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[Challenge de Calypso, session Chanson] « Pénélope Green,1, La Chanson des Enfants Perdus »

 

2011 Editions Casterman
Langue française – 312 pages
Temps de lecture : 2 jours
Note 3étoilesbon
Synopsis

NOM : Green
PRÉNOM : Pénélope
SITUATION FAMILIALE : orpheline, unique héritière du journaliste James Alec Green
AMBITION (SCANDALEUSE) : devenir journaliste
SIGNES PARTICULIERS : une envie d’étrangler son prétendant, cette endive de Wilfrid, et un goût prononcé pour l’aventure et le danger

Pénélope Green décide de reprendre une mystérieuse enquête de son père : le dossier FOXGLOVE COURT. Quel terrible secret va-t-elle découvrir, dans les bas-fonds de Londres ?

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Un roman jeunesse fortement prévisible. L’intrigue ne casse pas deux bretelles à un accordéon, et la clef du mystère n’est point difficile à trouver.

L’écriture de B. Bottet est plaisante, le vocabulaire est riche, les tournures de phrases soignées, et les dialogues possèdent un rythme assez enlevé.

Penelope Green pourra en énerver certain(e)s, même si dans l’ensemble, j’ai apprécié sa personnalité, sa nature aventureuse et frondeuse.
Mais ce serait mentir que de dire qu’elle n’est pas agaçante de temps en temps, et prétentieuse. Je l’ai trouvé assez froide dans ses réactions (son attitude détachée dans certaines situations m’a laissé plus d’une fois perplexe.
Je pense que cela tient au fait que le personnage manque de profondeur. Son principal défaut reste, toutefois, sa naïveté voire sa bêtise. Elle agit comme une idiote, ne voit rien de ce qui se passe sous son nez et prend sans cesse les mauvaises décisions !
Son compagnon d’aventures est prometteur mais par rapport à Penny, il demeure, hélas, trop en retrait.

La fin du XIXème siècle en Angleterre est évoquée avec justesse, l’atmosphère des bas-fonds londonien est réussie, toutefois, le roman aurait gagné à ce que ces descriptions soient plus détaillées. L’auteure se contente d’une évocation assez « cliché ».

Sympathique, sans plus.

« Back Up » de Paul Colize

2013 Editions Folio (Policier)

Langue française – 496 pages

Temps de lecture : 4 jours

Note 4étoiles-trèsbonmais

Synopsis

Bruxelles, 2010  Un sans-papier est renversé par une voiture devant la gare du Midi. Il est transporté dans un état grave à la clinique où l’on diagnostique un coma particulier, mieux connu sous le nom de Locked I Syndrom. L’homme ne peut communiquer que par le mouvement des paupières. La police tente de l’identifier, sans succès. Il est conduit dans un centre de réadaptation où l’un des kinés parviendra peu à peu à entrer en contact avec lui.  Berlin, 1967  Quatre musiciens anglais faisant partie d’un groupe de rock, Pearl Harbor, trouvent la mort dans des conditions et des lieux différents. La police ne trouve ni lien ni élément suspect et conclut à des morts naturelles. Les familles des victimes se tournent vers les médias. Un journaliste irlandais, intrigué par l’affaire, accepte de mener des investigations. X Midi, l’inconnu de la gare de Bruxelles, se souvient. Son enfance dans un Bruxelles qui « Bruxelles » encore, sa découverte avec sa mère des premiers Chuck Berry et d’Elvis Presley, son adolescence difficile à l’heure de l’euphorie consumériste des sixties. Appelé sous les drapeaux, il fuit à Paris, devient batteur, toxico et vit comme un beatnik entre la France, Londres et Berlin. Petit à petit le destin du marginal s’enfonce dans un monde de violence et de délires stupéfiants, jusqu’au jour où il est appelé pour remplacer au pied-levé le batteur du groupe Pearl Harbor pour une session d’enregistrement, un titre, un seul, qui ne sera jamais commercialisé et pour cause.

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J’ai beaucoup apprécié la lecture de ce roman de Paul Colize. Quel plaisir de plonger dans la folle histoire du Rock n’Roll, d’en revisiter les grands classiques et de hanter les coulisses des concerts des groupes les plus mythiques des décennies 60-70 !

Back up est un roman inclassable, une œuvre hybride et iconoclaste, à mi-chemin entre l’essai, le thriller et le livre de souvenirs, et qui retrace plusieurs décennies d’histoire avec un grand H comme avec un petit, lorsqu’il évoque l’émergence de la pop culture underground en Europe, et cerise sur le micro, on y apprend également beaucoup de choses sur le rock, Back up fourmillant d’anecdotes passionnantes.

Back up est un thriller qui sent la sueur, le sang, la pisse et le vomi. Une drôle d’épopée dégoulinante de riffs endiablés et de décibels à faire saigner les tympans, qui offre une évocation sensorielle et organique de trente années de folie créative. L’atmosphère sex, drugs et rock n’Roll des années 60/70 ‘s est très bien restituée. L’auteur s’est manifestement beaucoup documenté. L’enquête sur les morts suspectes des membres d’un groupe de rock anglais des années 60 et le mystère qui entoure un étrange enregistrement effectué juste avant leurs disparitions successives est vraiment attractive et le fait qu’elle se déroule en parallèle  avec la narration des souvenirs d’adolescence du personnage central, (victime d’un Locked in syndrom), donne envie au lecteur de tourner les pages jusqu’à la fin. 

Par un curieux tour de force, Paul Colize parvient à nous rendre attachants des personnages qui sont loin de l’être pourtant. Les protagonistes de Back up sont à mille lieux d’être des enfants de chœur,  à commencer par (l’anti) héros autour duquel tourne toute l’histoire du livre, et pourtant, curieusement, on prend plaisir à les suivre dans leurs pérégrinations psychédéliques.

Bref, réfractaires au rock, aux hippies ou puritains, s’abstenir. Ce sera ma seule réserve concernant ce roman : Pourquoi des scènes sexuelles aussi explicites ? Aussi crues et détaillées ? Cela participe de l’époque, certes, mais certains passages sont un peu trop « hardcore » à mon goût, je pense notamment à la scène dans la cabine de la piscine qui m’a semblé « gratuite », en ceci qu’elle ne me semble pas indispensable dans le développement de l’intrigue. D’ailleurs, l’auteur n’y fait pratiquement plus allusion par la suite.

En dehors de cette remarque, Back up est un roman très prenant, difficile à abandonner pour aller  dormir. Si vous cherchez un thriller original et détonnant, n’hésitez plus, lisez-le 😉

[Challenge de Calypso, session 13 « Ombre(s) »] « Hantée, 1, Les Ombres de la ville » de Maureen Johnson

Editions Michel Lafon (2012)

428 pages

Temps de lecture : 3 jours

Note 4étoiles-trèsbonmais

Synopsis

A Londres, un assassin hante les rues, réveillant la légende de Jack l’Éventreur. Malgré l’omniprésence des caméras, le tueur est indétectable.Aurora, arrivée depuis peu sur son campus, se rend compte qu’elle est la seule capable d’apercevoir son ombre.Accompagnée d’un mystérieux jeune homme, elle plonge au plus profond des brumes de la cité pour arrêter le meurtrier avant qu’il ne récidive. A moins que son don ne fasse d’elle la prochaine victime….
 
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Je suis mitigée sur ce roman.

Le début est looooooooooooooooooooooong et mou ; hormis l’installation de l’héroine américaine dans son nouveau collège du coeur de Londres, (choc des cultures),  il se ne passe pratiquement rien.

On s’ennuie jusqu’au deuxième meurtre; ensuite le charme commence à agir.

D’un côté,  nous sommes en présence d’une bonne idée : un imitateur fantôme de Jack l’Eventreur en plein vingt-et-unième siècle, de bons personnages auxquels on s’attache assez viten d’un climat réaliste qui se teinte peu à peu de fantastique – (sans doute ce que j’ai préféré dans le roman) et pour finir d’une mythologie ectoplasmique bien construite mais de l’autre, nous avons aussi un traitement insuffisant, qui ne parvient pas particulièrement à transcender un sujet pourtant prometteur.  Si bien, que l’aspect historique fait quelquefois figure de prétexte. Pire, l’histoire se révèle vite prévisible (quatrième de couv’ trop bavarde ?).

Le parti-pris fantastique de l’intrigue est plaisant, certes. Cependant, si l’ambiance réussit parfois à être pesante, elle n’est jamais vraiment angoissante.

Pour qui ne connait pas la légende sanglante de Jack the Ripper, les fréquents rappels qui nous en sont donnés ne déplairont nullement. A l’inverse de votre dévouée blogeuse qui s’étant déjà beaucoup documentée par le passé  a parfois eu l’impression de se retrouvait nez à bec avec un perroquet victorien lui rabâchant la même chanson sur des pages et des pages.

C’est une bonne idée de respecter la chronologie des meurtres de l’époque, d’insérer quelques scènes un peu sanglantes mais il aurait fallu aller plus loin dans la démarche de reconstitution historique selon moi. L’aspect scolaire et la mise en relief du fonctionnement d’un collège privé anglais prend quand même trop de place. Sans parler des histoires entre élèves qui entre cours, devoirs et amourettes cassent la dynamique horrifique de l’intrigue.

Le clin d’œil involontaire à la série 21 Jump Street (question de génération) m’a fait sourire.

Pour faire court, ce n’est pas un mauvais roman mais je m’attendais à autre chose. Ce billet n’est nullement dissuassif d’ailleurs, je pense que ce roman mérite  lecture malgré ses défauts et j’entends bien pour ma part lire la suite.

[LC] « Blitz, 1, Black-Out » de Connie Willis

Editions Bragelonne (2012)

643 pages | Traduit par Joelle Wintrebert

Titre original : Blitz, book 1: Blackout (2010)

Science-Fiction

Temps de lecture : 5 jours

Note 

Synopsis

Oxford, futur proche. L’université est définitivement dépoussiérée : historien est devenu un métier à haut risque. Car désormais, pour étudier le passé, il faut le vivre. Littéralement.
Michael Davies se prépare pour Pearl Harbor, Merope Ward est aux prises avec une volée d’enfants évacués en 1940, Polly Churchill sera vendeuse en plein coeur du Blitz, et le jeune Colin Templer irait n’importe où, n’importe quand, pour Polly…
Ils seront aux premières loges pour les épisodes les plus fascinants de la Seconde Guerre mondiale. Une aubaine pour des historiens, sauf que les bombes qui tombent sont bien réelles et une mort soudaine les guette à tout moment. Sans parler de ce sentiment grandissant que l’Histoire elle-même est en train de dérailler.
Et si, finalement, il était possible de changer le passé ?

J’avoue être assez déçue par cette lecture dont pourtant on m’avait dit le plus grand bien.

Pourtant, mes premières impressions étaient plutôt positivesLe début est accrocheur. Les personnages sont en majorité sympathiques. Le style de Connie Willis est fluide et agréable à lire et il y a quelques pointes d’humour bienvenues. De plus, on apprend des choses sur la seconde guerre mondiale notamment sur le Blitz. Mais l’histoire tient une si grande place et l’auteure nous livre tant de dates, détails, descriptions et anecdotes, manifestement issues de ses recherches sur le sujet, que, très vite nous croulons sous l’afflux d’informations et que la tête nous tourne presque ! 

L’auteure est connue pour se documenter beaucoup avant d’écrire un roman et son érudition déjà présente dans Sans parler du chien n’est plus à prouver mais même si nous apprenons des choses intéressantes sur différents périodes de la guerre 39/45, cela vire trop souvent à la fastidieuse leçon d’histoire bourrée de dates, de lieux et d’anecdotes. Si bien que parfois on s’ennuie. Certains passages débordent tant de faits, dates, lieux et chiffres qu’ils en deviennent indigestes. L’affluence de personnages à distinguer les uns des autres et tous ces faits historiques à assimiler ont fait qu’à mon grand agacement, j’avançais dans ma lecture à la vitesse d’un escargot neurasthénique, j’avoue sans honte avoir même lu certaines pages fortement descriptives en diagonale. Ajoutons à cela que nous naviguons sans cesse dans une sorte de brouillard temporel s’étirant de 39 à 44  et cela explique sans mal mes difficultés.Longtemps, je me suis mélangée les pinceaux entre les personnages et les dates. Quelques personnages surgissent parfois sans crier gare au cours de l’histoire (l’auteure ne nous les présente pas, on les voit juste agir sans réelle certitude quant à leur fonction dans l’intrigue), ils restent pendant deux ou trois chapitres puis disparaissent aussi soudainement qu’ils sont apparus !

Au vu du titre, Blitz, il semblait pour le moins évident que ce premier tome allait aborder le thème de la seconde guerre mondiale en Angleterre toutefois je ne pensais pas que ce serait aussi présent. La quatrième de couverture pouvait laisser croire que nous aurions entre les mains un ouvrage orienté SF parlant notamment de voyages temporels alors que cet aspect science-fictionnel est au fond très peu mis en valeur sur l’ensemble des six cent pages.

L’espace de quelques chapitres, j’ai eu l’espoir d’une seconde partie moins ennuyeuse que la première. Mais mon optimisme a vite été douché car si la suite du roman est moins axé sur les conflits qui règnent en Europe, moins éparpillée dans le temps aussi et se concentre dans un même espace-temps en réunissant enfin les personnages principaux au même endroit, ce qui rend la succession des événements moins éclatée et plus lisible, elle est surtout ultra-répétitive.

Le roman finit par tourner en rond tandis que les personnages passent leur temps à se courir après en effectuant chaque jour les même gestes (aller travailler, se cacher pendant les bombardements, aller se coucher et rebelote le lendemain et ainsi de suite) et surtout en  répétant inlassablement la même chose : ai-je altéré par mon action le cours de l’histoire ? Oui, non, mais si, mais non…Pourquoi l’équipe de récupération n’est-elle pas venue me chercher ? Quand va-t-elle arriver ? Ces incessantes répétitions sont fortement agaçantes. A fortiori, quand le thème SF du voyage dans le temps n’est traité QUE de manière uniquement théorique, par le biais de l’hypothèse et du questionnement plutôt que dans l’action ou une quelconque illustration du propos. Cette seconde partie m’a semblé interminable !

Contrairement à ce que j’espérais, ce roman n’a pas constitué un grand divertissement. Ma lecture en fut même laborieuse. J’ai trainé la patte pour lire les 100 dernières pages. J’étais tenté d’abandonner mais n’ai pas pu m’y résoudre. Ma ténacité fut en quelque sorte récompensée puisque cela s’améliore un peu sur la fin. Pas assez toutefois pour gommer mes impressions négatives. Les derniers paragraphes ont beau laisser la porte ouverte sur le tome 2, le souvenir de l’ennui ressenti pendant le premier tome tend plutôt à me dissuader de le lire pour le moment. 

[Challenge de Calypso, session 9 : « Fille »] « Les Filles de Mr. Darcy » d’Elizabeth Aston

Editions Milady (Pemberley)

Publié en 2012 ~ Langue : Française ~ 480 pages

Temps de lecture : 2 jours 

Plaisir de lecture  Bon mais …

Synopsis

Vingt années après Orgueil et Préjugés, nous faisons la connaissance des cinq filles d’Elizabeth et Darcy. Alors que leurs parents sont en voyage à Constantinople, les demoiselles viennent passer quelques mois à Londres chez leur oncle Fitzwilliam. La découverte de la vie citadine, des plaisirs et des disgrâces qu’elle offre, associée au caractère fort différent de ces jeunes personnes, va mener à des aventures – et des amours – inattendues, dans un cadre particulièrement mondain, où de nombreux individus se côtoient. On retrouve avec plaisir certains personnages créés par Jane Austen.

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Inconditionnelle de Jane Austen et surtout d’Orgueil & Préjugés, l’un de mes romans préférés (je le relis une fois par an), je craignais beaucoup de me plonger dans cette « suite non-officielle ».

Que dire ? Je résumerai ma pensée ainsi : Les Filles de Mr Darcy ou comment passer du pointillisme Austenien à la peinture à la truelle Ashtonien…

La première moitié du roman m’a semblé sympathique malgré ses fausses notes, la seconde m’a vite fait déchanter.

Oui, car l’auteure n’a ni la subtilité,  ni la verve sardonique ni même le regard ironique de Jane Austen sur ses contemporains. Elizabeth Aston tente bien de décocher quelques flèches empoisonnées à ces messieurs-dames de la haute société victorienne et londonienne mais cela reste timoré.

De plus, elle force souvent le trait jusqu’à tomber parfois dans la caricature et, allant bien plus loin que son illustre ainée dans la représentation de la vie intime de ses personnages ou les sujets scabreux, elle détone par ses effets grossiers et son trait un peu vulgaire dans l’atmosphère victorienne qui sert de cadre à son récit.

Aston réutilise le canevas utilisé par Jane Austen (même si certaines péripéties sont inédites et parfois de mauvais goût comme le motif de l’homosexualité dans la société victorienne utilisé avec beaucoup de lourdeur).

Si elle s’empare de certains personnages créés par Austen, Aston ne parvient jamais vraiment à se les approprier et à les faire évoluer, si bien qu’en plus d’avoir l’impression d’un copié-collé de l’intrigue d’Orgueil & Préjugés, les personnages originels semblent figés, comme les statues décoratives de Pemberley tandis que les nouveaux personnages font un peu songer à des coquilles vides de substance. Ce sont des personnages-prétextes au service de l’intrigue, rien de plus.

Les héroïnes, mis à part Camilla, sont toutes insupportables et bonnes à baffer plus encore que les filles Bennett de la grande époque. Desquelles, la plupart des héroïnes d’Aston ne sont rien d’autre que des réactualisations ou des clones. Camilla est celui de sa mère, Liz Bennett, les jumelles ceux de Lydia …

Quant aux personnages masculins, ils sont loin d’être transcendants. Bon, il est vrai que c’est difficile de se montrer à la hauteur du charismatique MR. Darcy, avouons-le. Mais les prétendants des filles de Liz et de ce dernier sont tout de même bien falots.

De plus, on ne croit pas vraiment à la brusque irruption d’une histoire d’amour si tardivement dans le roman. Et toute agréable et mignonnette qu’elle soit, cette histoire (ou ces histoires d’amour puisqu’elles surgissent toutes ou presque en même temps) ne sauraient rivaliser avec l’une des plus grandes et belles histoires d’amour de la littérature : la passion et le dévouement que Liz Bennett et Darcy éprouvent l’un pour l’autre depuis 20 ans…

Les péripéties incessantes des derniers chapitres donnent le tournis d’autant que tout ce qui les précède est très languissant, moyen poli de dire qu’il a pas mal de longueurs.

Entendons nous bien, ce n’est pas un mauvais roman mais difficile de passer derrière un chef d’œuvre comme Orgueil & Préjugés sans décevoir, et disons- le Aston n’est pas Austen même si son style est assez bon. Rien de véritablement déshonorant certes, mais une sorte de nivellement par le bas de l’univers victorien et de l’œuvre d’Austen.

Malgré tout, cela reste assez plaisant à lire et divertit. Surtout que je m’attendais à quelque chose de vraiment catastrophique en commençant cette suite. 

Pas de quoi se retourner dans sa tombe pour Jane Austen donc mais pas de quoi non plus fouetter un chat. Un roman sympathique possédant quelques charmes mais aussi pas mal de maladresses.

Je viens d’apprendre qu’une suite concernant l’une des soeurs cadettes, Alathea Darcy, sortira dans les prochains mois chez Milady. Je suis circonspecte quant à cette suite qui, non seulement ne me semble pas indispensable, mais qui va mettre en scène une héroïne qui, sans être insupportable ou désagréable, ne m’avait pas semblé porteuse tant que cela de possibilités de développements romanesques futurs. Mais pourquoi pas au fond, puisque Alathea est l’une des rares soeurs Darcy a qui j’avais trouvé un tant soit peu de tempérament et de caractère et sa passion pour la musique (et le travestissement) peut également nous laisser entrevoir une intrigue sympathique pleine de quiproquos en tous genres. Affaire à suivre, mais peut-être me laisserai-je tenter …

[LC] + [Challenge ABC 2012 – Littératures de l’imaginaire – Lettre D] « L’épouvanteur, 2, La malédiction de l’épouvanteur » de Joseph Delaney

Editions Bayard (Jeunesse)

Publié en 2006 ~ Langue : Française ~ 361 pages

Temps de lecture : 2 jours

Plaisir de lecture  Excellent 

Synopsis 

 

Voilà six mois que tu es l’apprenti de M. Gregory, me dit maman. Tu as déjà été témoin de bien des événements. A présent, l’obscur t’a remarqué et va tenter de te neutraliser. Tu es en danger, Tom. Toutefois, rappelle-toi ceci lorsque tu seras un homme, mon fils, ce sera au tour de l’obscur d’avoir peur, car tu ne seras plus la proie, tu seras le chasseur. C’est pour cela que je t’ai donné la vie. » L’Épouvanteur et son apprenti, ornas Ward, se sont rendus à Priestown pour y achever un travail. Dans les profondeurs des catacombes de la cathédrale est tapie une créature que l’Épouvanteur n’a jamais réussi à vaincre. On l’appelle le Fléau. Tandis que Thomas et M. Gregory se préparent à mener la bataille de leur vie, il devient évident que le Fléau n’est pas leur seul ennemi. lanquisiteur est arrivé à Priestown. Il arpente le pays à la recherche de tous ceux qui ont affaire aux forces de l’obscur! Thomas et son maître survivront-ils à l’horreur qui s’annonce?

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Avec ses scènes étonnamment sombres voire effrayantes pour du jeunesse, ce roman m’a fait passer un très bon moment à l’image du premier tome que j’avais beaucoup aimé. Force m’est de reconnaitre que ce second tome est encore meilleur.

Ici, tout est plus rythmé et intense, on n’a pas le temps de s’ennuyer car les événements s’enchainent d’une manière assez soutenue. Et ça commence dès le début qui nous plonge d’emblée dans l’action avec une lutte sanglante contre un gobelin carnivore.

L’ambiance sur fond d’inquisition et de chasse aux sorcières médiévale est réussie. D’ailleurs, la forte connotation religieuse (fanatisme) m’a surprise de même que le diabolisme évoqué dans certaines scènes.

Le tout est rédigé dans un style fluide et agréable à lire.

Tom, le jeune héros prend de l’assurance et doit affronter de terribles créatures parfois sans l’aide de son maître (qui se retrouve souvent en mauvaise posture dans ce tome). Le mystère du passé de l’Epouvanteur s’épaissit et le personnage de la mère de Thomas prend une épaisseur bienvenue et apporte un nouveau lot d’interrogations diverses.  Alice est de retour également dans un rôle plus obscur encore que dans le tome précédent. Bref, grâce aux personnages et leur passé trouble, la mythologie générale s’enrichit

Un très bon second tome qui donne envie de lire la suite.