Tagué: Fantasy

[Challenge de Calypso, session 15, Rêve] « La Peau des Rêves, 1, Nuit Tatouée » de Charlotte Bousquet

Editions L’Archipel (Galapagos) (2011)

230 pages

Temps de lecture : 1 jour et demi (j’ai lambiné en chemin)

Note livredeuxétoilessansplus

Synopsis

Être libre de son destin. Venger ses parents massacrés par des chimères, alors qu’elle n’était qu’un bébé. Telles sont les ambitions de Cléo, orpheline élevée par le clan du Passage, ennemi juré des créatures hybrides.
Jusqu’au jour où, combattant l’une d’elles, Cléo voit ses certitudes voler en éclats. D’où vient son tatouage au poignet, étrangement semblable à celui de la chimère ? Que signifient ces visions terribles liées à la mort des siens ?
Convaincue que son adversaire connaît la clef de son passé, l’adolescente se lance sur ses traces. En chemin, elle affrontera la haine, la trahison… et son désir pour Axel, un ténébreux ailé.

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Heureusement, ce premier tome est court, plus court en tout cas que le nez de Cyrano de Bergerac  auquel l’auteure fait sans cesse référence en tant que héros favori et maitre à penser de son héroïne – car j’ai peu apprécié cette lecture.

La chose qui m’a le plus fait tiquer étant le style utilisé : narration morcelée, tronçons de phrases pour ne pas dire moignons, surabondance de virgules, tout cela hache trop le texte et le rend télégraphique. La lecture en devient fastidieuse. Plusieurs fois j’ai du relire des phrases pour les comprendre. Les intermédes ne servent à rien sinon à couper l’action. Grrr.

Le début est lent et compliqué à comprendre.

L’univers a du cachet et un potentiel certain mais l’auteure ne nous en fait qu’une rapide et sommaire visite guidée. Pas assez pour parvenir véritablement à s’immerger à l’intérieur de ce monde dévasté par une catastrophe dont on ne sait rien. Ajoutons à cela, une nette propension à l’exagération et au too much qui hélas décrédibilise l’univers mis en place avec pourtant une réelle volonté de noirceur qui est somme toute à saluer. Il faut oser proposer un univers aussi sombre et étouffant d’être presque sans concessions.  Le hic, c’est que l’on ne croit pas une seconde à ces créatures mutantes post-apocalypse. Ils m’ont fait songer aux hommes-rats-garous et autres réjouissants hybrides dans Anita Blake (l’une des raisons pour lesquelles j’ai cessé de lire Anita Blake).

Quant à l’intrigue, là encore je suis très mitigée. J’ai aimé le milieu lorsque l’héroïne est en péril mais ensuite tout retombe, redevient plat. Un peu comme un sandwich dont la garniture serait bonne mais les tranches de pain un peu trop rassis et épaisses. Pardonnez cette comparaison bien triviale mais elle traduit bien mon sentiment.

Enfin les personnages ne sont pas assez développés et quand ils le sont un peu ils sont trop clichés et on voit très vite clair dans leur petit jeu. Aucune surprise à en attendre, j’en ai bien peur.

En revanche, je pense que la saga de Charlotte Bousquet pourra plaire à d’autres que moi. Des lecteurs moins tâtillons que moi quant à la vraisemblance ou qui apprécient les écritures destructurées faites de phrases courtes associées à beaucoup de ponctuation (j’ai tendance à préférer les proses victoriennes un peu empesées et collet-monté ;)).

lechallengedecalypspo

[Challenge de Calypso, session Roi] + [Baby-Challenge Fantasy 2013] « L’Assassin Royal, 2, L’assassin du roi » de Robin Hobb

Editions Baam! (2009)

510 pages

Temps de lecture : 4 jours

Note 4étoiles-trèsbonmais

Synopsis

Au château de Castelcerf le roi Subtil Loinvoyant règne sur les Six Duchés ; il est aidé dans sa lourde tâche par son fils Chevalerie qui comme son père et tous les nobles du royaume porte le nom de la qualité que ses parents espéraient le voir développer. Ainsi le frère du Roi-servant s’appelle t’il Vérité et leur demi-frère, né d’un second lit, Royal.

Suite à une aventure restée inconnue de tous, Chevalerie donne à la lignée un nouveau descendant : un bâtard, dont la simple existence va bouleverser le fragile équilibre qu’avait établi le roi pour contrôler ses turbulents fils. Ce héros malgré lui, nommé Fitz, voit son avenir s’assombrir au fil du temps. Alors que les autres enfants ont déjà leur place à la cour et dans ses intrigues, lui devra la mériter et servir la couronne en devenant ce que personne ne voulait être : l’Assassin royal. Au service de son roi il apprendra les poisons, le meurtre et la trahison..

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Une écriture superbe et une traduction qui va de pair, notamment dans la description des paysages, font de ce second tome un plaisir de lecture. J’ai beaucoup aimé découvrir la suite des aventures de Fitz, un personnage toujours aussi attachant, et des siens. Ainsi, le fou, qui prend de l’importance dans l’intrigue en se montrant de plus en plus mystérieux. On ne sait pas vraiment quoi penser de ce personnage. 

Dans l’ensemble, j’ai beaucoup aimé cette suite malgré la pénibilité des nombreuses longueurs qui émaillent le récit. Dans mon souvenir (peu récent), le tome un était plus rythmé. L’action moins concentrée entre les murs de pierre de Castelcerf. Les déplacements de Fitz sont assez limités dans ce tome.

Les intrigues politiques, les alliances stratégiques et les luttes contre les Pirates Rouge et les Forgisés avancent à tout petits pas et nous n’apprenons pas grand-chose dans ce second tome. J’espère davantage de révélation dans les prochains tomes.

Les amours de Fitz et de Molly ne me séduisent guère. Même si le désarroi du jeune homme à su me toucher parfois. Le problème étant que j’apprécie peu le personnage de Molly, ce qui m’empêche d’adhérer complètement à leur romance.

La relation humain/loup m’a beaucoup plu. J’ai été touché d’assister à la création de ce lien puissant entre Fitz et Loupiot. J’aime énormément le concept du « vif » dont nous parle Robin Hobb. Au même titre, que j’apprécie les magies à l’œuvre dans le monde des Six-Duchés.

Une saga que j’apprécie particulièrement et que je trouve luxueuse et flamboyante car très soignée, tant dans le style que dans les détails et la profondeur des personnages mais dont les longueurs me refroidissent un peu. M’ôtant parfois l’envie d’enchainer plus rapidement les suites. Néanmoins, nous sommes avec Robin Hobb dans ce qui se fait de mieux en matière de fantasy. 

« Bilbo, Le Hobbit » de JRR Tolkien

Editions Le Livre de Poche (2007)

312 pages

Temps de lecture : 4 jours

Note 3étoilesbon

Synopsis

Bilbo, comme tous les hobbits, est un petit être paisible qui n’aime pas être dérangé quand il est à table. Mais un jour, sa tranquillité est troublée par la venue d’un magicien nommé Gandalf, et de treize nains barbus qui n’ont qu’une idée en tête : récupérer le trésor de leurs ancêtres, volé par Smaug le dragon sur la Montagne Solitaire. Suite à un malentendu, Bilbo se retrouve malgré lui entraîné dans cette périlleuse expédition.

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Avis :

Mon premier billet de 2013 ne sera pas très positif.

Je n’ai pas eu beaucoup de plaisir à découvrir Bilbo, le hobbit. Ô combien louangé partout, récemment adapté au cinéma, je dois dire que je m’attendais à mieux qu’à un ouvrage souvent soporifique qui m’a fait à plusieurs reprises piquer du nez sur la page.

Quelques bons moments mais un roman globalement ennuyeux avec pléthore de descriptions interminables, de dialogues à rallonge et de chants nains, trolls ou elfes s’étendant sur plusieurs pages à la suite. Tout ceci contribue à alourdir la narration et à rendre bourratif  le contenu du roman.

Le seul passage intéressant est la découverte de l’anneau et la rencontre entre Bilbo et Gollum. Peut-être aussi la bataille contre les araignées géantes et les visites dans la caverne du dragon. Le reste n’est que palabres et la fin trop axée sur les affrontements guerriers.

Heureusement que le personnage de Bilbo est parfois amusant car les nains m’ont agacée et très vite, je me suis mise à les confondre.

L’intrigue tient en quelques lignes et le scénario m’a semblé manquer de richesse et d’action.  Ce fut pour moi plus de trois cent pages de souffrance que de lire ce livre. 

Le style bien que parfois un peu lourd, reste plaisant sauf pendant les descriptions qui « meublent » le vide entre les rares moments d’action. 

Peut-être suis-je trop vieille pour apprécier ce roman, bien qu’il ne me semble pas tant que ça destiné à la jeunesse, il est relativement sombre pour des enfants. J’ai sans cesse eu la désagréable impression de ne jamais être véritablement « entrée » dans l’histoire.

Je suis décue de ma découverte, pourtant, j’avais bien apprécié ma lecture du premier tome du Seigneur des Anneaux, il y a environ  dix ans. 

[Challenge de Calypso, Session Blanc/Blanche] « Blanche-Neige et Le Chasseur » de Lily Blake & « La Dame en blanc » de Wilkie Collins

Editions Hachette (Black Moon) (2012)

272 pages

Titre original : Snow White & the Huntsman

Temps de lecture : 2 jours

Note 

Synopsis

Dans une réécriture du conte des frères Grimm, le chasseur supposé tuer Blanche-Neige dans les bois devient son protecteur et son mentor afin de vaincre la Reine maléfique.

Le traitement du conte original reste léger voire parfois trop superficiel mais néanmoins,  je n’ai pas boudé mon plaisir car cette réécriture de l’oeuvre de Jacob Grimm est véritablement divertissante grâce à sa fluidité, sa magie trés présente et l’audacieux assombrissement d’une histoire mondialement connue.

Les nouveaux habits dont se parent Blanche-Neige sont ma foi bien séduisants.

Les personnages reçoivent un traitement assez original à l’image de Blanche-Neige qui, de princesse naïve et petite chose fragile , devient une guerrière vêtue de cuir, une Jeanne d’Arc énervée qui sait jouer du couteau. Métamorphose amusante. Le prince charmant n’est pas de l’aventure, un chasseur et un jeune duc ami d’enfance de Blanche-Neige le remplace. Le personnage de la méchante reine, belle-mère de la princesse est beaucoup plus travaillé et présent que dans l’histoire originelle et ses motivations sont plus étoffées également. Elle n’agit pas que par jalousie ou pour être la plus belle du royaume. Enfin, l’ambiance est beaucoup plus réaliste et violente que dans le conte de fées. Le romantisme est peu présent au contraire du climat guerrier.

Après, les puristes diront sans doute que tout se passe dans un laps de temps trop court dans cette modernisation, que Blanche-Neige ressemble trop à Jeanne d’Arc et que Lily Blake survole son sujet au lieu de chercher à l’approfondir, je suis d’accord, mais bien qu’un peu dénaturé, ce conte boosté à la fantasy, reste agréable et plaisant à lire. Je me suis surprise à aimer alors que je m’attendais à une complète déconvenue.

« La Dame en blanc » de Wilkie Collins 

Editions Phebus (Libretto) (2011)

666 pages

Titre original : The Woman in White (1860)

Thriller 

Temps de lecture : 3 jours

Note 4étoiles-trèsbonmais

Synopsis 

Les Français avaient oublié ce roman, ancêtre de tous les thrillers, qui fascinait Borges et rendit jaloux Dickens (roman publié ici pour la première fois en version intégrale). Il nous révèle une sorte de  » Hitchcock de la littérature  » : suspens, pièges diaboliquement retors, terreurs intimes, secrètes inconvenances – rien n’y manque. Pourtant le chef-d’oeuvre de Collins n’a jamais cessé d’être dans les pays anglo-saxons un succès populaire : l’un des plus sûrs moyens, en tout cas, d’empêcher l’innocent lecteur de dormir.

Diane Setterfield dont j’ai récemment lu et apprécié le roman Le Treizième conte est à l’origine de ma découverte de l’auteur victorien Wilkie Collins et de son œuvre la plus célèbre : La Dame en blanc.  Elle en parle en termes très élogieux et l’évoque à maintes reprises comme étant l’un des livres préférés de son héroïne. Il n’en fallait pas plus pour piquer ma curiosité.  Je me suis procuré ce roman, possédant par ailleurs une très bonne réputation dans les milieux littéraires.

On m’avait vanté une atmosphère mystérieuse à la Jane Eyre (roman que j’adore depuis longtemps) mais j’ai trouvé, au contraire, le roman trop « terre à terre » dans sa résolution de l’égnime.  Manquant à la fois de suspense mais aussi de fantasmagorie. C’est sans doute ce qui a rendu ma lecture agréable, certes, mais non point passionnante comme je l’espérais. Ce « thriller » est un peu trop sage et basique à mon goût.

Si l’originalité du roman réside dans sa construction « chorale », chaque personnage, du plus important au plus insignifiant, est convoqué à la barre d’un tribunal imaginaire, tel un témoin-clé, pour y livrer sa version des faits, l’intrigue, quant à elle reste somme toute assez classique, voire prosaïque. Et c’est dommage car on sent nettement que dans certains passages existe une réelle volonté d’instaurer une pointe de surnaturel et de fantastique mais cela retombe très vite dans un registre plus cartésien.  

L’auteur se contente de jouer avec les codes traditionnels du roman policier (devenus traditionnels par la force des choses et du temps passé mais pas à l’époque de la rédaction du roman). 

Si fait, La Dame en blanc nous laisse un peu sur notre faim car nous devinons bien des choses plus de cent pages avant le dénouement. Les rouages du scénario sont parfois trop apparents et déjouent toute tentative de suspens.

Reste une belle écriture victorienne et le plaisir de lire l’un des tout premiers « thriller psychologique » de la littérature européenne. Une découverte intéressante pour le moins. Sans doute novateur et surprenant à l’époque de sa sortie, le roman souffre un peu de son aspect un brin suranné, lui qui utilise des codes beaucoup utilisés dans le roman policier depuis le 19iéme siècle. Les « ficelles » nous sembleront trop familières (du moins à celles et ceux qui lisent beaucoup de polars) pour maintenir le mystère jusqu’au bout.

J’ai pris plaisir tout de même à découvrir Mr. Wilkie Collins et sa plume élégante. Un classique que je recommande de découvrir malgré tout. 

[LC] « A comme association, 7, Car nos cœurs sont hantés » d’Erik L’Homme

Editions Gallimard/Rageot (Jeunesse) (2012)

203 pages

Temps de lecture : 2 h

Note 

Synopsis 

Réveillé en fanfare par Fafnir, son sortilège-espion, Jasper s’apprête à partir sur les traces du dangereux chamane. Lorsque Jean-Lu, venu à la rescousse, tombe sur trois sbires évanouis sur le pas de la porte, il lui faut inventer une nouvelle série de mensonges – un art très prisé par l’Association ces derniers temps. Mais les ennuis ne s’arrêtent pas là. Jasper, devenu ennemi public numéro un, est pourchassé par des Anormaux enragés, par un Mage rancunier et même par mademoiselle Rose, transformée en chef de guerre ! Si notre magicien en herbe découvre les secrets des mondes qui l’entourent, il lui manque encore de nombreuses réponses ; à commencer par le mystère des pouvoirs de Nina ! Heureusement, Ombe est là pour le guider, que ce soit pour affronter un loup-garou ou une jolie fille…

Waouh ! Un tome formidablement prenant et riche en révélations ! Le meilleur avec le tome 5 (en attendant de voir le tome conclusif).

J’adore l’assombrissement progressif de cette saga. D’enfantine voire légère, elle est passée à carrément sombre. Le virage ayant été effectuée en douceur vers un contenu plus adulte. Jasper acquiert une maturité nouvelle, finies les boutades en pagaille, tandis que son sombre passé revient le hanter par bribes et que sa relation étrange avec Ombe se complexifie encore plus.

Nos repères volent en éclats, les personnages nous sont montrés sous un angle nouveau, à commencer par Melle Rose et même les personnages que l’on croyait connaitre le plus, c’est-à-dire les héros parviennent encore à nous surprendre et on vient à douter de Jasper lui-même (qui est-il vraiment ce Jasper ?).

Et dire que c’est bientôt fini ! Je n’espère qu’une seule chose à présent : une conclusion satisfaisante en ce qui concerne tous les points soulevés dans les tomes précédents. 

Bref,  triste de se dire qu’il ne reste plus qu’un seul rendez-vous avec Jasper, Rose, Walter et les autres tant on en voudrait encore car, loin de s’essoufler en route, cette saga n’a cessé de s’améliorer au fil des tomes jusqu’à devenir très addictive.

Un gros regret cependant, que la disparition brutale du talentueux Pierre Bottero nous ait privé de sa vison personnelle de l’univers d’A comme Association. Je suis sûre qu’il nous réservait bien des surprises. Mais on ne peut que féliciter Erik L’Homme qui a repris l’univers de main de maître (et au pied levé suite à la disparition de son ami et co-auteur) et rendu jusqu’à présent de trés bonnes copies.

[LC] « A comme association, 6, Ce qui dort la nuit » d’Erik L’Homme

Editions Gallimard/Rageot (Jeunesse)
Publié en 2011 ~ Langue : Française ~ 203 pages
Année de parution originale : 2011
Genre : FantastiqueJeunesse
Temps de lecture : 2 h
Note 
Synopsis
Lorsque Jasper se décide enfin à revenir à l’Association, il trouve porte close. Entre de faux Agents qui traquent un sorcier joueur de tambour dans le métro et de vrais vampires qui organisent une fête sanglante dans un manoir de banlieue, il n’a pas le temps de s’étonner. Accompagné de son fidèle sortilège Fafnir et d’Ombe qui lui prodigue toutes sortes de conseils bizarres, Jasper mène l’enquête… …Ignorant que Walter a disparu et que Mademoiselle Rose passe son temps à discuter avec un miroir, accroché dans sa cuisine ! Jasper sauve la vie de l’Agent stagiaire Nina et remonte avec elle la piste de l’étrange sorcier. Une piste semée de cadavres. Mais qui, du sorcier qui a pris Walter en chasse ou de la troublante Nina, risque le plus de causer sa perte ?

Ce qui dort la nuit ? Pas moi en tout cas ! Ce livre ne m’a pas fait piquer du nez. Il a su me tenir éveillée sans problème !

Il n’était pas aisé pour Erik L’Homme d’enchainer après un excellent tome 5. Mais il le fait plutôt efficacement. Centré fortement sur Jasper mais aussi, une fois n’est pas coutume, sur la mystérieuse mademoiselle Rose, ce sixième segment est certes moins poignant et beaucoup moins haletant que le 5 mais il se défend pas mal dans la hiérarchie de la saga.

La vie a repris ses droits et l’émotion vibrante suscité par le drame terrible survenu dans le tome précédent s’atténue un peu. La nostalgie remplace le chagrin. Jasper a séché ses larmes (un peu vite peut-être ?) et recommence à faire ses blagues ringardes. Il s’affirme de plus en plus comme un électron libre et œuvre en marge de l’association sans vergogne. Aucun doute, le personnage a mûri et gagné en assurance et en force de caractère.

Si le rythme retombe un peu par rapport au tome 5, les mystères concernant l’association, eux, s’épaississent. Et quelque chose me dit que cela ne fait que commencer.

Plaisir et détente sont comme toujours au rendez-vous. Mais ce tome qu’on pourrait qualifier de tome-gadget marque un léger recul dans la montée en puissance de la série. Ce qui dort la nuit n’apporte pas grand-chose à l’intrigue générale mais est fort sympathique à lire. Et la fin est terrible. L’Homme nous abandonne avec un cliffhanger énorme qui nous laisse bouche bée dans l’attente insupportable de lire le tome 7.

[Baby-challenge Livraddict Fantasy] « Les Salauds Gentilshommes, tome 1 : Les Mensonges de Locke Lamora » de Scott Lynch

Editions Bragelonne

Publié en 2007 ~ Langue : Française ~ 551 pages

Temps de lecture : 3 jours

Note  Excellent 

Synopsis

On l’appelle la Ronce de Camorr. Un bretteur invincible, un maître voleur. La moitié de la ville le prend pour le héros des miséreux. L’autre moitié pense qu’il n’est qu’un mythe. Les deux moitiés n’ont pas tort. En effet, de corpulence modeste et sachant à peine manier l’épée, Locke Lamora est, à son grand dam, la fameuse Ronce. Les rumeurs sur ses exploits sont en fait des escroqueries de la pire espèce, et lorsque Locke vole aux riches, les pauvres n’en voient pas le moindre sou. Il garde tous ses gains pour lui et sa bande : les Salauds Gentilshommes. Mais voilà qu’une mystérieuse menace plane sur l’ancienne cité de Camorr. Une guerre clandestine risque de ravager les bas-fonds. Pris dans un jeu meurtrier, Locke et ses amis verront leur ruse et leur loyauté mises à rude épreuve. Rester en vie serait déjà une victoire…

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Existe-t-il à l’instar des voitures, des romans qui sont des diesels ? Si oui, alors, ce roman en est un, il toussote et cale au démarrage mais une fois qu’il se met à chauffer et à monter en pression, on ne l’arrête plus !

Comme vous l’aurez compris avec cette métaphore (facile), le début, trop long, trop lent et trop bavard m’a laissé sur le carreau (d’arbalète ?). Mais je n’ai pas baissé les bras et ma persévérance a fini par payer car la deuxième grosse partie du roman est vraiment prenante et offre rebondissements sur rebondissements.

De ce roman, j’ai surtout adoré l’atmosphère, les personnages (des gredins attachants au grand cœur qui détroussent les nobles de la ville avec des combines aussi brillantes que complexes) et Locke Lamora est une sorte de « Fantomas » avant l’heure, roi des acteurs, du grimage et des mensonges (d’où le titre de ce premier tome).

J’ai également trouvé le style de Scott Lynch très bon, à la fois irrésistible et  vivifiant : c’est cru, follement truculent et ça tinte aux oreilles en faisant rougir les jeunes filles mais c’est une langue délicieusement scabreuse qui est pratiquée et ce ton très enlevé participe à la réussite et à la drôlerie de ce roman digne d’un roman populaire qu’un Dumas ou un Gauthier n’aurait pas dédaigné. Scott Lynch écrit vraiment très bien en faisant passer dans ses mots beaucoup d’humour, d’émotion et de souffle.

La construction du roman sous forme d’épisodes (parfois très courts) accentue ce côté roman d’aventure d’antan. Et lorsque le suspense et l’angoisse atteignent leur paroxysme chez le lecteur, hop !, l’action dévie sur un autre personnage ou une autre époque car l’auteur entrecroise présent et passé en intercalant des chapitres relatant l’enfance et l’adolescence de Locke Lamora et de ses comparses dans le déroulement de l’intrigue principale.

Bien entendu, nous nous retrouvons projetés dans un monde médiévo-imaginaire  de toute beauté, et pourtant, j’ai eu la sensation d’être à la Cour des Miracles telle qu’elle existait au XVIIème siècle à Paris avec ses bandes de voleurs et d’assassins, ses rivalités et son code d’honneur. Le grand Coer s’incarne manifestement dans l’impitoyable personnage de Barsavi, le roi qui gère et supervise le petite monde des détrousseurs, un peu comme un parrain à la Don Corleone.

Même si je ne peux pas dire que j’ai accroché de la première à la dernière ligne, vu que je me suis ennuyée au début et que j’ai trouvé certains chapitres concernant le passé sans trop d’intérêt, j’ai quand même trouvé cette lecture excellente mais raccourcie, elle aurait pu être encore meilleure

J’ai souri, ri, et eu une petite larmichette de temps en temps. J’ai tremblé pour nos salauds gentilhommes, écarquillé les yeux de surprise aussi. En résumé, j’ai vécu ce livre.