Catégorie: Roman 5 étoiles

« Ainsi naissent les fantômes » de Lisa Tuttle

2014 Editions Folio (SF)

Française Langue française – 320 pages | Traduit par Melani Fazi – Sortie : 27 Mai 2014

Notecinqétoilesexcellent
Temps de lecture : 2 jours

Synopsis

En 2004, j’ouvrais mon recueil Serpentine sur cette dédicace : À Lisa Tuttle, dont les livres m’ont appris que les plus effrayants des fantômes sont ceux qu’on porte en soi. Ils étaient toujours là, ces fantômes : entre les pages des textes que je découvrais en cherchant la matière qui composerait ce recueil.

Mélanie Fazi.

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Je remercie chaleureusement le blog  http://le-fataliste.fr/justine/?p=5078 et les Éditions Folio SF de m’avoir permis de remporter ce très bon recueil de nouvelles fantastiques à l’occasion d’un concours.

J’avais très très envie de découvrir Lisa Tuttle. C’est chose faite, et je ne le regrette pas. C’est un auteur de très grand talent et ses nouvelles fantastiques, pour la plupart, des bijoux. Du moins, celles que j’ai eu le plaisir de découvrir dans ce choix de sept nouvelles inédites. Je tiens à souligner la traduction de Melanie Fazi. Parfaite, selon moi.

Lisa Tuttle excelle en plusieurs domaines, son style (elle écrit très bien), sa capacité à se démarquer par l’originalité des thèmes de ses nouvelles, l’introspection qu’elle impose à ses personnages, et la qualité de ses descriptions.

Des sept nouvelles de ce recueil, seules deux m’auront légèrement déçue. Quant aux autres, elles m’ont enthousiasmée.

Mes préférées :

Ma Pathologie : J’ai adoré cette nouvelle très dérangeante voire effrayante. Sur un sujet casse-gueule, Lisa Tuttle mène sa nouvelle de main de maitre, et évite avec brio le piège du ridicule ou de l’invraisemblance. Le suspense et l’horreur vont crescendo jusqu’à la toute fin. Chapeau !

Le Remède : Une magnifique nouvelle sur le langage, emplie d’une poésie grave et mélancolique, avec en prime, une très belle histoire d’amour.

Mezzo-Tinto : Je l’ai dévoré d’une traite. Sa construction en mise en abyme est brillante. J’ai adoré une fois encore comment L. Tuttle fait basculer un quotidien somme toute banal dans un fantastique effrayant qui se dévoile de manière progressive. La fin est grandiose car totalement inattendue.

Rêves captifs, la nouvelle qui ouvre le recueil est bonne mais ce n’est pas la meilleure du choix opéré par M. Fazi. Cependant, c’est une bonne entrée en matière, je pense, pour pénétrer dans l’univers si particulier de Lisa Tuttle. Le hic, c’est que Rêves captifs est écrite de telle manière que la fin en devient, hélas, assez prévisible.

Une heure en plus est également une très bonne nouvelle à la chute surprenante, où le fantastique colonise peu à peu, la réalité par petites touches subtiles jusqu’à un dénouement renversant. J’ai beaucoup aimé.

Le vieux monsieur Boudreaux marque davantage pour son atmosphère mélancolique et onirique très réussie plus que pour son intrigue assez statique et simpliste. Là encore, la fin en total décalage surprend.

La nouvelle la plus faible est pour moi La fiancée du dragon, dont j’avais entendu dire pourtant, le plus grand bien. Trop lente, trop longue, trop plate. De l’aveu même de l’auteur dans son entretien final avec Mélanie Fazi, cette nouvelle lui semble moins bonne qu’à l’époque où elle l’a écrit. Peut-être, est-elle un peu datée ? C’est vrai qu’elle date de 1985. Mais en fait, c’est surtout Isobel, l’héroïne, qui m’a déplu, je n’ai jamais compris ses réactions. De plus, j’ai trouvé les passages érotiques, inutiles.

Un très bon recueil de nouvelles fantastiques que je recommande vivement. Désormais, je rêve d’un tome 2 (et pourquoi pas un tome 3) Mélanie Fazi, si vous passez par là 😉

« Reflex »de Maud Mayeras

 

2013 Éditions Anne Carrière (Thriller)

Française Langue française – 365 pages

Temps de lecture : 2 jours

Note : cinqétoilesexcellent

Synopsis

Iris Baudry est photographe de l’identité judiciaire. Disponible nuit et jour, elle est appelée sur des scènes de crime pour immortaliser les corps martyrisés des victimes. Iris est discrète, obsessionnelle, déterminée. Elle shoote en rafales des cadavres pour oublier celui de son fils, sauvagement assassiné onze ans auparavant. Mais une nouvelle affaire va la ramener au coeur de son cauchemar : dans cette ville maudite où son fils a disparu, là où son croque-mitaine de mère garde quelques hideux secrets enfouis dans sa démence, là ou sévit un tueur en série dont la façon d’écorcher ses victimes en rappelle une autre. La canicule assèche la ville, détrempe les corps et échauffe les esprits, les monstres se révèlent et le brasier qu’Iris croyait éteint va s’enflammer à nouveau dans l’objectif de son reflex.

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Waouh ! Ce thriller m’a complètement bluffée! M. Mayeras m’a baladé tout du long, je n’ai rien vu venir. Rien du tout. Et j’ai adoré ça ! Dire que je craignais être déçue par la fin : au trois quart du roman, je pensais avoir tout compris, et me disais : Quoi ? Tout ça pour ça?! Et PAF ! Les 90 dernières pages ont été une grosse claque ! ! Et quel plaisir ce fut de me faire avoir aussi joliment. D’ordinaire, je me plains toujours de deviner trop tôt le dénouement des thrillers. Là, j’ai été servie, niveau révélations fracassantes. La fin est un circuit de montagnes russes, où l’on ne cesse de tomber de Charybde en Scylla.

Bien sûr, il y a bien quelques petits défauts : l’écriture très nerveuse dans le premier quart (phrases courtes, imagées, et ponctuation sèche), se relâche progressivement et devient moins percutante à mesure que les phrases s’allongent, des rebondissements paraissent un peu invraisemblable (enfin, surtout un, pour être honnête, les autres fonctionnent parfaitement), et je n’ai pas toujours trouvé les flashs-back utiles, du moins , je n’ai pas compris pourquoi l’auteure remontait aussi loin (1919) ni pourquoi ces retours dans le passé étaient aussi développés. À mes yeux, cela embourbe parfois l’intrigue dans des longueurs dommageables au suspense indéniable dont ce thriller est nimbé.

Bref, je ne suis passé loin du coup de coeur. Le hic ? Quelques lenteurs éparses, et un coup de théâtre que j’ai trouvé un chouïa tiré par les cheveux.

Hormis cela, j’ai passé un très bon moment de lecture avec ce thriller qui, je le répète haut et fort, m’a cloué le bec !

Trois mots pour conclure : bravo Maud Mayeras !

[Contemporain] Baby-Challenge 2014 « Le cercle des poètes disparus » de NB Kleinbaum

2008 Editions Le Livre de Poche
Langue française – 191 pages
Temps de lecture : 1 journée
Note :cinqétoilesexcellent
Synopsis

Il fut leur inspiration.
Il a transformé leur vie à jamais.
A Welton, un austère collège du Vermont, dans les années 60, la vie studieuse des pensionnaires est bouleversée par l’arrivée d’un nouveau professeur de lettres, M.
Keating.
Ce pédagogue peu orthodoxe va leur communiquer sa passion de la poésie, de la liberté, de l’anticonformisme, secouant la poussière des autorités parentales, académiques et sociales.
Le roman du film-événement de Peter Weir, Oscar 1990 du meilleur scénario, qui a bouleversé des centaines de milliers de spectateurs.

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Un « classique » de la littérature contemporaine. Une « lecture de collège » ou « de lycée » que j’aurai mis bien du temps à découvrir. Je le regrette aujourd’hui, et je ne sais pas pourquoi j’ai tant attendu pour le lire, la TE-HONTE, quoi !

Désormais, que cette lacune littéraire est réparée, je ne serais pas originale sur mon ressenti de lecture. Je vais me contenter de répéter les louanges des lecteurs/trices précédent(e)s, ce roman est magnifique, mais bien trop court, cependant.

Roman initiatique par excellence, il dispense un message d’une grande puissance philosophique et émotionnelle. Ah, que j’aurai aimé avoir un prof comme Mr Keating !

Son format court, et son faible nombre de pages, n’empêchent en rien la profondeur des sentiments et le fait que les personnages soient fouillés.

La fin est très émouvante, bien que peut-être un chouia trop rapide, cent ou deux pages supplémentaires, ne m’auraient pas déplu, que du contraire 😉

En conclusion, un petit bijou intemporel, porteur d’une belle leçon de vie, et qui n’a pas pris une ride au fil des années.
J’ai même écrasée une ‘tite larme à la fin, c’est dire à quel ce roman est beau, vu que cela m’arrive fort rarement ;).

[LC] « La Maitresse de Rome » de Kate Quinn

Editions Presses de la Cité (2012)

535 pages | Traduit par Catherine Barret

Temps de lecture : 3 jours

Note cinqétoilesexcellent

Synopsis

Jeux du cirque, complots, banquets, orgies… Dans cette formidable saga antique, Kate Quinn fait revivre avec panache l’univers dépravé et sanglant de la Rome du Ier siècle.

Jeune esclave juive soumise aux caprices de l’arrogante Lepida Pollia, sa maîtresse, Thea connaît pour la première fois le bonheur dans les bras du gladiateur Arius le Barbare, la nouvelle coqueluche de Rome. Mais leur idylle attise la jalousie de Lepida, qui s’emploie de son mieux à les séparer.
Cette dernière n’est pas le seul obstacle à se présenter sur la route des deux amants. Grâce à ses talents de musicienne, la belle Thea ne tarde pas àêtre remarquée de l’aristocratie romaine… et d’un dangereux admirateur : l’empereur Domitien, un homme brillant mais cruel qui en fait sa favorite. Devenue la femme la plus influente de Rome, Thea doit plus que jamais garder son amour pour Arius secret.

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Le début est très accrocheur. L’auteure nous plonge immédiatement dans le vif du sujet et nous nous attachons rapidement à Théa et à Arius. A l’instar du couple vedette, certains personnages secondaires sont agréables à côtoyer.

Les combats de gladiateurs sont décrits avec un vrai souci du détail. Visuels et haut en couleurs qu’ils témoignent de toute l’horreur de ces pratiques anciennes, ancêtres de la TV-reality dont nous abreuve aujourd’hui nos chaines de télèvision. J’ai retenu mon souffle plus d’une fois en regardant Arius lutter dans l’arène, et comme Théa, tremblé en craignant pour sa vie.  Les personnages sont très réussis, certains sont  attachants, d’autres plus ambigus, ils restent difficiles à cerner jusqu’au bout, quelques-uns qu’on adore détester. L’envie nous démange d’en frapper certains ou d’en consoler d’autres.  On espère, on se sent aussi nostalgique que Théa. On grimace de frustration et on crispe les poings de colére, maudissant le sort qui accumule les malheurs dans l’existence des personnages que l’on apprécie tandis que des envies de vengeance s’emparent de nous face à d’odieux comportements.

J’ai beaucoup aimé me promener dans cette Rome antique somptueusement décrite.  Autant que de pénétrer dans le secret d’une école de gladiateurs, dans les coulisses du pouvoir romain, et être de toutes les trahisons et les complots politiques.  

Ensuite, l’intrigue se relâche un peu et un creux s’installe au coeur de l’intrigue. Cela correspond au moment où nous perdons Théa et Arius de vue pour nous retrouver propulsés aux côtés des personnages secondaires. Le roman très long aurait peut-être d’ailleurs gagné  à être plus concentré sur son intrigue principale car ce premier tome abandonne souvent sa trame principale pour partir dans des sous-intrigues parfois ennuyeuses comme celles qui concerne les campagnes guerrière de César ou les arcanes de la politique romaine . Pour le reste, les intrigues secondaires sont également intéressantes comme celle de Paulinus et de son père (j’ai beaucoup aimé le vieux sénateur). 

Un indéniable élan romanesque parcourt ce livre mais quelques lourdeurs ralentissent le rythme, dés lors que politique et guerre sont abordés. Et l’on se prend à rêver que le bien et l’amour triomphent à la fin et que le destin réunisse enfin les amants maudits qui traversent tout le roman, le cœur brisé et l’âme en peine.  Une reconstitution historique documentée et riche en détails, couleurs et parfums. Une écriture vivante qui fait voyager (Merci à la traductrice Catherine Barret) et un texte sensuel et sensitif qui procure des émotions, des frissons et accélère les battements du coeur. 

Au final, un retour réussi dans l’antiquité romaine. Malgrè quelques petites réserves, j’ai beaucoup aimé ce roman historique documenté, sensuel et voluptueux et qui propose en prime une très jolie histoire d’amour interdit. Cependant, il m’a manqué un petit quelque chose pour que ce soit un coup de coeur. 

« La 5e vague » de Rick Yancey

Editions Robert Laffont (R) (2013)

592 pages

Temps de lecture : 2 jours

Note cinqétoilesexcellent

Synopsis 

1ère Vague : Extinction des feux
2e Vague : Déferlante
3e Vague : Pandémie
4e Vague : Silence

La 5e Vague arrive…
Ils connaissent notre manière de penser. Ils savent comment nous exterminer. Ils nous ont enlevé toute raison de vivre. Ils viennent maintenant nous arracher ce pour quoi nous sommes prêts à mourir…

À l’aube de la 5e Vague, sur une bretelle d’autoroute désertée, Cassie tente de Leur échapper…Eux, ces êtres qui ressemblent trait pour trait aux humains et qui écument la campagne, exécutant quiconque a le malheur de croiser Leur chemin. Eux, qui ont balayé les dernières poches de résistance et dispersé les quelques rescapés…
Pour Cassie, rester en vie signifie rester seule. Elle se raccroche à cette règle jusqu’à ce qu’elle rencontre Evan Walker. Mystérieux et envoûtant, ce garçon pourrait bien être son seul espoir de sauver son petit frère, voire elle-même. Du moins, si Evan est bien celui qu’il prétend… Mais la jeune fille doit d’abord faire des choix : entre confiance et paranoïa, entre courage et désespoir, entre la vie et la mort. Va-t-elle baisser les bras et accepter son triste sort, ou relever la tête et affronter son destin ? Car ce qui ne vous tue pas vous rend plus fort.

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Aprés plusieurs grosses déceptions (Version bêta, Glitch, Le Prince d’été…), la 5e vague me réconcilie avec la Collection R. Waouh, quel roman puissant. Une grosse claque bien retentissante. Je l’ai dévoré et j’ai passé un excellent moment. 

La multiplicité des points de vues apporte un réel plus. Chacun des narrateurs enrichissant la vision des autres. Tous sont charismatiques et attachants d’une manière différente. Le lecteur a ainsi un pied partout. A la fois auprès de Cassie, dont j’ai beaucoup aimé la personnalité affirmée et sarcastique mais aussi aux côtés de Zombie et Nugget. Les personnages secondaires : Ringer, Ethan et et tous les autres ont eux aussi de l’importance.Le lecteur est presque omniscient grâce aux personnages qui se partage la prise en charge du récit et le font avancer palier par palier, en jouant sur la temporalité du scénario.

Un ou deux rebondissements prévisibles (je me doutais de l’identité de Zombie) mais un scénario surprenant et haletant les fait oublier et un petit coup de mou passager vers le milieu du roman, pendant les chapitres qui se déroulent à Camp Haven (par goût personnel, le militarisme me passionne peu) mais tout redémarre ensuite sur les chapeaux de roues.

Loin des mythologies extra-terrestres américaines glorifiant le patriotisme et la grandeur des USA et de son armée, les petits hommes verts consistent dans ce roman davantage en une intelligence supérieure et organisée. L’ennemi est partout à la fois. Ce qui rend la lecture assez angoissante et ce, dés le Prologue très mystérieux.

L’aspect ultra-réaliste de l’intrigue et des scènes d’action, les chapitres courts écrits avec fluidité, renforce l’attractivité de ce roman SF qui rendra le lecteur parano au même titre que les personnages. Et si ? Et si cela nous arrivait un jour ?

Même si le procédé de colonisation n’est pas nouveau, il suffira de penser aux Ames vagabondes de S. Meyer, l’histoire est dense en surprises et en retournements de situations. La fin est juste horrible. Heureusement, qu’il y a une suite de prévue car cela ne peut pas finir comme ça !

[Challenge « Le Choix du Chapelier Fou Spécial Sagas (Avril)] « Une Aventure d’Alexia Tarabotti, Le Protectorat de l’ombrelle, 3, Sans honte » de Gail Carriger

 

Editions Orbit (2012)

310 pages

Temps de lecture : 2 jours

Note cinqétoilesexcellent

Synopsis

Miss Alexia Tarabotti, devenue Lady Alexia Woolsey, se retrouve dans une situation délicate. C’est LE scandale de la saison. Elle doit s’enfuir en Italie, à la recherche de réponses. 
Une histoire de vampires, de loups-garous et d’imprévus…

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Encore un très bon tome à l’actif de cette saga qui n’en finit pas de me séduire.

L’éloignement entre Alexia et lord Maccon rend peut-être la lecture un peu moins piquante car ils passent peu de temps l’un avec l’autre. Leurs joutes verbales endiablées manquent.

Alexia, bien que toujours fidèle à elle-même, montre une facette vulnérable de sa personnalité et Lord Maccon en mari qui noie son chagrin dans la bouteille différe de ses précédentes apparitions. Tous deux sont irrésistibles.

Ce tome malméne l’héroïne (tout le monde veut la tuer à commencer par les vampires) ce qui offre des saynétes savoureuses (les coccinelles) et nous permet de voyager en Europe.  L’humour est toujours présent. Surtout dans les dialogues entre Alexia et Mme Lefoux et Maccon et Lyall tous irrésistibles de drôlerie.Le pince sans rire, Floote n’est pas mal non plus de même que la charmante Ivy, trés amusante dans son genre. Comme dans le tome précédent, Mme Lefoux apporte avec elle une bonne dose de steampunk, ce qui est fort appréciable.

Ce tome brille par ses dialogues et son rythme enlevé qui régale en scénes d’action décoiffantes et en Ombrelleassaut ! Les luttes claniques et politiques sont un peu trop présentes mais nécessaires. C’est l’un des aspects qui m’intéresse le moins.

L’intrigue met en place des axes prometteurs pour la suite. Nous ne sommes pas au bout de nos surprises.

Encore une fois, CHAPEAU à Gail Carriger pour sa plume et ses idées ! 

« Le choix du Chapelier fou : Spécial sagas » (Octobre)

[LC] « La Conjuration primitive » de Maxime Chattam

Editions Albin Michel (2013)

462 pages

Temps de lecture : 2 jours

Note cinqétoilesexcellent

Synopsis

Une véritable épidémie de meurtres ravage la France.
Plus que des rituels, les scènes de crimes sont un langage.
Et les morts semblent se répondre d’un endroit à l’autre.
Plusieurs tueurs sont-ils à l’œuvre ? Se connaissent-ils ?
Et si c’était un jeu ?
Mais très vite, l’Hexagone ne leur suffit plus : l’Europe entière devient l’enjeu de leur
monstrueuse compétition.
Pour essayer de mettre fin à cette escalade dans l’horreur, une brigade de gendarmerie pas
tout à fait comme les autres et un célèbre profiler, appelé en renfort pour tenter de
comprendre.
De Paris à Québec en passant par la Pologne et l’Écosse, Maxime Chattam nous plonge dans
cette terrifiante Conjuration primitive, qui explore les pires déviances de la nature humaine.

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Un thriller haletant et original, tant dans sa forme narrative assez inédite, que dans son fond fictionnel. Les mises à morts sont plus atroces et inventives les unes que les autres. De plus, des questions intéressantes sur la folie et la perversion sont soulevées avec intelligence. M. Chattam propose une réflexion pertinente sur la nature humaine et ses déviances. 

Entre deux grimaces de dêgout (bien légitimes, croyez-moi), ce diable de Chattam m’a donné mal au ventre et des palpitations. J’étais dedans, je baignais dans l’horreur absolue avec les personnages du roman et j’avais peur pour eux (et presque pour moi).

Quelle angoisse ! Un thriller à ne pas lire seul(e) chez soi car il a tendance à nous rendre quelque peu parano. Au moindre bruit suspect dans le silence de la nuit, on commence à stresser et à s’imaginer qu’un serial killer assoifé de sang est derrière la porte de la chambre !

Le final digne d’un des meilleurs Survivor cinématographique est trés angoissant et immersif. 

Il y a du Silence des agneaux et du Massacre à la tronçonneuse dans ce thriller impossible à refermer avant la derniére ligne.

Maxime Chattam est à l’apogée de son art et de ses ténèbres. Quant au lecteur, il est au paroxysme du plaisir (sadique).

Une plongée très réussie au coeur de l’horreur et des ténèbres de chacun d’entre nous. L’un des meilleurs thrillers de M. Chattam avec le génial In Tenebris. Assurément aussi l’un des thrillers de 2013.

A lire absolument si vous êtes un adepte du genre et de maître Chattam.