[LC + Thriller Baby Challenge 2013] « Enfants de la paranoïa » de Trevor Shane

Editions Michel Lafon (2012)

363 pages

Temps de lecture : 3 jours

Note 3étoilesbon

Synopsis

Règle un : on ne tue pas les innocents
Règle deux : on ne tue pas les ennemis de moins de 18 ans

Depuis des siècles une guerre clandestine, ignorée du commun des mortels, oppose deux anciens clans qui se déchirent au nom du Bien et du Mal. Des deux côtés : des assassins endoctrinés et entraînés dès leur plus tendre enfance à haïr et détruire le camp adverse. Artistes de la dissimulation, ils maquillent leurs meurtres en actes de violences aléatoires : des affaires qui curieusement ne sont jamais résolues. Joseph, vingt ans, est l’un de ces tueurs d’élite. Plongé dans la brutalité depuis sa naissance, il ne connaît qu’une réalité : tuer ou être tué. Mais lors d’une réunion dans le New Jersey, il tombe dans une embuscade tendue par l’ennemi. Échappant de peu à ce piège mortel, Joseph se réfugie à Montréal où il rencontre Maria, une jeune innocente de seize ans. Pour la première fois, son esprit froid et impitoyable chancelle. S’il veut sauver la femme qu’il aime, il doit abandonner la vie qu’il a toujours connue et les gens qui ont combattu à son côté. Osera-t-il transgresser les règles et protéger une autre vie que la sienne ? Une seule vérité demeure : le premier à tuer est le dernier à survivre. Toutes les guerres ont des règles. Si vous les enfreignez, vous devenez la cible.

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Vraiment déçue. La classification jeunesse/SF est trompeuse. Elle m’avait fait attendre autre chose de ce roman. Pour tout dire, la SF, je la cherche encore… Je n’ai pas trouvé le début d’un commencement de science-fiction ou de fantastique dans cette histoire qui ressemble davantage à du Tarantino ou du Besson version junior.

Déjà, tout va trop vite dans ce roman. L’auteur confond vitesse et précipitation. La mise en place de l’univers est bâclée, sous le prétexte fallacieux de rester « flou », l’auteur fait de la rétention d’information et ce faisant décourage le lecteur de s’impliquer plus avant dans l’histoire. Le fait de ne rien expliquer permet aussi de dissimuler le fait que le roman pour moi manque cruellement de fond, pour ne pas dire de profondeur.

Sur le même principe, l’histoire entre les deux personnages principaux, faute d’être installée correctement au cœur de l’intrigue, ne parvient pas à être crédible. Le couple vedette n’est absolument pas touchant. Ce sont des gamins immatures et égoïstes, Roméo et Juliette de seconde zone, qui ne réfléchissent pas plus loin que le bout de leur nez et dont à aucun moment, je n’ai senti la véracité des sentiments qu’ils sont censés éprouver l’un envers l’autre. Ils passent leur temps à se disputer, se crier dessus et à se plaindre d’une situation dont ils sont les seuls responsables. Franchement, insupportables ces deux-là !

Mais le pire, c’est ce recours systématique à la pirouette scénaristique dont abuse l’auteur pour ne pas dévoiler aux lecteurs le pourquoi du comment d’une guerre qui fait rage depuis des siècles en mobilisant de gros moyens à l’insu du peuple lambda. C’est trop facile d’éluder les tenants et les aboutissants d’un haussement d’épaule. Pour ma part, pour entrer dans une histoire et m’attacher à des personnages, j’ai besoin d’un minimum d’explications, de quelques bases de réflexion, d’un petit quelque chose à me mettre sous la dent ! Là, nada. On ne saura jamais rien du pourquoi du comment et c’est hautement préjudiciable au roman. Faute de comprendre un minimum ce qui se passe, je me suis rapidement désintéressée de l’affaire et j’ai laissé les personnages s’entretuer sous mes yeux, sans émotion. Je n’ai pas réussi à m’impliquer, me suis sentie mise à l’écart du début à la fin (que j’ai vu arriver avec soulagement d’ailleurs !).

Comme le roman est en plus branché sur courant alternatif, il y a de nombreux passages (entre deux scènes de tueries et de courses-poursuites) où l’on s’ennuie ferme à lire les atermoiements incessants des personnages pris dans un road-movie bancal, répétitif et lassant qui ne m’aura happée que par intermittence.

Un dernier chapitre haletant n’a pas suffit à me faire revenir sur mon impression première et mon goût de trop peu. L’intensité arrive trop tard, de même que l’émotion, pour me donner envie de lire la suite.  Je n’en vois pas l’intérêt si l’auteur continue ainsi à snober son lecteur.

Je m’attendais vraiment à tout autre chose et c’est une grosse déception pour ma part.

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3 Commentaires

  1. Pingback: Enfants de la paranoïa (tome 1), de Trevor Shane | rexlit
  2. Flo-Tousleslivres

    OOooooh dommage que cette lecture n’a pas su te captiver…
    Pour moi c’est un coup de cœur, comme quoi, malgré quelques longueurs qui ne m’ont pas gênées, j’ai vraiment passé un très bon moment…
    Je te remercie pour ta participation à cette LC et je te dis à une prochaine fois peut-être 😉

  3. Pingback: La Gazette Elfique ≠ 18 | Reveline

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