[Historique] Baby Challenge 2014« Inconnu à cette adresse » de Kathrine Kressmann Taylor

2012 Editions J’ai Lu
Langue française – 86 pages
Titre original : Address Unknown
Temps de lecture : 20 minutes
Note  4étoiles-trèsbonmais 18/20
Synopsis

Martin Schulse, Allemand et Max Eisenstein, juif Américain, sont deux galeristes associés, aux Etats-Unis. Ils sont surtout deux amis fervents, deux frères. Malgré l’installation de Martin à Munich, ils poursuivent leur amitié à travers des lettres chaleureuses, passionnées. En juillet 1933 pourtant, les doutes et le malaise de Martin face aux remous du gouvernement allemand font vite place à un antisémitisme que ne tempère plus la moindre trace d’affection. D’une cruauté imparable, sa décision tombe comme une sentence : « Ici en Allemagne, un de ces hommes d’action énergiques, essentiels, est sorti du rang. Et je me rallie à lui. » Max ne peut se résoudre à une telle révolution, sentimentale et politique.

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Une nouvelle parfaite. Trop courte mais intense qui se lit d’une traite, d’un souffle.
J’ai eu le ventre noué durant les vingt minutes qu’aura duré ma lecture.
Comme l’amitié est prompte à se transformer en haine ! Avec quelle facilité l’être humain peut se laisser manipuler pour un peu plus de confort matériel ou une meilleure position sociale ! Au point de renier ses convictions profondes et de se renier soi-même. Cela est effrayant et en dit long (et juste, je pense) sur la nature humaine.
Édifiant, vraiment.

Certes, le « basculement » de Martin est (peut-être) un peu trop rapide pour être totalement crédible. J’ai trouvé cette radicalisation du personnage trop brutale, précipitée, (en deux lettres environ),.et j’aurai souhaité que celle-ci fut plus progressive et donnée à constater de manière plus subtile.

Martin est, par la force des choses,un personnage fortement antipathique et qui m’a hérissé le poil. Cependant, l’homme m’a déplu dès l’entame du récit où il.se permet certaines réflexions assez misogynes et déplacées.

Max, est un personnage qui m’a beaucoup ému. Même s’il se montre un peu trop idéaliste. Parfois, un peu mollasson. Griselle, bien que seulement évoquée au travers de la correspondance de Martin et Max, est un personnage qu’on devine attachant et qui devient le symbole de la liberté face à cette montée de l’oppression.
J’ai adoré la fin, d’un machiavelisme rare, et à laquelle on ne s’attend pas du tout. Quelle intelligence dans le ton et quelle profondeur dans le propos. Surtout, lorsqu’on songera à quel point Kressman était une visionnaire. Cette nouvelle ayant été écrite et publiée plusieurs années avant la guerre 39/45!
Une lecture marquante.

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6 Commentaires

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