« Au revoir là-haut » de Pierre Lemaitre

Editions Albin Michel (2013)
567 pages
Temps de lecture : 4 jours
Note 4étoiles-trèsbonmais
Synopsis

Rescapés du chaos de la Grande Guerre, Albert et Edouard comprennent rapidement que le pays ne veut plus d’eux. Malheur aux vainqueurs ! La France glorifie ses morts et oublie les survivants. Albert, employé modeste et timoré, a tout perdu. Edouard, artiste flamboyant mais brisé, est écrasé par son histoire familiale. Désarmés et abandonnés après le carnage, tous deux sont condamnés à l’exclusion. Refusant de céder à l’amertume ou au découragement, ils vont, ensemble, imaginer une arnaque d’une audace inouïe qui mettra le pays tout entier en effervescence. Bien au-delà de la vengeance et de la revanche de deux hommes détruits par une guerre vaine et barbare, Au revoir là-haut est l’histoire caustique et tragique d’un défi à la société, à l’État, à la famille, à la morale patriotique responsables de leur enfer.

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L’écriture de Pierre Lemaître n’est pas parfaite loin de là, écriture sans réelle recherche, répétitions, phrases-fleuves, trop de virgules, mais elle est si « vivante » qu’elle contribue à impliquer très vite le lecteur dans le récit. Ironique quand on y pense, d’ailleurs, n’est-ce-pas, une écriture vivante pour un récit de mort, un récit de guerre ? Rien que la premiére partie sur Albert coupe le souffle. Pierre Lemaître prend le temps de raconter, de détailler, de donner à « voir » et, soudain, c’est comme si le lecteur était dans le roman aux côtés des personnages ou se substituant à eux. Organique, le mot est lâché, c’est une écriture organique, viscérale, sensitive.
Les phrases sont parfois trop longues, un peu brouillonnes, voire répétitives, mais c’est surtout dû au fait que l’écriture de P.Lemaître déborde de vie pour lutter contre l’horreur.

J’ai appris beaucoup de choses sur cette période de l’histoire en lisant ce roman, des choses peu connues sur ces lendemains qui déchantent, laissés aux mains des charognards, des profiteurs de guerre.

Mettant en scéne des personnages attachants ou répugnants, à commencer par ces loosers magnifiques que sont Albert (touchant tout autant que drôle) et Edouard (une gueule cassée dans la tradition du genre, excentrique à souhait), ce roman choral possède des personnages forts et explore divers thémes parmi lesquels la famille, le pouvoir et la moralité…

Méritait-il pour autant, malgré toutes ses qualités narratives et son style enlevé, de recevoir le Goncourt?
Je n’en suis pas certaine car le style assez plat m’a un peu déçue, et j’ai constaté un certain manque de profondeur gênant dans la reconstitution historique. Car c’est parfois un roman qui vire trop à la galéjade, et à la farce. Certes, c’est une oeuvre picaresque qui nous est proposé ici mais un approfondissement psychologique et un peu plus d’émotion lors de certaines scènes auraient pu être appréciables.

Prenant, le roman l’est assurémment, car P. Lemaître applique avec brio, les codes du thriller à son roman historique, ce qui en fait presque un « page-turner » tant on peine à lâcher cet ouvrage qui nous tient en haleine jusqu’au bout, malgré certaines longueurs un peu plombantes, qui essouffle le récit dans sa seconde partie.

J’ai beaucoup aimé la fin, très bien troussée.

En conclusion, un bon roman mais pas un GRAND roman. Toutefois, j’en conseille la lecture car celle-ci se révèle très plaisante.

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3 Commentaires

  1. Lybertaire

    Au contraire, l’écriture est superbe ! J’aime les phrases fleuves, l’oralité dans l’écriture ! Et j’ai aussi adoré la fin, je trouve qu’elle est classe !

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