Catégorie: Dystopie

« Il sera une fois » de Southeast Jones

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2016 Editions Séma (Séma Galaxie)

Française Langue française – 236 pages – Sortie : 19 Mars 2016

Note : 4étoiles-trèsbonmais Très bon.

Synopsis

« Il sera une fois » vous invite à rêver demain : de l’humain au surhumain, de notre insignifiante petite planète aux confins de l’univers et au-delà, Southeast Jones vous convie à découvrir ses visions d’avenir au travers de quinze contes étranges, drôles ou inquiétants.

Ces histoires hors du commun vous fourniront nombre de réflexions sur les futurs possibles imaginés par l’auteur : quelle serait votre réaction si vous appreniez qu’il y a bien une vie après la mort ? Qui est ce Père Noël un peu bizarre que l’on voit le 24 décembre sur Carabistouille IV ? Quelles pourraient être les conséquences de la victoire des mutants contre le genre humain ? Quelles traces garde-t-on quand on a été avalé par un ogre ? Que faire si, pour sauver la Terre, il fallait détruire l’Humanité ?

Mon avis

Je ne vais pas vous mentir, en matière de SF, je suis plutôt néophyte. C’est un genre que je lis rarement et que j’apprécie peu en règle générale.Et pourtant, j’ai beaucoup apprécié Il sera une fois. Ce fut une lecture très divertissante.

Pourquoi ? Cinq raisons à cela :

La grande diversité des intrigues proposées. En effet, aucune nouvelle ne ressemble à une autre dans ce recueil de textes qui offre des univers et des ambiances très variées et de tonalités différentes. On navigue entre le drame, le rire, l’émotion à chaque page. Si bien qu’on parvient à la fin du recueil, sans s’en apercevoir, et surtout sans aucun sentiment d’ennui ou de lassitude. Bien sûr, certaines nouvelles m’ont davantage plu ou touché que d’autres, certes, mais l’ensemble présente une qualité assez homogène du début à la fin. Il y a très peu de nouvelles qui ne m’ont pas « accroché ».  Peut-être 2-3 mais seulement par goût personnel. Pas parce qu’elles sont mauvaises.

L’imagination débridée de l’auteur qui nous offre des intrigues très originales et maîtrisées à la perfection.

Ses conduites dynamiques du récit. Son style clair, simple, efficace, rythmé. Son ton pédagogue et vulgarisateur., jamais ennuyeux. Ses conduites dynamiques du récit.

Des descriptions courtes et précises. Parfaitement dosées pour poser le décor.

Les nombreuses petites touches d’humour. Souvent irrésistibles !

Et pour tellement d’autres choses encore que vous découvrirez en dégustant ce très bon recueil du talentueux Southeast Jones !

Je ne vous résumerai pas toutes les nouvelles, une par une, car il me faudrait les détailler et ainsi prendre le risque de trop vous en dévoiler, ce qui serait fortement dommage ! Aussi, je vais plutôt m’essayer à un autre exercice en vous livrant mon ressenti en quelques mots sur chaque texte, c’est parti.

– Barbares ! : Récit intriguant et agréable qui se dévoile progressivement. Chute travaillée que, hélas, j’ai vu venir de loin 😉

– Contrat : Une courte nouvelle vraiment excellente, à la fois par son humour noir, son ironie sous-jacente et sa conduite d’intrigue très rythmée. L’une de mes préférées du recueil.

– Émancipation : Une nouvelle qui vaut avant tout pour son ambiance sombre et désenchantée très réussie. L’angoisse nous saisit et monte crescendo jusqu’au dénouement. Récit finement exécuté.

– Divergence d’opinion : Courte nouvelle fort drôle et très percutante. Pas de fioritures inutiles. Belle ironie finale.

– Question de foi : J’ai beaucoup apprécié cette nouvelle mettant en scène un éventuel pape Paul VII confronté à un dilemme éprouvant sa foi. Belle atmosphère futuriste réaliste. Bonne conduite du récit. Efficace et sans temps morts. Fin réussie, en ce sens, qu’elle prend le lecteur à contre-pied. Dans le top de mes nouvelles préférées du recueil.

– Rétrocession : Bon texte mais je n’ai pas été transcendée ou émue outre-mesure.   Agréable à lire.

– Jonas : J’avais déjà lu la version courte dans l’anthologie « Sales bêtes ! ».Cette version longue me semble moins percutante.Quelques longueurs. Mais cela n’en demeure pas moins une histoire sympathique à lire.

– Trip : Une intrigue et un style un peu trop trash à mon goût mais comme c’est excellemment mené, bourré de bonnes idées et d’imagination, finalement, j’ai réussi à apprécié ce court texte d’anticipation.

– Grand-veille : Brillant ! J’ai adoré cette histoire très originale, où SF, horreur, et émotion sont parfaitement dosés.Avec en prime d’excellentes idées et une fin surprenante. Ma nouvelle préférée de toutes, je crois.

– Notre-Dame des opossums : Déjà lue  dans l’anthologie « Folie(s) ». Cette relecture a confirmé mon engouement premier : une bonne histoire très bien menée avec une dose de suspense bienvenu et qui fonctionne bien.

– Début de semaine : Sarcastique à souhait. Nouvelle sympathique mais sans plus. Je ne suis pas très « branchée » géopolitique en général. Ceci explique sans doute cela.

– Le C.R.I.M. était presque parfait : Pas ma préférée. Amusant, du suspense mais une fin assez décevante, un peu en « pétard mouillé ».  J’ai également trouvé certains passages un peu longs.

– Le temps du repos :  Sympa, mais trop brève pour véritablement parvenir à « rentrer dedans ». On a un peu l’impression de lire un prologue. Quelques supplémentaires n’auraient pas été inutiles, je pense.

– Noël lointain : Bonne base de départ, idée amusante, mais je n’ai pas accrochée. La fin qui, rétroactivement, modifie la perception qu’à le lecteur du récit à le mérite d’être originale et audacieuse.

– Les enfants de nos enfants : Très bonne histoire menée sur un rythme parfait et débordante d’une belle imagination. C’est cohérent, crédible : on y croit et on adhère aux possibles théories évolutionnistes et aux possibles futurs qu’imagine l’auteur pour nos enfants. Et ça fait froid dans le dos ! La nouvelle qu’il fallait pour clôturer ce très bon recueil en beauté !

En bref, de la SF qui ne se prend pas au sérieux et qui n’assomme pas le lecteur de termes techniques ronflants ou de théories complexes et prises de tête. J’apprécie cette démarche de vulgarisation.

Je conseille fortement la lecture de cet ouvrage !

« Silo, 1 » de Hugh Howley

2013 Editions Actes Sud (Exofictions)

Langue française – 558 pages | Traduit par Yoann Gentric et Laure Manceau

Temps de lecture : 5 jours
Note 4étoiles-trèsbonmais
Synopsis

Dans un futur postapocalyptique indéterminé, quelques milliers de survivants ont établi une société dans un silo souterrain de 144 étages. Les règles de vie sont strictes. Pour avoir le droit de faire un enfant, les couples doivent s’inscrire à une loterie. Mais les tickets de naissance des uns ne sont redistribués qu’en fonction de la mort des autres. 
Les citoyens qui enfreignent la loi sont envoyés en dehors du silo pour y trouver la mort au contact d’un air toxique. Ces condamnés doivent, avant de mourir, nettoyer à l’aide d’un chiffon de laine les capteurs qui retransmettent des images de mauvaise qualité du monde extérieur sur un grand écran, à l’intérieur du silo.
Ces images rappellent aux survivants que ce monde est assassin.
Mais certains commencent à penser que les dirigeants de cette société enfouie mentent sur ce qui se passe réellement dehors et doutent des raisons qui ont conduit ce monde à la ruine.

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Je ne sais que penser de ce roman. Je l’ai aimé sans vraiment l’aimer. 
Pourtant, cette dystopie possédait tous les ingrédients pour me plaire : l’intrigue est solide, l’univers dense, les personnages attachants et l’écriture efficace.
Oui, mais voilà, je l’ai trouvé souvent trop long et trop descriptif. Certains moments sont passionnants mais beaucoup d’autres d’un intérêt plus que discutable, voire carrément plats. Au point où j’avais envie de sauter des pages, parfois.
La mise en place est notamment très longue. L’auteur prend presque 200 pages pour installer son univers, ses personnages et les enjeux de ce premier tome. Cela est nécessaire, je le conçois. N’empêche que l’on s’ennuie à mourir pendant ce temps-là. J’avoue que je me suis ennuyée plus souvent qu’à mon tour. J’ai même failli abandonner plusieurs fois. À chaque fois, l’envie d’en apprendre davantage sur le Silo et sur les raisons de son existence m’a dissuadé de le faire.
Les moments Juliette/Lukas sont ceux qui m’auront le plus « accrochés », en définitive. Surtout vers la fin. À ce moment du récit, les choses s’accélèrent (enfin) et le roman devient plus prenant voire haletant.

Bref, je suis déçue de ne pas avoir aimé davantage et je ne sais pas si je lirai la suite. Le charme ou la magie n’ont pas opérés totalement sur moi.

Néanmoins, j’encourage à la découverte de ce roman. Je suis certaine qu’il saura plaire à beaucoup de lecteurs friands de dystopie (et plus patients que moi ;))

La Gazette Elfique ≠ 19

Sur le principe de l’excellent « Rond de sorcières » initié par Acro sur son très beau blog Livrement, chaque mois je vous propose le récapitulatif de mes lectures du mois précédent.

Au sommaire de La Gazette Elfique du mois de mai :

Les ***** correspond au nombre d’étoiles attribuées dans mes critiques. 

Fantasy

« Au-delà de L’Oraison, 1, La Langue du silence » de Samantha Bailly ****

Jeunesse

[LC] « Oscar Pill, 1, La révélation des Médicus » d’Eli Anderson ***

Littérature contemporaine

« Eclair d’été » de Tamara McKinley ***

Romance

« Les sœurs Charbrey, 1, Sans orgueil ni préjugé » de Cassandra O’Donnell ***

« Coup de foudre à Austenland » de Shannon Hale ****

SF

« Le Prince d’été » d’Alaya Dawn Johnson

« La 5e vague » de Rick Yancey *****

Steampunk

[Challenge « Le Choix du Chapelier Fou Spécial Sagas (Avril)] « Une Aventure d’Alexia Tarabotti, Le Protectorat de l’ombrelle, 3, Sans honte » de Gail Carriger *****

Thriller

« Les Mères » de Samantha Hayes ****

[Challenge de Calypso, session « Mort »] « Le Livre sans nom, 4, Livre de la mort » d’Anonyme ****

[Challenge de Calypso, session « Mort »] «Jusqu’à ce que la mort nous unisse » de Karine Giebel **

« La Conjuration primitive » de Maxime Chattam *****

Au joli mois de mai, j’ai lu 12 livres dont 2 LC.

Ce qui constitue une grosse baisse de mes lectures.

 

Mon top 3 de mai : 

« La Conjuration primitive » de Maxime Chattam

« La 5e vague » de Rick Yancey 

« Une Aventure d’Alexia Tarabotti, Le Protectorat de l’ombrelle, 3, Sans honte » de Gail Carriger

« Le Prince d’été » d’Alaya Dawn Johnson

Editions Robert Laffont (R) (2013)

431 pages | Traduit par Paola Appelius

Temps de lecture : 3 jours

Note

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Synopsis

Il y a quatre cents ans, le monde tel que nous le connaissons a connu une fin tragique. Désormais, sur la côte de ce que l’on appelait jadis le Brésil, ce sont les femmes qui dirigent la légendaire ville-pyramide de Palmares Três. La Reine ne cède le pouvoir à un homme qu’une fois tous les cinq ans, à un Prince d’été dont l’histoire enfiévrera la cité le temps d’une année. Pour June Costa, la vie n’est qu’art. Ses œuvres géniales – des peintures murales aux hologrammes, en passant par des tatouages lumineux – impressionnent, voire irritent ses professeurs tout autant que ses camarades. Elle rêve de remporter le prestigieux Trophée de la Reine pour jouir d’une célébrité instantanée et de tous les privilèges qui vont avec. Un rêve qu’elle n’avait jamais remis en question… jusqu’à ce qu’elle rencontre Enki. Fraîchement élu Prince d’été, Enki est le garçon dont tout le monde parle à Palmares Três. Mais lorsque June le regarde, elle voit plus loin que ses fascinants yeux d’ambre et sa samba ravageuse : elle reconnaît en lui un artiste total, comme elle. Ensemble, June et Enki décident alors de créer un chef-d’œuvre qui restera gravé à jamais dans les annales de Palmares Três, attisant la flamme rebelle qui se lève contre les restrictions anti-technologie qu’impose le gouvernement matriarcal. Mais June va bientôt tomber profondément et tragiquement amoureuse d’Enki… Or, à l’instar de tous les Princes d’été qui l’ont précédé, Enki va devoir être sacrifié.

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La politique matriarcale qui sacrifie les hommes – pour expier les fautes des Anciens – avait du potentiel mais reste exposée de manière bien brouillonne. Certains points auraient mérités plus d’éclaircissements. Je n’ai pas compris la différenciation entre prince solaire et prince lunaire ni comment ni pourquoi la population ne vieillissaient plus ou très lentement. Le fait que les habitants du Royaume puissent vivre parfois tricentenaires n’est pas vraiment expliqué. Ce sont des détails mais ils sont révélateurs de ce manque de précisions qui rend l’intrigue  invraisemblable et la lecture fastidieuse.  

 L’univers SF futuriste, post-endémique, n’est pas désintéressant mais il reste excluant pour le lecteur. Même si le combat entre les classes sociales qui s’exprime dans ce roman est un enjeu universel, et, l’emploi de l’art en tant que moyen de rébellion, une bonne idée, je ne me suis pas sentie investie dans ce combat. Pourtant le métissage entre les cultures d’amérique du sud et européenne reste original mais maladroitement mis en avant. 

D’autre part, les trois héros principaux ne m’ont pas plu. Je n’ai pas compris surtout cette fascination que les personnages éprouvent pour Enki qui est, à mes yeux, l’un des protagonistes les plus antipathiques de l’œuvre. De toute façon, de par leur exaltation, leur grandiloquence un peu suffisante, leur manière excessive de réagir et leur superficialité égoïstes, les héros ne suscitent pas la sympathie. Leur étrange triangle amoureux est dérangeant car il s’agit moins d’amour que de sexe dont il est question dans ce trio d’adolescents.

L’écriture très moyenne n’arrange rien. D’autant que l’auteure emploie un jargon inventé de toute pièce. Le ton est parfois cru : le mot « baiser » revient étonnamment souvent et il y a même une surprenante scène d’onanisme à laquelle je ne m’attendais pas et que je ne trouve pas forcément utile dans l’histoire.

Les valeurs véhiculées ne m’ont pas convaincues.

Rien ne m’aura vraiment séduite dans ce roman d’un grand ennui, hormis les derniers chapitres plus intenses et émouvants. La fin m’a étonnée, je ne m’y attendais pas.

 Je suis resté en dehors de l’intrigue, aussi bien intellectuellement qu’émotionnellement. Tant pis. 

« Traqué, 1 » d’Andrew Fukuda

Editions Michel Lafon (2013)

345 pages | Traduit par Benjamin Kuntzer

Temps de lecture : 4 jours

Note 1étoile passez votre chemin

Synopsis

Gene est l’un des derniers humains sur Terre. Son seul moyen de survie : se faire passer pour l’un de ses prédateurs. Ne pas rire, ne pas transpirer, ne pas montrer qu’il est un « homiféré ». Cela fait dix-sept ans qu’il se fond parmi ceux qui n’hésiteraient pas à le tuer s’ils découvraient sa véritable nature.

Chaque décennie, le gouvernement organise un immense jeu où une poignée de privilégiés peuvent pister et dévorer les rares humains retenus en captivité pour l’évènement. Sélectionné pour traquer les siens, Gene ne peut commettre le moindre faux pas. D’autant qu’une mystérieuse fille éveille en lui des sentiments qu’il n’a pas le droit d’avoir. Des sentiments qui pourraient le trahir.

Gene a la rage de vivre… mais vaut-elle le prix de son humanité ?

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Le bandeau promotionnel signé (soi-disant) Becca Fitzpatrick (auteure de Hush, Hush, une saga que j’ai beaucoup aimé par ailleurs) promettait un roman effrayant. La seule chose effrayante dans ce roman, c’est le ridicule patenté de son intrigue et la pauvreté de son style.

Et si ce roman est éprouvant pour les nerfs, c’est uniquement du fait de sa lenteur. Il ne se passe rien pendant les trois quarts du roman sinon des scènes si improbables et idiotes qu’elles en deviennent hilarantes (au moins j’aurai ri, c’est déjà ça).

J’ai détesté ce roman jeunesse à la fois pour la crétinerie absolue de l’histoire mise en scène mais aussi pour ces personnages insupportables.

Traqué se complait dans les détails sanguinolents pour masquer son manque de profondeur.

La fin tourne en rond et n’est qu’une (longue) fuite qui s’étire inutilement.

Bref, il faut qu’Andrew Fukuda arrête de fumer des carambars, là !

Son roman est une blague ou quoi ? C’est d’un ridicule ! J’ai passé mon temps à ricaner, tellement c’est du n’importe quoi (le coup de l’aisselle m’a achevé de rire). Quand je pense que c’est censé être effrayant et addictif … euh…dft002 

J’en ai tellement bavé (un mot de circonstance, croyez-moi) pour le lire que j’ai même pensé ne pas le terminer.

Vous l’aurez compris, je déconseille fortement. Sauf si vous aimez les histoires invraisemblables à base de vampires-cannibales qui passent leur temps à baver et à grogner, se témoignent leur affection en se frottant mutuellement les oreilles,  dorment sur des perchoirs et s’embrassent en tournant leur coude  sous les aisselles de leur partenaire (beurk !) et j’en oublie beaucoup, niveau absurdités …

« La dernière guerre, 1, 49 jours » de Fabrice Colin

 

Editions Michel Lafon (2012)

416 pages

Temps de lecture : 2 jours

Note cinqétoilesexcellent

Synopsis 

Je m’appelle Floryan ; j’ai dix-sept ans. Il y a quelques jours, je suis mort : un attentat dans le métro. Je me suis réveillé dans un paysage de plaines et de montagnes, somptueux, qui s’étendait à perte de vue. Un être de lumière m’a accueilli, se présentant comme un « Élohim ». Il m’a proposé un choix : soit je le suivais dans le Royaume – un paradis, selon lui, mais que je n’étais pas autorisé à voir avant de m’y rendre –, soit je plongeai dans le Nihil, un gouffre gigantesque menant vers… Vers quoi ? C’est là toute la question. Je ne sais rien du Nihil, j’ignore tout du Royaume, et j’ai quarante-neuf jours, pas un de plus, pour prendre une décision. Le problème, c’est que ce choix n’engage pas que moi…

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Ce livre est étrange mais dans le bon sens du terme. D’abord, 49 jours est un roman 2 en 1, qui associe 3 styles différents avec brio, la  Fantasy, la SF et la Dystopie (voire même l’Anticipation).  

F. Colin glisse d’un registre à l’autre avec talent et maitrise. Chaque style voit ses codes narratifs respectés,  un monde imaginaire à la Avatar avec paysages grandioses et brumeux emplis de magie et d’animaux inventés en ce qui concerne la Fantasy,  la SF est quant à elle représentée par le thème du voyage temporel (à l’aide d’une méthode surprenante que je vous laisse découvrir par vous-même) et enfin la dystopie qui nous projette dans le futur, un futur apocalyptique s’il en est qui m’a fait froid dans le dos. En effet, les raisons qui précèdent cette « fin du monde », raisons à la fois scientifiques, géopolitiques et sociales paraissent assez réalistes pour rendre le scénario plus que crédible et anxiogène.

Cependant, je me dois de souligner le fait que comme pour toute mythologie approfondie, celle de 49 jours est parfois difficile à assimiler car vraiment très riche en concepts. Mais c’est aussi cette profusion de personnages et de détails fantastiques qui la rend passionnante. Ne vous inquiétez pas si vous êtes parfois un peu perdu dans les méandres de l’intrigue. Je l’ai été aussi mais j’ai finalement réussi à tout comprendre à la fin.

Très prenant, ce roman se lit en un ou deux jours malgré une écriture parfois un peu contemplative qui crée quelques longueurs (de nombreuses descriptions) qui ne nuisent que très peu au rythme du roman dont on tourne chaque page avidement afin d’en apprendre toujours plus sur le Nihil, le Royaume, les pouvoirs de ses habitants ou le futur où vit Rain.

Si Floryan, Rain et les autres personnages importants du roman ne sont pas particulièrement attachants, ils ont quand même pour certains l’avantage d’être entiers, intéressants car pétris de contradictions et dotés de caractères assez affirmés qui en font des antihéros réussis qu’on a plaisir à voir se rebeller et agir au lieu de subir. J’ai aussi aimé le fait  que les enjeux spirituels et relatifs au personnage central du roman (Floryan) au départ, s’élargissent par la suite, une fois que ce dernier effectue ses premiers voyages dans le temps, pour devenir des enjeux concrets et universels.

Le pari de l’auteur est vraiment audacieux. Changer de registre en cours de route au risque de déstabiliser le lecteur, qui, au départ ne sait vraiment pas à quoi s’attendre, et passer ainsi sans cesse de la Fantasy à la Dystopie en passant par la SF était très risqué.

Contre toute attente, il réussit parfaitement à nous esbaudir. En lisant le quatrième de couverture, j’étais loin de m’imaginer que l’intrigue apparemment estampillée Fantasy/Jeunesse prendrait une telle direction. L’auteur s’y entend pour brouiller les frontières entre les genres de manière à ce que l’ambiance Fantasy médiévale et sa « magie » ancestrale s’accorde parfaitement avec le monde futuriste et ses technologies de pointe. La mythologie mise en place dans le roman traite tout autant de spiritualité, de légende, que de science et de civilisations disparues et étrangement malgré l’addition de ces éléments disparates entre eux, cela fonctionne très bien. L’univers est à la fois complexe, inventif et fascinant grâce à la plume ensorcelante de Fabrice Colin qui m’avait déjà séduite avec le poétique « Bal de givre ». Là encore, l’intrigue baigne dans une ambiance onirique parsemée de trouvailles comme le Nihil, l’Oniromancie ou bien encore les Altars, tout cela contribue à donner une atmosphère inédite à cet excellent roman jeunesse qui tient en haleine jusqu’à un épilogue aguicheur qui met en appétit pour la suite.

« Syrli, 1 » de Meagan Spooner

Editions Milan (Macadam) (2013)

402 pages

Temps de lecture : 2 jours

Note cinqétoilesexcellent

Synopsis

Dans un monde normal, Syrli pourrait être une jeune fille comme les autres. Aller au lycée. Tomber amoureuse. Se disputer avec ses parents… Mais Syrli ne vit pas dans ce monde-là. Son monde est en lambeaux, l’humanité ne tient qu’à un fil. Une seule ville a réchappé de la destruction, protégée du chaos extérieur par une barrière d’énergie. Pour fonctionner, elle est alimentée par l’énergie vitale dégagée par certains adolescents aux pouvoirs particuliers : les renouvelables. Syrli serait des leurs, mais refuse d’être réduite à une simple batterie humaine. Une seule issue : la fuite.
 

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Un univers solide qui sait se montrer original, une forme innovante de magie, des enjeux narratifs et des personnages intéressants font de ce premier tome une bonne surprise.

Syrli m’a parfois agacé avec son comportement puéril mais elle se rattrape dans la dernière partie. Quant aux autres protagonistes, Kris, Oren, Nyx, Dorian et les autres, je les aient trouvé également intéressants à rencontrer tout au long de l’histoire.

Découpée en trois grands axes, une première partie accrocheuse, une deuxième un peu plus classique en dystopie et par conséquent légèrement moins prenante et une troisième et dernière partie intensément immersive, surprenante et émouvante, l’intrigue est équilibrée et rythmée, même si la seconde partie un peu plus axée sur la psychologie des personnages est un peu plus lente. Et quelle fin ! certaines révélations sont vraiment inattendues ! (Pour une fois, qu’un auteur parvient à me surprendre…). 

Rarement, j’ai eu autant envie de lire une suite.

Malgré quelques bémols, notamment en ce qui concerne la reprise d’éléments déjà présents dans d’autres dystopies jeunesse, Syrli est un très bon roman qui se place sans problème dans la lignée de Never Sky ou Divergente et je peux dire que je ne suis pas loin d’avoir adoré ce livre. J’ai passé un très bon moment.