« Tes mots sur mes lèvres » de Katja Millay

2014 Editions Fleuve Noir (Territoires)
Langue française – 501 pages | Traduit par Juliette Lê
Temps de lecture : 4 jours
Note 3étoilesbon
Synopsis

Ancienne pianiste prodige, Nastya Kashnikov désire aujourd’hui deux choses : traverser sa période de lycée sans que personne n’apprenne rien de son passé, et faire payer le garçon qui lui a tout pris – son identité, son âme, sa volonté de vivre.

L’histoire de Josh Bennett n’est un secret pour personne. Chaque être qu’il a un jour aimé lui a été pris, jusqu’à ce qu’à 17 ans, il ne lui reste personne. Désormais, il veut qu’on le laisse seul, et les gens le font car quand votre nom est synonyme de mort, tout le monde est enclin à vous laisser votre espace.

Tous… sauf Nastya, cette mystérieuse nouvelle fille à l’école qui a commencé à venir le voir et ne veut plus s’en aller, s’insinuant dans chaque aspect de sa vie. Mais plus il apprend à la connaître, plus elle devient une énigme. Alors que leur relation s’intensifie et que des questions sans réponses s’accumulent, il commence à se demander s’il apprendra un jour les secrets qu’elle cache… ou même s’il le souhaite réellement.

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Je lis très peu de romance car je n’aime pas cela en règle générale, (à l’exception d’une romance historique de temps en temps et encore plus que rarement !), et je pensais trouver mon bonheur de lectrice en commençant celle-ci . Une impression confirmée par le gros quart du roman. La relation entre Nastya et Josh me semblait prometteuse, elle sonnait réaliste, loin de toute guimauve excessive.
Et puis paf! Tout est retombé comme un soufflé au fromage dans le four. Oui, j’ai vite déchanté. Déjà en prenant conscience, une fois la centaine de pages dépassée, du fait que ce roman tournait en rond. Alors, déjà que l’intrigue en elle-même ne déborde pas d’une folle imagination et n’est pas renversante de suspense, imaginez qu’en plus ( ! ), il se passe pratiquement toujours la même chose dans ce roman long et répétitif.

Le personnage de Josh (heureusement qu’il est présent dans l’histoire !) est celui auquel je me suis davantage identifié. C’est un jeune homme touchant qui vit ses chagrins de manière très pudique, et il fut pour moi la seule raison (valable) d’aller au bout de cette lecture en demi-teinte.

Nastya m’a vraiment beaucoup agacée tout au long de ma lecture. Du moins jusqu’aux derniers chapitres où cela s’arrange (un peu). Mais sa façon de prendre les gens de haut et sa conduite victimaire m’ont gâché une bonne partie de ma lecture. Certes, elle a vécu un cauchemar  qui a brisé son rêve de devenir une pianiste émérite, et en reste traumatisée. Mais est-ce une raison pour envoyer paître jusqu’à ses propres parents ? N’est-ce pas un peu excessif comme comportement d’aller jusqu’à refuser d’envoyer un texto de temps en temps à sa mère pour la rassurer ? Oui, je comprends qu’il lui soit difficile de se reconstruire après ce drame. Oui, c’est difficile de s’en relever. Mais elle est en VIE. Elle a eu la chance de s’en sortir. Pourquoi alors ne pas prendre un nouveau départ ? Profiter encore plus de la vie. Non, mieux vaut s’apitoyer sur son sort. Étrangement, je n’ai cessé de la comparer à Hazel, l’héroïne de Nos Étoiles contraires de John Green. Et je peux vous dire que la comparaison tourne au désavantage de « Nastya ». Dans une situation tout aussi dramatique (voire plus) Hazel a 100 000 mille fois plus de classe, de courage, de sagesse, de force de caractère et de volonté que Nastya/Emilia.

Je sais…je sais, vous allez me dire que son attitude hautaine et méprisante est un acte délibéré chez le personnage, que cette attitude est une forme de carapace contre le monde, une protection derrière laquelle elle se réfugie, afin de renvoyer une fausse image d’elle-même et avoir enfin la paix qu’elle désire. J’ai compris tout cela. Oui, n’empêche qu’elle est énervante à prendre ses grands airs et à se comporter en monomaniaque égoïste avec les gens qui l’entoure.
Certes, elle ne peut plus jouer de piano, mais elle pourrait faire tant d’autres choses, dénicher de nouvelles passions ? Eh, bien non.
J’ai souvent eu l’impression que le personnage rendait tout le monde responsable de son drame, alors que ce n’est la faute de personne, sinon à la malchance !

Il m’est même arrivé à certains moments de ne plus la supporter. Elle me sortait par les yeux. Non seulement, je ne la comprenais plus du tout, ni elle ni son comportement, mais encore moins ses réactions et ses sautes d’humeur incessantes. Je la trouvais si obtuse, si idiote, que j’avais parfois envie de la secouer comme un prunier pour lui apprendre à se respecter un minimum et à se remuer un peu. Je veux dire l’auto-apitoiement, ça va bien 5 minutes mais sur 500 pages, c’est saoûlant. D’autant que l’intrigue est fortement répétitive. Chaque journée du livre est presque identique à la veille. Il ne se passe rien. Le tout est d’un routinier : lycée, menuiserie, faire des cookies, aller à des fêtes et finir bourrés au point d’en vomir ^^

De plus, soyons honnêtes : ce qui tient surtout en haleine ici, plus que l’évolution de la relation (prévisible) entre Nastya et Josh, c’est davantage d’apprendre ce qui est arrivé à Nastya deux ans plus tôt, et si possible avec des détails. Ce roman réveille chez le lecteur une fibre voyeuriste assez déplaisante, en définitive.

Quant au style, il est simple, accessible, mais j’ai fait une overdose de mots crus et d’obscénités au fil de ma lecture. En outre, j’ai trouvé que Katja Millay proposait une vision plutôt caricaturale de la jeunesse middle-class américaine : baiser avec tout ce qui bouge, se bourrer la gueule et fumer des joints, voilà en grande partie les occupations favorites des adolescents qu’elle met en scène. Ça ne vole pas très haut d’un point de vue intellectuel, hein!
Enfin, comme on dit il faut bien que jeunesse se passe …

Un livre dont j’attendais bien autre chose, et qui ne m’aura ni bouleversée ni renversée dans les pâquerettes. Pire, avec le recul, je me rends même compte que j’ai passé un moment de lecture à peine divertissant. Même si, j’ai (parfois) esquissé un sourire en assistant à quelques-uns des duels verbaux entre Nastya et Josh (notamment lors de la scéne des voeux au centre commercial).

Bref, si cette romance contemporaine n’est pas indigne pour autant, (j’ai lu bien pire en ce registre), cela reste une « petite » lecture. Ni mauvaise, ni excellente, moyenne, disons. J’ajouterai en conclusion, que j’avais davantage apprécié Nos Étoiles contraires.

 

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3 Commentaires

  1. froggy80

    Pour ma part, j’ai adoré ce roman !!! Il est intéressant de voir combien d’une personne à l’autre le point de vue et l’impression peut être différente 🙂

  2. Phebusa

    Je comprends bien ton avis.
    J’ai moi aussi apprécié Nos Etoiles contraires, ou encore Loin de tout…
    C’est plutôt répétitif… C’est l’atmosphère et le passé de N. qui intéresse, oui.
    J’ai apprécié mais je n’en ferai pas toute une histoire non plus 🙂

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