« Anno Dracula, 1 » de Kim Newman

Editions Bragelonne (2012)

432 pages

Temps de lecture : 3 jours

Note  coupdecoeur

Synopsis 

Londres, 1888. La reine Victoria s’est remariée avec le comte Dracula, qui entend répandre le vampirisme dans tout le royaume. Chaque soir, au crépuscule, les non-morts poursuivent les sang-chauds pour leur donner  » le baiser des Ténèbres  » et boire le sang qui leur assure l’immortalité. La terreur règne, toute révolte est impitoyablement réprimée, mais un mystérieux tueur au scalpel d’argent, en s’attaquant aux prostituées vampires, menace la stabilité du nouveau régime.

 séparateur

Apparemment, certaines personnes sont déçues par ce roman car pensaient se trouver en présence d’un thriller ou d’un roman policier. ATTENTION ce n’est absolument pas le cas, d’ailleurs l’identité du criminel est connue trés vite et le propos du livre n’est ABSOLUMENT PAS de découvrir le coupable, c’est avant tout un roman fantastique à mi-chemin entre horreur et histoire doublé d’une excellente uchronie. Vous voilà prévenus  😉 

En revanche, cet ouvrage est à réserver à un public TRES AVERTI car il pourra choquer les plus jeunes.

UN COUP DE COEUR !

A l’instar des grands romans populaires du XIXème siècle, Anno Dracula est un roman décomplexé, qui, comble du délicieux ! ne se prend jamais au sérieux, ce qui favorise une lecture au second degré, et tend avant tout à divertir le lecteur. Et ça fonctionne magnifiquement bien !  

Multipliant les péripéties dignes d’un feuilleton de cape et d’épées des années 60 et les scènes sanglantes d’un réalisme cru qui le rapproche du giallo, ces films d’épouvante italiens, Anno Dracula peut-être perçu comme une suite outrancière du Dracula de Stoker. Mais là où la suite « officielle » Dracula L’immortel de Dacre Stoker (arrière-petit-neveu de…comme son nom l’indique) échoue lamentablement à ressusciter le mythe de Vlad Tepes dans nos inconscients collectifs, Kim Newman réussi totalement, transcendant un sujet qu’on croyait pourtant éculé depuis longtemps ou pire voué à la redite, il confère beaucoup d’originalité, de romanesque et un gouleyant et irrésistible panache à son ouvrage.

Sous couvent de rendre hommage à Stoker et Stevenson ou d’évoquer Jack the Ripper, Newman reconstitue superbement l’ère victorienne et entremêle histoire réelle et histoire imaginaire. Il nous offre une uchronie brillante et pleine de verve (les dialogues sont particulièrement réussis) qui convoque personnages politiques, historiques, culturels ou imaginaires de l’époque victorienne et analyse sous un angle presque totalement vampirique les petits et grands événements ayant marqués l’an 1888.

Quelques personnages crées par Bram Stoker interviennent dans le récit et nous découvrons,  parfois avec effarement, ce que sont devenus les héros qui ont tenté de sauver Lucy des griffes de Dracula et comment les événements passés ont influé sur le caractère du Dr Seward ou d’Arthur Goldaming. Certains, vous le constaterez, ont embrassées des destinées inattendues et c’est très intéressant de les retrouver des années plus tard et dans un autre contexte. Ils sont accompagnés de nouveaux personnages, inventés de toutes pièces (et avec brio) par Kim Newman, des petits nouveaux qui se révèlent tout aussi fascinants à suivre que les anciens personnages dans les dédales des rues de ce Londres enténébré et puant, recouvert d’un linceul de fog montant de la Tamise qui confère son atmosphère si particulière, si poisseuse et mystérieuse à ce roman. Je pense surtout à Charles Beauregard et Geneviève en disant cela, qu’on peut considérer comme le « couple vedette » du roman et que j’ai beaucoup aimé voir évoluer.

Une excellente réécriture du 19ième siècle à ne pas mettre entre toutes les mains cependant. Kim Newman ne fait pas dans la dentelle. C’est cru, violent, érotique et très sanglant (certaines scènes sont même répugnantes) mais le récit est fort heureusement allégé par beaucoup d’humour et d’ironie.

En guise de conclusion, je dirai que si vous avez aimé Dracula de Stoker, et si vous aimez les classiques en général, vous aimerez très certainement Anno Dracula de Kim Newman. Même Neil Gaiman a adoré parait-il, alors plus d’hésitations, procurez-vous ce livre au plus vite !

Publicités

Un commentaire

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s