Catégorie: Thriller

« La fille du train » de Paula Hawkins

Couverture La fille du train

2015 Editions Sonatine

Française Langue française – 378 pages – Sortie : 7 Mai 2015

Ma note 4étoiles-trèsbonmais

Synopsis

Depuis la banlieue où elle habite, Rachel prend le train deux fois par jour pour aller à Londres. Le 8 h 04 le matin, le 17 h 56 l’après-midi. Chaque jour elle est assise à la même place et chaque jour elle observe, lors d’un arrêt, une jolie maison en contrebas de la voie ferrée. Cette maison, elle la connaît par cœur, elle a même donné un nom à ses occupants qu’elle voit derrière la vitre. Pour elle, ils sont Jason et Jess. Un couple qu’elle imagine parfait, heureux, comme Rachel a pu l’être par le passé avec son mari, avant qu’il ne la trompe, avant qu’il ne la quitte. Rien d’exceptionnel, non, juste un couple qui s’aime. Jusqu’à ce matin où Rachel voit un autre homme que Jason à la fenêtre. Que se passe-t-il ? Jess tromperait-elle son mari ? Rachel, bouleversée de voir ainsi son couple modèle risquer de se désintégrer comme le sien, décide d’en savoir plus sur Jess et Jason. Quelques jours plus tard, c’est avec stupeur qu’elle découvre la photo de Jess à la une des journaux. La jeune femme, de son vrai nom Megan Hipwell, a mystérieusement disparu…

Mon avis

Un peu de peine à embarquer à bord du train à cause de la triple narration alternée. Mais une fois dedans, ce thriller est impossible à lâcher.

Un thriller qui vaut plus pour ses personnages que pour son intrigue assez basique. L’héroïne principale est attachante.

En revanche, j’ai deviné le coupable trop tôt dans l’histoire. Dommage. Mais j’ai bien aimé tout de même.

15/20.

« Les innocents » de Robert Pobi

2015 Editions Sonatine (Thriller/Policier)

Française Langue française – 448 pages | Traduit par Arnaud Baignot – Sortie : 17 Septembre 2014

Synopsis

D’un tempérament impétueux, souvent borderline, Alexandra Hemingway, inspectrice à la section des homicides violents à New York, a l’habitude des enquêtes difficiles. Totalement impliquée dans son métier, elle n’hésite pas à prendre tous les risques. Son visage, refait, marqué par de multiples cicatrices, est là pour le prouver. Le jour où l’on retrouve dans l’East river le corps d’un enfant dont les pieds ont été sectionnés, l’affaire s’annonce particulièrement délicate. D’autant plus que la presse n’hésite pas à consacrer ses gros titres à ce genre de meurtre et à venir perturber les investigations. Lorsqu’un autre enfant est enlevé, la panique gagne Manhattan. Panique d’autant plus justifiée que le prédateur à l’œuvre est l’une des figures du mal les pires qui soient. Habituée aux noirceurs les plus effroyables de l’âme humaine, Alexandra pensait avoir tout vu. Elle n’avait pas connu le pire.

Ma note : 3étoilesbon

Mon avis

Très déçue encore une fois par Robert Pobi ! Tout comme pour le précédent roman de Pobi, L’invisible, j’ai tout deviné (identité du coupable, mobile, modus operandi…) bien avant la fin. Les thrillers de Pobi ne sont décidément pas pour moi (je dois avoir le même esprit tordu que l’auteur car je devine tous les rebondissements de l’intrigue bien à l’avance). Dommage, l’héroïne était pourtant sympa, je l’ai bien aimé..

« Tout ce qu’on ne s’est jamais dit » de Celeste Ng

 

ISBN : 2355843678
Éditeur : Sonatine (2016)

Langue française – 300 pages – Sortie : Mars 2016

Note 4étoiles-trèsbonmais

Synopsis

Lydia Lee, seize ans, est morte. Mais sa famille l’ignore encore… Élève modèle, ses parents ont placé en elle tous leurs espoirs. Sa mère, Marylin, femme au foyer, rêve que sa fille fasse les études de médecine qu’elle n’a pas pu accomplir. Son père, James, professeur d’université d’origine chinoise, a tant souffert de sa différence qu’il a hâte de la retrouver parfaitement intégrée sur le campus. Mais le corps de Lydia gît au fond d’un lac. Accident, meurtre ou suicide ? Lorsque l’adolescente est retrouvée, la famille Lee, en apparence si soudée, va devoir affronter ses secrets les mieux gardés.
Des secrets si longtemps enfouis qu’au fil du temps ils ont imperceptiblement éloigné ses membres, creusant des failles qui ne pourront sans doute jamais être comblées. Bien sûr, Tout ce qu’on ne s’est jamais dit distille un suspense d’une rare efficacité. Mais ce livre qu’on garde en soi très longtemps est bien plus que cela. Celeste Ng aborde la violence de la dynamique familiale, les difficultés de communication, le malaise adolescent, avec une intensité exceptionnelle qui évoque l’univers de Laura Kasischke.
En distinguant cette œuvre envoûtante comme l’un des meilleurs romans de l’année, les critiques anglo-saxons ont salué la naissance d’un écrivain majeur et fait le succès du livre, vendu à plus d’un million d’exemplaires.

Mon avis

Un énorme merci à Sonatine pour leur confiance qui m’honore (et pour tous les superbes thrillers et les nouveaux auteurs découverts grâce à eux au cours des dernières années passées) ainsi qu’à Babelio pour m’avoir proposé ce partenariat privilégié que j’ai beaucoup apprécié.

Pour un premier roman, Tout ce qu’on ne s’est jamais dit est déconcertant de maîtrise : maturité de l’écriture, intelligence des dialogues, justesse psychologique, personnages brillamment construits…
Son originalité repose sur le fait que Celeste Ng nous emmène explorer le passé des protagonistes principaux pour mieux découvrir la vérité sur ce qui s’est passé cette fameuse nuit où Lydia a quitté silencieusement la maison. Avec posées en filigrane ces questions obsédantes :  Le désespoir est-il forcément héréditaire ? Jusqu’où doit-on pousser nos enfants à réussir leur scolarité et leur vie ? Où commence le vivre par procuration ? Jusqu’où peut-on se réaliser à travers ses enfants lorsqu’on pense avoir raté sa vie ? Pour quelles conséquences ?
Car au fond, il importe moins dans ce roman de découvrir ce qui est arrivé à la jeune Lydia que les circonstances qui ont formé le drame. C’est pourquoi, même si nous brûlons de découvrir le fin mot du mystère de la mort de la jeune fille (accident, suicide, meurtre ?), le cheminement pour y parvenir est tout aussi passionnant à suivre que la résolution de l’énigme en elle-même. Et ce, d’autant plus que les personnages, sont l’un des points forts principaux du roman.  Des personnages humains donc imparfaits mais très attachants malgré eux et leurs défauts. Ils m’ont tous touché chacun à leur façon, agacés ou déçus parfois. Mais jamais ne m’ont laissé indifférente.
Tout ce qu’on ne s’est jamais dit est un roman troublant qui interroge et prend á parti son lecteur. Comme pour dire : Voyez qui sont ces gens, voyez ce qu’ils ont affronté et voici ce qu’ils sont devenu. Et vous ? Qu’auriez-vous fait à leur place ?
A sa manière bien particulière, Tout ce qu’on ne s’est jamais dit de Celeste Ng se lit comme un véritable page-turner. Certes, ce très bon roman noir ne vous donnera pas forcément envie de passer une nuit blanche pour le terminer mais pour autant, une fois totalement immergé dans l’histoire, vous n’aurez pas envie de le reposer tant l’auteure parvient à nous maintenir en haleine tout du long, nous donnant envie d’en apprendre toujours davantage sur cette famille Lee, en apparence si tranquille.
La famille est une tragédie écrite par les parents et jouée par les enfants, dit-on. Peut-être est-ce vrai ? Du moins est-ce ce que l’on ne peut s’empêcher de penser en tournant la dernière page de ce très bon roman noir qu’est Tout ce qu’on ne s’est jamais dit de Celeste Ng. Une Laura Kasischke (auteure que j’adore) en devenir. En tout cas, c’est tout le mal qu’on peut lui souhaiter.

Pig Island de Mo Hayder

 

2008 Editions Pocket

Française Langue française – 471 pages

Temps de lecture : 6 jours

Note 4étoiles-trèsbonmais

Synopsis

Joe Oakes est journaliste et gagne sa vie en démystifiant les prétendus phénomènes paranormaux. En débarquant sur Pig Island, îlot perdu au large de l’Ecosse, il est fermement décidé à vérifier si la trentaine d’allumés qui y vivent en vase clos vénèrent le diable comme les en accusent les gens de la côte. Et, surtout, il veut tordre le cou au mythe du monstre qui aurait élu domicile sur l’île, une mystérieuse créature filmée deux ans plus tôt par un touriste à moitié ivre. Mais rien, strictement rien ne se passe comme prévu. Joe est confronté à des événements si atroces qu’ils bouleversent à jamais son idée de la peur et du mal…

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Un style percutant, une intrigue glauque, une ambiance sombre, une sensation de malaise latente, un thème délicat et casse-gueule (les sectes et le fanatisme religieux vu à travers le prisme des prédicateurs itinérants),  des scènes d’un réalisme cru, une construction originale et complexe… c’est du Mo Hayder, quoi….

Plus profond et torturé que Fétiches mais bien inférieur à Tokyo, Pig Island est un bon thriller malgré sa longueur qui provoque un certain ennui et ses nombreux temps morts.

Pig Island se démarque avant tout par son ambiance sombre  flirtant étroitement avec l’épouvante, sa construction originale où intrigues et sous-intrigues s’emboîtent à la manière d’une poupée russe (quand un arc narratif s’achève, une nouvelle sous-intrigue inattendue fait son apparition pour nous surprendre à nouveau jusqu’au rebondissement final (que j’avais deviné, hélas pour moi) et son ton cru et réaliste (sang, tripes, excréments, rien n’est épargné au lecteur).

Malgré le plaisir pris à sa lecture, à l’arrivée Pig Island constitue donc pour moi une petite déception. Mes attentes étaient certainement trop grandes.

Un thriller à lire toutefois si on est amateur du genre, même s’il n’est pas exempt de défauts et n’est pas l’œuvre la plus réussie de Mo Hayder.

[Masse critique Babelio] « Viscères » de Mo Hayder

2015 Éditions Presses de la Cité (Sang d’encre)

Française Langue française – 441 pages – Sortie : 15 Janvier 2015

Temps de lecture : 4 jours

Note 4étoiles-trèsbonmais

Synopsis

Il y a quinze ans, deux amoureux ont été retrouvés sauvagement éviscérés dans le bois attenant à la maison de campagne des Anchor-Ferrers. Le principal suspect, qui a avoué les crimes, est depuis sous les verrous. Mais aujourd’hui, alors que Oliver, Matilda et leur fille, Lucia, n’ont pas oublié cette découverte macabre, l’histoire se répète, plongeant la famille dans la terreur.

En grand peintre de l’angoisse, Mo Hayder nous livre une série de tableaux sanglants, dans lesquels le commissaire Jack Caffery, toujours hanté par la disparition de son jeune frère, est plus vulnérable que jamais.

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Merci à Babelio et aux éditions Presses de la cité pour leur confiance.

Le moins que l’on puisse dire, c’est que le titre et la photo de couverture, attirent immanquablement l’œil.

De l’auteure britannique, Mo Hayder, j’avais lu et adoré Tokyo (un petit bijou, pas loin du chef-d’œuvre). Avant de commencer Viscères, j’avais tenu à me replonger dans l’univers unique de la romancière, histoire de renouer avec son écriture si particulière en me lançant dans une lecture sans cesse repoussée en bas de ma pile à livres, Pig Island (une lecture sympa mais décevante en regard de l’excellent Tokyo).
J’attaquais par conséquent ma lecture de Viscères avec enthousiasme et beaucoup d’attentes.

Le début est déjà un morceau de bravoure à lui seul. De par l’ambiance oppressante qu’il parvint à installer dès les premières pages. Haletant, intrigant, il ferre magistralement le lecteur, et lui donne envie de poursuivre sa lecture d’une seule traite.

L’ambiance est d’ailleurs l’un des points névralgiques de Viscères. Elle est très réussie, à la fois angoissante et mystérieuse.

Comme toujours chez Mo Hayder, un soin très particulier est apporté à la construction de l’intrigue. Cette construction par paliers, ce crescendo narratif, c’est  la marque de fabrique de l’auteur britannique. Ça et l’extrême originalité de ses scénarios toujours machiavéliques, souvent loin des sentiers battus.

En outre, l’alternance des points de vue des différents personnages, de l’inspecteur Caffery (qui me devient de plus en plus sympathique) aux victimes en passant par les criminels, apportent indéniablement une dimension supplémentaire au récit.

L’identification aux personnages s’opère sans difficulté, l’auteure sait comment nous les rendre proches, et quoiqu’ils ne soient pas les personnages les plus attachants qui soient, le lecteur ne pourra que se sentir concerné par leur sort peu enviable. C’est donc en toute logique que j’ai bien souvent eu peur pour eux, peur de ce qu’on allait leur infliger.

Le synopsis, s’il n’est pas cent pour cent neuf, possède somme toute une certaine originalité.
En plus de la trame principale, d’autres sous-intrigues parallèles a priori sans ramifications entre elles (du moins le croit-on), sous-tendent l’ensemble du récit. On est d’ailleurs impatient de parvenir à l’épilogue de Viscères pour découvrir par quel habile tour de passe-passe, l’auteure réussira à tisser les différents fils narratifs entre eux pour amener sa conclusion.

Et c’est peut-être là où le bât blesse un peu : les ficelles qui font avancer l’histoire sont tout de même un peu « grosses » pour être totalement crédibles. Le hasard fait trop bien les choses et les rencontres « fortuites’ de l’inspecteur Caffery avec des témoins-clés de l’affaire, juste au moment où son enquête se met à piétiner paraissent tombées un peu trop à point nommé.  J’ai eu une sensation d’artificialité.

Chose rare dans les thrillers d’ordinaire, les méchants ont une vraie épaisseur et Mo Hayder nous donne le temps (et l’opportunité) d’apprendre à les découvrir, à les connaître (notamment leur passé, leurs motivations et leurs personnalités) en nous livrant accès à leurs esprits et à leurs pensées. Par ailleurs, grâce à un subtil basculement de point de vue, opéré par Mo Hayder  à la moitié du roman, nous quittons la compagnie des victimes pour celle des coupables, sans que l’intrigue n’en perde pour autant en intérêt. C’est un beau tour de force !
Pour conclure, je dirais que ce qui est passionnant dans Viscères, c’est que rien ni personne n’est réellement ce qu’il semble être de prime abord, ce qui nous offre de belles surprises et une conclusion inattendue.

Dans l’ensemble, je n’ai pas été déçue, c’est du très bon Mo Hayder et j’ai retrouvé dans Viscères, tout ce qui me séduit chez cette romancière. L’écriture nerveuse, précise et organique, l’originalité des intrigues, le soin apporté à la construction scénaristique (ici avec un ingénieux glissement de focale parfaitement exécuté), les rebondissements inattendus….

En résumé, Viscères a su me tenir en haleine, en dépit de quelques petites longueurs, et même s’il ne m’a pas coupé le souffle comme Tokyo, j’ai éprouvé des émotions fortes pendant ma lecture.

Je ne sais pas s’il deviendra un classique du suspense comme l’on dit certains critiques américains mais le fait est que l’on passe un très bon moment de lecture en sa compagnie…. Je recommande sa lecture aux amateurs de frissons comme aux aficionados des romans à tiroir où le jeu des apparences est érigé au rang d’art majeur.

[Challenge de Calypso, session « sans » ] « Sans faille » de Valentin Musso

 

2014 Editions Seuil

Française Langue française – 336 pages – Sortie : 6 Mars 2014

Temps de lecture
Note 3étoilesbon
Synopsis
Ils sont cinq. Cinq amis, la trentaine, qui se retrouvent après plusieurs années pour une randonnée dans les Pyrénées, le temps d’un week-end. Leur hôte, c’est Romuald, le gamin des cités à qui tout a réussi, et qui a invité Théo, Dorothée, David et Juliette dans son luxueux chalet. Mais connaît-il la montagne aussi bien qu’il l’a laissé croire? Le groupe s’égare, d’anciennes inimitiés ressurgissent, les secrets de chacun se font jour. Jusqu’au drame. Impensable. Imprévisible? C’est du moins ce qu’il croient, au début…

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Sur une trame on ne peut plus classique et codifiée de survivor en milieu naturel hostile et un synopsis des plus galvaudé : une sortie en montagne entre 5 amis plus ou plus proches mais que la vie a éloignée  qui tourne au huit-clos paranoïaque, on a déjà lu tellement de livres et visionné de film.
Autant le dire, Sans Faille ne révolutionne en rien le genre du thriller et quand les portables se mettent à ne plus fonctionner, faute de réseau à capter, l’histoire devient carrément téléphonée.

Toutefois, puis-je dire que je n’ai pas aimé ce roman ? Ce serait être malhonnête. Car dans l’ensemble, j’ai passé un moment de lecture plutôt sympa. D’accord, c’est du déjà-vu, mais Valentin Musso est un auteur malin qui sait y faire pour tenir son lecteur en haleine. Ici, il construit son intrigue de telle manière, notamment en multipliant les allers-retours entre passé et présent, que le lecteur fait l’effort. Il s’accroche malgré les nombreuses longueurs. Pourquoi? Mais parce qu’un mystère plane autour des relations passées entre les deux personnages masculins principaux. On devine dès le début qu’un drame s’est produit entre les deux anciens amis.

De ce drame, V. Musso ne nous dit rien ou presque, sinon quelques bribes pour nous hameçonner dans les premières pages. Appâté, pour ne pas dire ferré, le lecteur ne peut faire autrement que de continuer à dérouler la bobine. Car le mystère en question, dont les grandes lignes se dévoilent par à -coups tels des coups de piolet dans la roche, ne trouvera sa justification qu’à une trentaine de pages de la fin. Une fin, par ailleurs, très décevante et confuse que je crains de ne pas avoir saisie.

Remarquablement bien écrit pour un thriller (c’est suffisamment rare pour être signalé. Le genre ne se prête guère à une écriture recherchée), Sans Faille offre un moment d’évasion au lecteur mais s’auto-annihile par une mauvaise fin (que j’essaie encore de comprendre. Si vous l’avez comprise : faites-moi un petit topo dans les commentaires 😉 Merci d’avance !)… Dommage donc, car le lecteur ressort extrêmement frustré de cette histoire !

Du même auteur, j’avais davantage apprécié :

Les Cendres Froides

et surtout

Le Murmure de l’Ogre

 lechallengedecalypspo

« La Chambre ardente » de John Dickson Carr

2003 Éditions Le Masque

Française Langue française – 254 pages | Traduit par Maurice Bernard Endrêbe

Temps de lecture : 2 jours

Note 3étoilesbon

Synopsis

Gastro-entérite ou arsenic? Pour en avoir le cœur net, il n’y a qu’une solution : exhumer le corps. Ce qui n’est pas une mince affaire. Car le cercueil de Miles Despard a été descendu dans le caveau familial et pour y accéder, il faut ôter quelques mètres carrés de dallage cimenté, déblayer une couche de terre et de gravier, puis soulever la grande dalle de l’entrée qui pèse bien une demi tonne. Bref, de quoi donner de l’ouvrage à plusieurs hommes armés de leviers, de pies et de pelles. Et pour quel résultat! Dans sa niche, le cercueil de bois tout neuf est vide. Faut-il en conclure qu’ils ne rêvent pas, ceux qui croient voir rôder le vieux Miles, à la nuit tombée?

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John Dickson Carr, que je ne connaissais pas il y a encore un mois, est considéré comme le maître du meurtre en chambre close. J’ai longtemps cru que cette lecture se signalerait à mes yeux en se révélant être un gros coup de cœur… Hélas, ce ne fut finalement pas le cas….

Bien qu’un peu datée (le roman date des années 30), l’écriture de J. Dickson Carr est soignée (si l’on excepte les nombreuses redites) et agréable à lire. Les personnages possèdent assez d’épaisseur pour nous convaincre et le mystère parvient à nous intriguer sans difficulté.

Avec pour toile de fond la sorcellerie du 17ème siècle  (particulièrement le procès de la Brinvilliers), l’intrigue se déroule de manière assez lente et contemplative, sur une trame classique à la Agatha Christie. L’enquête avance doucement par l’entremise des témoignages des différents protagonistes de l’histoire.  Ce n’est pas, par conséquent, un thriller placé sous haute tension même si certains chapitres se concluent sur de mini-rebondissements qui relancent l’intérêt du lecteur.

Un thriller brillant sur les 3/4 de l’intrigue qui se décrédibilise par une fin ultra-décevante (L’intérêt des meurtres en chambre close ne réside-t-il pas UNIQUEMENT dans la résolution finale de l’énigme ?)

Je ressors très mitigée de cette lecture. Elle m’a tenue en haleine pendant presque deux cent pages avant de me frustrer avec une fin bancale.

En résumé : Un bon policier, bien écrit et prenant, mais dont la fin qui trop hésite entre rationalité pure et surnaturel ne m’a pas convaincue du tout.

Dans le genre du meurtre impossible ou du meurtre en chambre close, un conseil : Préférez Le Mystère de la chambre jaune de Gaston Leroux, bien supérieur à La Chambre ardente.

Attendu que La Chambre ardente semble être considéré comme le meilleur roman de l’auteur, je n’ai pas encore décidé, si j’en lirai un autre….