le seul obstacle à se présenter sur la route des deux amants. Grâce à ses talents de musicienne, la belle Thea ne tarde pas àêtre remarquée de l’aristocratie romaine… et d’un dangereux admirateur : l’empereur Domitien, un homme brillant mais cruel qui en fait sa favorite. Devenue la femme la plus influente de Rome, Thea doit plus que jamais garder son amour pour Arius secret.

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Le début est très accrocheur. L’auteure nous plonge immédiatement dans le vif du sujet et nous nous attachons rapidement à Théa et à Arius. A l’instar du couple vedette, certains personnages secondaires sont agréables à côtoyer.

Les combats de gladiateurs sont décrits avec un vrai souci du détail. Visuels et haut en couleurs qu’ils témoignent de toute l’horreur de ces pratiques anciennes, ancêtres de la TV-reality dont nous abreuve aujourd’hui nos chaines de télèvision. J’ai retenu mon souffle plus d’une fois en regardant Arius lutter dans l’arène, et comme Théa, tremblé en craignant pour sa vie.  Les personnages sont très réussis, certains sont  attachants, d’autres plus ambigus, ils restent difficiles à cerner jusqu’au bout, quelques-uns qu’on adore détester. L’envie nous démange d’en frapper certains ou d’en consoler d’autres.  On espère, on se sent aussi nostalgique que Théa. On grimace de frustration et on crispe les poings de colére, maudissant le sort qui accumule les malheurs dans l’existence des personnages que l’on apprécie tandis que des envies de vengeance s’emparent de nous face à d’odieux comportements.

J’ai beaucoup aimé me promener dans cette Rome antique somptueusement décrite.  Autant que de pénétrer dans le secret d’une école de gladiateurs, dans les coulisses du pouvoir romain, et être de toutes les trahisons et les complots politiques.  

Ensuite, l’intrigue se relâche un peu et un creux s’installe au coeur de l’intrigue. Cela correspond au moment où nous perdons Théa et Arius de vue pour nous retrouver propulsés aux côtés des personnages secondaires. Le roman très long aurait peut-être d’ailleurs gagné  à être plus concentré sur son intrigue principale car ce premier tome abandonne souvent sa trame principale pour partir dans des sous-intrigues parfois ennuyeuses comme celles qui concerne les campagnes guerrière de César ou les arcanes de la politique romaine . Pour le reste, les intrigues secondaires sont également intéressantes comme celle de Paulinus et de son père (j’ai beaucoup aimé le vieux sénateur). 

Un indéniable élan romanesque parcourt ce livre mais quelques lourdeurs ralentissent le rythme, dés lors que politique et guerre sont abordés. Et l’on se prend à rêver que le bien et l’amour triomphent à la fin et que le destin réunisse enfin les amants maudits qui traversent tout le roman, le cœur brisé et l’âme en peine.  Une reconstitution historique documentée et riche en détails, couleurs et parfums. Une écriture vivante qui fait voyager (Merci à la traductrice Catherine Barret) et un texte sensuel et sensitif qui procure des émotions, des frissons et accélère les battements du coeur. 

Au final, un retour réussi dans l’antiquité romaine. Malgrè quelques petites réserves, j’ai beaucoup aimé ce roman historique documenté, sensuel et voluptueux et qui propose en prime une très jolie histoire d’amour interdit. Cependant, il m’a manqué un petit quelque chose pour que ce soit un coup de coeur. 

[Challenge « Le Choix du Chapelier Fou Spécial Sagas (Juin) + Baby-Challenge Fantasy 2013] « Tara Duncan, 3, Le sceptre maudit » de Sophie Audouin-Mamikonian

Editions Flammarion (2008)

381 pages

Temps de lecture : 2 jours

Note livredeuxétoilessansplus

Synopsis 

Tara Duncan, la jeune princesse magicienne, doit précipitamment quitter la Terre pour AutreMonde : sa mère, Selena, a été blessée lors d’un attentat. Et le cruel Magister, maître des Sangraves, que tous croyaient disparu, est de retour. Avec l’aide d’une immense et redoutable armée de démons, il prétend s’emparer de l’Empire d’Omois. Et peut-être éradiquer ensuite la race des dragons… D’ailleurs qui pourrait résister au pouvoir du Sceptre Maudit dont il est désormais le détenteur et qui prive de leur magie les sortceliers d’AutreMonde ? L’Impératrice et l’lmperator capturés, Tara se retrouve seule, à quatorze ans, à la tête de l’Empire pour mener une guerre perdue d’avance. Aidée de ses amis, l’elfe Robin, Fabrice, Moineau la  » Bête « , Cal l’astucieux Voleur, la naine Fafnir et de son arrière-grand-père le chien Manitou, la jeune Impératrice doit prendre tous les risques. Une fois encore, il lui faut affronter Magister, ses hordes et ses espions ainsi que son terrifiant tueur : le Chasseur. Les pouvoirs de Tara Duncan ne cessent de grandir mais sa magie pourra-t-elle empêcher l’armée des démons de déferler sur l’Univers ?

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Un tome hybride où l’auteure tente de quitter le domaine de l’enfantin pour un monde plus adolescent. L’effort est louable. Rendre la saga plus adulte est une bonne idée mais l’assombrissement progressif qu’essaie de mettre en place S. A-M entre en collision avec l’univers premier de la série et de ce fait, fusionne mal avec les éléments enfantins qui sont les bases de ledit univers si bien que l’évolution est peu convaincante et ce tome devient plus que brouillon. 

Le résultat est bancal. Tout comme le style, dans un premier temps très basique pour être a la portée des plus jeunes, il se retrouve parfois pollué par des mots savants, à moins sens, inadaptés au lectorat visé comme  par exemple « casuistique ».

Visiblement, l’auteure a fait de ce troisième tome, un tome de transition pour faire entrer ses personnages dans l’adolescence, les premiers émois amoureux et les flirts de jeunesse, mais cela est maladroitement exécuté, la transition est balourde et manque de subtilité. Bien qu’âgés de 14 à 17 ans. Tara et ses amis restent toujours assez puérils.

Quant à l’intrigue, elle multiplie les événements avec précipitation. Meurtres, enlèvements ou guerre trouvent une issue favorable en quelques pages. Ce n’est pas crédible.  Les ficelles sont grosses, les péripéties maladroitement amenées dans l’histoire.

Je lirai peut-être le 4 pour voir si l’auteure réussira à rendre son univers plus mois rose bonbon, ce qu’elle a commencé à faire avec ce tome. Malgré que l’univers reste encore trop sirupeux « petites fées à paillettes et gentils dragounets ». 

« Le choix du Chapelier fou : Spécial sagas » (Octobre)

[LC + Thriller Baby Challenge 2013] « Enfants de la paranoïa » de Trevor Shane

Editions Michel Lafon (2012)

363 pages

Temps de lecture : 3 jours

Note 3étoilesbon

Synopsis

Règle un : on ne tue pas les innocents
Règle deux : on ne tue pas les ennemis de moins de 18 ans

Depuis des siècles une guerre clandestine, ignorée du commun des mortels, oppose deux anciens clans qui se déchirent au nom du Bien et du Mal. Des deux côtés : des assassins endoctrinés et entraînés dès leur plus tendre enfance à haïr et détruire le camp adverse. Artistes de la dissimulation, ils maquillent leurs meurtres en actes de violences aléatoires : des affaires qui curieusement ne sont jamais résolues. Joseph, vingt ans, est l’un de ces tueurs d’élite. Plongé dans la brutalité depuis sa naissance, il ne connaît qu’une réalité : tuer ou être tué. Mais lors d’une réunion dans le New Jersey, il tombe dans une embuscade tendue par l’ennemi. Échappant de peu à ce piège mortel, Joseph se réfugie à Montréal où il rencontre Maria, une jeune innocente de seize ans. Pour la première fois, son esprit froid et impitoyable chancelle. S’il veut sauver la femme qu’il aime, il doit abandonner la vie qu’il a toujours connue et les gens qui ont combattu à son côté. Osera-t-il transgresser les règles et protéger une autre vie que la sienne ? Une seule vérité demeure : le premier à tuer est le dernier à survivre. Toutes les guerres ont des règles. Si vous les enfreignez, vous devenez la cible.

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Vraiment déçue. La classification jeunesse/SF est trompeuse. Elle m’avait fait attendre autre chose de ce roman. Pour tout dire, la SF, je la cherche encore… Je n’ai pas trouvé le début d’un commencement de science-fiction ou de fantastique dans cette histoire qui ressemble davantage à du Tarantino ou du Besson version junior.

Déjà, tout va trop vite dans ce roman. L’auteur confond vitesse et précipitation. La mise en place de l’univers est bâclée, sous le prétexte fallacieux de rester « flou », l’auteur fait de la rétention d’information et ce faisant décourage le lecteur de s’impliquer plus avant dans l’histoire. Le fait de ne rien expliquer permet aussi de dissimuler le fait que le roman pour moi manque cruellement de fond, pour ne pas dire de profondeur.

Sur le même principe, l’histoire entre les deux personnages principaux, faute d’être installée correctement au cœur de l’intrigue, ne parvient pas à être crédible. Le couple vedette n’est absolument pas touchant. Ce sont des gamins immatures et égoïstes, Roméo et Juliette de seconde zone, qui ne réfléchissent pas plus loin que le bout de leur nez et dont à aucun moment, je n’ai senti la véracité des sentiments qu’ils sont censés éprouver l’un envers l’autre. Ils passent leur temps à se disputer, se crier dessus et à se plaindre d’une situation dont ils sont les seuls responsables. Franchement, insupportables ces deux-là !

Mais le pire, c’est ce recours systématique à la pirouette scénaristique dont abuse l’auteur pour ne pas dévoiler aux lecteurs le pourquoi du comment d’une guerre qui fait rage depuis des siècles en mobilisant de gros moyens à l’insu du peuple lambda. C’est trop facile d’éluder les tenants et les aboutissants d’un haussement d’épaule. Pour ma part, pour entrer dans une histoire et m’attacher à des personnages, j’ai besoin d’un minimum d’explications, de quelques bases de réflexion, d’un petit quelque chose à me mettre sous la dent ! Là, nada. On ne saura jamais rien du pourquoi du comment et c’est hautement préjudiciable au roman. Faute de comprendre un minimum ce qui se passe, je me suis rapidement désintéressée de l’affaire et j’ai laissé les personnages s’entretuer sous mes yeux, sans émotion. Je n’ai pas réussi à m’impliquer, me suis sentie mise à l’écart du début à la fin (que j’ai vu arriver avec soulagement d’ailleurs !).

Comme le roman est en plus branché sur courant alternatif, il y a de nombreux passages (entre deux scènes de tueries et de courses-poursuites) où l’on s’ennuie ferme à lire les atermoiements incessants des personnages pris dans un road-movie bancal, répétitif et lassant qui ne m’aura happée que par intermittence.

Un dernier chapitre haletant n’a pas suffit à me faire revenir sur mon impression première et mon goût de trop peu. L’intensité arrive trop tard, de même que l’émotion, pour me donner envie de lire la suite.  Je n’en vois pas l’intérêt si l’auteur continue ainsi à snober son lecteur.

Je m’attendais vraiment à tout autre chose et c’est une grosse déception pour ma part.

« Warbreaker » de Brandon Sanderson

Editions Orbit (2012)

547 pages

Temps de lecture : 5 jours

Note coupdecoeur

Synopsis

Voici l’histoire de deux sœurs, Vivenna et Siri.

L’histoire du Dieu-Roi que l’une d’entre elles doit épouser, et de Chanteflamme, un autre Dieu qui n’aime pas son travail. Celle aussi de Vasher, un immortel qui tente de réparer les erreurs qu’il a jadis commises, et de Saignenuit, sa mystérieuse épée. Dans leur monde, celui qui meurt auréolé de gloire devient un dieu. Il vit dans le panthéon de la cité d’Hallandren, et utilise la magie biochromatique, la magie du Souffle. Un Souffle qu’on ne peut récupérer qu’une fois, sur un individu à la fois.

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Un coup de cœur (malgré quelques longueurs et digressions un peu lourdes).

Je vais être très élogieuse sur ce roman qui m’a coupé le « souffle » avec son univers unique et sa sublime mythologie. Les lecteurs comprendront plus loin de quoi il retourne 😉

Sanderson est l’un des meilleurs auteurs fantasy de ces dernières années. Warbreaker le confirme.

Sa fantasy divertissante et ludique qui s’aventure hors des sentiers battus est un plaisir sans cesse renouvelé.

Ses mythologies sont travaillées, maitrisées, originales, bref : grandioses !  Ce monsieur déborde littéralement d’imagination. J’en veux pour preuve l’idée de génie sur laquelle repose Warbreaker, à savoir la magie chromatique s’exerçant au travers du SOUFFLE et pouvant redonner vie aux morts et vie aux objets rien qu’en puisant dans la force des couleurs (on pourra penser à la mythologie mise en place par Mathieu Gaborit dans son roman Chronique du soupir que j’avais adoré). Une grandiose idée en elle-même mais ce qui me ravit, c’est que le traitement est parfaitement à la hauteur des ambitions suscitées par le sujet du roman. Le fond, la forme et l’originalité sont au diapason l’un de l’autre.

La manière dont Brandon Sanderson construit ses univers, au niveau social, politique et religieux, est stupéfiante tant ces sociétés imaginaires fourmillent de poésie et de magie ainsi que d’un luxe de détails savoureux à souhait.

Les personnages sont charismatiques en diable. Je suis tombée sous le charme de Chanteflamme, le dieu rappelé d’entre les morts, un magnifique personnage à la fois drôle, touchant et profond comme on en rencontre rarement mais aussi de Vasher, qui forme un duo très comique avec Saignenuit, son épée très bavarde. Le Dieu-Roi m’a fait passer par diverses émotions lui aussi. A commencer par la crainte mais aussi l’impatience de mieux le découvrir. Sans oublier la bande de mercenaires qui aide Vivenna à mettre son plan en action et qui sont très folkloriques dans leur genre eux aussi. Les personnages féminins sont tout aussi passionnants à suivre et à voir évoluer tout au long du récit. Si au départ, ma tendresse allait vers Siri, la sœur cadette, le personnage de Vivenna m’agaçant beaucoup, j’ai changé d’avis en cours de lecture pour finir par m’attacher davantage à elle qu’à Siri. Que dire à part que tous les personnages sont si formidablement complexes et dotés d’une telle profondeur qu’on ne cesse de s’interroger sur eux et de changer constamment d’opinion à leur égard. Ils ne sont pratiquement jamais ce qu’ils semblent être et le lecteur va de surprise en surprise. L’auteur prend un malin plaisir à construire son intrigue sur un tombereau de faux-semblants.

La fin ne m’inspire qu’un seul mot : EPIQUE !  Révélations, trahisons, combats, tortures, débauche de magie… L’auteur a su me surprendre avec brio. Et quel plaisir d’obtenir des réponses satisfaisantes à toutes ses questions.

En dernier lieu, j’ajouterai que le fait que le roman soit un one-shot contribue également à sa réussite et à l’efficacité de l’intrigue, en minimisant les défauts inhérents aux premiers tomes de saga fantasy tout en réduisant les longueurs qu’on peut parfois avoir à subir dans Fils-des-Brumes par exemple. Grâce à cela nous n’avons pas la désagréable sensation que l’auteur « en garde sous le coude » pour les prochains tomes.

Vous l’aurez compris, je suis conquise. 

« Hush, Hush, 4, Finale » de Becca Fitzpatrick

finale

finale

Titre original : Hush, book 4 : Finale (2012)

Editions du Masque (MSK) (2012)

400 pages

Temps de lecture : 2 jours

Note 4étoiles-trèsbonmais

Synopsis

En tombant amoureuse de Patch, un ange déchu, Nora a dit adieu à une vie ordinaire. Pourtant, elle ne s’attendait pas à se retrouver à la tête d’une armée de néphilims, les ennemis jurés de celui qu’elle aime. Alors que leur histoire d’amour est plus dangereuse que jamais, Nora se retrouve face à un choix impossible : prendre le commandement des néphilims et déclarer la guerre à Patch ou refuser le combat et condamner à mort sa famille et ses amis.

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C’est avec une petite pointe de nostalgie que je rédige ce billet sur le dernier tome de la saga Hush, Hush. Mon ressenti global est positif, même si la série est loin d’être parfaite ou exempte de défauts, je recommande sa lecture car elle fait passer de bons moments et offre une mythologie originale ainsi qu’une charmante histoire d’amour. Et puis rien que pour découvrir le fameux Patch, il faut découvrir Hush, Hush. Je sens que Nora, Patch et Vee vont beaucoup me manquer, c’est certain.

En fermant le troisième tome, Silence, une suite ne m’apparaissait nullement nécessaire, ne voyant pas vraiment ce qu’un quatrième segment pourrait apporter de plus à l’histoire de Patch et Nora. Mais je me trompais. Et ce Finale est une bonne surprise en fait. L’intrigue est très bien menée et reprend bien à son compte tous les arcs narratifs développés dans les tomes précédents. Ce dernier tome clôt la série de manière plus que satisfaisante. Même si on pourra tout de même regretter un certain manque d’explications sur certaines choses ou que certaines difficultés se résolvent un peu trop vite et facilement.  Je ne suis pas du tout déçue par cet ultime rendez-vous. Bien au contraire, je pense que c’est, conjointement avec le 1, le meilleur tome de la saga.

Finale est un tome très sympathique (un peu inférieur au premier qui restera largement mon préféré, mais légèrement supérieur à Silence), bien rythmé et riche en rebondissements notamment en coups de théâtre dans les derniers chapitres. C’est d’ailleurs, une chance que l’intrigue soit prenante car elle a la lourde tâche de suppléer au manque de charisme du couple principal. Après des débuts explosifs dès le premier tome, le duo Patch/Nora, ça m’ennuie de le dire, n’a pas cessé de décliner et de perdre en intensité au fil des tomes. Dans Silence, j’avais déjà trouvé que leur relation était devenue répétitive et tiède. Ce n’est pas forcément mieux dans Finale, à l’exception de quelques jolies scènes de tendresse, le lecteur pourra trouver l’interaction entre Nora et Patch assez mièvre et ennuyeuse pendant la majorité du roman (à un moment donné les grandes déclarations d’amour, les câlins/bisous sur le front et les scènes de jalousie, ça lasse). De fait, il faut attendre les 100 dernières pages pour que ça devienne un peu plus « caliente » entre nos deux tourtereaux et pour qu’on retrouve un peu de la passion des débuts.

Mais j’avoue que Patch m’a semblé moins incisif et plus sirupeux que dans ses grandes heures de gloire. Pour les dialogues lestes et les remarques coquines, mieux vaut relire le premier tome car dans Finale, les échanges entre les amoureux sont surtout « fleur bleue » et restent relativement sages sauf à la fin où on a enfin l’impression de retrouver Patch tel qu’on l’aime : sexy et flamboyant avec toujours une allusion grivoise à la bouche.

Nora se dévergonde un peu et j’ai aimé voir son personnage s’affirmer et devenir moins lisse et moins pleurnichard. B. Fitzpatrick nous montre la face obscure de son héroîne et ce faisant, lui fait prendre plus d’épaisseur. Vee n’est plus vraiment elle-même non plus. On peut penser bien sûr qu’elle a mûri mais je ne l’ai pas trouvé aussi drôle qu’avant (bon, elle est toujours aussi excentrique et fofolle tout de même, ouf !). Vee est moins fun et je dois dire qu’on  a du mal à croire à l’évolution de son personnage. Ce qui lui arrive n’est pas très crédible.

Scott m’est devenu plus sympathique, lui, auquel pourtant je n’adhérais pas forcément dans les tomes précédents. Quant à Marcie, j’avoue qu’elle m’a intriguée tout du long. On ne sait pas trop quoi en penser. Ni d’elle, ni de sa façon d’agir et c’est un des points les plus intéressants de ce dernier tome.

Si je fais le bilan, sur quatre tomes, un seul m’aura vraiment déçue, le deuxiéme. Les autres segments fluctuent légérement en qualité mais restent en globalité, trés agréables à lire. Une saga qui vaut le coup d’oeil assurément.