Tagué: Futur

« Traqué, 1 » d’Andrew Fukuda

Editions Michel Lafon (2013)

345 pages | Traduit par Benjamin Kuntzer

Temps de lecture : 4 jours

Note 1étoile passez votre chemin

Synopsis

Gene est l’un des derniers humains sur Terre. Son seul moyen de survie : se faire passer pour l’un de ses prédateurs. Ne pas rire, ne pas transpirer, ne pas montrer qu’il est un « homiféré ». Cela fait dix-sept ans qu’il se fond parmi ceux qui n’hésiteraient pas à le tuer s’ils découvraient sa véritable nature.

Chaque décennie, le gouvernement organise un immense jeu où une poignée de privilégiés peuvent pister et dévorer les rares humains retenus en captivité pour l’évènement. Sélectionné pour traquer les siens, Gene ne peut commettre le moindre faux pas. D’autant qu’une mystérieuse fille éveille en lui des sentiments qu’il n’a pas le droit d’avoir. Des sentiments qui pourraient le trahir.

Gene a la rage de vivre… mais vaut-elle le prix de son humanité ?

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Le bandeau promotionnel signé (soi-disant) Becca Fitzpatrick (auteure de Hush, Hush, une saga que j’ai beaucoup aimé par ailleurs) promettait un roman effrayant. La seule chose effrayante dans ce roman, c’est le ridicule patenté de son intrigue et la pauvreté de son style.

Et si ce roman est éprouvant pour les nerfs, c’est uniquement du fait de sa lenteur. Il ne se passe rien pendant les trois quarts du roman sinon des scènes si improbables et idiotes qu’elles en deviennent hilarantes (au moins j’aurai ri, c’est déjà ça).

J’ai détesté ce roman jeunesse à la fois pour la crétinerie absolue de l’histoire mise en scène mais aussi pour ces personnages insupportables.

Traqué se complait dans les détails sanguinolents pour masquer son manque de profondeur.

La fin tourne en rond et n’est qu’une (longue) fuite qui s’étire inutilement.

Bref, il faut qu’Andrew Fukuda arrête de fumer des carambars, là !

Son roman est une blague ou quoi ? C’est d’un ridicule ! J’ai passé mon temps à ricaner, tellement c’est du n’importe quoi (le coup de l’aisselle m’a achevé de rire). Quand je pense que c’est censé être effrayant et addictif … euh…dft002 

J’en ai tellement bavé (un mot de circonstance, croyez-moi) pour le lire que j’ai même pensé ne pas le terminer.

Vous l’aurez compris, je déconseille fortement. Sauf si vous aimez les histoires invraisemblables à base de vampires-cannibales qui passent leur temps à baver et à grogner, se témoignent leur affection en se frottant mutuellement les oreilles,  dorment sur des perchoirs et s’embrassent en tournant leur coude  sous les aisselles de leur partenaire (beurk !) et j’en oublie beaucoup, niveau absurdités …

« L’épreuve, 1, Le Labyrinthe » de James Dashner

Editions Pocket (Jeunesse) (2012)

408 pages

Temps de lecture : 2 jours

Note cinqétoilesexcellent

Synopsis 

Thomas, dont la mémoire a été effacée, se réveille un jour dans un nouveau monde où vivent une cinquantaine d’enfants. Il s’agit d’une ferme située au centre d’un labyrinthe peuplé de monstres d’acier terrifiants. Les ados n’ont aucun souvenir de leur vie passée et ne comprennent pas ce qu’ils font là. Ils n’ont qu’un seul désir, trouver la sortie. Pour ce faire, les « coureurs » parcourent chaque jour le labyrinthe pour en dresser les plans – des plans qui changent sans cesse, puisque les murs se déplacent chaque nuit. Le risque est grand mais, dès son arrivée, Thomas a une impression de déjà-vu, il sait qu’il veut être coureur et résoudre l’énigme du labyrinthe.

Entre la saga Cube, le mythe de Thésée et du Minotaure et le roman culte Sa Majesté des Mouches, Le Labyrinthe, et son premier tome presque parfait, s’impose comme un excellent début de série SF Jeunesse et un roman prenant et mystérieux, impossible à lâcher avant la fin, une conclusion qui ne donne qu’une envie : lire la suite d’urgence.

Chapitres courts et style simple mais efficace favorisent un rythme de lecture rapide. Les rebondissements sont bien dosés et interviennent au bon moment, souvent en fin de chapitre, ce qui nous fait nous précipiter vers le chapitre suivant. Les révélations sont étalées sur l’ensemble des 400 pages et non pas seulement concentrées sur la fin comme c’est trop souvent le cas ailleurs. Visiblement étudié pour tenir en haleine, le roman réussit parfaitement sa mission. La recette a très bien fonctionné sur moi, au point que j’ai véritablement dévoré ce livre. Je ne pouvais plus m’arrêter de tourner les pages. Si certaines choses n’étaient pas aussi faciles à deviner, ce premier tome aurait été un vrai coup de coeur.

Un seul bémol : je n’ai pas forcément réussi à m’attacher aux personnages, à part Chuck vers la fin de ce premier tome. Uniquement préoccupés de leur survie (et on les comprends) les héros du livre sont des êtres assez durs aux manières un peu brutales et qui n’ont guère de temps à perdre en excès de camaraderie. Néanmoins de belles valeurs sont exaltées dans ce roman : l’importance du travail, le respect des lois, l’entraide, la persévérance… Malgré son charisme indéniable, Thomas, le pilier central de l’intrigue, se montre assez antipathique une bonne partie du roman. Très froid au départ, un peu prétentieux aussi, il n’est jamais plus touchant que lorsqu’il accepte de fendre la carapace de temps en temps au cours de l’histoire. Ces dans ces moments que je suis parvenue à entre en empathie avec lui. La fin promet d’ailleurs une évolution intéressante du personnage. Pour cette raison et toutes les autres : VIVEMENT LE TOME 2 !

« Version Bêta, 1 » de Rachel Cohn

Editions Robert Laffont (R) (2012)

424 pages | Traduit par Alice Delarbre

Temps de lecture : 2 jours

Note 1étoile passez votre chemin

Synopsis

Née à seize ans, Elysia a été créée en laboratoire. Elle est une version BETA, un sublime modèle expérimental de clone adolescent, une parfaite coquille vide sans âme.
La mission d Elysia : servir les habitants de Demesne, une île paradisiaque réservée aux plus grandes fortunes de la planète. Les paysages enchanteurs y ont été entièrement façonnés pour atteindre la perfection tropicale. L’air même y agit tel un euphorisant, contre lequel seuls les serviteurs de l’île sont immunisés.
Mais lorsqu elle est achetée par un couple, Elysia découvre bientôt que ce petit monde sans contraintes a corrompu les milliardaires. Et quand elle devient objet de désir, elle soupçonne que les versions BETA ne sont pas si parfaites : conçue pour être insensible, Elysia commence en effet à éprouver des émotions violentes. Colère, solitude, terreur… amour.
Si quelqu’un s’aperçoit de son défaut, elle risque pire que la mort : l’oubli de sa passion naissante pour un jeune officier…
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Sans doute le plus mauvais des romans publiés dans la Collection R. Jusqu’à présent, je pensais que c’était Glitch, déjà pas très fameux, mais je me trompais, Version Bêta est encore pire.

Un mauvais mélange de tous les ingrédients qui fonctionnent dans les autres romans destinés à la jeunesse, et qui forment ici un indigeste agglomérat.  Le concept de la puce défectueuse ou du conflit de personnalités pour prendre le contrôle du corps du personnage a déjà été montré dix fois ailleurs. On le retrouve dans Starters,  Glitch, et même dans une autre mesure dans Les Ames Vagabondes de S. Meyer !

Le style est d’une pauvreté rare. Le ton enfantin ne colle absolument pas avec le contenu tendancieux du livre qui parle d’esclavage, de drogue, de sexe et de viol.

Les personnages sont froids, distants, superficiels bref : antipathiques. Elysia est si cruche que je l’ai très vite prise en grippe.

L’auteure tente de construire une histoire mais passe en réalité son temps entre emprunts aux autres romans, survol de sa propre mythologie tirée par les cheveux et pirouettes narratives quand elle ne sait pas expliquer une des caractéristiques de son intrigue.

Parce que entre l’appareil qui clone un mort en un claquement de doigt, l’extraction de l’âme du défunt presque comme on extrait un noyau d’une olive dont nous ne saurons rien de précis, et les fonctionnalités absurdes des clones, leurs papilles peuvent différencier les goûts mais pas prendre de plaisir en mangeant, OK, un coup les clones ressentent la peur et quelques pages plus tard plus du tout, pour se sentir vivants les clones doivent se droguer (beau message) euh, pourquoi ? Ben, on sait pas c’est comme ça … et tout est du même acabit, Rachel Cohn n’explique rien de sa mythologie. Une mythologie qu’elle se contente de poser en trois phrases.  

Alors Ok, c’est de la dystopie, Ok, l’histoire se passe dans un futur indéterminé mais un soupçon de vraisemblance et de crédibilité scientifique n’a jamais tué personne ! Par rapport à d’autres univers travaillés et maitrisés comme Never Sky ou Legend c’est quand même très fourre-tout et farfelu

 Hormis dans les cent dernières pages, il ne se passe absolument rien d’intéressant et encore la fin est prévisible à pleurer. Les révélations tombent à l’eau car le lecteur devine tout très à l’avance. A mes yeux : une catastrophe.

 

« Mission Nouvelle Terre, Glow, 1 » d’Amy Kathleen Ryan

Editions du Masque (MsK)

Publié en 2012 ~ Langue : Française ~ 388 pages
Traduit par Alice Delarbre

Année de parution française : 2012
Année de parution originale : 2011
Titre VO : Sky Chasers series, book 1 : Glow

Genre : JeunesseScience-Fiction

Temps de lecture : 4 h

Note 

Synopsis

Alors qu’elle vient de fêter son 15ème anniversaire, Waverly n’a connu qu’un seul foyer, l’Empyrée, une navette spatiale à destination de la Nouvelle Terre.
Sa mission : mettre au monde les enfants qui peupleront la planète. Tous la destinent à Kieran, son ami d’enfance et le futur capitaine du vaisseau. Pourtant Waverly aspire à une autre vie et les silences de son ami Seth l’attirent davantage que les exploits de Kieran.
Lorsque le navire jumeau de l’expédition attaque l’Empyrée pour enlever toutes les jeunes filles, plus le temps de s’interroger. Waverly et ses amies doivent survivre dans un milieu hostile aux pratiques très différentes des leurs.

Wouch ! J’ai adoré ce roman. D’habitude, je n’aime pas spécialement les romans SF mais Glow est une réussite totale.

La première idée de génie de l’auteure est d’avoir agencé son monde dystopique au cœur du cosmos. Répartissant deux groupes de colonisateurs dans des vaisseaux spatiaux censément alliés dans leur mission mais gangrénés par la jalousie et la haine. Ces engins mandatés par le gouvernement terrien pour faire route vers une nouvelle planète où implanter les générations humaines futures après que leurs ancêtres aient rendu notre bonne vieille terre, inhabitable pour cause de pollution. Rapidement, et pour des raisons troubles que l’on découvre au fil de la lecture, les flottes deviennent rivales et dès lors, vont se livrer une lutte sans merci où tous les coups sont permis. Autant dire que l’univers proposé tranche totalement avec les mondes dystopiques auxquels nous sommes habitués depuis quelques temps. 

Cette opposition à distance entre les deux vaisseaux ennemis débouche alors sur un huit-clos spatial haletant où s’affrontent deux communautés mais davantage encore deux conceptions opposées de l’existence et deux croyances rivales.

La narration nous permet d’avoir un œil dans chaque vaisseau à la fois. Le lecteur ne rate rien de ce qui se passe à bord de ces engins en plein bras de fer interstellaire. Il était si impensable pour moi de refermer le livre sans savoir ce qui allait se passer dans la partie suivante que je l’ai lu en quatre petites heures à peine. Ce roman se lit à la vitesse de la lumière grâce à son écriture vive comme une étoile filante et à son intrigue aussi brillante que le firmament.

Remarquable par l’intelligence de son propos, Glow possède une rare profondeur pour un roman destiné à la jeunesse. Il ouvre de multiples pistes de réflexions à son lecteur. Ainsi sont passées au crible  la responsabilité des hommes dans le déclin de la planète, la religion, le fanatisme et les dérives sectaires, la noirceur de l’âme humaine rongée par l’ambition et recherchant sans cesse le pouvoir. Terrifiant de voir à quelle vitesse, un individu peut devenir un tyran pour peu qu’on lui en laisse la possibilité. J’ai trouvé un petit côté Sa Majesté des mouches à ce récit. Quand les adultes ne sont pas là, les enfants révèlent des facettes inquiétantes de leur personnalité.

La psychologie des protagonistes est une chose qui est beaucoup mise en avant dans l’intrigue. Intelligemment, AK Ryan se refuse à figer ses personnages dans un courant de pensée quelconque et les fait évoluer de manière surprenante de bout en bout du roman. Rejetant tout manichéisme, l’auteure engendre des personnages très contrastés. Balloté d’une indignation à l’autre, face aux motivations égoïstes de chacun, le lecteur ne sait plus pour qui prendre parti au fur et à mesure qu’il avance dans le récit. Les personnages principaux, en particulier masculins, sont d’une grande complexité et difficilement appréciables. Plus sympathique, Waverly est une héroïne comme je les aime. C’est une battante, une fonceuse, elle a du caractère et le montre. Parmi les personnages secondaires, on trouvera aussi quelques personnalités intéressantes qu’il sera bon de voir évoluer dans les prochains tomes.   

Pour faire court, disons que l’on est loin d’un antagonisme simpliste : les bons contre les méchants. La morale de Glow est très nuancée, ni blanche, ni noire, elle est réaliste et assez pessimiste quant à l’humanité et ses vicissitudes. Glow nous met le nez dans le nauséabond de la nature humaine.

Ce roman très immersif nous fait vivre une expérience ethnologique fascinante car au final, en usant d’un microcosme, AK Ryan nous met face au reflet à peine déformé de notre société. C’est sur notre propre monde actuel et ses dérives que l’auteure nous fait poser un regard critique. Et ça, c’est très fort !

J’ai beau chercher, je ne trouve aucun reproche à faire à ce premier tome, tout m’a plu et transporté. J’adhère à cent pour cent. C’est un gros coup de cœur

Je remercie infiniment Karline pour avoir organiser le concours qui m’a permis de remporter ce roman génial et les Editions du Masque (MsK) pour l’avoir soutenu dans sa démarche.

Vivement la suite !

« Promise, 2, Insoumise » d’Ally Condie

Editions Gallimard (Jeunesse)
Publié en 2012 ~ Langue : Française ~ 440 pages
Année de parution française : 2012
Année de parution originale : 2011
Titre VO : Matched, book 2: Crossed
Genre : JeunesseScience-Fiction
Temps de lecture : 2 jours
Note 
Synopsis
Cassia enfreint les règles de la Société et part à la recherche de Ky… Cassia a quitté la Société pour s’aventurer dans les Provinces Lointaines, à la recherche de Ky. Cette quête pousse Cassia à remettre en question presque tout ce qui lui est cher, en particulier lorsqu’elle découvre l’existence
d’une vie différente dans le Labyrinthe. Au milieu de cette frontière sauvage de grands canyons, Cassia et Ky se retrouvent enfin, mais un mouvement de rébellion est en marche. Une trahison et une visite inattendue de Xander, personnage clef du Soulèvement, changent à nouveau la donne…
Racontée alternativement par Cassia et Ky, cette suite de Promise les emmènera tous deux aux confins de la Société, où changements de camps et trahisons sèment leur parcours d’embûches.
Peut-être est-ce dû au fait que j’ai lu le premier tome il y un an mais j’ai trouvé cette suite légérement supérieure, en tout cas plus rythmée, notamment dans sa première partie.
Il y a donc un apport de scènes d’action appréciable mais nous perdons hélas le côté « effet de surprise » du premier tome.
La seconde partie du roman met davantage l’accent sur la psychologie des personnages. S »il est moins axé dystopie que le premier tome, Insoumise interroge la question de la liberté et du libre arbitre avec intelligence et une certaine profondeur philosophique comme c’était déjà le cas dans Promise. C’est en cela qu’il s’éloigne selon moi de la plupart des romans jeunesse du marché actuel. Cette saga suscite une certaine forme de réflexion de la part du lecteur sans oublier que les Arts et notamment la poèsie font partie intégrante de l’univers mis en place par Ally Condie, jusqu »à devenir des enjeux de l’intrigue. La poèsie est un élément essentielle du chemin initiatique de nos jeunes personnages en quête de liberté mais aussi de réponses sur la vie. Et j’aime ça.
Ally Condie a gardé son principe de narration alternée Cassia/Ky comme dans le tome précédent. Ce qui est une bonne chose puisque cela rend la lecture très agréable.
Peu de révélations fracassantes nous sont faites, il est vrai, mais l’auteure lève de nouveaux pans du passé de Ky (toujours aussi sympathique comme personnage) et sur le monde d’avant la Société. En revanche, contrairement au tome précédent, Cassia m’a beaucoup agaçée ici. De même que l’inutile triangle amoureux proposé par l’intrigue et qui, pour moi, ne sert à rien, sinon à polluer les sentiments de Cassia envers Ky.
La fin de ce tome amorçe un changement de ton et d’enjeu pour le troisième opus à venir et j’ai hâte de découvrir la direction que l’auteure va donner à son histoire d »autant que de nouveaux venus intrigants ont fait leur apparition dans ce second volume qu’il me tarde aussi de voir évoluer dans un autre contexte.
Au final, ce second tome avec sa thématique du retour à la nature et de la recherche des rebelles refusant les diktats de la société totalitaire en place, ressemble à une sorte de croisement entre Delirium, 2 et Uglies, 2. Un roman jeunesse bien moins léger qu’il n’y parait et qui en refusant un optimisme de façade, pose quelques questions philosophiques intéressantes.

[LC] + [Challenge ABC 2012, Littératures de l’imaginaire, Lettre I] « Vivants » d’Isaac Marion

Editions Bragelonne

Publié en 2011 ~ Langue : Française ~ 318 pages
Traduit par Benoît Domis

Temps de lecture : 3 jours 

Plaisir de lecture  Très bon mais …

Synopsis

Le monde est dévasté par une étrange épidémie. Les Morts se relèvent, les Vivants se cloîtrent à l’intérieur de forteresses. Une guerre sans merci les opposent.
R est un Mort. Comme tous les Morts, R n’a pas de souvenirs, pas d’émotions, et, animé par une faim irrépressible, dévore les Vivants. Mais R rencontre Julie. R l’emmène avec lui. Et bafoue les règles des Vivants et des Morts pour rester avec elle. Mais leur monde ne les laissera pas faire.

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Vivants est une sorte de Roméo & Juliette version zombies ou plus proche de notre époque, une sorte de Twilight où les vampires seraient des zombies mangeurs de cerveaux n’ayant conservés que des bribes d’humanité. Sauf que dans Twilight, Edward ne se décompose pas (beurk) et ne sens pas la charogne comme R. (re-beurk). Y’à pas à dire les vampires c’est quand même plus facile à présenter à ses parents qu’un zombie, plus glamour aussi.

Mais voilà R est un zombie super attachant ! Et le roman plus profond qu’il n’y parait. Ce livre est même un hymne à la vie, une ode à l’espoir, dispensé par des zombies ! Bien que l’atmosphère soit tout de même très glauque, l’histoire est aussi drôle , touchante et parfois poétique. L’intrigue transcende son aspect horrifique et sanglant pour nous offrir une jolie histoire d’amour et d’amitié. Et bien que l’histoire soit invraisemblable (c’est le moins qu’on en puisse dire) et pleine d’incohérences, elle atteint son but : nous toucher et nous tenir en haleine.

La grande originalité (et l’idée de génie de l’auteur) est de nous introduire dans la tête et le quotidien d’un zombie, ce qui n’avait jamais été fait avant si je ne dis pas de bêtises. R. est donc un zombie, au premier stade de la décomposition, et il n’en est pas peu fier !, encore assez conscient de lui-même et de ce qui l’entoure pour nous narrer son histoire en utilisant le « je » et nous servir de guide dans le monde réglementé et hiérarchisée des morts-vivants.

La deuxième bonne idée est qu’en mangeant le cerveau de leur victime (oui, je sais, BEURK), les zombies peuvent accéder à leurs rêves secrets, souvenirs et émotions passées l’espace d’un instant. Ceci aura une importance capitale dans l’histoire du roman.

Drôle de livre et drôle de roman donc qui balance sans cesse entre roman d’horreur et romance en un équilibre périlleux dont l’auteur joue plutôt bien.

Mais quel dommage qu’il cède à la facilité dans les derniers chapitres ! La fin m’a pour le coup laissée sur ma faim. Pourquoi ce « happy end » incongru ? Et surtout pourquoi toutes ces questions laissées sans réponses satisfaisantes ? Au final, on ne saura rien du pourquoi du comment et cela m’a agacée de me retrouver au même point qu’au tout début du roman. D’où vient le virus ? Une réponse pseudo-philosophique nous est jetée maladroitement comme un os à ronger et c’est tout ! Ce manque de réponses a même conduit au fait que je n’ai pas compris tout ce qui se passe vraiment à la fin du roman…

Bref, ce roman est pas mal mais aurait pu être beaucoup mieux s’il ne faisait pas tant de rétention d’informations et s’il ne versait pas dans la facilité à la fin.

[Baby-challenge Livraddict Bit-lit] + [LC] « Rachel Morgan, 1, Sorcière pour l’échafaud » de Kim Harrison

Editions Milady
Publié en 2010 ~ Langue : Française ~ 576 pages
Temps de lecture : 2 jours
Plaisir de lecture :  Très bon mais….
 
Synopsis 
 

Sexy, chasseuse et… sorcière ! Rachel Morgan est une jeune trentenaire comme les autres… mais il ne faut pas se fier aux apparences : c’est une sorcière ! Elle a mis ses sortilèges au service des flics de Cincinnati car vampires, garous, fées et autres créatures de la nuit ont fait leur coming out ! Mais tout ça, c’est fini. Après sept ans passés à traquer les criminels qui se cachent parmi les êtres magiques, Rachel Morgan démissionne et lance sa propre agence. Le seul problème, c’est que personne n’est censé quitter cette police très spéciale, et Rachel se retrouve illico traquée par des tueurs munis d’un bel assortiment de malédictions bien vicieuses. Le seul moyen de s’en sortir ? S’associer avec une vampire envoûtante et pour le moins inquiétante… et faire tomber le baron de la drogue local. Mais question danger, c’est passer de Charybde en Scylla…

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Un bon premier tome de saga handicapé par de nombreuses longueurs. Et c’est vraiment dommage car l’univers à mi-chemin entre dystopie (un monde qui se reconstruit suite à une catastrophe sanitaire) et magie (les êtres surnaturels ont profité du chaos post-apocalyspse pour révéler leur existence et réclamer une place parmi les humains) est vraiment très bien construit.

Rachel Morgane est une sorcière sympathique, drôle et intrépide. Elle n’a pas les défauts qui d’habitude m’horripile chez les héroïnes de bit-lit (elle n’est ni une petite chose fragile, ni une marie couche-toi là. Elle n’est pas spécialement vulgaire ou excessivement fière de son physique non plus. Bref, pour l’instant, Rachel se révéle très attachante et pourrait être une de mes copines.

 Découvrir les pouvoirs de Rachel, la voir concoter ses potions, invoquer des sorts, se métamorphoser (ah ! ses péripéties en vison !) sont des moments très ludiques du roman.

 J’ai beaucoup aimé ses acolytes également, Jenks, le pixie, petit homme aux ailes de libellule et à la langue acérée et sa belle et mystérieuse colocataire vampire en abstinence. Sans oublier Nick qui arrive un peu plus tardivement dans l’intrigue mais sur lequel on se pose pas mal de questions.

L’auteure oppose de vrais ennemis à son héroïne, et il s’agit d’adversaires redoutables qui tiennent vraiment bien la route pour une fois. Le danger cerne Rachel de toutes parts et la fin du premier tome donne à penser que ça ne va pas s’arrêter de sitôt ! 

 Au final, le grand tort du livre, je le répéte, est qu’il ne s’y passe pas grand-chose et que parfois on s’ennuie. La dernière partie du roman augmente un peu la cadence même si j’ai trouvé que la fin tirait un peu en longueur.

Une bonne découverte en somme et je pense lire la suite des aventures de Rachel Morgan !