Tagué: Collection R

« Belle Epoque » d’Elizabeth Ross

Editions Robert Laffont (R)

2013 Langue française – 416 pages | Traduit par Madeleine Nasalik

Temps de lecture : 2 jours

Note 3étoilesbon

Synopsis

« Louez un faire-valoir, vous en deviendrez d’emblée plus attirante. »

Lorsque Maude Pichon s’enfuit de sa Bretagne natale pour échapper à un mariage dont elle ne veut pas, elle monte à Paris, ville-lumière en ébullition à la veille de l’exposition universelle de 1889. Hélas, ses illusions romantiques s’y évanouissent aussi rapidement que ses maigres économies. Elle est désespérément à la recherche d’un emploi quand elle tombe sur une petite annonce inhabituelle : « On demande de jeunes filles laides pour faire un ouvrage facile. » L’Agence Durandeau propose en effet à ses clients un service unique en son genre : le repoussoir. Son slogan ? « Louez un faire-valoir, vous en deviendrez d’emblée plus attirante. » Étranglée par la misère, Maude postule…

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Comme de juste, Belle Epoque (paru dans la Collection R) est un roman destiné avant tout à la jeunesse (le cœur de cible de la collection) mais reste sympathique à lire dans l’ensemble. L’immersion historique est trop légère (du moins à mon goût). L’époque n’est que survolée. Le Paris proposé est trop « carte postale ». Les descriptions « bateau » ne sont pas assez détaillées ni vivantes. L’auteure porte un regard de touriste sur la ville-lumière, et se contente presque dirait-on de Wikipédia pour mettre en scène son Paris de carton-pâte. Cela manque d’approfondissements, d’atmosphère, bref, d’âme tout simplement. Dommage.

L’écriture est simple et bourrée de clichés. Je cite un exemple parmi d’autres : « La ville était recouverte d’un manteau de neige » (quelle originalité)…  mais encore une fois, cela reste agréable à lire.

Par contre, Maude est vraiment une héroïne agaçante, voire antipathique. Dès les premières pages du roman, elle montre une prédisposition à l’orgueil et à la suffisance. Très vite, elle se laisse tourner la tête, perd son recul et devient prétentieuse. J’avais beau me dire que sa vanité croissante et sa superficialité étaient à mettre sur le compte de la nature humaine, je ne pouvais m’empêcher de tiquer tout de même. Car son comportement me paraissait subir un changement trop radical (et rapide) pour être crédible. Et plus j’essayais de me mettre à sa place, de me projeter dans sa situation, et plus ses réactions me paraissaient exagérées ou peu crédibles. Son revirement est d’ailleurs tout aussi précipité et bancal. Volonté de l’auteure oblige de terminer sur une note morale et positive. J’ai largement préféré Isabelle à Maude, un beau personnage de jeune fille éprise de liberté et de modernité, luttant contre les conventions. Et bien sûr, la sympathique et délurée Marie-Josée qui m’a beaucoup touchée et amusée.
Paul est un personnage attachant mais qui comme tous les personnages masculins du roman m’a semblé  sans consistance. Une sorte de caricature de l’artiste pauvre et maudit du dix-neuvième siècle, dont il réunit tous les traits récurrents.  Du reste, aucun des protagonistes ne m’a semblé vraiment « habité »dans ce récit. Faute d’avoir été suffisamment travaillés, ils sonnent « creux ». On dirait une rangée de mannequins en vitrine d’un magasin. Presque des esquisses dans un carnet.

Le message véhiculé est fort louable, bien sûr, mais il aurait gagné à être délivré avec plus de profondeur. À lire donc pour la bonne idée de Zola, (rendons à César ….), exploitée plus ou moins correctement par E. Ross, et pour le message que le roman délivre sur le jeu des apparences et les dangers du paraître  au travers de l’histoire de Maude. 

« Le Prince d’été » d’Alaya Dawn Johnson

Editions Robert Laffont (R) (2013)

431 pages | Traduit par Paola Appelius

Temps de lecture : 3 jours

Note

livredeuxétoilessansplus

Synopsis

Il y a quatre cents ans, le monde tel que nous le connaissons a connu une fin tragique. Désormais, sur la côte de ce que l’on appelait jadis le Brésil, ce sont les femmes qui dirigent la légendaire ville-pyramide de Palmares Três. La Reine ne cède le pouvoir à un homme qu’une fois tous les cinq ans, à un Prince d’été dont l’histoire enfiévrera la cité le temps d’une année. Pour June Costa, la vie n’est qu’art. Ses œuvres géniales – des peintures murales aux hologrammes, en passant par des tatouages lumineux – impressionnent, voire irritent ses professeurs tout autant que ses camarades. Elle rêve de remporter le prestigieux Trophée de la Reine pour jouir d’une célébrité instantanée et de tous les privilèges qui vont avec. Un rêve qu’elle n’avait jamais remis en question… jusqu’à ce qu’elle rencontre Enki. Fraîchement élu Prince d’été, Enki est le garçon dont tout le monde parle à Palmares Três. Mais lorsque June le regarde, elle voit plus loin que ses fascinants yeux d’ambre et sa samba ravageuse : elle reconnaît en lui un artiste total, comme elle. Ensemble, June et Enki décident alors de créer un chef-d’œuvre qui restera gravé à jamais dans les annales de Palmares Três, attisant la flamme rebelle qui se lève contre les restrictions anti-technologie qu’impose le gouvernement matriarcal. Mais June va bientôt tomber profondément et tragiquement amoureuse d’Enki… Or, à l’instar de tous les Princes d’été qui l’ont précédé, Enki va devoir être sacrifié.

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La politique matriarcale qui sacrifie les hommes – pour expier les fautes des Anciens – avait du potentiel mais reste exposée de manière bien brouillonne. Certains points auraient mérités plus d’éclaircissements. Je n’ai pas compris la différenciation entre prince solaire et prince lunaire ni comment ni pourquoi la population ne vieillissaient plus ou très lentement. Le fait que les habitants du Royaume puissent vivre parfois tricentenaires n’est pas vraiment expliqué. Ce sont des détails mais ils sont révélateurs de ce manque de précisions qui rend l’intrigue  invraisemblable et la lecture fastidieuse.  

 L’univers SF futuriste, post-endémique, n’est pas désintéressant mais il reste excluant pour le lecteur. Même si le combat entre les classes sociales qui s’exprime dans ce roman est un enjeu universel, et, l’emploi de l’art en tant que moyen de rébellion, une bonne idée, je ne me suis pas sentie investie dans ce combat. Pourtant le métissage entre les cultures d’amérique du sud et européenne reste original mais maladroitement mis en avant. 

D’autre part, les trois héros principaux ne m’ont pas plu. Je n’ai pas compris surtout cette fascination que les personnages éprouvent pour Enki qui est, à mes yeux, l’un des protagonistes les plus antipathiques de l’œuvre. De toute façon, de par leur exaltation, leur grandiloquence un peu suffisante, leur manière excessive de réagir et leur superficialité égoïstes, les héros ne suscitent pas la sympathie. Leur étrange triangle amoureux est dérangeant car il s’agit moins d’amour que de sexe dont il est question dans ce trio d’adolescents.

L’écriture très moyenne n’arrange rien. D’autant que l’auteure emploie un jargon inventé de toute pièce. Le ton est parfois cru : le mot « baiser » revient étonnamment souvent et il y a même une surprenante scène d’onanisme à laquelle je ne m’attendais pas et que je ne trouve pas forcément utile dans l’histoire.

Les valeurs véhiculées ne m’ont pas convaincues.

Rien ne m’aura vraiment séduite dans ce roman d’un grand ennui, hormis les derniers chapitres plus intenses et émouvants. La fin m’a étonnée, je ne m’y attendais pas.

 Je suis resté en dehors de l’intrigue, aussi bien intellectuellement qu’émotionnellement. Tant pis. 

« Kaleb, 2, Abigail » de Myra Eljundir

 

Editions Robert Laffont (R) (2013)

319 pages

Temps de lecture : 2 jours

Note : Le début 3étoilesbon et le reste 4étoiles-trèsbonmais

Synopsis 

Magnétique et sensuelle, Abigail est l’arme la plus redoutable du réseau SENTINEL.
La jeune succube se nourrit de votre énergie vitale et vous consume dans l’extase.
Inutile de lutter : l’attraction qu’elle suscite est irrésistible.
Même si faire l’amour avec elle, c’est s’unir à la mort.

Kaleb Helgusson est plus dangereux encore, car il porte désormais l’empreinte du Mal.
Quand leurs routes se croisent, Abigail a beau le repousser, l’empathe l’attire comme un aimant.
Au terme d’un affrontement passionnel sans merci, ils découvriront avec effroi ce que la combinaison de leurs dons peut accomplir.
Mais seront-ils capables de maîtriser leurs désirs les plus sombres ?

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Tout comme pour New Victoria de Lia Habel, le premier tome de la saga de Myra Eljundir avait été un IMMENSE coup de coeur. C’est un euphémisme de dire que j’attendais impatiemment de lire la suite. C’est désormais chose faite. A peine était-il entré dans ma PAL que je me jetais sur ce tome 2. Alors ? Verdict ?

En lisant la première partie, je me disais « Aïe ! Cela commence mal, si tout le roman est ainsi, Il sera nettement moins bon que le premier tome ! ».

Oui, au départ, je ne retrouvais pas vraiment ce qui m’avait fait vibrer dans le premier. La plupart des avis s’accordant à dire que ce tome 2 était encore meilleur que le précédent, autant dire que  je me posais des questions !

Alors, c’est vrai que la première partie est bof et que ce second tome est moins bon dans l’ensemble que le premier. Un peu moins prenant parfois, sans doute parce que beaucoup de réponses ont été donnés déjà dans le tome 1.  Les flashs back concernant les jumeaux Armstrong sont trop rares. C’est dommage car c’était l’un des aspects les plus passionnants du tome un.

Cette suite semble écrite avec moins de soin, plusieurs phrases sont bancales, le style trop familier (et j’ai même repéré une ou de fautes d’orthographe).

La question que je me pose est la suivante : cette suite n’est-elle pas sortie trop rapidement par rapport au premier tome ? N’aurait-il pas fallu peut-être que l’auteure prenne plus de temps pour peaufiner l’écriture et la fluidité de l’ensemble quitte à faire attendre un peu plus les lecteurs ? Pour ma part, je pense que oui et j’espère que le tome 3 sera plus soigné et mieux écrit que celui-ci certes très sympa à lire mais un peu brouillon quand même. Par rapport au précédent, la vulgarité se justifie moins, son utilisation semblait plus maitrisée par l’auteure dans Kaleb. Les dialogues avec Abigail m’ont plus d’une fois semblés puérils. On dirait deux gamins qui se chamaillent dans une cour d’école !

Du point de vue de l’intrigue, Kaleb II utilise quand même des ficelles grossières et je n’ai pu m’empêcher de tiquer sur plusieurs choses notamment les apparitions de l’homme en noir qui sont grotesque, (David à l’air d’un hystérique) mais aussi la toute dernière révélation du roman, qui est amenée de manière maladroite à mon sens, un vrai cheveu sur la soupe. C’es une sorte de cliffhanger forcé pour nous donner envie d’acheter le 3. Il y a aussi de nombreuses scènes qui ne fonctionnent pas à cause de ce recours quasi-permanent à des raccourcis scénaristiques trop ENORMES ! Néamoins ; l’auteure s’y entend pour nous mener sans cesse en bateau dans cet épisode deux. Myra Eljundir pratique l’art du renversement avec aisance. J’ai souvent été bousculée dans mes certitudes au cours de cette lecture et j’avoue que je n’ai pas vu venir certains rebondissements.

Bref, si on prend plaisir à découvrir cette suite, on tourne les pages moins avidement et il faut attendre un bon quart de livre pour retrouver notre tête à claque adorée. J’ai en effet trouvé Kaleb bien assagi et geignard dans les premiers chapitres. Heureusement, il se reprend vite et redevient le « petit con » que nous adorons détester et qui en même temps, sait, on ne sait comment, parvient à nous toucher et nous attendrir même s’il se comporte comme un vrai salaud.

L’intrigue se concentre sur le général et Abigail. Le but de la manœuvre étant d’en apprendre plus sur ces deux personnages et leurs motivations cachées. Dans cette suite, Kaleb doit partager l’affiche avec d’autres personnages plus ou moins secondaires et cela se révèle très intéressant. Et cela ne l’empêche pas d’être finalement celui dont on parle le plus dans cet opus, voilà qui ne va pas arranger son égo 😉

Ce qui empêche Kaleb II de sombrer sous le poids de ses défauts, c’est d’abord et surtout le fait que l’auteure ose garder le cap du politiquement incorrect sans céder à la pression des critiques négatives sur le tome un. Elle persiste, à l’instar du premier, à se complaire avec enthousiasme  dans l’immoralité de son propos. L’ambivalence des personnages étant ici on ne peut plus assumée. Ni bons, ni mauvais, on ne sait jamais à quoi s’attendre avec Kaleb et Abigail, capables du pire comme parfois du meilleur, et ma foi c’est bien réjouissant.

Le tout se déroule dans une atmosphère sombre et violente. Loin des bisounours. Après une première partie un peu trop édulcorée à mon goût,  les trois parties suivantes renouent enfin avec l’ambiance immorale du premier. Ces parties sont riches en surprises et en révélations inattendues.  

J’aime vraiment beaucoup la complexité relations qu’entretiennent tous les personnages du roman, haine, amour, passion.

J’ai pris plaisir à voyager de l’Irlande à l’Islande, pays que l’auteure nous décrit très agréablement avec moult détails. Et surtout j’ai beaucoup apprécié le fait de rencontrer d’autres EDV et de découvrir leurs pouvoirs si différents de celui de l’Empathe ou de la Succube. C’était rafraichissant de faire leur connaissance et je suis curieuse d’en apprendre davantage sur eux, d’autant que l’auteure laisse entendre clairement qu’on les retrouvera dans le prochain tome, puisque Kaleb va les enrôler dans son armée.

Ce que j’aime avec cette saga, c’est qu’elle étouffante de noirceur et qu’au bout du compte aucune rédemption ne semble possible, à moins que … Le tome 3 apportera peut-être de la lumière au bout du tunnel.

Alors, certes, tout ne fonctionne pas dans ce deuxième tome, mais cela reste l’une des sagas les plus excitantes du moment.

« Parallon, 1 » de Dee Schulman

Editions Robert Laffont (R) (2013)

488 pages | Traduit par Frederique Fraisse

Temps de lecture : 2 jours

Note 4étoiles-trèsbonmais

Synopsis

L’amour fou existe, il n’est pas de ce monde.
Un gladiateur romain qui ne connaît pas la peur et une jeune fille du XXIe siècle, insouciante et rebelle. Deux mille ans les séparent, un mystérieux virus va les réunir…
152 après J.-C. : Au sommet de sa gloire, Sethos Leontis, redoutable combattant de l’arène, est blessé et se retrouve aux portes de la mort.
2012 après J.-C. : Élève brillante mais à problèmes, Eva a été placée dans une école pour surdoués, une vie qu’un incident dans un laboratoire de biologie fait basculer à jamais.
Un lien extraordinaire va permettre à Sethos et Eva de se rencontrer, mais il risque aussi de les séparer, car la maladie qui les dévore n’est pas de celles qu’on soigne, et leur amour pourrait se révéler mortel…
Leur passion survivra-t-elle à la collision de deux mondes ?

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Un OLNI assurément.

Si sur le papier, le mélange SF, jeunesse, romance et histoire paraissait bien improbable, au final, Parallon est loin d’être une bouillie informe et indigeste… étonnamment, bien que très étrange, la recette fonctionne. Du moins, sur une grosse moitié car ensuite les choses se gâtent un peu.

Pendant les deux premières parties de Parallon, j’étais certaine d’avoir entre les mains mon second coup de cœur du mois de février. Hélas, la troisième et dernière partie m’a forcé à réviser mon jugement. Cette conclusion m’a tant déçue, qu’à elle-seule, elle va coûter une étoile à un roman à qui j’escomptais accorder 5 étoiles minimum.

A lire la plupart des critiques sur ce roman édité dans la Collection R, c’est justement cette troisième partie qui a le plus séduit la majorité du lectorat. Pour ma part, c’est celle qui m’a le moins convaincue et la moins intéressée au point d’éprouver des difficultés à aller au bout de ce premier tome, dont, pourtant, j’avais dévoré littéralement les 300 premières pages.

Bien sûr, tout n’était pas parfait non plus dans les deux premières parties de Parallon, cependant, à la lumière du ratage qu’est le troisième segment du roman, les détails qui m’auront un peu dérangés au départ,  perdent après coup de leur importance.

C’est vrai que le roman souffre d’un certain déséquilibre du fait de sa narration alternée entre deux époques et deux personnages à des années-lumières l’un de l’autre. Surtout que dans la première partie les passages les plus intéressants sont ceux qui mettent en scène Sethos, le gladiateur, dans la Rome antique. J’ai pris beaucoup de plaisir à me retrouver plongé au cœur de cette époque lointaine, que D. Schulman décrit de manière assez détaillée, suffisamment pour que le lecteur embarque facilement.  A l’inverse, les passages sur Eva et sa vie dans son nouveau lycée ne sont pas passionnants à suivre. 

La seconde partie est plus équilibrée, bien que rédigée de manière plus brouillone notamment en ce qui concerne le concept de Parallon qui reste assez nébuleux voire parfois invraisemblable. Certains raccourcis ne fonctionnent pas très bien et l’intrigue perd en crédibilité. Dans le même temps, l’auteure nous fait spectateur impuissant face à l’étrange maladie de l’héroïne et des investigations que mènent cette dernière afin de découvrir l’origine de son mal. A ce moment-là, les questions se bousculent dans notre tête et nous sommes avides d’en apprendre davantage sur le pourquoi de tout cela. Ces incertitudes sont délicieusement frustrantes dans le sens où elles nous forcent à cogiter, à envisager mille solutions à nos interrogations…et il ne faut pas compter sur l’auteure pour nous donner des réponses, au contraire.

En résumé, après ces deux premières parties, j’étais enthousiaste mais ça c’était avant…

Alors, pourquoi cette déconvenue me demanderez-vous ?

Parce que dans la dernière partie, l’auteure fait un choix (c’est son droit, certes) et abandonne l’aspect SF-fantastique pour se noyer dans un fleuve de guimauve écœurant.

Dés lors, Parallon retombe dans les plus mauvais clichés du roman jeunesse (romantisme cul-cul la praline/amour impossible, blablabla) et perd son originalité pour sombrer corps et bien dans la banalité des histoires fleur bleu d’aujourd’hui.  

Ce que je retiens avant tout de ma lecture : du positif quand même ! car les deux premières parties m’ont vraiment beaucoup plu malgré quelques défauts comme un certain déséquilibre entre les parties qui occasionne des longueurs un peu gênantes, une bonne idée (Parallon) expliquée de façon nébuleuse, une héroïne (Eva) parfois agaçante avec son côté « grosse tête »  (en revanche, Sethos est un personnage qui a su me plaire et ce, jusqu’à la toute fin du roman, à contrario de Matthias que je trouvais attachant au départ mais qui ensuite n’a cessé de me décevoir tout le long du bouquin mais chut…quant aux autres personnages gravitant autour du couple vedette, je les aient trouvé parfois trop caricaturaux notamment les camarades de classe d’Eva mais bon, ce n’est pas vraiment important ).

J’ai aussi apprécié le fait que les personnages suivent pendant très longtemps deux trajectoires distinctes mais parallèles dans deux univers complètement opposés l’un à l’autre. Leur manque d’interaction ne m’a pas gêné. Cela crée un climat d’attente excitant puisqu’on se demande constamment comment ces deux êtres qui ne vivent pas dans la même époque vont bien pouvoir se rencontrer ?

Je sais que certains lecteurs ont trouvé la rencontre entre nos deux personnages principaux trop tardive mais à mes yeux c’est cela qui rendait la promesse de leur rencontre si savoureuse.

De ce livre, je vanterai également l’originalité de l’intrigue (fallait y penser quand même), le dépaysement procuré par le contexte historique (la Rome antique) et l’agréable désorientation que l’auteure nous procure en nous promenant entre l’antiquité romaine et le Londres de 2012, ainsi que le flou scénaristique savamment entretenu et qui sans cesse pique notre curiosité et nous donne envie de tourner les pages à tout vitesse pour en apprendre toujours plus sur cette intrigue très particulière.

 Pour conclure, je dirai que Parallon est une série à privilégier si vous avez l’esprit ouvert et que vous n’êtes ni trop cartésien ni trop à cheval sur la vraisemblance scientifique, autrement, vous risquez de ne pas accrocher à l’intrigue 😉

« La Sélection, 1 » de Kiera Cass

Editions Robert Laffont (R)
Publié en 2012 ~ Langue : Française ~ 343 pages
Traduit par Madeleine Nasalik
Année de parution française : 2012
Année de parution originale : 2012
Titre VO : The selection
Genre : JeunesseRomance
Temps de lecture : 4 heures
Note 
Synopsis 
35 candidates. 1 couronne. La compétition de leur vie. 
Quand la dystopie rencontre le conte de fées ! 

Dans un futur proche, les États-Unis et leur dette colossale ont été rachetés par la Chine. Des ruines est née Illeá, une petite monarchie repliée sur elle-même et régie par un système de castes. Face à la misère, des rebelles menacent la famille royale. Un jeu de télé-réalité pourrait bien changer la donne…
Pour trente-cinq jeunes filles du royaume d’Illeá, la « Sélection » s’annonce comme l’opportunité de leur vie. L’unique chance pour elles de troquer un destin misérable contre une vie de paillettes. L’unique occasion d’habiter dans un palais et de conquérir le cœur du jeune Prince Maxon, l’héritier du trône. Mais pour America Singer, qui a été inscrite d’office à ce jeu par sa mère, être sélectionnée relève plutôt du cauchemar. Cela signifie renoncer à son amour interdit avec Aspen, un soldat de la caste inférieure ; quitter sa famille et entrer dans une compétition sans merci pour une couronne qu’elle ne désire pas ; et vivre dans un palais, cible de constantes attaques de rebelles…
Puis America rencontre enfin le Prince. En chair et en os. Et tous les plans qu’elle avait échafaudés s’en trouvent bouleversés : l’existence dont elle rêvait avec Aspen supportera-t-elle la comparaison face à cet avenir qu’elle n’aurait jamais osé imaginer ?

Un aveu pour commencer : même petite fille, je n’ai jamais rêvé d’être une princesse. Trop contraignant comme boulot avec toutes ces obligations et cette étiquette à respecter… et pourtant, à mon grand étonnement, alors que je n’en attendais pas grand-chose pourtant, j’ai passé un bon moment avec La Sélection.  C’était comme regarder un épisode de TV-réalité ou une émission de relooking, à priori, ça n’apporte pas grand-chose mais c’est distrayant et ça ne fait pas mal à la tête.

Cependant, cette charmante bluette possède tout de même quelques côtés agaçants : un univers dystopique pas assez mis en avant, un aspect machiste trop prononcé voire une vision misogyne de la femme qui reste à la maison faire la popote et s’occuper des enfants puisque c’est l’homme qui doit faire « bouillir la marmite » (!), les jeunes filles considérées comme la propriété de leur pays (!) et les participantes uniquement sélectionnées sur leur physique pour intégrer le « harem » du prince à qui elles « appartiennent » (même leur virginité (!) le temps de leur séjour au palais. Tout cela m’a fait grincer des dents à plusieurs reprises.

L’univers dystopique est donc trop en retrait par rapport au côté « conte de fées » du roman. C’est d’autant plus dommage qu’il proposait des choses intéressantes avec une organisation sociale fondée sur la naissance, le travail de vos ancêtres et la fortune de chacun des habitants. La Sélection fait clairement songer à une sorte d’Hunger Games superficiel et guimauve avec son arrière-plan politique et social et les rebelles qui tentent de renverser la royauté.

Les personnages sont sympathiques. America et Aspen sont mignons. J’ai beaucoup aimé la relation qu’America entretient avec sa petite sœur. Cela compense les réactions incompréhensibles qu’elle peut avoir de temps en temps au cours de l’histoire. La méchante, elle, est caricaturale jusqu’au bout des ongles mais le prince Maxon, bien qu’un peu benêt parfois, est moins stéréotypé que je le craignais.

Je retiendrai avant tout la fonction divertissante de ce roman jeunesse qui se lit d’une traite grâce à ses chapitres courts et écrit dans un langage très simple. Bref, La Sélection est un petit livre jeunesse qui détend et fait passer un bon moment entre deux lectures plus rassasiantes.  

« Glitch, 1 » de Heather Anastasiu

Editions Robert Laffont (R)
Publié en 2012 ~ Langue : Française ~ 378 pages
Traduit par Madeleine Nasalik
Titre VO : Glitch, book 1
Genre : JeunesseScience-Fiction
Temps de lecture : 4 heures
Note 
Synopsis
Dans une société souterraine ou toute émotion a été technologiquement éradiquée, Zoe possède un don qu’elle doit à tout prix dissimuler si elle ne veut pas être pourchassée par la dictature en place. 
L’amour lui ouvrira-t-il les portes de sa prison ?

Il y a deux siècles de cela, l’humanité a payé au prix fort ses appétits démesurés lorsque le feu de mille armes nucléaires a littéralement rasé la surface de la planète. Sous terre, au sein de la Communauté, la souffrance et la guerre ne sont plus que de lointains souvenirs : des puces implantées dans le cerveau de ses membres ont permis d’éradiquer enfin toutes ces émotions qui ont bien failli mener les hommes à leur perte.
Lorsque la puce de Zoe, une adolescente technologiquement modifiée, commence à glitcher (bugger), des vagues de sentiments, de pensées personnelles et même une étrange sensation d’identité menacent de la submerger. Zoe le sait, toute anomalie doit être immédiatement signalée à ses Supérieurs et réparée, mais la jeune fille possède un noir secret qui la mènerait à une désactivation définitive si jamais elle se faisait attraper : ses glitches ont éveillé en elle d’incontrôlables pouvoirs télékinésiques…
Sa liberté nouvellement acquise va toutefois lui donner des ailes et, tandis que Zoe lutte pour apprivoiser ce talent dévastateur tout en restant cachée, elle va rencontrer d’autres jeunes Glitchers : Max le métamorphe et Adrien, qui a des visions du futur. Ensemble, ils vont devoir trouver un moyen de se libérer de l’omniprésente Communauté et de rejoindre la Résistance à la surface, sous peine d’être désactivés, voire pire…

 

Ce roman aurait pu être très bien s’il n’était pas aussi mal dégrossi. 

Les grosses ficelles pullulent dans le scénario et les pirouettes de l’auteure pour sortir ses personnages de situations périlleuses sont parfois énormes. Oui, on n’y croit pas toujours. Pourtant, Glitch reste sympathique à lire. C’est juste que le roman aurait mérité d’être davantage travaillé afin de paraitre moins invraisemblable à certains endroits. Les dialogues surtout auraient mérités d’être revus, ils sonnent un peu faux et plats, on dirait parfois que ce sont des enfants qui se parlent (!) et non pas des adolescents.

Zoe est touchante dans sa découverte du monde extérieur et des plaisirs de la vie comme de manger un gâteau au chocolat pour la première fois par exemple. Le personnage m’a plu. En revanche, ce qui se passe entre elle et ses soupirants (ah ! revoilà le fameux triangle amoureux ! y’avait longtemps !) est un peu rapide quand même. Un rapprochement express qui fait pacotille.

Avec sa société aseptisée, où les humains sont privés de personnalité, d’émotion et de sensations, Glitch semble être un ersatz version junior du fabuleux 1984 et constitue une bonne entrée en matière pour aborder le roman d’anticipation  avant de se frotter au chef-d’œuvre du grand Orwell.

L’univers dystopique proposé est très intéressant mais il reste trop classique et n’est pas assez approfondi. D’ailleurs, c’est le reproche majeur qu’on peut faire au roman, il manque de profondeur. Car pour le reste, il y a de bonnes idées, du rythme, des retournements de situations étonnants et une bonne fin où le lecteur tombe dans la paranoïa en ne sachant plus que croire ni qui. Mais encore une fois le traitement n’est pas à la hauteur.

Le style enfantin de l’auteur n’arrange pas les choses non plus, il faut l’avouer. Les chapitres courts se lisent vite et le roman est avalé en quelques heures.

Indéniablement, l’auteure a de bonnes intentions mais cela ne suffit pas à faire de Glitch un livre réussi car ce dernier comporte trop de maladresses et n’est pas assez fouillé à mon sens pour rivaliser avec d’autres romans dystopiques. Cependant, c’est un roman jeunesse plaisant à lire malgré son côté « bourrin ».

« Phaenix, 1, Les Cendres de l’oubli » de Carina Rozenfeld

Editions Robert Laffont (R)
Publié en 2012 ~ Langue : Française ~ 434 pages
Année de parution originale : 2012Genre : FantastiqueJeunesse
Temps de lecture : 
Note 
Synopsis 
Elle a 18 ans, il en a 20. À eux deux ils forment le Phænix, l’oiseau mythique qui renaît de ses cendres. Mais avant de le devenir, ils devront se retrouver et s’unir dans un amour pur et éternel…Depuis l’origine du monde, le Phænix meurt et renaît perpétuellement de ses cendres. L’être fabuleux est constitué de deux âmes sœurs. À chacune de ses résurrections, ses deux moitiés doivent se retrouver et s’aimer pour reformer l’oiseau légendaire. Car lui seul a le pouvoir d’éloigner les menaces qui pèsent sur l’humanité. Malheureusement, les deux amants ont été séparés et l’oubli de leurs vies antérieures les empêche d’être réunis… Aujourd’hui, dans le Sud de la France. Anaïa a bientôt dix-huit ans. Elle a déménagé en Provence avec ses parents et y commence sa première année d’université. Passionnée de musique et de théâtre, Anaïa mène une existence normale. Jusqu’à cette étrange série de rêves troublants dans lesquels un jeune homme lui parle et cette mystérieuse apparition de grains de beauté au creux de sa main gauche. Plus étrange encore : deux garçons se comportent comme s’ils la connaissaient depuis toujours… Bouleversée par ces événements, Anaïa devra démêler le vrai du faux, comprendre qui elle est vraiment et qui saura la compléter. Elle devra souffler sur les braises mourantes de sa mémoire millénaire pour redevenir elle-même. S’ouvriront alors les portes d’une nouvelle réalité dans laquelle amour et fantastique sont étroitement liés.

Mon avis va apporter une note dissonnante parmi le concert de louanges que reçoit le roman. Ce n’est pas que je n’ai pas aimé mais je m’attendais à quelque chose de mieux et de plus original. 

Phaenix possède tous les défauts que l’on retrouve dans la grande majorité des romans réservés à la  jeunesse actuels.

Je ne suis pas parvenue à faire abstraction du côté « sucré » du roman dont la classification est trompeuse. Phaenix est beaucoup plus axé « romance adolescente » que « fantastique ». Sur l’ensemble (plus de 400p) seules une trentaine de pages abordent réellement la mythologie promise dans la quatrième de couverture. C’est trop peu. Le reste est très « rose bonbon ».

Que voulez-vous, viens un temps où on perd un peu son côté « fleur bleue » et sa capacité à s’émerveiller face à une histoire, certes assez charmante, mais qui n’offre que peu d’action et de rebondissements.

J’ai eu un gros problème avec l’héroïne qui est une véritable idiote, incapable d’additionner A + B ou de voir ce qu’elle a sous le nez et d’en tirer les conclusions qui s’impose. Le lecteur a tout deviné depuis des plombes, qu’elle est encore en train de se gratter la tête pour trouver des explications ! Sans caractère malgré ce qu’elle affirme, Anaïa se laisse manipuler par son entourage tout le long du roman. Elle est aussi un peu puérile pour son âge (18 ans). Elle réagit trop comme une gamine. Je lui ai nettement préféré Garance et Juliette.

La rivalité entre Eydan et Enry est aussi vieille que le monde surtout lorsque Carina Rozenfeld les compare au jour et à la nuit qui chaque jour s’affrontent. Cela aboutit à l’inévitable triangle amoureux que je ne supporte plus de voir dans la littérature jeunesse !!!!!

Si Eydan est assez plaisant comme soupirant, Enry est une vraie tête à claques, il est imbuvable et j’ai eu envie de le baffer tout le long du livre.

Heureusement, quand même qu’il me reste quelques zestes de midinette en réserve au fond de mon petit cœur,  contrairement à quoi, Phaenix aurait pu facilement me tomber des mains au milieu de l’histoire.  

Heureusement aussi que Carina Rozenfeld écrit de manière plaisante en nous gratifiant au passage de très jolis passages sur la musique et son importance. De plus, ça se lit vraiment tout seul (bon, faut dire que c’est rédigé dans une police assez imposante). J’ai aussi trouvé très fun de pouvoir écouter les titres évoqués dans le roman en direct sur Deezer. Cela ajoute une interactivité agréable.

Phaenix  est un roman sympathique mais sans plus, le dernier tiers du livre est vraiment très moyen, le pire étant la manière dont Enry se dévoile face à Anaïa ou la façon totalement artificielle dont celle-ci prend conscience de sa véritable identité sur une simple réflexion anodine que fait son père devant elle (!).

Phaenix est bien trop prévisible, répétitif (les longs rêves récurrents d’Anaïa m’ont lassés au bout d’un moment !) et languissant pour me séduire. J’aurai tellement apprécié que Carina Rozenfeld tente de nous surprendre davantage ou qu’elle prenne plus de risques. Les aspects fantastiques et mythologiques ne sont clairement pas assez mis en avant et pas du tout à la hauteur des promesses du résumé. Quel dommage !

Encore une fois, je me retrouve dans le rôle ingrat du vilain petit canard qui n’a pas aimé un livre que tout le monde ou presque a aimé (voire adoré) et pourtant, juré, j’ai vraiment essayé de l’aimer mais … je suis sans doute trop vieille ou désabusée pour ce genre de lecture …