« Les larmes rouges, 1, Réminiscences » de Georgia Caldera

Editions du Chat Noir (2011)

564 pages

Temps de lecture : 3 jours

Note 1étoile passez votre chemin

Synopsis

« Le temps n’est rien…
Il est des histoires qui traversent les siècles… »

Après une tentative désespérée pour en finir avec la vie, Cornélia, 19 ans, plus fragile que jamais, est assaillie de visions et de cauchemars de plus en plus prenants et angoissants.
Elle se retrouve alors plongée dans un univers sombre et déroutant, où le songe se confond à s’y méprendre avec la réalité.
Peu à peu, elle perd pied…
Mais, la raison l’a-t-elle vraiment quittée ? Ces phénomènes étranges ne pourraient-ils pas avoir un lien quelconque avec l’arrivée de ce mystérieux personnage dans sa vie ? Cet homme qui, pourtant, prétend l’avoir sauvée, mais dont le comportement est si singulier qu’il en devient suspect… Et pourquoi diable ce regard, à l’éclat sans pareil, la terrorise-t-il autant qu’il la subjugue ?!

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Je le dis tout de go : J’ai détesté ce roman. Ce fut un calvaire de le lire et je ne sais pas encore quelle ressource mentale, j’ai réussi à trouver en moi-même pour aller jusqu’au bout…

Je ne comprends pas l’engouement autour de ce livre. Les coups de cœur qui se multiplient et sa note incroyable sur Livraddict (19 !). Que ce livre soit surcoté à ce point par rapport à d’autres, bien meilleurs, me fâcherai presque car tout cela crée une tromperie sur la marchandise.

Oui, il s’agit d’une petite maison d’édition qui se donne un mal fou pour exister parmi les mastodontes du milieu (et je les admire énormément pour leur courage et leur ténacité)  oui, il s’agit du premier roman d’une jeune auteure française. Mais dois-je pour autant être complaisante ? Dois-je m’empêcher d’être critique et dire que j’ai aimé ? Ces paramètres ne doivent pas polluer mon objectivité.

Le gros souci du roman à mon sens, c’est qu’il n’a pas été assez retravaillé et corrigé. Je pense que ce travail a été fait, mais de manière insuffisante. Avec quelques coupes appropriées ici et là, une réécriture complète, une révision des dialogues et le choix d’un meilleur vocabulaire, le roman aurait été plus digeste. Curieusement, le style s’améliore beaucoup et devient plus fluide dans les cent cinquante dernières pages. Mais ce n’est pas suffisant pour augmenter l’intérêt d’une histoire qui n’en a aucun. 

En l’état, le style est lourd, plat, maladroit (les dialogues surtout) et répétitif. Il multiplie les phrases interrogatives jusqu’à l’écœurement, et certaines phrases sont grammaticalement incorrectes et que dire de cet usage abusif et inapproprié de la ponctuation ? Le fait qu’il ne soit qu’un alignement des pires clichés de la littérature fantastique sur plus de 500p ne confère nulle originalité à ce premier tome ( du démon du miroir, aux cauchemars gothiques, aux vies antérieures en passant par le lugubre château  sis, bien entendu, non loin de la maison de la jeune fille et habité par un superbe prince vampire ou bien encore le sang qui suinte des murs, la possession démoniaque et j’en passe…).

L’un des handicaps majeur du roman tient en son héroïne antipathique au possible, qui passe son temps à tout critiquer et prendre de grands airs supérieurs (exemple, elle dénie le droit au vieux jardinier de la mettre en garde ou de la sermonner parce que ce n’est « qu’un jardinier » après tout, un vil subalterne de sa grandiose majesté). J’ai eu envie de lui mettre des claques tout le long du bouquin. Oh, pauvre petite fifille riche qui passe son temps à chialer et essaie de se suicider pour attirer l’attention de son vilain pôpa, pfff !). Pauvre petite chose sans caractére et complétement stupide dont je n’ai jamais compris les réactions. Les vampires laissent de marbre, (c’est le cas de le dire), les scènes horrifiques sont ridicules (trop cheap) et déjà vues ailleurs (la scène de possession digne de L’Exorciste est à mourir de rire). De nombreux emprunts sont fait à d’autres auteurs (le vampire hybride mi-humain (Twilight), la fillette transformée en vampire (Entretien avec un vampire d’Anne Rice)… L’originalité n’est pas au rendez-vous. Sans compter que rien ne nous est offert dans ce tome. Hormis la découverte par Cornelia de son histoire passée et la mythologie des vampires, lorsque l’on tourne la dernière page, c’est avec le sentiment d’avoir fait du surplace pendant cinq cent pages.

Je me suis juste ennuyée et me suis forcée (et ce fut un calvaire !) à le finir en attendant un miracle qui n’est jamais venu. 

Vous allez me dire que ce billet est très sévère mais il reflète simplement ma déception qui n’a d’égale que mon agacement à avoir perdu mon temps (et mon argent). Les commentaires dithyrambiques et les notes élevées ont contribuées à ce que je place le curseur très haut sur la barre de mes attentes. Résultat, me voici bien marri ! J’ai l’impression d’avoir été abusée,  flouée et c’est un sentiment que je déteste éprouver. C’est pourquoi, en cet instant, je décide de ne plus me fier aux avis élégiaques qu’on trouvent partout sur la toile.

Amateurs de bons livres fantastiques et gothiques, de Stocker, Shelley, Rice, Féval, Gauthier, Dumas…Fuyez ! 

Je conclurai en me réjouissant de l’avoir trouvé d’occasion au lieu d’avoir dû débourser 23e 90 ! pour un livre qui n’est déjà plus dans ma bibliothèque (aucun risque que je le relise un jour), je l’ai donné à une copine. J’espère pour elle qu’elle aimera plus que moi. Après tout, tout est question de goût personnel. A croire que je n’ai pas les mêmes goûts que la plupart des lecteurs. 

Pour un avis plus complet, je vous poste l’excellent billet de Galleane qui explique bien mieux que moi les raisons pour lesquelles, elle n’a pas aimé ce roman : Galleane

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3 Commentaires

  1. Frankie

    Encore une fois, je me régale à lire un de tes billets car il détonne dans le fleuve de louanges concernant ce livre. Personnellement, j’ai bien aimé, grâce à l’univers (pas très original, certes) sombre et gothique. Mais qu’est-ce que j’ai eu envie de baffer Cornélia et ses sanglots à longueurs de pages ! Et c’est vrai qu’elle est antipathique parfois, moi c’est quand elle renvoie chier (c’est le mot) sa patronne qui se veut être une amie que ça m’a choquée.

      • Frankie

        En fait, ce n’est pas qu’on a des opinions contraires 🙂 Bien souvent, je m’aperçois que je suis d’accord avec ce que tu dis mais je ne le ressens pas forcément pareil au cours de ma lecture. 😀 En tout cas, je le redis, j’adore tes billets car au moins tu dis ce que tu penses !

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