« Graffiti Moon » de Cath Crowley

Editions Albin Michel (Wiz) (2013)

297 pages

Temps de lecture : Une journée

Note cinqétoilesexcellent

Synopsis

L’Ombre et le Poète, deux mystérieux garçons, peignent la nuit des graffs sur les murs de la ville. Lucy, 17 ans, est si fascinée par l’Ombre qu’elle s’en croit amoureuse. Un soir, elle décide de partir à sa recherche. Un ami, Ed, se propose de l’accompagner dans sa balade nocturne. Lucy accepte à contrecœur car au cours de leur seul et unique rendez-vous, elle lui avait cassé le nez accidentellement et, depuis, elle l’évite comme la peste. Entre disputes, éclats de rire, discussions passionnées, bagarres et fuite à vélo, Lucy va vivre une nuit mouvementée… sans savoir que Ed et l’Ombre ne font qu’un. La naissance de l’amour chez deux êtres que tout oppose.

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Je ne m’attendais à rien de particulier en ouvrant Graffiti Moon, sinon à une énième variation autour des tourments de l’adolescence, un peu cliché et très guimauve. Mais je me trompais du tout au tout. Certes, il ne révolutionnera pas le genre mais pourtant quel joli livre !

Grâce à l’originalité de l’angle choisi pour narrer son histoire, des discussions autour de la vie, de l’art urbain et de la poésie, Cath Crowley parvient à s’affranchir des éternels poncifs des romances destinées à la jeunesse et délivre un portrait juste et touchant d’une l’adolescence en manque de repères, à mille lieux des niaiseries habituelles.

L’amour prend ici des allures de quête identitaire, de parcours initiatique, d’œuvre d’art. L’amour devient un idéal à atteindre, un bol d’air pour des personnages qui s’asphyxient dans leurs rêves et leurs désirs.

Le fait que toute l’intrigue se déroule en l’espace d’une nuit donne un sentiment d’urgence au récit ainsi qu’une atmosphère irréelle, comme une sorte de road-movie onirique. J’ai aimé l’utilisation de ce procédé narratif.

Un peu bavard, non-exempt de longueurs, à trop rechercher la poésie ou la métaphore, l’auteure donne parfois une sensation de vacuité à certains passages de son roman, Graffiti Moon n’en reste pas moins agréablement écrit. Il brille surtout par la qualité de ses dialogues souvent piquants. 

Je dois dire que les personnages sont sans doute ce qui m’a le plus séduit dans cette histoire. Surtout Ed et Lucy. Mais les seconds rôles sont également très bien campés et possèdent tous un sympathique grain de folie qui les rend drôles et attachants. Les dialogues sont souvent si décalés qu’ils en deviennent hilarants (enfin à mes yeux ils le furent). Quelques situations sont vraiment très cocasses et j’ai beaucoup ri. 

C’est vrai aussi que l’ensemble est sans surprise notable et que dès le départ la fin est prévisible mais cela ne change en rien le fait que ce petit roman est une bouffée de fraicheur et de poésie qui traite de l’adolescence avec pertinence et originalité.  

 

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