Catégorie: Challenge ABC 2012 – Littératures de l’imaginaire

[Challenge ABC 2012, Littératures de l’imaginaire, Lettre Z] « Les Chemins de Camelot, 1, L’Ombre de Camelot » de Sarah Zettel

Editions Milady (2009)

405 pages

Titre original : Camelot’s shadow

Fantasy

Temps de lecture : 4 heures

Note 

Synopsis

À dix-neuf ans, la belle Rhian est en âge de se marier, mais aucun prétendant ne trouve grâce aux yeux de son père. Pour sauver la vie de sa mère, il l’a promise à un sorcier !
Rhian refuse d’être sacrifiée. Armée de son arc et de son courage, elle prend les rênes de son destin et s’enfuit. Bien vite le danger surgit sur sa route. Le chevalier Gauvain, filant à bride abattue vers Camelot avertir son souverain des menaces de guerre, lui porte secours. Ensemble, ils se lancent à l’aventure pour sauver l’âme de Rhian… et le royaume.

Un roman efficace malgré son manque de souffle et de surprises. Sans doute parce que trop lisse et convenu. Il se divise en deux parties distinctes. La première est surtout consacrée à la mise en place de l’univers, à la présentation des personnages et à faire naitre la romance entre les deux héros. Une histoire d’amour qui donne une impression de facilité, les sentiments des personnages s’affirment un peu trop tôt et vite pour être crédibles. L’histoire d’amour souffre singulièrement d’un manque de passion. Mais c’est l’occasion pour Sarah Zittel de donner une vision peu habituelle de Gauvain, érigé ici en héros romantique et torturé.

La deuxième moitié du roman est bien meilleure, plus sombre et plus grave, emplie de magie noire et d’embûches pour nos infortunés héros. Ce deuxième pan de l’intrigue m’a semblé plus adulte et moins archétypal et avouons-le l’auteure nous montre qu’elle possède une sacrée imagination en proposant une sorte de conte de fées sombre qui revisite avec bonheur quelques légendes populaires.

 Malgré ces petits défauts, ce roman de fantasy n’est donc pas dénué d’un certain charme. L’auteure parvient sans difficulté à nous replonger dans le mythe arthurien et dans la lutte entre Saxons et Bretons pour la possession de la Grande-Bretagne. Son style n’est pas ébouriffant mais reste fluide et un grand luxe de détails achève de planter efficacement le décor.

Une libre réécriture plaisante quoique sans génie de la légende de Camelot et du Roi Arthur entouré de ses chevaliers de la Table Ronde. Magie noire et amourette sont au rendez-vous de ce sympathique premier tome. Une suite existe, je la lirai et j’espère y voir l’héroïne s’y affirmer davantage que dans ce premier jalon de l’histoire où elle reste assez timorée. 

 

[Challenge ABC 2012, Littératures de l’imaginaire, Lettre X] « Xanth, 1, Lunes pour caméléon » de Piers Anthony

Editions Milady
Publié en 2009 ~ Langue : Française ~ 439 pages
Titre VO : A spell for Chameleon
Genre : Fantasy
Temps de lecture : 2 jours et demi
Note 
Synopsis
Xanth est un monde enchanté où règne la magie, un monde peuplé de chimères – centaures, basiliques, dragons – et où chaque citoyen possède un pouvoir spécial. Mais pour Bink, Xanth n’a rien d’un pays de contes de fées : il est le seul à ne pas avoir de don. Le Magicien Humfrey affirme pourtant que le pouvoir de Bink est très puissant, mais il est incapable d’en déterminer la nature. Bink serait-il contraint à l’exil ? Le jeune homme ne l’entend pas de cette oreille. Ainsi commence l’une des sagas de Fantasy les plus célèbres du monde, pleine de péripéties, de jeux de mots et de créatures caractérielles ! 

Union audacieuse entre humour potache voire graveleux (auquel je fus peu sensible) et fantasy classique proposant l’éternelle quête initiatique de rigueur, ce premier tome ne m’a pas convaincue.

Si le roman reste sympathique, il ne m’a pas apporté beaucoup de plaisir. J’avais même hâte d’en terminer pour passer à autre chose.

Le côté « tout pour la vanne » et l’absurdité des gags et des jeux de mots m’ont agacé. Bien vite, il devient évident que toute l’intrigue ou presque a été pensée pour pouvoir y caser ces jeux de langage et ces sketchs tirés par les cheveux et cela « sonne » artificiel. 

Sans compter qu’à trop vouloir placer un trait d’humour potache à tout prix en plein milieu d’un passage intéressant, on prend systématiquement le risque d’affaiblir l’action en cours et c’est ce qui se passe dans ce premier tome.

En plus, beaucoup de jeux de mots tombent à l’eau, sans doute à cause de la traduction française. En version originale, ce livre doit être plus drôle et moins lourd.

C’est un roman qui ne va pas assez au bout de ses idées et reste en surface de l’univers qu’il propose. Pour moi, qui aime un minimum de profondeur et de psychologie chez les personnages des romans fantasy que je lis, j’ai été frustrée.

Ce premier tome de Xanth est pour moi une bulle de savon, pleine de couleurs mais trop évanescente pour que je puisse en capturer la magie intérieure…

[LC] + [Challenge ABC 2012, Littératures de l’imaginaire, Lettre L] « A comme Association, 5, Là où les mots n’existent pas » d’Erik L’Homme

Editions Gallimard/Rageot (Jeunesse)

Publié en 2011 ~ Langue : Française ~ 203 pages

Année de parution originale : 2011

Genre : FantastiqueJeunesse

Temps de lecture : 1 h 20

Note 

Synopsis 

Alors qu’ils profitent tous les deux du soir de Noël, Ombe et Jasper sont les victimes d’une attaque violente.
C’est un choc terrible pour Jasper, qui se retrouve seul et affaibli.
Déterminé à découvrir l’identité de leurs mystérieux agresseurs, obnubilé par l’idée de se venger, Jasper se lance dans une folle poursuite.
Mais comment atteindre son but quand l’Association vous lâche, et qu’on ne peut compter pour survivre que sur un vampire peureux, une harpie revêche et les livres de sorciers disparus depuis longtemps ?
Il faudra à Jasper beaucoup de courage pour surmonter les obstacles qui se dressent devant lui, à commencer par sa propre colère et son immense chagrin…

Un tome qui se démarque fortement des précédents avec une intrigue qui prend une belle épaisseur.  C’est comme si après plusieurs tomes introductifs la saga démarrait vraiment cette fois.

J’ai apprécié la direction plus adulte que prend la série et le fait que la magie tienne une place prédominante dans l’intrigue de ce cinquième tome.

De plus, les moments prenants ne manquent pas et ce roman nous tient en haleine.

Toujours le même bémol, l’humour lourdaud de Jasper qui ne me fait pas rire du tout, même si le personnage montre une belle sensibilité dans les instants tragiques d’une intrigue qui n’hésite pas à prendre des risques et à mettre énormément en danger ses personnages.

Voilà, les choses sérieuses semblent avoir (enfin) commencées pour la saga qui renforce sa mythologie interne tout en lui ajoutant de nouveaux enjeux pour les romans à venir…Pourvu que le sixième tome reste dans cette lignée. Le meilleur tome pour l’instant. 

[Challenge ABC 2012, Littératures de l’imaginaire, Lettre R] + Baby-challenge Livraddict Fantasy] « Chronique du tueur de roi, 1, Le Nom du vent » de Patrick Rothfuss

Editions Bragelonne

Publié en 2009 ~ Langue : Française ~ 800 pages

Temps de lecture : plus d’une semaine

Note  Excellent 

Synopsis 

J’ai libéré des princesses. J’ai incendié la ville de Trebon. J’ai suivi les pistes au clair de lune que personne n’ose évoquer durant le jour. J’ai conversé avec les dieux, aimé des femmes et écrit des chansons qui font pleurer les ménestrels.
J’ai été exclu de l’Université à un âge où l’on est encore trop jeune pour y entrer. J’y étais allé pour apprendre la magie, celle dont on parle dans les histoires. Je voulais apprendre le nom du vent.
Mon nom est Kvothe.
Vous avez dû entendre parler de moi.

Un homme prêt à mourir raconte sa propre vie, celle du plus grand magicien de tous les temps. Son enfance, dans une troupe de comédiens ambulants, ses années de misère dans une ville rongée par le crime, avant son entrée, à force de courage et d’audace, dans une prestigieuse école de magie où l’attendent de terribles dangers et de fabuleux secrets…
Découvrez l’extraordinaire destin de Kvothe : magicien de génie, voleur accompli, musicien d’exception… infâme assassin.
Découvrez la vérité qui a créé la légende.

******************************************************************

Aussi intéressante – voire passionnante – soit-elle, l’intrigue du Nom du vent s’effiloche parfois et a du mal à tenir sur la (très grande) longueur du roman.

Je ne veux pas sous-noter ce livre sous prétexte qu’au moment où je lisais j’avais une indigestion de pavés et que je frôlais la panne de lecture. Cependant, même si je ne pénaliserai pas ce roman (car, je l’ai beaucoup apprécié), je l’ai quand même trouvé trop long et certains passages sont moins prenants que d’autres.

La richesse de l’univers et des personnages compensent quelque peu cet état de fait. Alchimie, magie, musique, religion, enfance blessée, parcours initiatique, premiers émois amoureux, clivage social Les sujets abordés dans ce premier tome sont nombreux et tous traités en profondeur par P. Rothfuss qui prend le temps de poser les bases de son monde et de la personnalité de Kvothe (un personnage assez fascinant).

Le gros point fort du roman est la plume magnifique de Rothfuss. La narration binaire passé de Kvothe (racontant ses mémoires), prèsent de celui qu’est devenu Kvothe est une excellente idée. 

Côté personnages, là encore ils sont trés trés nombreux ! Denna est une vraie peste. Kvothe est parfois un peu trop vantard et prétentieux mais il reste sympa

Un roman fantasy indéniablement réussi mais l’auteur ne parvient pas toujours à nous intéresser. C’est un livre très long et on décroche au bout d’un moment. L’intérêt s’émousse quelque peu. 

Mais quoi qu’il en soit, le roman possède de très beaux atouts : la très belle écriture de P. Rothfuss où comme chez Bottero, la poèsie (et la musique) devient presque un personnage dans le roman, il y a un souffle épique indéniable, une forte connotation initiatique et un riche et bel univers. Sans oublier des personnages solides et marquants.

Je lirai la suite, c’est certain.

[Challenge ABC 2012, Littératures de l’imaginaire, Lettre J] « Les étoiles de Noss Head, 1, Vertige » de Sophie Jomain

Editions Rebelle

Publié en 2012 ~ Langue : Française ~ 382 pages

Temps  de  lecture :  quelques  heures

Note  Sans plus

Synopsis

Hannah, bientôt dix-huit ans, était loin d’imaginer que sa vie prendrait un tel tournant. Ses vacances tant redoutées à Wick vont se transformer en véritable conte de fées, puis en cauchemar… Tout va changer, brutalement. Elle devra affronter l’inimaginable, car les légendes ne sont pas toujours ce qu’on croit.

Leith, ce beau brun ténébreux, mystérieux, ne s’attendait pas non plus à Hannah. Il tombe de haut, l’esprit a choisi : c’est elle, son âme soeur. Pourra-t-il lui cacher ses sentiments encore longtemps ? Osera-t-il lui avouer qu’il n’est pas tout à fait humain ?
Il le devra, elle est en danger et il lui a juré de la protéger, toujours…

******************************************************************

Je vais apporter une note discordante dans le concert de louanges qui entoure ce livre mais j’ai vraiment trouvé ce début de saga très moyen !

Et qu’on ne me dise pas que ça ne ressemble pas à Twilight car c’est pour moi du sous Twilight avec des lycanthropes à la place des vampires, notamment au niveau de l’intrigue du tome 1, Fascination.  Le nombre de ressemblances entre les deux sagas est frappant. Certains dialogues m’ont même donnés une grosse impression de déjà-vu. Leigh/Edward : même combat ! La relation Leight/Hannah part sur les mêmes bases (je t’aime mais je ne peux pas être avec toi car tu es humaine/ Je te désire mais je n’ai pas le droit de coucher avec toi…). Ah ! si une grosse différence tout de même : Hannah est dix mille fois plus idiote et énervante que Bella ! Incroyable, comment à 18 ans (l’âge d’Hannah dans le livre) peut-on être aussi puérile ? Je vous le demande : comment peut-on se conduire autant comme une gamine et prendre des décisions aussi stupides ? Je n’ai pas du tout adhéré au personnage cela va sans dire. J’ai préféré Gwen, la gothique, bien qu’elle soit caricaturale au possible.

La narration est molle et le tout est d’une prévisibilité rare. Il n’y a vraiment qu’Hannah pour ne pas deviner dès les premières pages tout le déroulement de l’intrigue (y compris l’identité du vilain méchant loup-garou obsédé par l’odeur d’Hannah et son envie de la posséder, cela ne vous rappelle pas quelque chose à propos d’un certain vampire assoiffé du sang d’une prénommée Bella après qu’il l’ait humé, ça ? Hum…).

Il y a quand même une chose qui a su trouver grâce à mes yeux mais seulement dans les dernières pages, le traitement assez original de la mythologie lupine et les règles communautaires qui en découle (même si ça ressemble quand même aux lois vampiriques dont les Volturis sont en charge de faire respecter).

Bref,  c’est tout à fait le genre de livre que j’aurai voulu apprécier, tous les ingrédients semblaient être réunis pour que je passe un bon moment, et Sophie Jomain m’a l’air d’être une auteure très sympathique et bosseuse mais patatras, trop de défauts et surtout de facilités m’ont empêchés d’accrocher vraiment.

Pour conclure, je dirai que ce premier tome se lit vite et bien, sans déplaisir mais sans passion ou bouleversement non plus, du moins en ce qui me concerne. 

Une totale déception tout simplement.

[Challenge ABC 2012, Littératures de l’imaginaire, Lettre N] « Les Vampires de Chicago, 3, Mordre n’est pas jouer » de Chloe Neill

Editions Milady

Publié en 2011 ~ Langue : Française ~ 461 pages

Temps de lecture : 2 jours

Note :  Sans plus

Synopsis 

Une protection très rapprochée…

Mon nouveau job : garde du corps d’un alpha, Gabriel Keene, l’organisateur d’une convention qui rassemble les quatre Meutes du continent, ici, à Chicago. Je suis censée le protéger… et l’espionner pour le compte d’Ethan.
Point positif : pour me préparer, ce dernier m’offre des entraînements plutôt chauds. Une fois sur le terrain, tout se complique. Quelqu’un cherche à tuer Gabriel.
Métamorphe ou non, quand on me confie une mission, je fais tout pour la mener à bien. Et sur ce coup-là, je vais avoir besoin d’aide. Mais la tension monte entre les surnats…

^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^

Froncement de sourcils courroucé et dubitatif. Mouais…

Je me suis ennuyée (restons diplomate) pendant les trois quarts du livre.

Comme souvent, l’action démarre tardivement. Ici, plus qu’ailleurs, car il faut attendre les derniers chapitres pour avoir un truc ou deux à se mettre sous les crocs. C’est trop peu pour me faire sauter au plafond.

Autant les deux premiers tomes m’avaient séduites autant celui-ci m’a déçue.

Merrit m’a énervée à se laisser traiter comme un objet, un paillasson, par son maitre vampire. Ethan m’agaçait déjà dans les premiers tomes mais là il a battu tous les records du mâle crétin antipathique. De toute façon, j’ai, depuis le début, une nette préférence pour le personnage de Morgan. Inclination qu’hélas, Merrit ne semble pas partager. Pfff ! Et comme si cela ne suffisait pas à me frustrer, Mallory, personnage que j’affectionne beaucoup, est très peu présente, en conséquence de quoi, l’humour n’est pas particulièrement au rendez-vous. 

Les métamorphes tiennent l’affiche. Leur convention  traine en longueur que ce soit en amont, avec son organisation, pendant qu’elle se déroule ou lors de l’après rassemblement. Même la révélation du traitre n’est guère palpitante.

En fait, plus je repense à ma lecture, et plus je me dis que Mordre n’est pas jouer est un tome destiné à ravir avant tout les fans du couple Ethan/Merritt. Les autres ne seront pas très emballés, comme moi. 

Pour le reste, rien de nouveau à Chicago et pas vraiment de méchants qui valent la peine…

Espérons un meilleur tome 4…

Un troisième tome mou du pamplemousse, quoi … 

[Challenge ABC 2012, Littératures de l’imaginaire, Lettre K] « Les Royaumes invisibles, 1, La Princesse maudite » de Julie Kagawa

Editions Harlequin (Darkiss)

Publié en 2011 ~ Langue : Française ~ 548 pages

Temps de lecture : Moins de 24 h

Plaisir de lecture  Bon mais…

Synopsis

Ethan a disparu… A la veille de son seizième anniversaire, Meghan découvre qu’on a enlevé son petit frère. Dans le même temps, elle apprend qu’elle est une fille fée, la princesse maudite d’un royaume invisible dont il lui faut franchir la porte si elle veut retrouver Ethan. Prête à tout, Meghan accepte de passer de l’autre côté du miroir au risque de sa vie. Et, sitôt transportée dans la forêt magique, elle voit se dresser en travers de sa route le prince Ash, le plus dangereux des êtres dangereux qui peuplent les royaumes invisibles…

******************************************************************

Pas désagréable à lire somme toute mais un peu trop orienté jeunesse à mon goût. J’ai eu l’impression de lire une version expurgée du Faërie de Raymond Feist.

Julie Kagawa a beaucoup d’imagination et les personnages sont sympathiques (surtout Ash et Puck parce que Meghan est un peu trop niaise parfois) mais j’ai eu l’impression d’avoir eu un fourre-tout reprenant pêle-mêle tous les ingrédients «incontournables » de la fantasy entre les mains . Tous les poncifs sont de sortie et les créatures fantastiques présentes de A à Z.

En fait, ce roman aurait gagné a être un peu «élagué » car en l’état, il est un peu trop touffu et n’a pas d’univers ou d’identité propre. Il est composé d’ingrédients puisés ça et là et au final il finit par devenir stéréotypé. Après, je n’ai pas détesté non plus. La seconde moitié est même plutôt enlevée après un début un peu plat.

Je ne sais pas si les suites apporteront beaucoup plus de légitimité ou d’originalité à l’univers de la saga mais peut-être les lirai-je.