« Le roi disait que j’étais diable » de Clara Dupont-Monod


Éditions Grasset
240 p.
Date de parution : 20 août 2014
Note 4étoiles-trèsbonmais
Synopsis

Depuis le XIIe siècle, Aliénor d’Aquitaine a sa légende. On l’a décrite libre, sorcière, conquérante : « le roi disait que j’étais diable », selon la formule de l’évêque de Tournai…
Clara Dupont-Monod reprend cette figure mythique et invente ses premières années comme reine de France, aux côtés de Louis VII.
Leurs voix alternent pour dessiner le portrait poignant d’une Aliénor ambitieuse, fragile, et le roman d’un amour impossible.
Des noces royales à la seconde croisade, du chant des troubadours au fracas des armes, émerge un Moyen Age lumineux, qui prépare sa mue.

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Passionnée par la figure fascinante d’Aliénor d’Aquitaine depuis l’adolescence, Le roi disait que j’étais diable est le roman de la rentrée littéraire 2014 qui m’attirait le plus parmi l’offre plus que pléthorique de cette année.

Je ne connaissais pas Clara Dupont-Monod, journaliste et écrivain, dont le roi disait que j’étais diable est le sixième livre.
Je ne regrette pas de l’avoir découverte en acquérant son nouveau roman dès sa sortie.

Court mais dense, ce roman historique légèrement romancée, m’a véritablement emportée et j’ai passé quatre heures de pur délice en sa ô combien merveilleuse compagnie.
Je le claironne tel ces sonneurs de cors de jadis, Clara Dupond-Monod gagne à être lue et mérite d’être connue.
Dans ce récit à deux voix, Clara Dupont-Monod se concentre sur une période de la vie (longue et mouvementée) d’Aliénor d’Aquitaine (de 1137 à 1151, depuis son mariage avec Louis VII, en passant par leurs quinze ans de vie commune, et jusqu’à sa rencontre avec Henri de Plantagenêt, le futur roi d’Angleterre.

Habituellement, peu friande de l’utilisation du présent narratif, j’avoue que son usage ici ne m’a pas gênée, bien au contraire, la plume de C. Dupond-Monod m’a conquise. Rythmée, ciselée et poétique, elle déborde de couleurs, de parfums, de sons et de sensations. En un mot : d’intensité. Les rappels historiques sont présents sans être lourds. Les références biographiques et chronologiques distillées avec subtilité.
Sur un fond historique bien documenté, Clara Dupont-Monod entremêle alternativement les voix et les pensées secrètes d’Aliénor d’Aquitaine et de Louis VII tissant le portrait intime de deux êtres trop dissemblables pour réussir à s’aimer mais qui devront pourtant remiser leurs différences pour parvenir à gouverner le royaume de France au cours d’une union bancale qui durera quinze ans.
Certes, on pourra reprocher à C. Dupond-Monod d’appliquer un traitement d’analyse psychologique par trop moderne aux protagonistes, figures historiques du XIIe siècle, cependant, cette méthode qui pourrait apparaître comme anachronique ne m’a pas choquée.

La première partie, statique et discursive, pourra frustrer les amateurs d’action à tout-va mais l’auteure se rattrape bien dans la seconde moitié en intégrant de bonnes scènes de batailles au moment de sa reconstitution des croisades en Orient, avant d’opérer un retour au calme dans les dernières pages, en confiant la narration à une tierce personne, l’oncle d’Aliénor en l’occurrence, dont le regard extérieur apporte une plus-value certaine au récit.

Davantage qu’un roman historique, ce roman dresse le portrait intime d’un couple en crise, victimes de leurs différences irréconciliables, de leurs contradictions, et de leurs idéaux incompatibles.
Le couple et ses problèmes relationnels, sujet intemporel s’il en est.
Tout le talent de C. Dupont-Monod s’exprime également dans la manière dont, en partant d’un moment précis de notre histoire de France superbement ancré dans son contexte, elle parvient à offrir aux lecteurs un récit empli d’humanité qui tend à l’universel.

Du même auteur on m’a chaudement recommandé La passion selon Juette, récit d’une jeune fille en pleine guerre cathare au XIIe siècle. Et je crois bien que je vais me laisser tenter…

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Un commentaire

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