Tagué: fantastique

[Challenge « Un mot, des titres », session « Lumière »] « Les lumières de septembre » de Carlos Ruiz Zafon

 

 

Editions Robert Laffont (2012)

260 pages | Traduit par François Maspero

Temps de lecture : 2 jours

Note 3étoilesbon

Synopsis

1937.
La mort de son mari l’ayant laissée sans revenus, Simone Sauvelle accepte de quitter Paris pour occuper un emploi de secrétaire particulière en Normandie. Lazare Jann, son employeur, est un génial inventeur de jouets. Il vit dans une immense propriété en compagnie de sa femme, très malade, qui n’a pas quitté son lit depuis vingt ans. Passionnément amoureux d’elle, il la soigne personnellement. Simone Sauvelle, sa fille Irène, quinze ans, et Dorian, son jeune fils, sont immédiatement séduits par la grande gentillesse de Lazarus.
Ils tombent aussi sous le charme de Cravenmoore, son extraordinaire demeure. Composée d’innombrables pièces et corridors qui se perdent dans l’obscurité, elle est peuplée de marionnettes qui semblent mener une existence indépendante. Hannah, la jeune domestique de Lazarus, devient vite l’amie d’Irène, à laquelle elle présente Ismaël, son beau cousin. Et très naturellement les deux adolescents tombent amoureux l’un de l’autre, tandis qu’une douce amitié rapproche Lazarus et Simone.
C’est alors qu’une force criminelle prend possession de Cravenmoore, comme si l’amour et l’affection lui étaient insupportables. Ombre plus noire que les recoins les plus obscurs, elle tue Hannah, cherche à assassiner Irène et Ismaël, attaque Simone, Dorian et Lazarus. Pourquoi manifeste-t-elle tant de jalousie et de haine ? Et quelles sont ses motivations ? En trouvant dans un phare abandonné le journal intime d’une jeune femme disparue des années auparavant, Irène et Ismaël percent peu à peu le mystère de cette force désespérée.
Et c’est dans une chambre isolée, au bout d’un long couloir gardé par des marionnettes possédées par une folie homicide, près d’une femme oubliée du monde depuis vingt ans, que les deux adolescents doivent aller traquer la vérité.

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L’écriture de Zafon est toujours envoûtante même si les nombreuses descriptions (mer, ciel, soleil, bois) revenant à chaque page ou presque font office de remplissage.

Les thèmes abordés sont parmi les plus fétiches et typiques de l’auteur (l’enfance, le premier amour, les mystères du passé, la vie après la mort…) et déjà utilisés dans d’autres de ses œuvres.

L’ambiance gothique est suffisamment inquiétante pour tenir haleine et les personnages bien campés.

On se prend au jeu et l’on suit leurs aventures avec passion et effroi.

Sur un thème assez similaire (les automates), je l’ai préféré à Marina. Contrairement à ce dernier, bancal et invraisemblable, ici, l’intrigue se revendique fantastique dés le départ et s’assume en tant que telle. Elle n’est pas abâtardie par un réalisme pesant. C’est un conte assumé, rappelant les contes noirs d’Hoffmann est c’est réussi.

[LCD7] « Gone, 1 » de Michael Grant

Editions Pocket (Jeunesse) (2012)

665 pages | Traduit par Julie Lafon

Temps de lecture : 3 jours

Note 4étoiles-trèsbonmais

Synopsis

Imaginez. En plein cours d’histoire, ils sont en train de prendre des notes quand tout à coup… plus de professeur ! Affolés, ils sortent de classe et se rendent compte qu’il n’y a plus aucun adulte. Comme s’ils s’étaient évaporés. En fait, tous les êtres humains de plus de 15 ans ont disparu. Plus incroyable encore, ceux qui restent développent des super-pouvoirs mais ils ne parviennent pas encore à les maîtriser.Cette aventure extraordinaire est arrivée à Sam, 14 ans, et à tous les enfants de la petite ville californienne de Perdido. Passé la première période d’euphorie, les enfants doivent maintenant s’organiser pour survivre. Qui va s’occuper des bébés et des malades ? Comment trouver de la nourriture ? Autant de questions vitales à résoudre en urgence ! Sam devient malgré lui l’un des responsables de l’organisation mais, bien vite, il va devoir affronter d’autres chefs de bandes, aux idées beaucoup plus sombres.

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J’ai éprouvé des difficultés à lire ce premier tome.  J’ai peiné à entrer dedans et à m’attacher aux personnages mais surtout à le finir. Même si la deuxième moitié monte un peu en puissance et se révèle un peu plus rythmée, l’ensemble alterne entre passages ennuyeux et moments passionnants. Le début est plat et le roman en général comporte bien des longueurs.

En dehors des problèmes de rythme, existe aussi un souci avec les codes narratifs du roman qui ont déjà été utilisés ailleurs dans la littérature notamment dans la catégorie jeunesse. Mais pas seulement car Gone m’a  ENORMEMENT fait songer à l’intrigue de Dôme de Stephen King dont les trames se ressemblent de manière troublante.

Il fait également BEAUCOUP penser au roman Sa Majesté des Mouches, Gone en est pour moi une variation moderne et science-fictionnelle. Ajoutons à cela qu’il ressemble à l’improbable croisement entre X-Men et une aventure du Club des Cinq d’Enid Blyton qui tournerait au cauchemar et vous aurez un aperçu de l’atmosphère de ce roman jeunesse au ton étonnamment sombre du reste car certaines scènes sont très dures, il y a beaucoup de morts dont parfois des meurtres et les valeurs véhiculées par l’histoire sont loin de celles de Bisounours. Les armes à feu imposent leur loi, la loi du plus fort et du chacun pour soi. Ici, il faut manger avant d’être mangé. Anxiogène par bien des aspects et porteur d’un climat de claustrophobie latent, Gone est d’une noirceur inattendue et surprenante.

J’ai aimé le traitement des personnages. Aussi bien les rapports complexes qu’ils entretiennent entre eux que leurs personnalités respectives, ni héros, ni pétris de valeurs morales à l’excès, leurs défauts (ils pensent surtout a sauver leur peau pendant une partie du bouquin) les rendent intéressants à suivre. Individualistes au départ de l’histoire, ils subiront une vraie évolution, et devront apprendre à s’entraider, à déléguer et à faire confiance aux autres afin d’œuvre non plus pour eux-mêmes mais pour le bien de la communauté.

Sinon j’aurai aimé que Sam fisse montre de plus de caractère (il se rattrape à la fin du roman mais bon…), Quinn, quant à lui est à baffer, et Astrid ressemble beaucoup à Hermione. Edilio est sympa mais peu mis en avant, son personnage parait trop effacé. Les « méchants » sont un peu caricaturaux à mon goût, c’est dommage. D’autant que leurs psychés sont développés de manière expéditive, les personnages ne sont pas assez creusés.

Le fond fantastico/SF est peut-être un peu « léger » pour un tome introductif. J’aurai aimé qu’il soit davantage présent. Les mutations humaines et animales sont des éléments « déjà vu » et traités de manière assez classique dans ce premier opus. Le propos manque d’originalité.

Quant à l’explication de la survenue de la Zone, je l’ai trouvé peu claire et vite expédiée par l’auteur, j’attends plus d’explications dans le prochain tome.

Disons pour conclure que sans être mauvais, Gone dans son ensemble et à l’exception de quelques chapitres notamment ceux situés vers la fin ne m’a pas captivée autant que je l’aurai souhaité. Je pense tout de même laisser une chance à la saga de me convaincre en lisant le tome 2.

Les autres participants :

*isa1977
*Benjamin59
*mademoizellebreizh
*SnowWhite
*Azariel87
*Bouquinons
*Ninouche2109  (n’écrira pas de chronique)
*(Dex)
*clédesol
*CherryB
*dorothzz
*lamiss59283
*Alison Mossharty
*Galleane

Lecture commune découverte

[Partenariat] « Opprimés, 1, Les Enfants des Dieux » de Jessica Therrien

Editions Milan (Macadam) (2013)

318 pages | Traduit par Emmanuelle Pingault

Titre original : Oppression (2012)

Jeunesse, Fantastique, 

Temps de lecture : 1 journée

Note 3étoilesbon

Synopsis 

Une fille, une prophétie, un destin, et le sort de tout un peuple entre ses mains ! 
Elyse a deux secrets. Le premier : elle vieillit cinq fois moins vite que la moyenne, et paraît donc avoir 18 ans alors que c’est une octogénaire. Le second : elle a un pouvoir de guérison. Pour Elyse, cela ne la rend pas extraordinaire. Mais ces secrets rendent sa vie périlleuse. Après la mort de ses parents, elle fait attention à protéger ses secrets. Une seule personne au monde connaît son âge et ses capacités : Betsy, sa mère adoptive. La mort de Betsy la pousse à déménager à San Francisco afin de se cacher des curieux. Elle rencontre alors William, un beau jeune homme qui lui révèle qu’elle n’est pas la seule à garder ce genre de secrets. Il a, lui, le pouvoir de persuasion par exemple. Il existe plein de ces « descendants », qui viennent des lignées de dieux grecs. Et les descendants ont les pouvoirsassociés à leur ancêtre… Tous attendent Elyse, car elle possède le plus précieux et le plus désiré de tous les pouvoirs…

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Un immense merci aux Editions Milan et au site communautaire Livraddict pour m’avoir accordé leur confiance. J’avais très envie de lire ce livre, attirée en premier lieu par sa jolie couverture mystérieuse mais aussi par son résumé qui promettait un roman à l’univers mythologique comme je les aime.

J’apprécie particulièrement Les Editions Milan qui publie de la bonne littérature jeunesse grâce à leur collection Macadam. Syrli par exemple était vraiment excellent de même que la saga fantastico-jeunesse Rouge rubis de Kerstin Gier que j’ai adoré. C’est la première fois que j’opère un partenariat avec Milan et  j’espère que ce ne sera pas la dernière ;). 

Voyons un peu ce que j’ai pensé de ce premier tome de la saga des Enfants des Dieux de J. Therrien. 

Si en lisant le quatrième de couverture, j’ai immédiatement songé à la saga Le Pacte des Immortels d’Eric Nylund (dont j’ai lu et beaucoup aimé les deux premiers tomes),  ma lecture m’a par la suite démontré que je me trompais et que les références sont davantage à piocher du côté de Percy Jackson de Rick Riordan et dans une certaine mesure d’Harry Potter. Même si ici le style n’est pas humoristique mais davantage jeunesse et qu’il existe une réelle volonté de réinterprétation des mythes antiques sous l’angle humain et réaliste. En gros, les dieux grecs n’étaient pas des dieux mais des êtres dotés d’un pouvoir. Un don magique (dont certains sont plutôt funs et amusants, je dois l’avouer) qui est reçu en héritage par leurs Descendants.

Voilà pour le contexte du roman.

Mais Opprimés est hélas bien inférieur aux autres titres de la collection Macadam, d’abord, il met du temps à démarrer, ensuite l’héroïne n’a pas de caractère. Elle se laisse entrainer un peu facilement. Elle dit Amen à tout surtout si cela vient de William. Une vraie girouette qui pleure sans cesse et se ronge beaucoup les ongles (un hommage à Bella Swan qui passe son temps à se mordre les lèvres ?). Pour quelqu’un qui a vécu plus de deux cents ans, elle manque singulièrement de maturité et parait bien niaise et naïve.

La relation amoureuse d’Elyse et de William est très guimauve. A peine se rencontrent-ils qu’ils envisagent déjà de se marier et d’avoir des enfants (!) Euh, c’est pas un peu rapide aprés seulement 2 ou 3 jours ? Elle passe son temps à nous dire combien Will est « trop beau et trop sexy», à nous décrire ses lèvres, ses yeux, sa peau, ses cheveux et même ses sourcils et le creux de son coude… (!) à grands renforts de métaphores sucrées comme des barbes à papa. A un moment donné, c’est bon, le lecteur a compris, hein ! Pas la peine de nous le répéter toutes les dix pages ! On dirait Bella parlant d’Edward dans Twilight (non, en fait Elyse est pire encore !). Et bien sûr ce sont des âmes soeurs…blablabla, et puis d’abord, elle ne le mérite pas, il est trop bien pour elle, elle si nulle et si insignifiante… blablabla… (là, j’avoue que j’ai eu envie de la renvoyer sur le mont Olympe d’un grand coup de pied dans son popotin de « déesse » grecque).

Brossés à grands traits, les autres personnages n’ont pas de consistance. Ils semblent parfois n’avoir été crées par J. Therrien que pour pouvoir illustrer un don et en faire la démonstration. De ceux-là, je pense surtout aux amis de William et aux autres élèves de l’Institut, on ne sait pas grand-chose et on referme le roman sans savoir vraiment qui ils sont ou que penser d’eux.

D’ailleurs, les personnages secondaires ont tellement peu d’épaisseur et de personnalité propre que j’ai passé l’ensemble de ma lecture à les confondre, noms et dons itou.

Pareillement pour les méchants, les redoutables membres du Conseil. Si on entend beaucoup parler d’eux dans le roman, on ne les voient que très peu à l’œuvre, hormis Kara – l’un des rares personnages à avoir un peu de consistance et un rôle ambivalent, coincée comme elle l’est entre les méchants et les gentils.

Le Conseil joue l’Arlésienne tout au long du roman, à l’exception de Kara et Ryder, sous-fifres dudit Conseil, nous ne voyons pas l’ombre d’un de ses membres dans ce premier tome. Meme si on parle beaucoup d’un certain Christoph, il n’apparait jamais.

En revanche, la relation d’amitié entre Elyse et Anna est touchante. C’est l’une des choses que j’ai préféré dans le roman.

Quant à la mythologie du roman, elle est prometteuse mais exposée de manière trop rapide et succincte, surtout à l’endroit des Descendants.

Bref, tout n’est pas négatif. Ainsi ai-je plutôt apprécié également les quelques passages se déroulant à l’Institut car comme dit plus haut, ils font songer à Poudlard, notamment les cours de Défense des dons qui rappellent un peu les cours de Défenses contre les forces du mal enseignés dans Harry Potter. Oui, j’ai aimé voir les Descendants faire usage de leurs pouvoirs, s’affronter les uns les autres dans le but de s’entrainer à résister aux membres du Conseil qui les tient sous sa coupe depuis des siècles. Ce sont les seuls moments divertissants du livre. 

Certes, avec son style agréable à lire (bien que quelques phrases manquent de clarté pour moi ou que certaines métaphores sont un peu étranges à comprendre ) et ses chapitres courts, Opprimés se lit vite mais ne m’a pas vraiment convaincue et je me suis souvent ennuyée. Le problème majeur étant que J. Therrien se contente de poser les  bases de son histoire et ce de façon trop sommaire. Je comprends bien qu’il s agit là d’un tome introductif mais il faut quand même donner un minimum de grains à moudre au lecteur.  L’auteure, c’est frustrant, survole beaucoup son sujet et lorsque l’on referme le livre, on a l’impression de n’avoir pas progressé d’un pouce eu égard aux premiers chapitres et de n’avoir pas appris grand-chose.

Pour résumer : trop de blabla, bien trop de romance gnangnan et pas assez de profondeur  ni d’action dans ce premier tome où les personnages passent l’essentiel du roman à se demander s’il faut croire ou non la prophétie et entrer en guerre ou pas.

J’attends mieux pour la suite.

« Saratoga Woods, 1 » d’Elizabeth George

Editions Presses de la Cité (2013)

432 pages

Temps de lecture : 4 jours

Note livredeuxétoilessansplus

Synopsis 

La jeune Hannah Armstrong possède un étrange pouvoir. Elle entend les pensées des autres, leurs « murmures », comme elle les qualifie. Un jour, elle comprend que son beau-père vient de commettre un meurtre. Pour la protéger, sa mère décide de l’envoyer sous une nouvelle identité chez une amie, sur l’île de Whidbey, au large de Seattle. Malheureusement, une fois sur place, rien ne se passe comme prévu pour celle qui se fait désormais appeler Becca King…

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Mon premier livre de l’auteure et c’est une grosse déception.

C’est lent, c’est mou,  c’est long et bavard. Le traitement de l’intrigue est sans saveur ni action ni suspense. Je m’ennuyais tellement que j’ai failli abandonner le livre au milieu.

Pourtant l’idée de départ est prometteuse et l »héroïne plutôt attachante au demeurant.

Hélas, E. George désamorçe le peu de suspense que contient son histoire en passant son temps à nous parler de la vie quotidienne des personnages de l’histoire ou les paysages de la région, si bien que l’intrigue devient la cinquiéme roue du carrosse. Et que dire de cette fin en pétard mouillé. J’ai cru à une blague en découvrant le fin mot de l’histoire.  Je me suis dis  » Quoi ?! Tout ça pour ça ? « .

Un thriller jeunesse poussif dont la seule chose appréciable est la petite pointe fantastique qui s’y glisse de temps en temps. 

Pour moi, ce fut une lecture fastidieuse et même le cliffhanger final ne me donne pas plus envie que ça de lire le deuxième tome. On verra…

[Challenge de Calypso, session 13 « Ombre(s) »] « Hantée, 1, Les Ombres de la ville » de Maureen Johnson

Editions Michel Lafon (2012)

428 pages

Temps de lecture : 3 jours

Note 4étoiles-trèsbonmais

Synopsis

A Londres, un assassin hante les rues, réveillant la légende de Jack l’Éventreur. Malgré l’omniprésence des caméras, le tueur est indétectable.Aurora, arrivée depuis peu sur son campus, se rend compte qu’elle est la seule capable d’apercevoir son ombre.Accompagnée d’un mystérieux jeune homme, elle plonge au plus profond des brumes de la cité pour arrêter le meurtrier avant qu’il ne récidive. A moins que son don ne fasse d’elle la prochaine victime….
 
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Je suis mitigée sur ce roman.

Le début est looooooooooooooooooooooong et mou ; hormis l’installation de l’héroine américaine dans son nouveau collège du coeur de Londres, (choc des cultures),  il se ne passe pratiquement rien.

On s’ennuie jusqu’au deuxième meurtre; ensuite le charme commence à agir.

D’un côté,  nous sommes en présence d’une bonne idée : un imitateur fantôme de Jack l’Eventreur en plein vingt-et-unième siècle, de bons personnages auxquels on s’attache assez viten d’un climat réaliste qui se teinte peu à peu de fantastique – (sans doute ce que j’ai préféré dans le roman) et pour finir d’une mythologie ectoplasmique bien construite mais de l’autre, nous avons aussi un traitement insuffisant, qui ne parvient pas particulièrement à transcender un sujet pourtant prometteur.  Si bien, que l’aspect historique fait quelquefois figure de prétexte. Pire, l’histoire se révèle vite prévisible (quatrième de couv’ trop bavarde ?).

Le parti-pris fantastique de l’intrigue est plaisant, certes. Cependant, si l’ambiance réussit parfois à être pesante, elle n’est jamais vraiment angoissante.

Pour qui ne connait pas la légende sanglante de Jack the Ripper, les fréquents rappels qui nous en sont donnés ne déplairont nullement. A l’inverse de votre dévouée blogeuse qui s’étant déjà beaucoup documentée par le passé  a parfois eu l’impression de se retrouvait nez à bec avec un perroquet victorien lui rabâchant la même chanson sur des pages et des pages.

C’est une bonne idée de respecter la chronologie des meurtres de l’époque, d’insérer quelques scènes un peu sanglantes mais il aurait fallu aller plus loin dans la démarche de reconstitution historique selon moi. L’aspect scolaire et la mise en relief du fonctionnement d’un collège privé anglais prend quand même trop de place. Sans parler des histoires entre élèves qui entre cours, devoirs et amourettes cassent la dynamique horrifique de l’intrigue.

Le clin d’œil involontaire à la série 21 Jump Street (question de génération) m’a fait sourire.

Pour faire court, ce n’est pas un mauvais roman mais je m’attendais à autre chose. Ce billet n’est nullement dissuassif d’ailleurs, je pense que ce roman mérite  lecture malgré ses défauts et j’entends bien pour ma part lire la suite.

« Charley Davidson, 3, Troisième tombe tout droit » de Darynda Jones

Editions Milady (2012)

413 pages | Traduit par Isabelle Pernot

Temps de lecture : 4 jours 

Note 4étoiles-trèsbonmais

Synopsis 

Détective privé paranormal. Sinistre faucheuse extraordinaire. Peu importe. Charley Davidson est de retour ! Et elle boit de grandes quantités de café pour rester éveillée, parce que chaque fois elle ferme les yeux, elle le voit : Reyes Farrow, le mi-humain, mi-mannequin fils de Satan. D’accord, elle a fait emprisonner Reyes pour toute l’éternité. Mais comment est-elle censée résoudre un cas de personnes disparues, traiter avec un médecin à l’ego sur-dimensionné, calmer son père grincheux, et attraper un gang de motards déterminé à assassiner, quand le fils du diable ne veut tout simplement pas renoncer à son plan de séduction… et de vengeance?

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Après deux très bons tomes, la série marque un peu le pas et rentre dans le rang de l’urban fantasy « moyenne ».

Ce troisième tome m’a pas mal déçue. L’intrigue principale, la disparition d’une femme mariée, ressemble beaucoup à celle du tome précédent et n’est pas franchement passionnante.

Moins drôle que les précédents, l’humour m’a même semblé forcé à certains moments. Notamment dans les dialogues Charley/Cookies qui sont d’habitude hilarants. Problème de traduction ? Ou alors le duo fonctionne moins bien qu’avant ?

L’histoire entre Charley et Reyes piétine. Et je dois dire que le côté Jekyll et Mister Hyde du personnage de Reyes est un peu déstabilisant.

Moi qui généralement dévore chaque tome de la saga, cette fois, j’ai mis beaucoup plus de temps à terminer car je « calais » souvent et j’avais besoin de lire autre chose, tout simplement parce que je trouvais le temps long.

La fin est un peu plus prenante mais elle me fait craindre le pire pour la suite de la saga. En effet, c’était trop beau pour que ça dure J’apprécie cette série parce que contrairement à bien d’autres, l’héroïne n’avait pas une vie amoureuse compliquée avec des prétendants à la pelle et une tendance comme tant d’autres héroïnes de bit-lit qui m’insupportent à flirter avec tout ce qui porte un pantalon. Bref, j’aimais le fait que la saga ne se focalise pas trop sur la romance et ne npus propose pas ces éternels triangles amoureux qui semblent la condition Sine qua non de la plupart des romans de ce genre. Hélas, les dernières pages ne m’ont pas rassuré. J’ai bien peur que dans les prochains tomes, Charley ne devienne une autre Anita Blake, Cookie Stackehouse et cie… Je sens venir le quatuor sentimental de loin et je sais que cela va m’énerver…

Je me suis ennuyée. Ma sévérité va donc de pair avec ma grosse déception. 

J’espère quand même que le quatrième tome redressera la barre et me donnera tort car cela m’ennuierait de devoir abandonner cette série et son héroïne que j’affectionne tout particulièrement. 

« Les Chroniques des Enchanteurs, 19 Lunes » de Kami Garcia & Margaret Stohl

 

Editions Hachette (Black Moon) (2012)

437 pages | Traduit par Luc Rigoureau

Temps de lecture : 2 jours

Note 4étoiles-trèsbonmais

Synopsis

Est-ce que la mort est la fin… ou seulement le commencement ? 

Ethan Wate a passé la majorité de sa vie à essayer de s’échapper de sa petite ville de Gatlin. Il n’a jamais pensé qu’il pourrait rencontrer la fille de ses rêves, Lena Duchannes, qui a dévoilé une facette secrète, puissante et maudite de Gatlin, cachée à la vue de tous. Et il n’aurait jamais imaginé qu’il aurait été forcé de laisser derrière lui tout le monde et tout ce qui comptait pour lui. Donc quand Ethan se réveille après les évènements glaçants de la 18ème Lune, il n’a qu’un but : trouver un moyen de retourner vers Lena et ceux qu’il aime. 

A Gatlin, Lena fait de son mieux pour permettre le retour d’Ethan, promettant de faire tout ce qu’il faut, même si ça signifie faire confiance à de vieux ennemis ou risquer les vies de la famille et des amis qu’Ethan a laissés pour protection. 

Séparés, Ethan et Lena doivent de nouveau travailler ensemble pour réécrire leur destin dans cette conclusion de la saga 16 Lunes.

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Si j’ai eu les larmes aux yeux dès le début du roman (et un peu à la fin), je m’étais imaginé être davantage émue par ce dernier tome. Hélas, j’ai trouvé que ça manquait d’émotion, que ça tournait parfois à vide.  

Ce dernier tome est satisfaisant dans l’ensemble, bien qu’il laisse un tantinet le lecteur sur sa faim. Pourquoi cette sensation d’inachèvement en moi ? Sûrement parce que cette fin me laisse un goût de facilité. J’ai trouvé que certains fils narratifs essentiels de la saga étaient traités de façon trop expéditive parfois à l’aide d’une simple pirouette de la part de Stohl et Garcia qui relâchent un peu leurs efforts. Ces dames nous avaient habitué à plus de profondeur.

 Comme il y a finalement assez peu de rappels des événements des tomes précédents, j’avoue avoir parfois un peu peiné à me remémorer les grandes lignes de la mythologie des Enchanteurs et à me rappeler qui était qui, qui était quoi et qui avait fait ceci ou cela. Mais passées les premières pages, on s’y retrouve mieux.

Construit sous la forme d’une alternance narrative entre Ethan, du moins son fantôme, prisonnier de l’au-delà où son sacrifice l’a entrainé, et Léna restée dans le monde des vivants qui, convaincue de sa survivance, tente de le ramener prés d’elle, force est de constater que les parties les plus intéressantes sont celles racontée par la voix du jeune homme. Notamment, la première partie du roman où Ethan fait en quelque sorte son apprentissage de son nouveau statut de Diaphane tout en cherchant un moyen de revenir à la vie et que j’ai dévoré d’un souffle tant je l’ai trouvé passionnante. L’intensité retombe un peu ensuite et quelques longueurs font leur apparition.

Chose étonnante, Amma, est bien plus émouvante dans son chagrin d’avoir perdu Ethan que Léna qui a, je dois l’avouer, une manière puérile de porter le deuil de son grand amour. Depuis 17 Lunes, Léna n’a pas cessé de m’agacer de plus en plus, mon énervement ayant atteint son point culminant dans ce tome conclusif où elle se montre particulièrement antipathique.

Dans l’ensemble, Link(cube) et Ridley sont fidèles à eux-mêmes et mis à part à quelques (rares) moments-clés de l’histoire, leurs personnages ne prennent pas beaucoup de place dans l’intrigue qui est surtout focalisée sur Ethan et dans une moindre mesure sur Léna. Maccon, Marian, John et Liv sont aussi un peu trop relégués au rôle de figurants, cela m’a un peu déçue. Quant aux sœurs, hélas, on les voit peu, même si tante Prue à une grande importance, du moins au tout début de l’intrigue, car elles sont toujours aussi hilarantes à voir se chamailler et fourrer leurs nez partout.

Là où le tome se révèle décevant pour moi, c’est dans la gestion des personnages malveillants, les « méchants de l’histoire » sont vaincus assez rapidement et tout aussi facilement alors qu’ils sont censés être redoutables, c’est ce qu’on nous serine depuis maintenant trois tomes ! Abraham Ravenwood, Angélus et compagnie ne trouvent pas des fins très dignes de leur statut de « terreurs invincibles » !

Parmi les points forts du roman, on peut mettre en avant quelques petites révélations offertes par-ci-par-là et la découverte du monde des morts de l’autre côté du monde réel symbolisé par Gatlin, un au-delà plutôt bien pensé et stylisé par les auteures où l’on croise plusieurs personnages étranges et surtout (enfin) la visite guidée de La Grande Garde et notamment de la bibliothèque renfermant Les Chroniques des Enchanteurs, sur lequel on en apprend davantage également. Mais ce qui m’a réellement séduit avant tout dans ce dénouement, c’est la quête héroïque (et initiatique) que doit mener Ethan qui doit franchir obstacle sur obstacle, collecter objet après objet, conclure marché après marché pour parvenir, tel un Orphée moderne descendant dans les Enfers pour retrouver sa belle aimée, jusqu’à toucher au bout de l’épreuve. C’est ce qui m’a semblé le plus réussi dans le roman.

Un dernier tome triste, mélancolique et sombre, qui n’est ni avare en magie, ni dans la multiplication des obstacles et des dangers mis sur le chemin d’Ethan. C’est juste dommage que tout se résolve un peu trop facilement à certains moments.