Catégorie: Achats

Pig Island de Mo Hayder

 

2008 Editions Pocket

Française Langue française – 471 pages

Temps de lecture : 6 jours

Note 4étoiles-trèsbonmais

Synopsis

Joe Oakes est journaliste et gagne sa vie en démystifiant les prétendus phénomènes paranormaux. En débarquant sur Pig Island, îlot perdu au large de l’Ecosse, il est fermement décidé à vérifier si la trentaine d’allumés qui y vivent en vase clos vénèrent le diable comme les en accusent les gens de la côte. Et, surtout, il veut tordre le cou au mythe du monstre qui aurait élu domicile sur l’île, une mystérieuse créature filmée deux ans plus tôt par un touriste à moitié ivre. Mais rien, strictement rien ne se passe comme prévu. Joe est confronté à des événements si atroces qu’ils bouleversent à jamais son idée de la peur et du mal…

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Un style percutant, une intrigue glauque, une ambiance sombre, une sensation de malaise latente, un thème délicat et casse-gueule (les sectes et le fanatisme religieux vu à travers le prisme des prédicateurs itinérants),  des scènes d’un réalisme cru, une construction originale et complexe… c’est du Mo Hayder, quoi….

Plus profond et torturé que Fétiches mais bien inférieur à Tokyo, Pig Island est un bon thriller malgré sa longueur qui provoque un certain ennui et ses nombreux temps morts.

Pig Island se démarque avant tout par son ambiance sombre  flirtant étroitement avec l’épouvante, sa construction originale où intrigues et sous-intrigues s’emboîtent à la manière d’une poupée russe (quand un arc narratif s’achève, une nouvelle sous-intrigue inattendue fait son apparition pour nous surprendre à nouveau jusqu’au rebondissement final (que j’avais deviné, hélas pour moi) et son ton cru et réaliste (sang, tripes, excréments, rien n’est épargné au lecteur).

Malgré le plaisir pris à sa lecture, à l’arrivée Pig Island constitue donc pour moi une petite déception. Mes attentes étaient certainement trop grandes.

Un thriller à lire toutefois si on est amateur du genre, même s’il n’est pas exempt de défauts et n’est pas l’œuvre la plus réussie de Mo Hayder.

« Cher Mr Darcy » d’Amanda Grange



2013 Editions Milady

Française Langue française – 408 pages
Temps de lecture :
Note

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Synopsis

Amanda Grange nous offre une version épistolaire du classique de Jane Austen : Orgueil et Préjugés. Pemberley et Longbourn sont décrits à travers le point de vue des différents personnages, mais plus particulièrement à travers celui du romantique Mr Darcy. Une série de lettres nous dévoile comment ce dernier surmonte son chagrin après la mort de son père bien-aimé ; comment il va gérer ses affaires le liant au scandaleux Mr Wickham et comment il va tomber amoureux de la spirituelle Elizabeth Bennet.

D’Amanda Grange, j’avais précédemment lu et apprécié Le Journal de Mr Darcy. J’ai, par conséquent, récidivée avec ce nouvel opus épistolaire. Tout à fait consciente, par ailleurs, que les critiques étaient assez médiocres. Toutefois, me sachant souvent (pour ne pas dire toujours) à contrecourant de l’opinion générale, je ne pouvais m’empêcher de continuer à espérer une bonne surprise ou tout au plus, une lecture agréable.

Et vous savez quoi ? J’ai très bien fait ! Car contre toute attente, même s’il n’égale pas à mes yeux Le Journal de Mr Darcy, j’ai passé un moment de lecture très divertissant avec ce roman. J’ai souri, j’ai ri. Le personnage de Mary Bennet est particulièrement savoureux, Wickham encore plus vil, et Mr Darcy, très touchant lorsqu’il se livre sur ses sentiments.
Ce n’est pas de la grande littérature, c’est certain. Mais malgré quelques maladresses de style et les facilités du scénario, c’est loin d’être le mauvais roman que l’on affirme. Et quoique les ficelles utilisées soient un peu grosses et les personnages parfois un peu dénaturés, j’ai aimé que A Grange prenne sa plume (agréable à lire) pour tisser la trame imaginaire des coulisses d’une histoire que je connais pourtant par coeur.
J’ai adoré pénétrer l’envers des décors, jouer à saute-mouton entre les pensées des différents protagonistes. Grâce à l’adjonction de nouveaux personnages, absents de l’oeuvre originale (ou à peine évoqués par Miss Austen), Amanda Grange apporte une indéniable plus – value au roman.

Orgueil & Préjugés et Zombies de Seth Grahame-Smith & Jane Austen


2014 Editions Pocket

Française Langue française – 349 pages | Traduit par Laurent Bury – Sortie : 9 Janvier 2014
Temps de lecture : 5 jours

Note **

Synopsis

Pour la famille Bennet, qui compte cinq filles à marier, l’arrivée de deux jeunes et riches célibataires dans le voisinage est une aubaine: enfin, des cœurs à prendre, et des bras supplémentaires pour repousser les zombies qui prolifèrent dans la région ! Mais le sombre Mr Darcy saura-t-il vaincre le mépris d’Elizabeth, et son ardeur au combat ? Les innommables auront-ils raison de l’entraînement des demoiselles Bennet? Les sœurs de Mr Bingley parviendront-elles à le dissuader de déclarer ses sentiments à Jane? Surtout, le chef-d’œuvre de Jane Austen peut-il survivre à une attaque de morts-vivants ?

La sortie de l’adaptation ciné m’a donné envie de lire cette réécriture très décriée sur la blogosphère (et ailleurs) même si, pour être honnête, ni la couverture et encore moins le résumé, ne m’attiraient vraiment.

Les critiques sont assez virulentes envers ce livre. Je le serai un peu moins. Cette réécriture de l’œuvre culte est une pochade, pas très finaude, j’en conviens tout à fait, qui assume sa médiocrité de ton et son mauvais goût et n’a d’autre but que d’amuser. Un texte pour rire qui ne se prend pas au sérieux. Il faut le lire comme tel, et l’on se surprendra à sourire parfois…Car c’est parfois tellement mauvais que c’en est drôle ! Certaines scènes atteignent le comble du ridicule et tous les personnages sont tournés en dérision, au moins une fois au cours de l’intrigue. J’en veux pour preuve le personnage d’Elizabeth Bennet, si éloignée des fondamentaux de l’original, qu’on ne la reconnaît pas du tout. Et ne parlons pas de Lady Catherine de Bourgh, la tueuse émérite de Zombies (!) C’est pour le moins déroutant.

Néanmoins, moi qui m’attendais à détester ce roman, je me suis surprise à trouver cette réécriture assez sympa dans l’ensemble. Pourquoi, vous étonnerez-vous ? Certainement parce que je n’avais aucune attente particulière en le commençant. En fait, je pensais même que ce serait beaucoup plus nul que ça ne l’est en réalité. Certains passages sont amusants, les clins d’œil savoureux. L’humour (potache) naît du décalage entre l’époque victorienne si attachée aux règles de bienséance et le désordre inconvenant qu’y sème ces affreux zombies.
Mais ce qui rachète véritablement ce roman imparfait à mes yeux, c’est son auto-dérision assumée. Il ne se prend pas du tout au sérieux, pas plus que l’auteur. Ce qui rend cette réécriture attachante. On a l’impression de lire un hommage facétieux, irrévérencieux et maladroit.

Pour apprécier ce roman, je crois qu’il faut posséder une bonne dose de recul, de détachement mais SURTOUT énormément de second degré. C’est le meilleur moyen de ne pas être déçue. En ce qui me concerne, bien qu’inconditionnelle de Jane Austen, je ne considère pas cette réécriture comme scandaleuse ou infâmante. J’ai lu des choses bien plus innommables et offensantes envers la littérature (Fifty shades of Grey pour n’en citer qu’un).

On ne peut nier que cette petite farce est divertissante. Un vrai petit plaisir coupable. De plus, sa rédaction part d’une bonne intention : faire connaître l’œuvre aux nouvelles générations.
J’ajouterai que Jane Austen, réputée pour son grand sens de l’humour, aurait sans doute beaucoup ri de cette idée saugrenue de zombies victoriens!

Certes, ça ne vole pas haut, l’auteur se permet de nombreuses libertés avec l’intrigue, et la lecture est un peu ennuyeuse pour qui connaît l’œuvre originale mais, et j’en suis la première surprise : cette histoire de zombies bouffeurs de cervelle m’a permis de me….vider la tête 😉

[Challenge de Calypso, session « sans » ] « Sans faille » de Valentin Musso

 

2014 Editions Seuil

Française Langue française – 336 pages – Sortie : 6 Mars 2014

Temps de lecture
Note 3étoilesbon
Synopsis
Ils sont cinq. Cinq amis, la trentaine, qui se retrouvent après plusieurs années pour une randonnée dans les Pyrénées, le temps d’un week-end. Leur hôte, c’est Romuald, le gamin des cités à qui tout a réussi, et qui a invité Théo, Dorothée, David et Juliette dans son luxueux chalet. Mais connaît-il la montagne aussi bien qu’il l’a laissé croire? Le groupe s’égare, d’anciennes inimitiés ressurgissent, les secrets de chacun se font jour. Jusqu’au drame. Impensable. Imprévisible? C’est du moins ce qu’il croient, au début…

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Sur une trame on ne peut plus classique et codifiée de survivor en milieu naturel hostile et un synopsis des plus galvaudé : une sortie en montagne entre 5 amis plus ou plus proches mais que la vie a éloignée  qui tourne au huit-clos paranoïaque, on a déjà lu tellement de livres et visionné de film.
Autant le dire, Sans Faille ne révolutionne en rien le genre du thriller et quand les portables se mettent à ne plus fonctionner, faute de réseau à capter, l’histoire devient carrément téléphonée.

Toutefois, puis-je dire que je n’ai pas aimé ce roman ? Ce serait être malhonnête. Car dans l’ensemble, j’ai passé un moment de lecture plutôt sympa. D’accord, c’est du déjà-vu, mais Valentin Musso est un auteur malin qui sait y faire pour tenir son lecteur en haleine. Ici, il construit son intrigue de telle manière, notamment en multipliant les allers-retours entre passé et présent, que le lecteur fait l’effort. Il s’accroche malgré les nombreuses longueurs. Pourquoi? Mais parce qu’un mystère plane autour des relations passées entre les deux personnages masculins principaux. On devine dès le début qu’un drame s’est produit entre les deux anciens amis.

De ce drame, V. Musso ne nous dit rien ou presque, sinon quelques bribes pour nous hameçonner dans les premières pages. Appâté, pour ne pas dire ferré, le lecteur ne peut faire autrement que de continuer à dérouler la bobine. Car le mystère en question, dont les grandes lignes se dévoilent par à -coups tels des coups de piolet dans la roche, ne trouvera sa justification qu’à une trentaine de pages de la fin. Une fin, par ailleurs, très décevante et confuse que je crains de ne pas avoir saisie.

Remarquablement bien écrit pour un thriller (c’est suffisamment rare pour être signalé. Le genre ne se prête guère à une écriture recherchée), Sans Faille offre un moment d’évasion au lecteur mais s’auto-annihile par une mauvaise fin (que j’essaie encore de comprendre. Si vous l’avez comprise : faites-moi un petit topo dans les commentaires 😉 Merci d’avance !)… Dommage donc, car le lecteur ressort extrêmement frustré de cette histoire !

Du même auteur, j’avais davantage apprécié :

Les Cendres Froides

et surtout

Le Murmure de l’Ogre

 lechallengedecalypspo

[Challenge de Calypso, session « sans » ] « À Mélie sans Mélo » de Barbara Constantine

2009 Éditions Calmann-Lévy

Française Langue française – 244 pages

Temps de lecture : 2 jours
Note livredeuxétoilessansplus
Synopsis
Mélie, soixante-douze ans, vit seule à la campagne. Pour la première fois, sa petite-fille, Clara, vient passer les grandes vacances chez elle. La veille de son arrivée, Mélie apprend qu’elle a un problème de santé… Elle verra ça plus tard. La priorité, c’est sa Clarinette chérie ! Durant tout l’été (le dernier ?), Mélie décide de fabriquer des souvenirs à Clara. Des rigolos. Comme regarder pousser les bambous en écoutant La Traviata, chanter sous la pluie des chansons de Nougaro, goûter les mauvaises herbes qui poussent le long des chemins. Il y a aussi le vieux Marcel, qui va apprendre à Clara à faire de la mécanique… Et puis, comme la vie est vraiment dingue parfois, il y a Mélie qui va enfin rencontrer le grand amour… Cent cinquante ans à eux deux ? Mais quand on aime, on ne compte pas !

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Cela tient peut-être au fait que j’ai eu la chance d’avoir une grand-mère extraordinaire à côté de laquelle Mélie fait bien pâle figure, mais j’ai trouvé ce roman très ennuyeux. Le despotisme affectueux de cette grand-mère encore très gamine dans sa tête m’a vite lassée, en fait sous couvert de dispenser de pseudo leçons de vie à deux francs six sous, le personnage de Mélie, sorte de croisement entre Tatie Danielle et Mamie Nova se contente de régenter son monde et de se mêler de la vie des autres. Agaçant.

Si ce n’était qu’elle encore, mais non… On ne croit pas une minute aux personnages tant ils sont puérils et immatures. Qu’ils soient âgés de quarante, cinquante, ou soixante ans, ils ont tous des mentalités de gamins de 8 ans.

En outre, le style est faible, très faible. On croirait lire une longue rédaction de vacances. Par ailleurs, lorsqu’on écrit un roman où plusieurs personnages s’expriment, il est bon, pour ne pas dire indispensable de doter chacun de sa propre voix, or, dans ce roman tous les protagonistes usent du même langage, du même vocabulaire et des même tournures grammaticales, comme s’il ne s’agissait en fait que d’un seul et même individu, et ce quelque soit l’âge, le milieu social ou la personnalité du personnage. Résultat : Les dialogues sonnent faux et les situations ne sont pas crédibles.

De plus,  à trop vouloir éviter le mélo,  B. Constantine finit purement et simplement par supprimer les émotions du lecteur. Je n’ai rien ressenti pendant ma lecture. Ni sourire, ni rire, ni larmichettes. Nada. Indifférence totale.

Une chose est certaine: je ne garderais pas un grand souvenir de ce roman. Lu il y a deux semaines, je l’ai déjà oublié.
En fait, j’ai juste trouvé ce livre « niais » voire « bébête ». Non content d’être prévisible, il manque également cruellement de profondeur. Et surtout qu’est-ce qu’on s’ennuie.

Je mets deux étoiles parce que je suis gentille mais ce roman en mérite à peine une.
Vu que le reste de la production de Barbara Constantine semble pour le moins à l’avenant, je ne pense pas lire ses autres romans. Ce ne sont pas des histoires pour moi. Je suis certainement bien trop cynique pour les apprécier.

« La Chambre ardente » de John Dickson Carr

2003 Éditions Le Masque

Française Langue française – 254 pages | Traduit par Maurice Bernard Endrêbe

Temps de lecture : 2 jours

Note 3étoilesbon

Synopsis

Gastro-entérite ou arsenic? Pour en avoir le cœur net, il n’y a qu’une solution : exhumer le corps. Ce qui n’est pas une mince affaire. Car le cercueil de Miles Despard a été descendu dans le caveau familial et pour y accéder, il faut ôter quelques mètres carrés de dallage cimenté, déblayer une couche de terre et de gravier, puis soulever la grande dalle de l’entrée qui pèse bien une demi tonne. Bref, de quoi donner de l’ouvrage à plusieurs hommes armés de leviers, de pies et de pelles. Et pour quel résultat! Dans sa niche, le cercueil de bois tout neuf est vide. Faut-il en conclure qu’ils ne rêvent pas, ceux qui croient voir rôder le vieux Miles, à la nuit tombée?

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John Dickson Carr, que je ne connaissais pas il y a encore un mois, est considéré comme le maître du meurtre en chambre close. J’ai longtemps cru que cette lecture se signalerait à mes yeux en se révélant être un gros coup de cœur… Hélas, ce ne fut finalement pas le cas….

Bien qu’un peu datée (le roman date des années 30), l’écriture de J. Dickson Carr est soignée (si l’on excepte les nombreuses redites) et agréable à lire. Les personnages possèdent assez d’épaisseur pour nous convaincre et le mystère parvient à nous intriguer sans difficulté.

Avec pour toile de fond la sorcellerie du 17ème siècle  (particulièrement le procès de la Brinvilliers), l’intrigue se déroule de manière assez lente et contemplative, sur une trame classique à la Agatha Christie. L’enquête avance doucement par l’entremise des témoignages des différents protagonistes de l’histoire.  Ce n’est pas, par conséquent, un thriller placé sous haute tension même si certains chapitres se concluent sur de mini-rebondissements qui relancent l’intérêt du lecteur.

Un thriller brillant sur les 3/4 de l’intrigue qui se décrédibilise par une fin ultra-décevante (L’intérêt des meurtres en chambre close ne réside-t-il pas UNIQUEMENT dans la résolution finale de l’énigme ?)

Je ressors très mitigée de cette lecture. Elle m’a tenue en haleine pendant presque deux cent pages avant de me frustrer avec une fin bancale.

En résumé : Un bon policier, bien écrit et prenant, mais dont la fin qui trop hésite entre rationalité pure et surnaturel ne m’a pas convaincue du tout.

Dans le genre du meurtre impossible ou du meurtre en chambre close, un conseil : Préférez Le Mystère de la chambre jaune de Gaston Leroux, bien supérieur à La Chambre ardente.

Attendu que La Chambre ardente semble être considéré comme le meilleur roman de l’auteur, je n’ai pas encore décidé, si j’en lirai un autre….

« Une pièce montée » de Blandine Le Callet

2006 Éditions Le Livre de Poche

Française Langue française – 252 pages

Temps de lecture : 4 jours

Note 3étoilesbon

Synopsis

La pièce montée arrive, sur un plateau immense porté par deux serveurs. Vincent voit osciller au rythme de leur marche cette tour de Babel en choux à la crème, surmontée du traditionnel couple de mariés. Il se dit: C’est moi, ce petit bonhomme, tout en haut. C’est moi. Il se demande qui a pu inventer un gâteau aussi ridicule. Cette pyramide grotesque ponctuée de petits grains de sucre argentés, de feuilles de pain azyme vert pistache et de roses en pâte d’amandes, cette monstruosité pâtissière sur son socle de nougatine. Et ce couple de mariés perché au sommet, qu’est-ce qu’il symbolise, au juste ?

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La ballade de Lila K du même auteur avait été un immense coup de cœur, il y a quelques mois de cela. Voici pourquoi je tenais à découvrir les autres romans de de B. Le Callet dont celui-ci qui se trouve être son tout premier. À mon grand regret, cette fois la magie n’a pas opérée autant que je l’aurai espéré. Je n’ai pas retrouvé le charme ou les éléments qui m’avaient tant conquise dans La ballade de Lila K.

Est-ce le sujet ? Les personnages souvent antipathiques ? L’écriture moins soignée ? La construction par strates ? Tout cela à la fois ? Je me suis parfois ennuyée.

Certains personnages étant plus intéressants, drôles ou touchants que d’autres au sein de ce roman chorale, l’intérêt des chapitres est par conséquent très fluctuant, et diffère en fonction du protagoniste qu’il met en lumière.

Le style particulièrement mordant, voire incisif,  de B. Le Callet fait merveille dans cette chronique familiale acide qui offre une vision grinçante de la bonne petite bourgeoisie de province, certes en usant de quelques clichés éculés, mais on lui pardonne volontiers tant son ton grinçant, et son regard sans concession, sont réjouissants. Cette famille dont elle nous parle avec tant de cruelle lucidité, se pourrait être la mienne, la votre, la nôtre…c’est ce qui fait aussi la force de ce roman. Chacun se retrouvera certainement à revivre une situation vécue au sein de sa propre famille, que ce soit lors d’un mariage ou non.

Paradoxalement, si je me suis ennuyée parfois en cours de lecture, et pourtant, je dois malgré tout reconnaître que le roman m’a semblé finalement presque trop court. Le dénouement est notamment assez frustrant,  trop rapide par rapport au reste du récit, il nous laisse sur notre faim, et l’on se prend à regretter qu’il n’y ait pas une cinquantaine de pages supplémentaires. Histoire de clore les choses de manière plus approfondie.

En conclusion, une lecture sympathique quoiqu’un peu inégale. Quand certains chapitres font sourire, grincer des dents ou émeuvent, d’autres ennuient, ce qui déséquilibre la construction du roman.

En tous cas, Une pièce montée n’est pas un livre qui  laisse indifférent son lecteur. Bien au contraire. Positivement ou négativement, ce roman vous marquera pour un moment. Même si l’on peut déplorer un léger manque de profondeur et quelques longueurs gênantes, notamment dans la partie consacrée au prêtre (j’ai failli abandonner ma lecture à ce moment-là, c’est dire…).

Un roman contemporain loin d’être désagréable à lire donc, mais que j’aurai souhaité un peu plus transcendant.