[Challenge de Calypso, Session « Pierre », « Pierre de lune » de W. Wilkie Collins

2003 Editions du Masque (Labyrinthes )
Langue française – 574 pages
Temps de lecture : 6 jours
Note 3étoilesbon
Synopsis

Ami et rival de Dickens, Wilkie Collins invente avec Pierre de lune le premier récit policier moderne, et donne au roman une nouvelle mission : dire et montrer ce qu’il est de bon ton de taire et de cacher. Borges, T. S. Eliot, Charles Palliser aujourd’hui, considèrent ce livre comme l’un des sommets absolus du genre. Il n’est évidemment pas question de résumer ici ce roman gouverné de bout en bout par la peur, oeuvre  » hitchcockienne  » avant la lettre, qui réussit cet inquiétant tour de force : une fois le livre refermé (après quelques nuits blanches), chaque lecteur possède, ou croit posséder, son interprétation du mystère. Du très grand art. Précisons que la présente édition de Pierre de lune est la seule en français à n’avoir été ni censurée ni abrégée.

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Ce roman n’est pas mauvais, il est loooooooooooooooooooooong!

L’intrigue, divisée en deux périodes narratives prises en charge par divers relateurs, prend vraiment son temps pour s’installer. La première centaine de pages est pauvre en sensations de lecture. De plus, on peine à s’y retrouver parmi une distribution de personnages touffue et on se perd dans l’arbre généalogique. Je me suis ennuyée.
Le mystère de la disparition du diamant apporte un enjeu mais qui ne m’a pas plus transcendée que cela. Sa parentèle avec les policiers à tiroirs style Rouletabille.
La narration repose sur plusieurs témoins oculaires de l’affaire. Lesquels se succédent par écrit, sous la forme d’une déposition, comme à la barre d’un tribunal. Un procédé très prisé de W. Collins puisque déjà utilisé dans La Dame en blanc. D’abord Bettetedge, l’intendant de la demeure de campagns
e où se déroule l’intrigue. Un personnage de vieillard bourru assez drôle en lui-même. Même si sa misogynie prononcée m’a souvent fait lever les yeux au ciel. Serais-ce notre bon W. Collins, le macho ? En tout cas les théories machistes qu’il place dans la bouche de Betteredge laissent perplexe. Puis Miss Clake. Une cousine éloignée de la famille, une vieille fille indiscrète et bigote dont le fanatisme religieux (et l’hypocrisie) prête beaucoup à sourire tant le personnage est ridicule bien malgrè lui, (l’épisode des brochures pieuses est très amusant). Drusilla (c’est son prénom passe ensuite la plume à Mr Bruff, le vieil avoué de la famille dont la narration paraphrase et récapitule beaucoup celle des autres (heureusement, ce passage est court). Ensuite, c’est au tour de Franklin Black de faire son retour sur le devant de la scène (il avait disparu depuis la fin de la premiére période) et de s’acquitter de son témoignage. Imité bientôt par Ezra Jennings (un homme de sciences). Et comme W. Collins aime à multiplier les modes de narration, il ne s’agira pas d’une lettre cette fois mais d’extraits de journal. À Franklin Blake et au sergent Cuff et à Mr Candy revient alors l’honneur de conclure le récit.
Le sergent Cuff est savoureux. Un peu comme un ancêtre de Hercule Poirot. Un cousin éloigné de Sherlock Holmes. Il est fort dommage que le personnage apparaisse si peu de temps dans le roman.

J’avoue que la principale critique que je puis faire à ce roman est sa longueur excessive, alimentée par des redites et des paraphrases inutiles. La forme prime sur le fond, les modes de narrations alternatifs et la saveur de certains personnages transcendent une intrigue sans réel piquant, même si elle nous fera nous interroger, elle ne nous tiendra pas éveiller des nuits durant comme l’affirme le résumé. A contrario. Je me suis retrouvé à piquer souvent du nez sur ce roman. Je le regrette, mais ce livre m’a profondément ennuyé. S’il souffre des mêmes « défauts », il me souvient que La Dame en blanc, (lu l’an passé) m’avait davantage tenu en haleine.

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Un commentaire

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