« La garçonnière » d’Hélène Grémillon [Partenariat PriceMinister-Rakuten 2013]

Editions Flammarion (2013)

300 pages

Temps de lecture : 2 jours

Note 3étoilesbon (14/20)

 Synopsis

Ce roman est inspiré d’une histoire vraie. Les événements se déroulent en Argentine, à Buenos Aires. Nous sommes en août 1987. C est l’hiver. Les saisons ne sont pas les mêmes partout.
Les êtres humains, si.

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Dés le prologue, très joliment écrit, et fort intriguant (du fait, que nous ignorons tout des personnages au départ), la dimension romanesque se déploie, un potentiel qui s’incarne notamment dans le personnage de Lisandra, à la fois mystérieuse et fragile.

Renforcé par une narratologie originale, servi par des chapitres courts, mais aussi parfois desservie par une écriture un peu trop simpliste et une crudité qui apparait peu nécessaire en maints endroits, La Garçonnière m’a souvent laissé dubitative. Car, force est de reconnaitre, qu’en regard du premier roman de l’auteure, Le Confident (que j’avais bien aimé malgré quelques réserves imputables aux maladresses inhérentes à tout premier roman), l’écriture d’Hélène Grémillon a baissé en qualité (reste à savoir si cela est volontaire, une démarche assumée pour « coller » à l’ambiance du récit, ou non). L’alternance entre les temps du récit est troublante. De même que la narration, où les voix de Vittorio et d’Ana Maria se fondent et se confondent l’une en l’autre pour offrir un narrateur hermaphrodite et possédant une double sensibilité qui permet d’enrichir la « vision » du lecteur. La bonne idée de l’auteure est surtout ici de faire cohabiter efficacement plusieurs modes narratifs entre eux : récit à la première personne, dialogues, relation de faits anciens, et retranscriptions d’entretiens psy enregistrés. Le tout brouillant les frontières narratives avec un certain brio, je dois le dire.

Parmi les défauts constatés, je mettrai en avant le fait que le roman perd, hélas, très vite la mécanique du thriller pour acquérir la morne dynamique d’un roman mi- historique mi- psychologique (se déroulant en argentine dans les années 80), souffre d’un manque flagrant de descriptions et d’une accumulation de dialogues creux, en ce sens où ils ne font nullement progresser l’intrigue. restant trop en surface des choses et des caractères des personnages principaux. Pareillement pour l’intrigue, qui, si elle exploite bien le contexte politique de son époque (les enlèvements et les meurtres perpétrés par la junte) en apportant une réelle densité et une noirceur appréciable dans le climat, ne se donne jamais réellement à voir, l’histoire se déroulant pour l’essentiel dans un environnement urbain, entre immeubles, cafés, prison, hôtel … aucun paysage n’est décrit,

L’enquête est prenante dans les trois premiers quarts du roman, avant de connaitre un gros creux vers le milieu, occasionné par un défilé pesant de longueurs, de digressions ennuyeuses, et qui ne se résorbe que dans les derniers chapitres. Le lecteur se verra abuser par un festival de fausses pistes diverses qui pimenteront sa lecture. Si elle ne rattrape pas les lenteurs et le manque de profondeur de l’ensemble, la fin se révèle des plus saisissantes, d’autant plus que, si l’on devine sans mal certaines choses en cours de lecture, la clef de l’énigme reste assez inattendue, clôturant cet imparfait roman sur une note satisfaisante.

Un second roman plutôt agréable à lire donc, et pourvu d’une narratologie audacieuse, mais qui n’échappe pas à ses travers. Il me laissera de lui un souvenir mitigé, l’impression que l’auteure passe souvent à côté de son propos, se doublant chez moi, d’une sensation elliptique d’ennui, consécutive au fait que les codes du thriller sont régulièrement bafoués au profit d’un verbiage oiseux, faussement psychanalytique, sorte de psychologie de comptoir qui m’a parfois donné envie de lire certaines pages en diagonale.

Merci infiniment à Priceminister-Rakuten pour leur confiance et l’envoi de ce roman.

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3 Commentaires

  1. Sia

    J’avais adoré Le Confident, celui-ci me tentait, mais ta conclusion me fait un peu peur, je crois… En même temps, elle titille ma curiosité !

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