Catégorie: Roman 2 étoiles

Orgueil & Préjugés et Zombies de Seth Grahame-Smith & Jane Austen


2014 Editions Pocket

Française Langue française – 349 pages | Traduit par Laurent Bury – Sortie : 9 Janvier 2014
Temps de lecture : 5 jours

Note **

Synopsis

Pour la famille Bennet, qui compte cinq filles à marier, l’arrivée de deux jeunes et riches célibataires dans le voisinage est une aubaine: enfin, des cœurs à prendre, et des bras supplémentaires pour repousser les zombies qui prolifèrent dans la région ! Mais le sombre Mr Darcy saura-t-il vaincre le mépris d’Elizabeth, et son ardeur au combat ? Les innommables auront-ils raison de l’entraînement des demoiselles Bennet? Les sœurs de Mr Bingley parviendront-elles à le dissuader de déclarer ses sentiments à Jane? Surtout, le chef-d’œuvre de Jane Austen peut-il survivre à une attaque de morts-vivants ?

La sortie de l’adaptation ciné m’a donné envie de lire cette réécriture très décriée sur la blogosphère (et ailleurs) même si, pour être honnête, ni la couverture et encore moins le résumé, ne m’attiraient vraiment.

Les critiques sont assez virulentes envers ce livre. Je le serai un peu moins. Cette réécriture de l’œuvre culte est une pochade, pas très finaude, j’en conviens tout à fait, qui assume sa médiocrité de ton et son mauvais goût et n’a d’autre but que d’amuser. Un texte pour rire qui ne se prend pas au sérieux. Il faut le lire comme tel, et l’on se surprendra à sourire parfois…Car c’est parfois tellement mauvais que c’en est drôle ! Certaines scènes atteignent le comble du ridicule et tous les personnages sont tournés en dérision, au moins une fois au cours de l’intrigue. J’en veux pour preuve le personnage d’Elizabeth Bennet, si éloignée des fondamentaux de l’original, qu’on ne la reconnaît pas du tout. Et ne parlons pas de Lady Catherine de Bourgh, la tueuse émérite de Zombies (!) C’est pour le moins déroutant.

Néanmoins, moi qui m’attendais à détester ce roman, je me suis surprise à trouver cette réécriture assez sympa dans l’ensemble. Pourquoi, vous étonnerez-vous ? Certainement parce que je n’avais aucune attente particulière en le commençant. En fait, je pensais même que ce serait beaucoup plus nul que ça ne l’est en réalité. Certains passages sont amusants, les clins d’œil savoureux. L’humour (potache) naît du décalage entre l’époque victorienne si attachée aux règles de bienséance et le désordre inconvenant qu’y sème ces affreux zombies.
Mais ce qui rachète véritablement ce roman imparfait à mes yeux, c’est son auto-dérision assumée. Il ne se prend pas du tout au sérieux, pas plus que l’auteur. Ce qui rend cette réécriture attachante. On a l’impression de lire un hommage facétieux, irrévérencieux et maladroit.

Pour apprécier ce roman, je crois qu’il faut posséder une bonne dose de recul, de détachement mais SURTOUT énormément de second degré. C’est le meilleur moyen de ne pas être déçue. En ce qui me concerne, bien qu’inconditionnelle de Jane Austen, je ne considère pas cette réécriture comme scandaleuse ou infâmante. J’ai lu des choses bien plus innommables et offensantes envers la littérature (Fifty shades of Grey pour n’en citer qu’un).

On ne peut nier que cette petite farce est divertissante. Un vrai petit plaisir coupable. De plus, sa rédaction part d’une bonne intention : faire connaître l’œuvre aux nouvelles générations.
J’ajouterai que Jane Austen, réputée pour son grand sens de l’humour, aurait sans doute beaucoup ri de cette idée saugrenue de zombies victoriens!

Certes, ça ne vole pas haut, l’auteur se permet de nombreuses libertés avec l’intrigue, et la lecture est un peu ennuyeuse pour qui connaît l’œuvre originale mais, et j’en suis la première surprise : cette histoire de zombies bouffeurs de cervelle m’a permis de me….vider la tête 😉

« Les Contes de l’ombre » de Collectif

2013 Editions Lune Ecarlate

Française Langue française – Format : ePub
Temps de lecture : 2 jours
Note livredeuxétoilessansplus
Synopsis
10 nouvelles dignes des contes noirs du XIXe siècle chers à Edgar Poe.

Des histoires qui vous feront frissonner, des histoires qui vous rappelleront l’enfant que vous étiez il y a encore quelques années, l’être inquiet qui regardait sous son lit de crainte de trouver un monstre. Des contes où les ombres abritent vos peurs les plus profondes.

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Pour cette lecture, je me contenterais d’un mot sur chaque nouvelle et de vous livrer mon top 3 car j’ai trouvé ce recueil très inégal ; beaucoup de textes très moyens mais quelques histoires sympas tout de même.

10 nouvelles dignes des contes noirs du XIXe siècle chers à Edgar Poe.

L’accroche est ambitieuse, la référence à Edgar Poe, audacieuse. Beaucoup trop. Car ces contes de l’ombre sont très loin de pouvoir prétendre rivaliser avec les maîtres de l’horreur de l’époque. Disons-le tout de suite.

Des histoires qui vous feront frissonner, des histoires qui vous rappelleront l’enfant que vous étiez il y a encore quelques années, l’être inquiet qui regardait sous son lit de crainte de trouver un monstre. Des contes où les ombres abritent vos peurs les plus profondes.

Là encore, le résumé prometteur est contredit par la réalité du recueil. Je n’ai pas eu peur ni frissonné une seule fois durant ma lecture. Vous me trouverez sans doute parfois un peu sévère sans doute mais la référence à Edgar Allan Poe m’a beaucoup agacée. Je trouve cela assez présomptueux de se réclamer des grands auteurs de contes noirs du XIXème. Même si je sais que cela fait partie du jeu de l’argument marketing. Mais quand même…On ne touche pas au « Maitre » 😉

Trois-quatre nouvelles sympas à lire sur un total de dix, ça fait une moyenne honorable.

– « Amor in Sempiternum » de Nicolas Saintier

Joliment écrit mais un peu trop romantique à mon goût. Néanmoins, l’ambiance gothique est plutôt bien construite.

– « La Comptine » de Xian Moriarty

Je n’ai pas du tout accroché. Une nouvelle bien brouillonne, bancale avec beaucoup de descriptions inutiles et de longueurs répétitives et tout ça pour une fin très clichée.

– « La plume Noire » de Nicolas Kempf

Ma nouvelle préférée d’entre toutes et la plus réussie pour moi. Une excellente histoire, très bien écrite de surcroît, ce qui ne gâche rien.

– « Le cysgodion » de Gaëlle Dupille

Une nouvelle beaucoup trop longue qui part dans tous les sens, l’intérêt du lecteur peine à être retenu car passé l’entame mystérieuse du récit, le suspense se dilue dans les répétitions et les scènes inutiles. Dommage, l’idée était bonne, son traitement beaucoup moins. Plus courte, plus nerveuse, je pense que la nouvelle aurait été vraiment flippante. Là, je l’ai hélas trouvé plate et trop jeunesse. Une sorte de Chair de Poule de RL Stine, version courte.

– « Le pyramidion » de Frédéric Bouix
Même remarque que pour la nouvelle précédente. Trop long, beaucoup trop long. Une bonne idée narrative (faire raconter l’histoire par le biais d’e-mail échangés entre deux amies d’école) gâchée par un traitement poussif et une histoire dont on désespère de voir le bout. Et, le plus décevant: un happy end de bien mauvais aloi. Sans être sadique, (quoique…), je trouve que tout s’arrange de trop heureuse manière!

– « Le Sauveur » de Catherine Loiseau

Rien que du très classique dans cette nouvelle. Nous somme en terrain connu car le sujet principal de l’intrigue a bien souvent été usité ailleurs. Néanmoins, c’est plutôt bien écrit, l’ambiance du Paris du XIXème siècle est soignée. Une nouvelle qui sans être passionnante ou ébouriffante, n’ennuie pas et se lit agréablement.

« Aliénation » de Fanny Rieubon
Un début intrigant qui part vite en cacahouètes! Cette nouvelle est construite en deux parties : et c’est là que le bât blesse. Car si la première enquête, une traque au fantôme dans une université anglaise très chic est assez sympa dans l’ensemble, la seconde aventure du duo d’amis, ruine cette bonne impression initiale. Pourquoi cette double couche ? La nouvelle aurait très bien pu se clore sur la résolution de cette première énigme. La suite selon moi inutile, je n’ai pas compris ce qu’elle faisait là, était dispensable ou aurait pu faire l’objet d’une autre nouvelle indépendante avec d’autres personnages. Car au final, l’ajout de cet épisode est fortement préjudiciable à l’ensemble. Au point que cette nouvelle se révèle finalement too much. Elle est trop tout pour moi : trop longue, trop diluée, trop clichée, trop déjà-lu et la fin aux effets trop appuyés et démonstratifs en devient, de fait, grotesque.

– « L’Ankou » de Yan Pernel

Ma seconde nouvelle préférée du recueil. Une écriture maitrisée. Un style agréable. Un personnage de shérif, certes caricatural, mais nanti d’une certaine étoffe, d’une certaine profondeur. Quel dommage que l’intrigue ne soit pas plus surprenante et que la chute soit aussi invraisemblable. Pour mou, la fin trop tirée par les cheveux ne fonctionne pas et se devine aisément ! Une nouvelle tout à fait honorable.

– « Le Bruit » de Béatrice Ruffié Lacas

J’ai terminé cette nouvelle, comment dire…dubitative. Elle m’a laissé assez indifférente. Je suis restée extérieure à l’histoire. Une chute inattendue, certes mais qui tombe comme un cheveu sur le ketchup ! Elle ne me laissera que peu de souvenirs.

– « Le Beau Mariage » de Henri Bé
Cette nouvelle figure troisième dans mon top. Certes, elle est prévisible. J’avais notamment deviné la chute dès les premières pages mais une exécution sympathique et une écriture fluide et agréable, font de cette histoire, une lecture plaisante.

En conclusion :

Mon top 3

« La plume Noire » de Nicolas Kempf

« L’Ankou » de Yan Pernel

« Le Beau Mariage » de Henri Bé

Somme toute, les sujets sont peu originaux, les intrigues déjà lues ailleurs, les ficelles grosses et apparentes, les clichés abondants et les chutes, bien peu surprenantes.
Néanmoins, malgré ses défauts et ses maladresses, Les Contes de l’ombre, est un recueil qui, dans l’ensemble, se lit rapidement et sans déplaisir trop prononcé.

[Challenge de Calypso, session « Cœur »] « Les Filles au chocolat, 1, Cœur cerise » de Cathy Cassidy

2014 Éditions Pocket (Jeunesse)
Française Langue française – 288 pages | Traduit par Anne Guitton – Sortie : 6 Mars 2014
Temps de lecture : 1 journée
Note livredeuxétoilessansplus
Synopsis

Cherry, 13 ans, et son père Paddy s’installent en Angleterre chez Charlotte, sa nouvelle compagne qui a quatre filles : Coco, 11 ans ; les jumelles Summer et Skye, 12 ans, et Honey, 14 ans. Cherry est ravie de faire partie d’une famille nombreuse. Mais, à peine arrivée, elle craque bien malgré elle pour Shay, le petit copain de Honey. Voilà qui ne va pas arranger la cohabitation déjà difficile avec Honey, la seule à ne pas accepter l’arrivée de son nouveau beau-père ! Alors que tous participent à la création d’une fabrique artisanale de chocolats, Cherry se retrouve partagée entre l’affection pour ses nouvelles soeurs et le charme irrésistible de Shay…

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Je vous le concède : nous ne sommes point ici en présence de grande littérature mais en cette période estivale, j’avais envie d’une lecture « pas prise de tête ». Autant dire que j’ai été servi avec ce roman jeunesse ! Bon, en même temps vu le titre, la couverture et le résumé, fallait s’attendre à ce que ce soit guimauve, hein !

Étant donné que je m’attendais à lire quelque chose de mauvais, je dois dire que ce roman est «sympa».  Certes, c’est gentillet (pour ne pas dire niais) mais cela se laisse lire malgré un ton consensuel.

Pas de mots compliqués , on évite les sujets qui fâchent et surtout on fait en sorte que tout se finisse bien, évidemment.

Bref, ça se lit facilement, vite, et c’est aussi inoffensif qu’un téléfilm de Disney Channel.

Ci-dessous, un récapitulatif des points à retenir :

Une histoire sirupeuse à souhait, des personnages trop lisses (parfois caricaturaux) et des parents trop « cool » pour être crédibles, si vous voulez mon sentiment.

Une histoire d’amour banale, sans surprises, et légèrement écœurante sur les bords.

Un style inexistant (narration à la première personne du singulier, utilisation du présent, construction grammaticale assez linéaire, vocabulaire simple et limité, répétitions…)

Un ton moralisateur et des bons sentiments en pagaille. Un gros manque de profondeur.

Une fin facile et convenue

En résumé, un livre qui n’est pas honteux (j’ai lu bien pire). Mais même si je l’ai fini (et sans avoir envie de le jeter par la fenêtre), je n’ai pas pour autant l’intention de poursuivre la saga (faut pas non plus pousser mémère dans la barbe à papa, hein !), un tome a largement suffit à faire monter en flèche mon taux de glucose (et comme il y a des antécédents de diabète dans ma famille : mieux vaut être prudente, vous ne croyez pas ?!)

😉

« Trois » de Sarah Lotz

2014 Editions Fleuve Noir
Langue française – 528 pages – Sortie : 22 Mai 2014
Temps de lecture : 2 jours
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Synopsis

Jeudi noir sur la planète. Ce jour-là, quatre avions de ligne s’écrasent aux quatre coins du globe. Troublante coïncidence, d’autant que sur trois des quatre sites de la catastrophe, les secouristes découvrent un rescapé. Chaque fois, il s’agit d’un enfant et chaque fois, sa survie tient du miracle.La presse internationale s’empare de l’événement, il n’est bientôt plus question que des « Trois » et les spéculations à leur sujet vont bon train. Certains fanatiques religieux voient même en eux l’incarnation des cavaliers de l’Apocalypse, à ce détail près qu’ils devraient être quatre… Y aurait-il un quatrième survivant ?Dans le même temps, les familles qui ont recueilli les enfants sont confrontées à des événements étranges. Alors qui sont au juste ces enfants ? Et que veulent-ils ?Un thriller glaçant mené de main de maître par une jeune auteure virtuose.

Un résumé à faire saliver le plus blasé des amateurs de thrillers, un début passionnant qui donne envie d’en savoir plus, quelques scènes angoissantes,  et une auteure possédant un excellent style, vif et incisif…

Ma lecture commençait sous les meilleures auspices possibles…mais au bout d’une cinquantaine de pages : patatras, le désenchantement à commencé à pointer le bout de son vilain nez !
Ah, quelle déception. Car en fait de thriller haletant, nous sommes ici confrontés au roboratif inventaire des témoignages de tous les protagonistes de l’affaire, des principaux, directement impliqués, jusqu’au plus insignifiant témoin extérieur, rassemblés dans un livre fictif par un écrivain qui l’est tout autant.

Original par la diversité des modes narratifs employés et ses incessants changements de point de vue : du témoignage oral aux tweets en passant par les messages audios et vidéos, la narration est prise en charge par une vingtaine de personnages environ dont une dizaine de manière récurrente,  un procédé qui tend à rendre l’intérêt fluctuant, car des personnages se révèlent plus intéressants et attachants que d’autres, ce roman noir fantastique qui n’a de thriller que sa classification fallacieuse, souffre de très nombreuses longueurs. J’ai honte de l’avouer mais je m’ennuyais tellement que je l’ai lu en diagonale à partir du milieu, sautant les parties consacrées aux personnages qui  m’intéressaient moins ou celles (trop présentes) concernant la religion dont l’auteure parle trop à mon goût personnel.
Alors, certes, l’auteure gère brillamment sa narration éclatée, je dirais même de main de maitre tant l’entreprise est ambitieuse et périlleuse, et il est appréciable pour le lecteur de disposer de différents points de vue, mais cela rend tout de même la lecture complexe et alourdit le propos.
Mais sans conteste, c’est la fin du roman qui m’aura le plus déçue; non seulement elle n’apporte aucune conclusion satisfaisante au lecteur, mais surtout  elle est invraisemblable. Elle ne fait que développer sur plusieurs chapitres, une hypothèse déjà évoquée tout au long du roman, théorie que le lecteur aura, de toute façon, échafaudée de lui-même depuis le milieu du roman. Si bien qu’une fois le livre refermé, je me suis dit : À quoi bon lire ce roman jusqu’à la fin ? Puisque l’on a la solution pratiquement 200 pages avant la conclusion ?
Le sentiment qui prédomine chez moi, est donc la déception, et la sensation principale: le regret d’avoir perdu mon temps avec ce roman qui s’annonçait pourtant prometteur.

[Challenge de Calypso, session Club « Club Dumas » d’Arturo Pérez-Reverte

 

 

 

Langue française – 448 pages | Traduit par Jean-Pierre Quijano

Temps de lecture : 3 semaines
Note livredeuxétoilessansplus

Synopsis

Lucas Corso est un détective d’un genre particulier, il est chasseur de livre. Il se voit confier deux missions : d’une part authentifier un manuscrit des ‘Trois mousquetaires’, comme étant de la main même de Dumas, de l’autre, enquêter sur un mystérieux livre de sorcellerie italien du XVe siècle. Sur son chemin, les cadavres s’amoncellent, une mystérieuse jeune femme le protège, des personnages échappés des romans de Dumas l’espionnent. Entre Tolède et Paris, le diable semble mener la danse…

Admirablement documenté, ce roman fait la part belle à l’érudition de son auteur. Oui, mais voilà: on s’ennuie terriblement à le lire. Car l’intrigue (entre ésotérisme et littérature) est lente, poussive, laborieuse, roborative.

Déjà, l’histoire peine à se mettre en place, et ne démarre qu’au bout de cent pages (et encore).

Le roman regorge de détails techniques, de termes barbares que seuls maitrisent, selon moi, les imprimeurs et les bibliophiles collectionneurs. Pour ma part, ce jargon m’a très vite perdue, et j’ai même sauté des pages de longues et lourdes explications.

Reliure, pagination, et massicotage, ne sont guère des sujets passionnants pour un thriller !

En définitive, je suis passée à côté de ce roman, pire, je ne suis jamais parvenue à rentrer dedans.

D’autant plus que la narration est prise en charge de manière singulière, la focale navigue d’un personnage à l’autre. Untel raconte ce que fait et vit Machin, et ainsi de suite… Confusionnant à souhait !

Je m’attendais à autre chose, en fait. À du palpitant, du suspense, quoi. Finalement, je n’ai trouvé que de l’ennui. Et une fin décevante.

Mon premier Perez-Reverte, et j’espère que j’apprécierai davantage les prochains (même si cette prise de contact manquée ne m’incite pas à renouveler le rendez-vous de sitôt!)

 

 

 

 

 

[Masse Critique Babelio] « L’an prochain à Grenade » de Gérard de Cortanze

Éditeur : Albin Michel (2014) 
Temps de lecture : Six jours
Note livredeuxétoilessansplus
Synopsis

Grenade, 31 décembre 1066 : 5000 Juifs sont massacrés en une nuit par une foule musulmane en furie. Parmi les morts, Samuel Ibn Kaprun, chef des armées du vizir, premier ministre, receveur des impôts, pourvoyeur d’esclaves, grand poète et… Juif. Echappent à la tuerie, sa jeune fille Gâlâh et Halim, son amant musulman vite assassiné par les brigades intégristes. Mémoire vivante de son peuple, Gâlâh traverse les siècles. On la retrouve à Séville, à Lisbonne, à Oran, à Constantinople, à Venise, à Treblinka, à Sarajevo, à New-York, à Grenade à nouveau, bien des siècles plus tard, à Paris enfin, devant une école juive, un matin de septembre 2012, où l’attend un tueur prénommé Iblis, nom qui dans le Coran désigne le Diable. L’An prochain à Grenade est un roman d’amour, qui raconte l’idylle entre une jeune femme juive et un poète musulman. Un roman épique, où résonnent les guerres, les pogroms, les soulèvements populaires. Un roman littéraire, qui par son souffle, s’inscrit dans la lignée du Dernier des Justes et de la Mémoire d’Abraham. Un roman politique, car la nuit noire de 1066 résonne d’une façon étrangement actuelle. Un conte philosophique enfin, qui débouche sur une interrogation essentielle : pourquoi l’antisémitisme, pourquoi l’intolérance, pourquoi la haine ? Ce livre fort donne à lire une indispensable méditation sur l’extrême difficulté (impossibilité ?) à faire cohabiter les croyances religieuses, sur le désenchantement d’un monde où les mots de fraternité et de tolérance ont perdu tout sens. Quelle histoire, sinon celle subie par la jeune Gâlâh – mémoire vivante du peuple juif – résume à ce point la noirceur de l’humanité ?

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L’an prochain à Grenade propose une accumulation rébarbative de données historiques,  incessantes énumérations de dates, de noms, de lieux, et de décomptes de morts, sans doute récoltées au prix de recherches poussées, ( je ne nie pas le travail documentaire préparatoire de l’auteur), mais qui souffrent, selon moi, de ne jamais être mis en perspective ou assimilées au sein de l’intrigue. Ce qui est regrettable, car la démarche littéraire de l’auteur en devient artificielle et dénuée de profondeur. Résultat : davantage qu’un roman, j’ai eu l’impression de lire des pages  Wikipédia ou une longue et ennuyeuse prise de notes.

Alors, oui, ce roman est sans doute instructif, mais il laisse le lecteur sur le carreau, incapable de s’émouvoir de ces destinées tragiques, certes, mais narrées de manière trop clinique. Il est d’autant plus difficile de s’attacher aux personnages qu’ils restent souvent en marge des événements, en tant que simples spectateurs des horreurs commises au nom de la religion, toujours dans la fuite, jamais dans l’action.

De plus, l’auteur privilégiant les faits historiques, au détriment des personnages, ceux-ci apparaissent peu travaillés, sorte d’ombres chinoises qui s’agitent derrière l’écran de fumée que se contente d’être l’intrigue du roman, marionnettes érigées en cautions historiques, dont l’auteur tire les ficelles lorsque cela sert son propos ou sa démonstration.

Le style est au diapason et oscille entre descriptions poétiques et écriture factuelle. Combien de phrases qui commencent par Mais, Tandis, Et… ? Trop de coordinations qui, certes, apportent du rythme en favorisant les phrases courtes, mais accentuent cet aspect administratif du texte. Combien de fois, au cours de ma lecture, me suis-je sentie ainsi noyée sous la masse d’informations dispensées ? Quasiment à chaque page. Ce qui entre nous nuit beaucoup au plaisir de lecture. Autant dire que j’ai failli abandonner la lecture de ce pensum à plusieurs reprises.

Bref, l’auteur aurait peut être gagné à vulgariser, quelque peu, son propos. Rare sera le lecteur, je pense, à posséder le bagage théologique nécessaire a la
bonne compréhension du récit.

Á mes yeux, une lecture roborative qui, hélas, tourne vite à l’indigeste.

[Masse Critique Babelio] « La femme d’un homme » d’A.S.A Harrison


Editeur : Le Livre de Poche (15 janvier 2014)

Collection :Policier / Thriller

ISBN : 225317890X 336 pages

Langue : Français

Temps de lecture : 2 jours

Note livredeuxétoilessansplus

Synopsis

JUSQU’OÙ IRA-T-ELLE POUR ÊTRE LA SEULE FEMME DE SON HOMME ?Elle c’est Jodi. Lui c’est Todd. Elle est une femme d’intérieur idéale et une psy de renom. Il a le charisme et la gloire de ceux qui réussissent. Elle l’aime aveuglément. Il la trompe allégrement. Elle et lui forment le couple parfait, en surface. Mais les apparences peuvent-elles longtemps rester trompeuses ?Thriller psychologique à la Gillian Flynn (Les Apparences), La Femme d’un homme a connu un succès phénoménal aux États-Unis. D’origine canadienne, A.S.A. Harrison n’aura malheureusement pas savouré son succès, décédée quelques semaines avant la parution de son premier roman. La Femme d’un homme est en passe d’être publié dans le monde entier.Ce livre m’a laissé presque sans souffle alors que je me précipitais vers la fin dévastatrice. S. J. Watson.
L’actrice Nicole Kidman produira l’adaptation sur nos écrans de La Femme d’un homme dans lequel elle jouera le rôle de Jodi.Le bestseller de l’été 2013 aux États-Unis.

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Merci à Babelio et au Livre de Poche pour m’avoir donné l’occasion de découvrir ce roman en exclusivité et m’avoir offert l’opportunité de découvrir une nouvelle auteure.

La parenté avec Les Apparences de G. Flynn semble indiscutable… sur le papier, du moins. Car à la lecture, cela parait beaucoup moins évident. En réalité, cette comparaison est surtout un handicap, et un de taille car elle porte un préjudice indéniable au roman de ASA Harrison.
 Car si comme le proclame la quatrième de couverture, ceux qui ont aimé Les Apparences aimeront La Femme d’un homme, c’est plutôt l’inverse qui se produit : par comparaison La femme d’un homme est rabaissé au rang de parent pauvre, de pâle copie voire d’œuvre anecdotique.

Je prendrais le contre-pied de l’accroche en disant donc que si vous avait aimé comme moi Les Apparences, vous ne prendrez que peu de plaisir à la lecture de La Femme d’un homme, un roman bien fade.

L’histoire, mille fois vue et revue, n’a aucune once d’originalité. Verbeuse, elle ennuie. Il faut attendre la page 100 pour qu’il se passe enfin quelque chose.

Les personnages sont repoussants. Aucune empathie n’est possible ni pour l’un ni l’autre. Todd est certes pire que Jodi mais les deux sont des personnages antipathiques qui se complaisent dans leurs problèmes, que bien souvent, ils créent par leurs seules fautes.

Todd est un imbécile misogyne, veule, menteur, lâche et geignard qui se cherche des excuses, sans jamais chercher à se remettre en question ou questionner son attitude ou ses erreurs. Infidèle et dissimulateur (pensez donc, il ne veut pas perdre bobonne alias Jodi. Jodi), il est l’époux de Jodi, une femme faible, froide et méprisante, qui prend les gens avec hauteur et qui manque de caractère. Jodi est l’archétype de la femme au foyer parfaite, la petite bourgeoise aux petits soins pour son macho de mari, (salaud de mari ?), la desesperate housewife dans tous ses poncifs, la femme trompée depuis des années qui sait, et ferme les yeux, pour ne pas perdre sa situation, son confort matériel et son rassurant train-train quotidien.

Les clichés sociétaux et comportementaux affluent dans cette chronique pseudo-inspirée de la middle-class americaine et des problèmes conjugaux que rencontrent les couples qui dépassent les quinze voir vingt ans de mariage.

C’est long, c’est lent, c’est plat et au final, très ennuyeux. Il n’y a guère de suspense. ASA Harrison n’a pas la plume acérée et insolente de G. Flynn, son écriture au cordeau, ses trouvailles visuelles, sa poésie vitriolée pas plus que son ironie, ou son sens du sarcasme. Ce roman est trop propre sur lui. Immaculé et amidonné comme un tablier autour des hanches parfaites de Jodi.

C’est un roman qui voudrait se bâtir une réputation sur le dos d’un roman vivement remarqué, mais qui échoue, à exister par lui-même.
Je me suis fait violence pour le terminer tant je trouvais le récit poussif et laborieux et tant les personnages me sortaient par les yeux.

Seule la fin apporte un peu de noirceur et d’enjeu à l’ensemble, mais j’envie de dire « trop tard, bien trop tard »…

G. Flynn peut dormir sur ses deux oreilles, ses Apparences sont loin d’être détrônées, encore moins concurrencées.