« Parallon, 1 » de Dee Schulman

Editions Robert Laffont (R) (2013)

488 pages | Traduit par Frederique Fraisse

Temps de lecture : 2 jours

Note 4étoiles-trèsbonmais

Synopsis

L’amour fou existe, il n’est pas de ce monde.
Un gladiateur romain qui ne connaît pas la peur et une jeune fille du XXIe siècle, insouciante et rebelle. Deux mille ans les séparent, un mystérieux virus va les réunir…
152 après J.-C. : Au sommet de sa gloire, Sethos Leontis, redoutable combattant de l’arène, est blessé et se retrouve aux portes de la mort.
2012 après J.-C. : Élève brillante mais à problèmes, Eva a été placée dans une école pour surdoués, une vie qu’un incident dans un laboratoire de biologie fait basculer à jamais.
Un lien extraordinaire va permettre à Sethos et Eva de se rencontrer, mais il risque aussi de les séparer, car la maladie qui les dévore n’est pas de celles qu’on soigne, et leur amour pourrait se révéler mortel…
Leur passion survivra-t-elle à la collision de deux mondes ?

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Un OLNI assurément.

Si sur le papier, le mélange SF, jeunesse, romance et histoire paraissait bien improbable, au final, Parallon est loin d’être une bouillie informe et indigeste… étonnamment, bien que très étrange, la recette fonctionne. Du moins, sur une grosse moitié car ensuite les choses se gâtent un peu.

Pendant les deux premières parties de Parallon, j’étais certaine d’avoir entre les mains mon second coup de cœur du mois de février. Hélas, la troisième et dernière partie m’a forcé à réviser mon jugement. Cette conclusion m’a tant déçue, qu’à elle-seule, elle va coûter une étoile à un roman à qui j’escomptais accorder 5 étoiles minimum.

A lire la plupart des critiques sur ce roman édité dans la Collection R, c’est justement cette troisième partie qui a le plus séduit la majorité du lectorat. Pour ma part, c’est celle qui m’a le moins convaincue et la moins intéressée au point d’éprouver des difficultés à aller au bout de ce premier tome, dont, pourtant, j’avais dévoré littéralement les 300 premières pages.

Bien sûr, tout n’était pas parfait non plus dans les deux premières parties de Parallon, cependant, à la lumière du ratage qu’est le troisième segment du roman, les détails qui m’auront un peu dérangés au départ,  perdent après coup de leur importance.

C’est vrai que le roman souffre d’un certain déséquilibre du fait de sa narration alternée entre deux époques et deux personnages à des années-lumières l’un de l’autre. Surtout que dans la première partie les passages les plus intéressants sont ceux qui mettent en scène Sethos, le gladiateur, dans la Rome antique. J’ai pris beaucoup de plaisir à me retrouver plongé au cœur de cette époque lointaine, que D. Schulman décrit de manière assez détaillée, suffisamment pour que le lecteur embarque facilement.  A l’inverse, les passages sur Eva et sa vie dans son nouveau lycée ne sont pas passionnants à suivre. 

La seconde partie est plus équilibrée, bien que rédigée de manière plus brouillone notamment en ce qui concerne le concept de Parallon qui reste assez nébuleux voire parfois invraisemblable. Certains raccourcis ne fonctionnent pas très bien et l’intrigue perd en crédibilité. Dans le même temps, l’auteure nous fait spectateur impuissant face à l’étrange maladie de l’héroïne et des investigations que mènent cette dernière afin de découvrir l’origine de son mal. A ce moment-là, les questions se bousculent dans notre tête et nous sommes avides d’en apprendre davantage sur le pourquoi de tout cela. Ces incertitudes sont délicieusement frustrantes dans le sens où elles nous forcent à cogiter, à envisager mille solutions à nos interrogations…et il ne faut pas compter sur l’auteure pour nous donner des réponses, au contraire.

En résumé, après ces deux premières parties, j’étais enthousiaste mais ça c’était avant…

Alors, pourquoi cette déconvenue me demanderez-vous ?

Parce que dans la dernière partie, l’auteure fait un choix (c’est son droit, certes) et abandonne l’aspect SF-fantastique pour se noyer dans un fleuve de guimauve écœurant.

Dés lors, Parallon retombe dans les plus mauvais clichés du roman jeunesse (romantisme cul-cul la praline/amour impossible, blablabla) et perd son originalité pour sombrer corps et bien dans la banalité des histoires fleur bleu d’aujourd’hui.  

Ce que je retiens avant tout de ma lecture : du positif quand même ! car les deux premières parties m’ont vraiment beaucoup plu malgré quelques défauts comme un certain déséquilibre entre les parties qui occasionne des longueurs un peu gênantes, une bonne idée (Parallon) expliquée de façon nébuleuse, une héroïne (Eva) parfois agaçante avec son côté « grosse tête »  (en revanche, Sethos est un personnage qui a su me plaire et ce, jusqu’à la toute fin du roman, à contrario de Matthias que je trouvais attachant au départ mais qui ensuite n’a cessé de me décevoir tout le long du bouquin mais chut…quant aux autres personnages gravitant autour du couple vedette, je les aient trouvé parfois trop caricaturaux notamment les camarades de classe d’Eva mais bon, ce n’est pas vraiment important ).

J’ai aussi apprécié le fait que les personnages suivent pendant très longtemps deux trajectoires distinctes mais parallèles dans deux univers complètement opposés l’un à l’autre. Leur manque d’interaction ne m’a pas gêné. Cela crée un climat d’attente excitant puisqu’on se demande constamment comment ces deux êtres qui ne vivent pas dans la même époque vont bien pouvoir se rencontrer ?

Je sais que certains lecteurs ont trouvé la rencontre entre nos deux personnages principaux trop tardive mais à mes yeux c’est cela qui rendait la promesse de leur rencontre si savoureuse.

De ce livre, je vanterai également l’originalité de l’intrigue (fallait y penser quand même), le dépaysement procuré par le contexte historique (la Rome antique) et l’agréable désorientation que l’auteure nous procure en nous promenant entre l’antiquité romaine et le Londres de 2012, ainsi que le flou scénaristique savamment entretenu et qui sans cesse pique notre curiosité et nous donne envie de tourner les pages à tout vitesse pour en apprendre toujours plus sur cette intrigue très particulière.

 Pour conclure, je dirai que Parallon est une série à privilégier si vous avez l’esprit ouvert et que vous n’êtes ni trop cartésien ni trop à cheval sur la vraisemblance scientifique, autrement, vous risquez de ne pas accrocher à l’intrigue 😉

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2 Commentaires

  1. Ly'

    Je vois ce livre un peu partout, avec de très bon avis, mais personnellement, le résumé me donne vraiment pas envie! Je le trouve ennuyant :s

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