« Tokyo » de Mo Hayder

Editions Pocket (Thriller) (2005)

473 pages

Temps de lecture : 2 jours

Note cinqétoilesexcellent

Synopsis

Quand Grey débarque à Tokyo sans attaches, argent ni bagages, elle a beaucoup à prouver et encore plus à cacher.
Sa rencontre avec Jason, pour lequel elle éprouve une fascination immédiate, est déterminante : il lui trouve un toit, une maison délabrée vouée à la démolition, et un emploi dans un club à hôtesses très privé. Ses clients ? Des yakuzas et un étrange infirme accompagné d’une nurse à la silhouette monstrueuse… Moeurs inavouables, violence, écrasant secret… Ce nouvel univers est pourtant familier à Grey.
Le but de son voyage ? Retrouver un mystérieux film à l’existence contestée datant de l’invasion de la Chine par les Japonais. Un seul homme pourrait l’aider. Un survivant du massacre qui refuse de répondre à ses questions…

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La classification de ce roman est trompeuse, plus qu’un thriller, il s’agit davantage d’un roman noir à forte connotation historique puisqu’une grande partie est consacrée à relater l’occupation japonaise en Chine à la fin des années 30.

Glauque, dérangeant, malsain, psychologiquement brutal parfois, ce roman est placé sous le signe de la dualité : Deux personnages, deux histoires, deux générations, deux époques, deux destins, deux trajectoires paralléles, en deux pays dont liés par un passé commun et terrible (Chine et Japon) et entre passé et histoire plus contemporaine (des années 90).

Il bénéficie d’une ambiance réussie, d’un climat angoissant qui va crescendo, et du style de Mo Hayder que j’ai trouvé trés intéressant dans sa crudité bucolique, sa poésie contemplative et percutante, qui met en valeur la beauté du Japon, ce pays entre tradition et modernité, une réalité fort bien illustrée et retranscrite par Mo Hayder par ses mots et l’ambiance globale de son récit.

J’ai adoré en apprendre davantage sur la colonisation de la Chine par le Japon (période historique assez nébuleuse pour l’Européenne que je suis), et que Mo Hayder nous raconte sans fard et sans concession aucune, en nous en dévoilant toute l’horreur. Notamment, les actes barbares commis à Nankin en 1937 et dont on sait peu de choses en définitive.

Grey est une héroïne des plus complexes avec laquelle l’identification s’avère difficile, du fait d’abord de l’étrangeté de sa quête, mais surtout de sa personnalité ambigüe et mutique. Héroïne en constante mutation, presque en gestation d’elle-même, Grey  hante les pages du livre de son errance psychologique, de ses désirs inassouvis, de son aspiration à la normalité et à une impossible rédemption.  Elle traverse le roman,  telle une femme – chrysalide attendant de se libèrer de son carcan pour s’accomplir. Troublant. Le théme de la métamorphose, de l’éclosion du cocon d’insecte, est d’ailleurs trés présent au sein de ce roman et rajoute au côté organique de l’écriture de Mo Hayder.

Dommage, cependant, que l’intrigue comporte des longueurs, même si l’histoire tient sans mal le lecteur en haleine jusqu’à un dénouement proprement bouleversant et hallucinant de noirceur.

Un très très bon roman, aiguisé comme un katana, et qui nous chahute comme une secousse sismique de force 10. Je le conseille très fortement. En ce qui me concerne, je sais que je n’oublierai pas cette lecture de sitôt. 

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5 Commentaires

  1. Pingback: « Fétiches » de Mo Hayder | Reveline
  2. bambi_slaughter

    J’avais aussi adoré ce thriller (lu il y a au moins 4 ans) et je n’ai toujours pas oublié cette lecture. L’impression que m’a faite l’infirmière ne s’oublie pas aussi facilement. J’ai Birdman dans ma PAL et j’espère le lire avant 4 ans ^^

  3. Pingback: Pig Island de Mo Hayder | Reveline

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