« Avant toi » de JoJo Moyes

Editions Milady (2013)

475 pages

Temps de lecture : 2 jours

Note  4étoiles-trèsbonmais

Synopsis 

Quand Lou apprend que le bar où elle est serveuse depuis des années, met la clé sous la porte, c’est la panique. En pleine crise, dans ce trou paumé de l’Angleterre, elle se démène pour dégoter un job qui lui permettra d’apporter à sa famille le soutien financier nécessaire. On lui propose un contrat de six mois pour tenir compagnie à un handicapé. C’est alors que la jeune femme découvre Will, un jeune tétraplégique qui rêve de mettre fin à ses jours. Lou n’a que quelques mois pour le faire changer d’avis.

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Une question pour commencer : Pourquoi les handicapés sont ils toujours plein aux as dans les fictions ? Pour connaitre le handicap dans mon entourage proche, je peux vous dire que lorsque qu’on a pas les moyens financiers confortables des parents de Will, la vie quotidienne est autrement plus difficile même avec les aides sociales, il n’est pas aisé de se faire seconder dans les soins médicaux ou d’acquérir du matériel médical souvent plus cher qu’une voiture neuve. Cet aspect-là des choses m’avait déjà beaucoup agacé dans Intouchables à l’époque. 

(Fin de la parenthèse).

Depuis, toujours favorable à accorder une mort digne a qui la réclame, j’ai trouvé que ce roman, plutôt agréable à lire au demeurant, était un peu – du moins au départ – desservi  par sa maniére simpliste et unilatérale ou presque d’aborder le sujet de l’euthanasie, presque uniquement sous l’angle religieux. « Notre religion l’interdit » ou pire comme un meurtre ! A mes yeux, l’euthanasie étant un suicide assisté, ce genre de réfléxions a toujours tendance à me faire me demander (comme le fait d’ailleurs Jojo Moyes dans le roman, un bon point pour elle) comment quelqu’un peut-il juger de la qualité de vie et de la somme des souffrances des personnes prisonnières de leur propre corps. Heureusement, l’auteure a ensuite l’intelligence d’enrichir ce faisceau d’avis sur l’euthanasie en offrant d’autres points de vue (dont surtout ceux des malades) grâce aux échanges que Lou a via un forum spécialisé, ce qui permet à J. Moyes, sans avoir l’air d’y toucher, des arguments en faveur de la mort assistée, et un autre hourra pour elle, sans que cela soit fait de manière lourde et appuyée.  

Venons-en aux personnages : si Will est attachant de par son esprit caustique, son intelligence et sa détermination à vivre (et mourir) comme il l’entend, j’ai trouvé que J, Moyes avait bien dosé son personnage, entre force, fragilté, humour et pudeur. Un personnage qui m’a fait songer à Augustus dans Nos étoiles contraires de John Green. J’avoue avoir eu plus de mal avec Louisa. (une sorte de Bridget Jones en moins sympa et rigolote) qui m’a agacé dans une bonne moitié du roman. Le personnage bénéficie ensuite d’une évolution intéressante. Mais au début, Louisa est assez antipathique (de même que la plupart des seconds rôles). Son mépris initial envers les personnes âgées et les handicapés (vu comme des gens à torcher selon elle), et sa façon de  ramener toujours tout a elle, nous la montre comme égoiste et peu compatissante.  Même si rencontre avec Will la fera ouvrir les yeux et grandir enfin.  will en fait une personne meilleure et c’est l’une des plus belles réussites du roman.

Le pire étant sa réaction en apprenant le « projet » de Will. D’abord, elle est furieuse qu’on l’ai engagé pour surveiller le jeune homme. Elle est surtout choquée d’avoir été prise pour une idiote plus que par la décision du malade, dirait-on. Puis ensuite, sa réaction devieny franchement déplacée.  De quel droit peut-elle se permettre au bout de 2 mois de juger la mére de Will qui vit cela depuis 2 ans ou se mêler ainsi de la décision de ce dernier. Enfin, que dire de ce chantage ! de cette bienpensance insupportable chez elle et chez son entourage. Insupportable. Aprés, il est évident que cette réaction première est nécessaire pour illustrer l’évolution du personnages dans la deuxième moitié et puis cela a aussi le mérite de faire réfléchir le lectorat sur sa propre conception de l »euthanasie. C’est un mal pour un bien. Mais ces passages ont été difficiles à lire pour moi. 

Pour terminer sur une note plus positive, j’ai bien aimé voir nos deux héros s’apprivoiser jour après jour et devenir amis. Une jolie histoire d’amitié amoureuse écrite avec finesse et pudeur mais qui n’évite pas les clichés. Un effort est fait pour montrer le handicap de façon réaliste mais la fin est prévisible et certaines situations déjà vues ou lues ailleurs.Mais Avant toi a le mérite de poser des questions pertinentes sur le handicap et d’aborder un sujet encore tabou : l’euthanasie. 

L’écriture de J. Moyes est trés efficace, jamais larmoyante et le ton toujours juste, si bien que malgré quelques passages un peu faiblards, on devore ce roman sans s’en rendre compte. Néanmoins, sur un sujet assez proche, j’ai nettement préféré Nos étoiles contraires.

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2 Commentaires

  1. Pingback: La Gazette Elfique ≠ 19 | Reveline

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