« La dernière guerre, 1, 49 jours » de Fabrice Colin

 

Editions Michel Lafon (2012)

416 pages

Temps de lecture : 2 jours

Note cinqétoilesexcellent

Synopsis 

Je m’appelle Floryan ; j’ai dix-sept ans. Il y a quelques jours, je suis mort : un attentat dans le métro. Je me suis réveillé dans un paysage de plaines et de montagnes, somptueux, qui s’étendait à perte de vue. Un être de lumière m’a accueilli, se présentant comme un « Élohim ». Il m’a proposé un choix : soit je le suivais dans le Royaume – un paradis, selon lui, mais que je n’étais pas autorisé à voir avant de m’y rendre –, soit je plongeai dans le Nihil, un gouffre gigantesque menant vers… Vers quoi ? C’est là toute la question. Je ne sais rien du Nihil, j’ignore tout du Royaume, et j’ai quarante-neuf jours, pas un de plus, pour prendre une décision. Le problème, c’est que ce choix n’engage pas que moi…

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Ce livre est étrange mais dans le bon sens du terme. D’abord, 49 jours est un roman 2 en 1, qui associe 3 styles différents avec brio, la  Fantasy, la SF et la Dystopie (voire même l’Anticipation).  

F. Colin glisse d’un registre à l’autre avec talent et maitrise. Chaque style voit ses codes narratifs respectés,  un monde imaginaire à la Avatar avec paysages grandioses et brumeux emplis de magie et d’animaux inventés en ce qui concerne la Fantasy,  la SF est quant à elle représentée par le thème du voyage temporel (à l’aide d’une méthode surprenante que je vous laisse découvrir par vous-même) et enfin la dystopie qui nous projette dans le futur, un futur apocalyptique s’il en est qui m’a fait froid dans le dos. En effet, les raisons qui précèdent cette « fin du monde », raisons à la fois scientifiques, géopolitiques et sociales paraissent assez réalistes pour rendre le scénario plus que crédible et anxiogène.

Cependant, je me dois de souligner le fait que comme pour toute mythologie approfondie, celle de 49 jours est parfois difficile à assimiler car vraiment très riche en concepts. Mais c’est aussi cette profusion de personnages et de détails fantastiques qui la rend passionnante. Ne vous inquiétez pas si vous êtes parfois un peu perdu dans les méandres de l’intrigue. Je l’ai été aussi mais j’ai finalement réussi à tout comprendre à la fin.

Très prenant, ce roman se lit en un ou deux jours malgré une écriture parfois un peu contemplative qui crée quelques longueurs (de nombreuses descriptions) qui ne nuisent que très peu au rythme du roman dont on tourne chaque page avidement afin d’en apprendre toujours plus sur le Nihil, le Royaume, les pouvoirs de ses habitants ou le futur où vit Rain.

Si Floryan, Rain et les autres personnages importants du roman ne sont pas particulièrement attachants, ils ont quand même pour certains l’avantage d’être entiers, intéressants car pétris de contradictions et dotés de caractères assez affirmés qui en font des antihéros réussis qu’on a plaisir à voir se rebeller et agir au lieu de subir. J’ai aussi aimé le fait  que les enjeux spirituels et relatifs au personnage central du roman (Floryan) au départ, s’élargissent par la suite, une fois que ce dernier effectue ses premiers voyages dans le temps, pour devenir des enjeux concrets et universels.

Le pari de l’auteur est vraiment audacieux. Changer de registre en cours de route au risque de déstabiliser le lecteur, qui, au départ ne sait vraiment pas à quoi s’attendre, et passer ainsi sans cesse de la Fantasy à la Dystopie en passant par la SF était très risqué.

Contre toute attente, il réussit parfaitement à nous esbaudir. En lisant le quatrième de couverture, j’étais loin de m’imaginer que l’intrigue apparemment estampillée Fantasy/Jeunesse prendrait une telle direction. L’auteur s’y entend pour brouiller les frontières entre les genres de manière à ce que l’ambiance Fantasy médiévale et sa « magie » ancestrale s’accorde parfaitement avec le monde futuriste et ses technologies de pointe. La mythologie mise en place dans le roman traite tout autant de spiritualité, de légende, que de science et de civilisations disparues et étrangement malgré l’addition de ces éléments disparates entre eux, cela fonctionne très bien. L’univers est à la fois complexe, inventif et fascinant grâce à la plume ensorcelante de Fabrice Colin qui m’avait déjà séduite avec le poétique « Bal de givre ». Là encore, l’intrigue baigne dans une ambiance onirique parsemée de trouvailles comme le Nihil, l’Oniromancie ou bien encore les Altars, tout cela contribue à donner une atmosphère inédite à cet excellent roman jeunesse qui tient en haleine jusqu’à un épilogue aguicheur qui met en appétit pour la suite.

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2 Commentaires

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