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« Tout ce qu’on ne s’est jamais dit » de Celeste Ng

 

ISBN : 2355843678
Éditeur : Sonatine (2016)

Langue française – 300 pages – Sortie : Mars 2016

Note 4étoiles-trèsbonmais

Synopsis

Lydia Lee, seize ans, est morte. Mais sa famille l’ignore encore… Élève modèle, ses parents ont placé en elle tous leurs espoirs. Sa mère, Marylin, femme au foyer, rêve que sa fille fasse les études de médecine qu’elle n’a pas pu accomplir. Son père, James, professeur d’université d’origine chinoise, a tant souffert de sa différence qu’il a hâte de la retrouver parfaitement intégrée sur le campus. Mais le corps de Lydia gît au fond d’un lac. Accident, meurtre ou suicide ? Lorsque l’adolescente est retrouvée, la famille Lee, en apparence si soudée, va devoir affronter ses secrets les mieux gardés.
Des secrets si longtemps enfouis qu’au fil du temps ils ont imperceptiblement éloigné ses membres, creusant des failles qui ne pourront sans doute jamais être comblées. Bien sûr, Tout ce qu’on ne s’est jamais dit distille un suspense d’une rare efficacité. Mais ce livre qu’on garde en soi très longtemps est bien plus que cela. Celeste Ng aborde la violence de la dynamique familiale, les difficultés de communication, le malaise adolescent, avec une intensité exceptionnelle qui évoque l’univers de Laura Kasischke.
En distinguant cette œuvre envoûtante comme l’un des meilleurs romans de l’année, les critiques anglo-saxons ont salué la naissance d’un écrivain majeur et fait le succès du livre, vendu à plus d’un million d’exemplaires.

Mon avis

Un énorme merci à Sonatine pour leur confiance qui m’honore (et pour tous les superbes thrillers et les nouveaux auteurs découverts grâce à eux au cours des dernières années passées) ainsi qu’à Babelio pour m’avoir proposé ce partenariat privilégié que j’ai beaucoup apprécié.

Pour un premier roman, Tout ce qu’on ne s’est jamais dit est déconcertant de maîtrise : maturité de l’écriture, intelligence des dialogues, justesse psychologique, personnages brillamment construits…
Son originalité repose sur le fait que Celeste Ng nous emmène explorer le passé des protagonistes principaux pour mieux découvrir la vérité sur ce qui s’est passé cette fameuse nuit où Lydia a quitté silencieusement la maison. Avec posées en filigrane ces questions obsédantes :  Le désespoir est-il forcément héréditaire ? Jusqu’où doit-on pousser nos enfants à réussir leur scolarité et leur vie ? Où commence le vivre par procuration ? Jusqu’où peut-on se réaliser à travers ses enfants lorsqu’on pense avoir raté sa vie ? Pour quelles conséquences ?
Car au fond, il importe moins dans ce roman de découvrir ce qui est arrivé à la jeune Lydia que les circonstances qui ont formé le drame. C’est pourquoi, même si nous brûlons de découvrir le fin mot du mystère de la mort de la jeune fille (accident, suicide, meurtre ?), le cheminement pour y parvenir est tout aussi passionnant à suivre que la résolution de l’énigme en elle-même. Et ce, d’autant plus que les personnages, sont l’un des points forts principaux du roman.  Des personnages humains donc imparfaits mais très attachants malgré eux et leurs défauts. Ils m’ont tous touché chacun à leur façon, agacés ou déçus parfois. Mais jamais ne m’ont laissé indifférente.
Tout ce qu’on ne s’est jamais dit est un roman troublant qui interroge et prend á parti son lecteur. Comme pour dire : Voyez qui sont ces gens, voyez ce qu’ils ont affronté et voici ce qu’ils sont devenu. Et vous ? Qu’auriez-vous fait à leur place ?
A sa manière bien particulière, Tout ce qu’on ne s’est jamais dit de Celeste Ng se lit comme un véritable page-turner. Certes, ce très bon roman noir ne vous donnera pas forcément envie de passer une nuit blanche pour le terminer mais pour autant, une fois totalement immergé dans l’histoire, vous n’aurez pas envie de le reposer tant l’auteure parvient à nous maintenir en haleine tout du long, nous donnant envie d’en apprendre toujours davantage sur cette famille Lee, en apparence si tranquille.
La famille est une tragédie écrite par les parents et jouée par les enfants, dit-on. Peut-être est-ce vrai ? Du moins est-ce ce que l’on ne peut s’empêcher de penser en tournant la dernière page de ce très bon roman noir qu’est Tout ce qu’on ne s’est jamais dit de Celeste Ng. Une Laura Kasischke (auteure que j’adore) en devenir. En tout cas, c’est tout le mal qu’on peut lui souhaiter.

[Challenge de Calypso, session « Cœur »] « Les Filles au chocolat, 1, Cœur cerise » de Cathy Cassidy

2014 Éditions Pocket (Jeunesse)
Française Langue française – 288 pages | Traduit par Anne Guitton – Sortie : 6 Mars 2014
Temps de lecture : 1 journée
Note livredeuxétoilessansplus
Synopsis

Cherry, 13 ans, et son père Paddy s’installent en Angleterre chez Charlotte, sa nouvelle compagne qui a quatre filles : Coco, 11 ans ; les jumelles Summer et Skye, 12 ans, et Honey, 14 ans. Cherry est ravie de faire partie d’une famille nombreuse. Mais, à peine arrivée, elle craque bien malgré elle pour Shay, le petit copain de Honey. Voilà qui ne va pas arranger la cohabitation déjà difficile avec Honey, la seule à ne pas accepter l’arrivée de son nouveau beau-père ! Alors que tous participent à la création d’une fabrique artisanale de chocolats, Cherry se retrouve partagée entre l’affection pour ses nouvelles soeurs et le charme irrésistible de Shay…

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Je vous le concède : nous ne sommes point ici en présence de grande littérature mais en cette période estivale, j’avais envie d’une lecture « pas prise de tête ». Autant dire que j’ai été servi avec ce roman jeunesse ! Bon, en même temps vu le titre, la couverture et le résumé, fallait s’attendre à ce que ce soit guimauve, hein !

Étant donné que je m’attendais à lire quelque chose de mauvais, je dois dire que ce roman est «sympa».  Certes, c’est gentillet (pour ne pas dire niais) mais cela se laisse lire malgré un ton consensuel.

Pas de mots compliqués , on évite les sujets qui fâchent et surtout on fait en sorte que tout se finisse bien, évidemment.

Bref, ça se lit facilement, vite, et c’est aussi inoffensif qu’un téléfilm de Disney Channel.

Ci-dessous, un récapitulatif des points à retenir :

Une histoire sirupeuse à souhait, des personnages trop lisses (parfois caricaturaux) et des parents trop « cool » pour être crédibles, si vous voulez mon sentiment.

Une histoire d’amour banale, sans surprises, et légèrement écœurante sur les bords.

Un style inexistant (narration à la première personne du singulier, utilisation du présent, construction grammaticale assez linéaire, vocabulaire simple et limité, répétitions…)

Un ton moralisateur et des bons sentiments en pagaille. Un gros manque de profondeur.

Une fin facile et convenue

En résumé, un livre qui n’est pas honteux (j’ai lu bien pire). Mais même si je l’ai fini (et sans avoir envie de le jeter par la fenêtre), je n’ai pas pour autant l’intention de poursuivre la saga (faut pas non plus pousser mémère dans la barbe à papa, hein !), un tome a largement suffit à faire monter en flèche mon taux de glucose (et comme il y a des antécédents de diabète dans ma famille : mieux vaut être prudente, vous ne croyez pas ?!)

😉

[LC] «Love Letters to the Dead» d’Ava Dellaira

2014 Editions Michel Lafon

Langue française – 319 pages – Sortie : 7 Mai 2014
Temps de lecture : 3 jours
Note4étoiles-trèsbonmais
Synopsis

Au commencement, c’était un simple devoir. Ecrire une lettre à un mort.
Laurel a choisi Kurt Cobain, parce que sa grande soeur May l’adorait. Et qu’il est mort jeune, comme May. Très vite, le carnet de Laurel se remplit
de lettres où elle dresse son propre portrait de lycéenne, celui de ses
nouveaux amis, de son premier amour… Mais pour faire son deuil, Laurel devra se confronter au secret qui la tourmente, et faire face à ce qui s’est réellement passé, la nuit où May est décédée. Love letters to the dead est une lettre d’amour à la vie.

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Prétexte pour Laurel à se raconter, et surtout à raconter sa propre histoire (notamment le drame qui a touché sa famille de plein fouet six mois plus tôt), l’argument principal de ce roman : écrire des lettres à des personnes célèbres décédées, devient très vite une démarche artificielle, un mécanisme assez lourd.
Et pour être franche, je pense même que j’aurais préféré qu’Ava Dellaira s’abstienne d’utiliser cet artifice, pour nous narrer l’histoire de Laurel. Une histoire suffisamment forte et émouvante pour exister par elle-même, sans toutes ces fioritures inutiles.

Si j’ai beaucoup aimé Lauren, j’ai éprouvé des difficultés avec les personnages d’Hannah et de Natalie. Elles représentent l’archétype de la gamine délurée, dévergondée et superficielle que l’on retrouve, en règle générale, dans les romans jeunesse. Joints, beuveries, coucheries à seulement quinze ans ! Elles m’ont parfois agacée et je trouve qu’elles sont caricaturales. Je n’aimais pas que Laurel soit à ce point sensible à leur mauvaise influence et leur obéisse comme un bon petit chien, alors qu’elles l’entraine sur une pente dangereuse.

L’aspect : « l’émancipation s’obtient par les clopes, l’alcool, le sexe et la drogue et pour être considérée comme cool et être populaire, il faut se comporter comme une fille légère » m’a dérangé. C’est tout de même un roman jeunesse !

Le culte de Laurel pour May est assez incompréhensible (et énervant). J’aurais aimé que Laurel se rebiffe, fasse preuve de plus de caractère. Je la trouve trop passive et trop faible. Elle pleure un peu trop à mon goût, j’avais envie de la voir se rebeller, agir, faire quelque chose car pour moi le personnage subit trop !
Cela m’a agacé. Au delà de cela, Laurel est une jeune héroïne qui a su vraiment me toucher, par ses mots, par sa vie.

L’écriture en elle-même n’est pas extraordinaire, elle est même plutôt  quelconque, en vérité. Néanmoins, et c’est une chose à laquelle je ne m’attendais pas en ouvrant ce roman, il n’est pas rare de tomber au détour d’une phrase banale sur un véritable petit morceau de poésie pure, une perle qui vous décoche une flèche émotionnelle  en plein coeur.

J’ai connu un petit passage à vide aux alentours des 150 pages, je trouvais que cela tournait en rond, Laurel, ses copines, le lycée, les fêtes, Sky. Mais ensuite cela repart à la hausse et je n’ai plus réussi à refermer le bouquin jusqu’à la fin.

Certes, ce roman n’a rien de follement original ni de révolutionnaire, mais il possède un je ne sais quoi qui a su me toucher, un charme, une indéniable justesse, une simplicité, bref : cette humanité, qui rend certaines œuvres universelles, et les romans, attachants.

« Le faire ou mourir » de Claire-Lise Marguier

2011 Editions du Rouergue (doado)

Langue française – 103 pages
Temps de lecture : 1 heure

Note 3étoilesbon

Synopsis

Vus de l’extérieur, ils faisaient plutôt peur, ceux de la bande à Samy, avec leurs coupes de cheveux étranges, leurs vêtements noirs, leurs piercings… Mais le jour où les skateurs s’en sont pris au nouveau du collège, Dam, avec son physique de frite molle, c’est Samy qui s’est interposé et lui a sauvé la mise. Et c’est comme ça qu’ils se sont rencontrés, et que l’histoire a commencé. Samy a essuyé le sang qui coulait de la tempe de Dam, avec sa manche noire.
C’était la première fois que quelqu’un le touchait avec autant de douceur.

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Cette histoire m’a beaucoup touchée, mais aussi parfois agacée.
Car pour émouvant soit-il, (l’histoire d’amour entre Samy et Damien est belle et offre de jolis moments), ce roman n’est pas exempt de défauts.
Parmi les plus rédhibitoires à mes yeux :

L’écriture : simpliste voire maladroite. Et que de répétitions !

Le personnage principal, Damien : Il m’a bien plus souvent exaspéré, qu’ému. Sait-il faire autre chose que de pleurer, se plaindre, ou se regarder le nombril ? Ok, il est mal dans sa peau. Mais est-ce en se complaisant dans son mal-être que les choses vont s’améliorer ?
J’ai souvent eu envie de rentrer dans le roman pour lui dire : Mais enfin, remue-toi, bon sang !

La seconde moitié du roman : Elle nous donne l’impression de tourner en rond, de faire du surplace. Inutile de nous rabâcher toutes les trois lignes que Damien est malheureux, en quête de repères ou que Samy à de beaux yeux clairs sous sa frange (!)

Mais le pire de tout, ce sont les clichés qui sont véhiculés à longueur de pages.
En effet, que d’idées reçues sur les gays, (un garçon sensible est forcément homosexuel, mais bien sûr !). Les gothiques (sont des satanistes en puissance, des ados perturbés ou bien des personnes suicidaires, mais oui c’est ça!)

Heureusement, la fin (très très réussie) et le personnage de Samy (très beau personnage) sauvent ce roman des redites et des clichés dans lesquels, il s’enlise.

Un roman prometteur sur le fond, qui gâche quelque peu son potentiel en pêchant tantôt par maladresse, tantôt en manquant faire preuve de nuance.

Néanmoins, Le faire ou mourir reste un roman jeunesse touchant et agréable à lire (et à faire lire à partir de treize ans).

[Contemporain] Baby-Challenge 2014 « Le cercle des poètes disparus » de NB Kleinbaum

2008 Editions Le Livre de Poche
Langue française – 191 pages
Temps de lecture : 1 journée
Note :cinqétoilesexcellent
Synopsis

Il fut leur inspiration.
Il a transformé leur vie à jamais.
A Welton, un austère collège du Vermont, dans les années 60, la vie studieuse des pensionnaires est bouleversée par l’arrivée d’un nouveau professeur de lettres, M.
Keating.
Ce pédagogue peu orthodoxe va leur communiquer sa passion de la poésie, de la liberté, de l’anticonformisme, secouant la poussière des autorités parentales, académiques et sociales.
Le roman du film-événement de Peter Weir, Oscar 1990 du meilleur scénario, qui a bouleversé des centaines de milliers de spectateurs.

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Un « classique » de la littérature contemporaine. Une « lecture de collège » ou « de lycée » que j’aurai mis bien du temps à découvrir. Je le regrette aujourd’hui, et je ne sais pas pourquoi j’ai tant attendu pour le lire, la TE-HONTE, quoi !

Désormais, que cette lacune littéraire est réparée, je ne serais pas originale sur mon ressenti de lecture. Je vais me contenter de répéter les louanges des lecteurs/trices précédent(e)s, ce roman est magnifique, mais bien trop court, cependant.

Roman initiatique par excellence, il dispense un message d’une grande puissance philosophique et émotionnelle. Ah, que j’aurai aimé avoir un prof comme Mr Keating !

Son format court, et son faible nombre de pages, n’empêchent en rien la profondeur des sentiments et le fait que les personnages soient fouillés.

La fin est très émouvante, bien que peut-être un chouia trop rapide, cent ou deux pages supplémentaires, ne m’auraient pas déplu, que du contraire 😉

En conclusion, un petit bijou intemporel, porteur d’une belle leçon de vie, et qui n’a pas pris une ride au fil des années.
J’ai même écrasée une ‘tite larme à la fin, c’est dire à quel ce roman est beau, vu que cela m’arrive fort rarement ;).

« Un oiseau blanc dans le blizzard » de Laura Kasischke

Editions Le Livre de Poche (2012)

312 pages

Temps de lecture : 2 jours

Note 3étoilesbon

Synopsis

Par une froide journée de janvier une femme disparaît dans l’une de ces banlieues trop propres et trop calmes que le cinéma américain nous a révélées.
Katrina, sa fille unique, croit régler avec un soin méticuleux et lucide ses comptes avec l’image d’une mère destructrice détestée en secret. Mais alors pourquoi ces rêves obsédants qui hantent ses nuits ?

 

 

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Le coupable, le motif, le lieu. J’avais tout deviné du fin mot de l’histoire dés la page 30. Déçue donc par la prévisibilité de ce roman, loin d’être aussi prenant qu’Esprit d’hiver. Loin d’être aussi surprenant et fascinant aussi. Beaucoup de blabla pour faire un quota de pages. Les mêmes obsessions hantent ce livre : les relations méres-filles difficiles, l’absence métaphorique du père, l’adolescence tourmentée et l’entrée dans l’age adulte, autant de thême que l’on retrouve d’un roman a l’autre. Reste le plaisir de l’univers si identifiable de Kasischke, de son écriture visuelle et organique. Même si je déplore ici une crudité gratuite et mal maitrisée.
J’espère apprécier davantage les autres romans de l’auteure.

« Côté Face, 1 » d’Anne Denier

 

Editions Anne Denier (2012)

446 pages

Temps de lecture : 3 jours

Note 3étoilesbon

Synopsis

J’étais en retard et si ce n’avait pas été le cas jamais je n’aurais pris ce tram et jamais je ne l’aurais rencontré. Lui. Celui qui allait détruire ma vie en réveillant une mémoire qui sommeillait en moi et dont j’ignorais l’existence. Un autre côté de moi-même. « Te séduire, t’emmener, te torturer, te violer et t’assassiner. » J’avais une vie…

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Une belle couverture, un résumé accrocheur et une brassée de louanges virtuelles, il ne m’en faut pas plus parfois pour attiser ma curiosité.

Un mot traduit mon ressenti. Mitigée.

Autant la première moitié m’a profondément ennuyée (longueurs, redites et style trop descriptif) au point presque d’abandonner ma lecture, autant les 200 dernières pages m’ont beaucoup plu. D’ailleurs, dès l’entrée en scène de Hyla, je n’ai plus réussi à fermer le livre. Au vu de la fin, je me félicite d’avoir persévéré. Car elle est bien plus prenante et réussie, selon moi, que le reste.

Cependant, je n’ai pas ressenti l’angoisse, le trouble et la peur vantées par la plupart des critiques positives sur ce roman. Ou alors très fugacement vers la fin. Mais jamais, je n’ai ni eu le ventre noué ni n’ait tremblé pour l’héroïne.

A l’inverse, la nette tendance à la dramatisation chez les personnages, notamment chez l’héroïne (exaspérante), (cf. l’épisode du portable sur la plage) m’a vite agaçée.

Et que dire de ses insupportables amis (ses parents ne sont guère mieux).

J’aurai aimé rencontrer des héros plus mâture car l’aspect adolescent et le côté superficiel qu’il entraine dans son sillage, devient rapidement pesant. Ceci fait qu’aucun protagoniste m’a paru attachant. 

Pourtant, l’atmosphère « Faustienne » est réusse. L’univers fantastique induit par la relation trouble entre Hyla et Côme efficace.  A ce propos, le triangle Hyla-Côme-Nebel est intéressant et fonctionne bien.

Le coq à l’âne temporel permanent a parfois rendu ma lecture confuse. 

En revanche, je fus agréablement surprise par le style plaisant et plein de vivacité d’Anne Denier. Même si de petites choses m’ont déplu. Je chipote un peu mais j’avoue que les passages descriptifs sont un peu trop longs et répétitifs (plusieurs pages sur le fait qu’il pleuve par exemple). Il y a aussi des répétions d’un même mot sur plusieurs pages (le mot parcelle revient souvent en l’espace de quelques pages). Le manque de prénoms des personnages est déstabilisant, de même que l’escamotage récurrent de virgules dans certaines phrases.

En définitive, les passages qui m’ont le plus séduites sont les fragments des vies « antérieures’ de l’héroïne que j’ai trouvé très soignés et évocateurs grâce à d’infinis petits détails bien trouvés. Le passé de Hyla se dévoile peu à peu et parvient à maintenir le suspense jusqu’aux dernières lignes. 

Quel dommage donc que l’histoire mette si longtemps à démarrer car le reste est agréable à lire et accroche le lecteur. 

Je songe sérieusement à me procurer la suite, d’ailleurs : Noces de lune.

Pour conclure : ni un coup de coeur ni un mauvais livre mais un premier roman en demi-teinte qui me parait prometteur pour la suite.  Je lui attribue trois étoiles pour récompenser l’écriture et la deuxième partie de l’histoire qui s’avère très prenante (et tous mes encouragements à Anne Denier qui à une bonne plume).