« Belle Epoque » d’Elizabeth Ross

Editions Robert Laffont (R)

2013 Langue française – 416 pages | Traduit par Madeleine Nasalik

Temps de lecture : 2 jours

Note 3étoilesbon

Synopsis

« Louez un faire-valoir, vous en deviendrez d’emblée plus attirante. »

Lorsque Maude Pichon s’enfuit de sa Bretagne natale pour échapper à un mariage dont elle ne veut pas, elle monte à Paris, ville-lumière en ébullition à la veille de l’exposition universelle de 1889. Hélas, ses illusions romantiques s’y évanouissent aussi rapidement que ses maigres économies. Elle est désespérément à la recherche d’un emploi quand elle tombe sur une petite annonce inhabituelle : « On demande de jeunes filles laides pour faire un ouvrage facile. » L’Agence Durandeau propose en effet à ses clients un service unique en son genre : le repoussoir. Son slogan ? « Louez un faire-valoir, vous en deviendrez d’emblée plus attirante. » Étranglée par la misère, Maude postule…

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Comme de juste, Belle Epoque (paru dans la Collection R) est un roman destiné avant tout à la jeunesse (le cœur de cible de la collection) mais reste sympathique à lire dans l’ensemble. L’immersion historique est trop légère (du moins à mon goût). L’époque n’est que survolée. Le Paris proposé est trop « carte postale ». Les descriptions « bateau » ne sont pas assez détaillées ni vivantes. L’auteure porte un regard de touriste sur la ville-lumière, et se contente presque dirait-on de Wikipédia pour mettre en scène son Paris de carton-pâte. Cela manque d’approfondissements, d’atmosphère, bref, d’âme tout simplement. Dommage.

L’écriture est simple et bourrée de clichés. Je cite un exemple parmi d’autres : « La ville était recouverte d’un manteau de neige » (quelle originalité)…  mais encore une fois, cela reste agréable à lire.

Par contre, Maude est vraiment une héroïne agaçante, voire antipathique. Dès les premières pages du roman, elle montre une prédisposition à l’orgueil et à la suffisance. Très vite, elle se laisse tourner la tête, perd son recul et devient prétentieuse. J’avais beau me dire que sa vanité croissante et sa superficialité étaient à mettre sur le compte de la nature humaine, je ne pouvais m’empêcher de tiquer tout de même. Car son comportement me paraissait subir un changement trop radical (et rapide) pour être crédible. Et plus j’essayais de me mettre à sa place, de me projeter dans sa situation, et plus ses réactions me paraissaient exagérées ou peu crédibles. Son revirement est d’ailleurs tout aussi précipité et bancal. Volonté de l’auteure oblige de terminer sur une note morale et positive. J’ai largement préféré Isabelle à Maude, un beau personnage de jeune fille éprise de liberté et de modernité, luttant contre les conventions. Et bien sûr, la sympathique et délurée Marie-Josée qui m’a beaucoup touchée et amusée.
Paul est un personnage attachant mais qui comme tous les personnages masculins du roman m’a semblé  sans consistance. Une sorte de caricature de l’artiste pauvre et maudit du dix-neuvième siècle, dont il réunit tous les traits récurrents.  Du reste, aucun des protagonistes ne m’a semblé vraiment « habité »dans ce récit. Faute d’avoir été suffisamment travaillés, ils sonnent « creux ». On dirait une rangée de mannequins en vitrine d’un magasin. Presque des esquisses dans un carnet.

Le message véhiculé est fort louable, bien sûr, mais il aurait gagné à être délivré avec plus de profondeur. À lire donc pour la bonne idée de Zola, (rendons à César ….), exploitée plus ou moins correctement par E. Ross, et pour le message que le roman délivre sur le jeu des apparences et les dangers du paraître  au travers de l’histoire de Maude. 

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5 Commentaires

  1. latetedansleslivres

    J’ai vu beaucoup de très bons commentaires sur le roman donc ça fait plaisir de voir une critique qui est quand même plus nuancée! Je serais tout de même curieuse de le découvrir, mais bon, si l’héroïne est agaçante, ça n’aide pas pour apprécier l’histoire plus que ça!

  2. Alison Mossharty

    Je me sens moins seule ^^ J’ai aussi pas trop aimé sa façon de décrire Paris (enfin, je dirais plutôt sa façon de ne pas décrire Paris au final XD)
    Cependant, j’ai plus apprécié l’histoire que toi mais le côté description m’a beaucoup déçu, j’en attendais surement trop ^^ Mais ça me fait plaisir de trouer quelqu’un qui a eu le même ressenti que moi au niveau du décor =)

  3. Pingback: La Gazette Elfique n°20 | Reveline

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