« Les Hauts de Hurlevent » d’Emily Brontë (Réactualisation)

Editions Folio (Classique) (2005)

469 pages

Temps de lecture : 5 jours

Note coupdecoeur

Synopsis

Les Hauts de Hurle-Vent sont des terres balayées par les vents du nord. Une famille y vivait, heureuse, quand un jeune bohémien attira le malheur. Mr. Earnshaw avait adopté et aimé Heathcliff. Mais ses enfants l’ont méprisé. Cachant son amour pour Catherine, la fille de son bienfaiteur, Heathcliff prépare une vengeance diabolique. Il s’approprie la fortune de la famille et réduit les héritiers en esclavage. La malédiction pèsera sur toute la descendance jusqu’au jour où la fille de  Catherine aimera à son tour un être misérable et fruste.

Ce roman anglais, le plus célèbre du XIXe siècle à nos jours, a été écrit par une jeune fille qui vivait avec ses soeurs au milieu des landes de bruyère. Elle ne connut jamais cette passion violente ni cette haine destructrice. Elle imagina tout, même le fantôme de la femme aimée revenant tourmenter l’orgueilleux qui l’a tuée.

Une noirceur impressionnante se dégage des pages de ce chef-d’oeuvre intemporel de la littérature anglaise du XIXéme siècle. L’ouvrage ne fait pas dans la demi-mesure, soit il ennuie, soit il fascine. Certains diront que ce roman doit être lu à l’adolescence pour fasciner, ce n’est pas vrai. Je ne suis plus une adolescente depuis longtemps et pourtant ce livre m’a emporté.

L’atmosphère victorienne et la vie rurale anglaise du XIXième y sont somptueusement restituées par une écriture soignée, belle et ample qui nous fait cheminer sur des landes désertes, déambuler dans de grandes demeures sombres où l’on arrange les mariages et rumine les vengeances.  La folie, la violence sont presque des personnages à part entière dans ce roman où il est quasiment impossible de ressentir un quelconque attachement pour les personnages, d’une complexité et d’une densité psychologique proprement phénoménales, que cette folie guette pour les emporter. La maladie n’émeut pas, la dépression non plus, la passion n’élève pas, elle rabaisse, même les plus beaux sentiments s’avilissent, tous les élans du coeur et de l’âme y sont corrompus.

L’astucieuse double narration Loockwood/Mrs Dean alterne efficacement les points de vue et les ressentis de chacun ce qui donne encore plus d’épaisseur au récit en favorisant les sauts temporels car si l’histoire se déroule de 1801 à 1802, nous assistons grâce à Mrs Dean à l’arrivée d’Heathcliff, 40 ans plus tôt.

Certes, cette histoire manque désespérément de chaleur et peut être perçue comme déprimante, certes, oui, certains passages descriptifs sont longuets et ennuyeux, certes le rythme est lent (à mon sens le terme « envoûtant » conviendrait mieux pour le qualifier) mais c’est  parce que l’histoire ne s’offre pas au lecteur, il faut l’aller chercher aux tréfonds des personnages autant qu’à l’intérieur de soi puisque les violents sentiments qui animent ce classique, passion, haine, vengeance bouillonnent à l’intérieur de chacun de nous et c’est là la grande force de ce roman et le grand talent d’Emily Brontë, de nous mettre face à nous-mêmes, face à ceux et celles que peut-être nous aurions pu devenir un jour en de semblables circonstances. Les Hauts de Hurle-Vent parle tout simplement de l’inhumaine humanité qui est parfois la nôtre et n’est-ce pas ceci qui est le plus dérangeant ici ?

Un coup de coeur que cette relecture a confirmé.

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Un commentaire

  1. Le Chat du Cheshire

    Les Hauts de Hurlevent fait parti de ces classiques qu’il faut absolument lire ! Certes, il ne m’a pas autant emporté que Jane Eyre ou Orgueil et Préjugés, l’atmosphère est plus noire, ce qui change « agréablement » 😉 ! Une excellente lecture, je ne me lasse pas de ce livre !

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