Tagué: Editions Pocket

Pig Island de Mo Hayder

 

2008 Editions Pocket

Française Langue française – 471 pages

Temps de lecture : 6 jours

Note 4étoiles-trèsbonmais

Synopsis

Joe Oakes est journaliste et gagne sa vie en démystifiant les prétendus phénomènes paranormaux. En débarquant sur Pig Island, îlot perdu au large de l’Ecosse, il est fermement décidé à vérifier si la trentaine d’allumés qui y vivent en vase clos vénèrent le diable comme les en accusent les gens de la côte. Et, surtout, il veut tordre le cou au mythe du monstre qui aurait élu domicile sur l’île, une mystérieuse créature filmée deux ans plus tôt par un touriste à moitié ivre. Mais rien, strictement rien ne se passe comme prévu. Joe est confronté à des événements si atroces qu’ils bouleversent à jamais son idée de la peur et du mal…

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Un style percutant, une intrigue glauque, une ambiance sombre, une sensation de malaise latente, un thème délicat et casse-gueule (les sectes et le fanatisme religieux vu à travers le prisme des prédicateurs itinérants),  des scènes d’un réalisme cru, une construction originale et complexe… c’est du Mo Hayder, quoi….

Plus profond et torturé que Fétiches mais bien inférieur à Tokyo, Pig Island est un bon thriller malgré sa longueur qui provoque un certain ennui et ses nombreux temps morts.

Pig Island se démarque avant tout par son ambiance sombre  flirtant étroitement avec l’épouvante, sa construction originale où intrigues et sous-intrigues s’emboîtent à la manière d’une poupée russe (quand un arc narratif s’achève, une nouvelle sous-intrigue inattendue fait son apparition pour nous surprendre à nouveau jusqu’au rebondissement final (que j’avais deviné, hélas pour moi) et son ton cru et réaliste (sang, tripes, excréments, rien n’est épargné au lecteur).

Malgré le plaisir pris à sa lecture, à l’arrivée Pig Island constitue donc pour moi une petite déception. Mes attentes étaient certainement trop grandes.

Un thriller à lire toutefois si on est amateur du genre, même s’il n’est pas exempt de défauts et n’est pas l’œuvre la plus réussie de Mo Hayder.

[Thriller] Baby Challenge 2014 « Vertige » de Franck Thilliez

2012 Editions Pocket (Thriller)

Langue française – 345 pages

Temps de lecture : Une journée

Note 4étoiles-trèsbonmais

Synopsis

Certains secrets sont inavouables, mais serions-nous prêts à mourir pour les cacher ?
Un homme se réveille au fond d’un gouffre, au coeur d’un environnement hostile, deux inconnus et son fidèle chien comme seuls compagnons d’infortune. Il est enchaîné au poignet, l’un des deux hommes à la cheville et le troisième est libre, mais sa tête est recouverte d’un masque effroyable, qui explosera s’il s’éloigne des deux autres. Qui les a emmenés là ? Pourquoi ? Bientôt, une autre question s’imposera, impérieuse : jusqu’ou faut-il aller pour survivre ?

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Pas mal du tout, ce Thilliez.  Et pourtant, je suis loin d’être une adepte de l’auteur, vous ne l’ignorez pas.

Vertige est un roman vraiment prenant voire étouffant, qui se double d’un huit-clos réussi, sachant ménager ses effets et son suspense jusqu’à la fin. L’atmosphère est glauque, et n’en finit pas de tenir le lecteur en haleine, mais aussi de le rendre paranoïaque, le faisant douter de tout et surtout de lui-même. 

Même si certaines ficelles se laissent deviner assez vite, Vertige, une fois ouvert, se dévore. Un bon Thilliez donc, même si quelques scènes m’ont déplu, et qu’aucun des protagonistes du roman ne soit digne de compassion ou d’un attachement particulier. Selon moi, F. Thilliez n’avait pas fait si bien depuis La chambre des Morts. En tout cas, aucun de ses thrillers suivants ne m’avaient autant « accrochée » depuis, ni contenté jusqu’à satiété. Et c’est sur une note positive que j’ai achevé cette lecture. Au contraire des autres romans de l’auteur, qui m’avaient toujours parus finir d’une manière inaboutie et parfois grotesque,  la fin de Vertige, qui reste ouverte à la libre interprétation de chacun, m’a séduite. Ce manque de certitudes absolues contribuant pour moi  à faire perdurer le trouble que le roman suscite tout au long de ses quatre cent pages. Proposer une fin trop définitive aurait en quelque sort nuit à l’ensemble, je pense.

Bref, Vertige donne vraiment le tournis au lecteur en empilant  sans relâche les strates de réalité et d’hypothèses, et c’est véritablement ce qui en fait un thriller haletant.

« Guerres du Monde Émergé, 1, La secte des assassins» de Licia Troisi

Editions Pocket (Jeunesse) (2010)
556 pages | Traduit par Agathe Sanz
Temps de lecture : 3 jours
Note 4étoiles-trèsbonmais
Synopsis

Quarante ans ont passé depuis la défaite du Tyran. Pourtant ses adorateurs n’ont pas disparu : la Guilde – la secte des Assassins – continue d’agir en son nom… A 17 ans à peine, Doubhée est une voleuse redoutable de la Terre du Soleil. Hantée par son passé de tueuse, elle a toujours fui la secte. Mais les Assassins ont déjà décidé de son sort… et lui lancent une malédiction. Pour sauver sa vie, Doubhée doit retrouver celui qui l’a piégée. Même si pour cela elle doit rejoindre la Guilde…

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Dans l’idéal, j’aurai du partir à la découverte de Licia Troisi avec sa premiére saga « Chroniques des mondes émergés » mais vu que j’aime faire les choses à l’envers, j’ai commencé la seconde saga de l’auteure qui fait suite à la premiére et là bonjour les spoilers ! Enfin, tant pis…
Si je devais trouver un adjectif pour ce tome d’ouverture de la saga, ce serait : sympa.
L’histoire est somme toute assez classique, survolée parfois. Mais, et c’est l’un des plus gros défauts du livre, l’intrigue manque de profondeur, surtout dans sa premiére moitié, la seconde partie gagne en noirceur et en rebondissements. L’ensemble est parfois trop enfantin malgré des passages sanglants. Les passages sur l’enfance de l’héroïne (attachante), le récit de son apprentissage d’assassin et de sa relation émouvante avec son maitre, sont les plus (et les plus rythmées grâce à l’utilisation du présent quand le reste est rédigé au passé). Autre défaut : l’écriture de L. Troisi est assez plate et banale voire bancale, les phrases sont courtes afin de créer artificiellement du rythme, les descriptions minimes, parfois réduites à deux phrases passe-partout et clichés. Bref, ce livre de fantasy est sympa, les personnages attachants mais les méchants caricaturaux et l’univers trop enfantin.

« Le Passage » de Justin Cronin

Editions Pocket (2013)

1280 pages | Traduit par Dominique Haas

Temps de lecture : 1 mois et demi

Note : Entre 3étoilesbon et 4étoiles-trèsbonmais (cela dépend des moments)

Synopsis

Années 2010. Dans le Tennessee, Amy, une enfant abandonnée de six ans est recueillie dans un couvent… Dans la jungle bolivienne, l’armée américaine recherche les membres d’une expédition atteints d’un mystérieux virus… Au Texas, deux agents du FBI persuadent un condamné à mort de contribuer à une expérience scientifique gouvernementale. Lui et les autres condamnés à la peine capitale participant au projet mutent et développent une force physique extraordinaire. Les deux agents du FBI sont alors chargés d’enlever une enfant, Amy. Peu après que le virus a été inoculé à cette dernière, les mutants attaquent le centre de recherches…

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Quitte à m’attirer les foudres de certain(e)s, « Le Passage » n’est pas à mes yeux, l’œuvre majeure que l’on m’a vendu sur tous les tons depuis sa sortie. C’est à mon avis un roman inégal, branché sur courant alternatif, qui offre un plaisir de lecture intermittent, à cause d’un mauvais dosage : moment fort/ moment faible.

La mise en place est trop longue (à cause de la présentation des personnages qui est faite à la Stephen King. N’est pas le King qui veut). Pourtant les premiers chapitres sont intrigants mais tout retombe après l’ellipse temporelle lorsqu’on se retrouve cent ans plus tard dans la colonie des survivants.

A mes yeux, certains des choix narratifs de Justin Cronin sont contestables. Exemple : Plus de 300 pages du roman sont consacrées à nous présenter en long, en large et en travers des personnages que nous ne reverrons pratiquement plus par la suite ou très peu (à quoi bon alors ces interminables portraits ?).

De fait, il y a beaucoup trop de personnages, de dates, de chiffres et de pages qui ne servent pas à grand-chose à mes yeux dans ce roman trop…trop tout en fait.

Les vampires (fluorescents et simiesques (ils sautent partout comme des chimpanzés sous amphétamines)n’apparaissent pas tant que cela, la focale est davantage porté sur les survivants, et l’organisation des sociétés post-apos : leurs refuges, leur mode de vie, leurs croyances…

Certes, l’univers a une belle densité, il y a de bons personnages principaux, complets, attachants, héroïques, et de la profondeur psychologique chez eux (les personnages secondaires sont plus caricaturaux) mais il y a surtout de longues descriptions de paysage ou de bâtiments et autant d’explications techniques (surtout sur l’électricité).

Mais le plus gênant sont les idées too much que l’auteur a eu parfois (un peu comme le fait que les vampires soient fluos!) et qui sont dignes d’une mauvaise série SF, le pire étant pour moi le kitchissement passage « sectaire » avec l’épisode de la Babcock-mania qui m’a laissé plus que dubitative sur le coup! (Non mais sérieux, plus ridicule tu meurs).

Au final, on est loin de l’éblouissement promis par les autres lecteurs, mon plaisir fut elliptique. Globalement cette lecture est assez ennuyeuse (et déprimante). Le roman aurait pu aisément se voir réduit de 300/400 pages au moins. J’ai peiné comme rarement pour le terminer même si les 300 dernières pages comportent davantage d’action et se lisent plus facilement.

Et pourtant…étrangement, j’ai envie de lire la suite intitulée « Les douze », juste pour savoir ce qu’il va advenir des personnages de ce tome 1, d’autant que les dernieres lignes du roman laissent présager du pire. Il n’en faut pas plus pour m’intriguer…

[LC] « Le Treizième conte » de Diane Setterfield

Editions Pocket (2008)

567 pages

Temps de lecture : 3 jours

Note 

Synopsis

Vida Winter, auteur de best-sellers vivant à l’écart du monde, s’est inventé plusieurs vies à travers des histoires toutes plus étranges les unes que les autres et toutes sorties de son imagination. Aujourd’hui, âgée et malade, elle souhaite enfin lever le voile sur l’extraordinaire existence qui fut la sienne. Sa lettre à Margaret Lea est une injonction : elle l’invite à un voyage dans son passé, à la découverte de ses secrets. Margaret succombe à la séduction de Vida mais, en tant que biographe, elle doit traiter des faits, non de l’imaginaire. Et elle ne croit pas au récit de Vida. Dès lors, les deux femmes vont confronter les fantômes qui hantent leur histoire pour enfin cerner leur propre vérité…

Autant j’ai éprouvé de la difficulté à m’immerger dans l’histoire (davantage encore à m’habituer au style un peu empesé voire amidonné comme un col de chemise, quoique joli et poétique de Diane Setterfield) autant passées les 150 premières pages, je n’ai plus réussi à refermer ce roman tant, entre-temps, l’intrigue était devenue passionnante.

Diane Setterfield, c’est palpable, tant dans la recherche du mot juste que dans la construction raffinée des personnages et de l’intrigue, semble apprécier la littérature victorienne. Elle nous donne d’ailleurs d’excellents conseils de lecture au sein même du récit. Son roman s’approprie avec bonheur les ambiances délicieusement « vieille angleterre », les atmosphères feutrées et brumeuses en même temps que les codes romanesques. Ce que confirme le soin apporté aux descriptions des paysages désolés de cette contrée prise dans un linceul de brouillard, de vent et de neige.

Nul doute pour moi que D. Setterfield rend ici un vibrant  hommage  aux plumes magistrales des grandes romancières que furent Jane Austen ainsi qu’ Emily et Charlotte Brontë. Ces échos surranés donnent beaucoup de charme à ce roman trés immersif.

Par son évocation des gouvernantes laides et soigneuses (Hester) et son mystère latent, le roman m’a fait souvent songer à Jane Eyre (encensé plus d’une fois par l’héroïne du livre) mais aussi bien sûr aux Hauts de Hurle-vent (évoqué là encore par D. Setterfield).

Non sans rappeler le trés bon roman Le jardin des secrets de l’australienne Kate Morton, de par son aspect saga familiale, Le treizième conte prend des allures d’enquête policière tout autant que de roman initiatique pour sa narratrice principale, qui profite de la rédaction d’une biographie d’une célèbre auteure de romans à succés pour partir sur les traces de son propre passé et en quête d’elle-même. Le procédé narratif est astucieux et laisse une grande place au traitement des personnages notamment sous l’angle psychologique.

Le tout est savamment auréolé de mystère et d’une pointe d’étrangeté qui nous fait échafauder mille hypothèses tout au long de notre lecture. Si j’avais commençé à effleurer (un peu) la résolution de l’égnime vers le milieu du roman, bien des choses ont réussies à me surprendre tout de même.  L’auteure nous gratifiant d’un sacré coup de théâtre mais chut …

Je garde toutefois quelques réserves quant à certains arrangements narratifs qui m’ont semblés un peu hasardeux mais hormis cela, et les longueurs que comportent souvent inutilement le roman, j’ai passé un trés bon moment avec ce roman fort appréciable dont  les personnages sont fascinants. Un roman qui célèbre avec poésie la magie des livres et le bonheur de lire. Sujet qui me tient beaucoup à coeur. Et comme j’ai un gros faible pour les livres qui parlent… de livres en exaltant la beauté de l’acte de lecture mais aussi de l’acte d’écriture, ce roman ne pouvait que me plaire…

« Le Magasin des suicides » de Jean Teulé

Editions Pocket
Publié en 2008 ~ Langue : Française ~ 157 pages
Année de parution originale : 2007
Genre : Contemporaine
Temps de lecture : Quelques heures
Note 
Synopsis 
Vous avez raté votre vie ? Avec nous, vous réussirez votre mort ! Imaginez un magasin où l’on vend depuis dix générations tous les ingrédients possibles pour se suicider. Cette petite entreprise familiale prospère dans la tristesse et l’humeur sombre jusqu’au jour abominable où surgit un adversaire impitoyable : la joie de vivre…

Suite à d’excellents avis de Cajou et Frankie sur ce roman conjuguée à la sortie du film d’animation éponyme réalisé par Patrice Leconte, j’ai eu très envie de sortir ce livre de ma PAL. Mon ressenti final est bizarre. Oui, bizarre, car Le Magasin des suicides avait tout pour me plaire dans l’absolu et pourtant, je n’ai pas accroché autant que je l’aurai voulu.

Gros souci, cette fois et contrairement à ce qui s’est passé pour d’autres livres de Jean Teulé comme Le Montespan ou Charly 9 que j’avais adoré, je n’ai pas été sensible à l’humour absurde et noir. Sachant que l’humour est censé être le composant principal du roman, avouez que c’est très embêtant.

Les bonnes idées sont là, mais tombent à plat faute d’un traitement adapté pour les mettre en valeur. Jean Teulé n’exploitent pas assez le potentiel de son histoire, au demeurant, fort prometteuse. Il saute d’une idée à l’autre sans s’attarder sur ce qui pourrait être vraiment amusant. Cela confère au roman, un côté « empilage gratuit » sans profondeur.

L’autre hic pour moi, consiste en la trop grande théâtralité des dialogues qui confère un aspect outré et forcé aux situations et aux répliques des personnages.

Enfin, toujours selon moi, l’intrigue est très convenue et la fin prévisible, seule la dernière phrase m’a étonnée.

Je m’attendais à quelque chose de très drôle mais j’ai à peine frémi des lèvres. Ni sourire, ni rire ne furent au rendez-vous. Bref, pas de quoi faire de l’ombre à La Famille Adams ou réveiller les morts…