[Challenge de Calypso, Session Blanc/Blanche] « Blanche-Neige et Le Chasseur » de Lily Blake & « La Dame en blanc » de Wilkie Collins

Editions Hachette (Black Moon) (2012)

272 pages

Titre original : Snow White & the Huntsman

Temps de lecture : 2 jours

Note 

Synopsis

Dans une réécriture du conte des frères Grimm, le chasseur supposé tuer Blanche-Neige dans les bois devient son protecteur et son mentor afin de vaincre la Reine maléfique.

Le traitement du conte original reste léger voire parfois trop superficiel mais néanmoins,  je n’ai pas boudé mon plaisir car cette réécriture de l’oeuvre de Jacob Grimm est véritablement divertissante grâce à sa fluidité, sa magie trés présente et l’audacieux assombrissement d’une histoire mondialement connue.

Les nouveaux habits dont se parent Blanche-Neige sont ma foi bien séduisants.

Les personnages reçoivent un traitement assez original à l’image de Blanche-Neige qui, de princesse naïve et petite chose fragile , devient une guerrière vêtue de cuir, une Jeanne d’Arc énervée qui sait jouer du couteau. Métamorphose amusante. Le prince charmant n’est pas de l’aventure, un chasseur et un jeune duc ami d’enfance de Blanche-Neige le remplace. Le personnage de la méchante reine, belle-mère de la princesse est beaucoup plus travaillé et présent que dans l’histoire originelle et ses motivations sont plus étoffées également. Elle n’agit pas que par jalousie ou pour être la plus belle du royaume. Enfin, l’ambiance est beaucoup plus réaliste et violente que dans le conte de fées. Le romantisme est peu présent au contraire du climat guerrier.

Après, les puristes diront sans doute que tout se passe dans un laps de temps trop court dans cette modernisation, que Blanche-Neige ressemble trop à Jeanne d’Arc et que Lily Blake survole son sujet au lieu de chercher à l’approfondir, je suis d’accord, mais bien qu’un peu dénaturé, ce conte boosté à la fantasy, reste agréable et plaisant à lire. Je me suis surprise à aimer alors que je m’attendais à une complète déconvenue.

« La Dame en blanc » de Wilkie Collins 

Editions Phebus (Libretto) (2011)

666 pages

Titre original : The Woman in White (1860)

Thriller 

Temps de lecture : 3 jours

Note 4étoiles-trèsbonmais

Synopsis 

Les Français avaient oublié ce roman, ancêtre de tous les thrillers, qui fascinait Borges et rendit jaloux Dickens (roman publié ici pour la première fois en version intégrale). Il nous révèle une sorte de  » Hitchcock de la littérature  » : suspens, pièges diaboliquement retors, terreurs intimes, secrètes inconvenances – rien n’y manque. Pourtant le chef-d’oeuvre de Collins n’a jamais cessé d’être dans les pays anglo-saxons un succès populaire : l’un des plus sûrs moyens, en tout cas, d’empêcher l’innocent lecteur de dormir.

Diane Setterfield dont j’ai récemment lu et apprécié le roman Le Treizième conte est à l’origine de ma découverte de l’auteur victorien Wilkie Collins et de son œuvre la plus célèbre : La Dame en blanc.  Elle en parle en termes très élogieux et l’évoque à maintes reprises comme étant l’un des livres préférés de son héroïne. Il n’en fallait pas plus pour piquer ma curiosité.  Je me suis procuré ce roman, possédant par ailleurs une très bonne réputation dans les milieux littéraires.

On m’avait vanté une atmosphère mystérieuse à la Jane Eyre (roman que j’adore depuis longtemps) mais j’ai trouvé, au contraire, le roman trop « terre à terre » dans sa résolution de l’égnime.  Manquant à la fois de suspense mais aussi de fantasmagorie. C’est sans doute ce qui a rendu ma lecture agréable, certes, mais non point passionnante comme je l’espérais. Ce « thriller » est un peu trop sage et basique à mon goût.

Si l’originalité du roman réside dans sa construction « chorale », chaque personnage, du plus important au plus insignifiant, est convoqué à la barre d’un tribunal imaginaire, tel un témoin-clé, pour y livrer sa version des faits, l’intrigue, quant à elle reste somme toute assez classique, voire prosaïque. Et c’est dommage car on sent nettement que dans certains passages existe une réelle volonté d’instaurer une pointe de surnaturel et de fantastique mais cela retombe très vite dans un registre plus cartésien.  

L’auteur se contente de jouer avec les codes traditionnels du roman policier (devenus traditionnels par la force des choses et du temps passé mais pas à l’époque de la rédaction du roman). 

Si fait, La Dame en blanc nous laisse un peu sur notre faim car nous devinons bien des choses plus de cent pages avant le dénouement. Les rouages du scénario sont parfois trop apparents et déjouent toute tentative de suspens.

Reste une belle écriture victorienne et le plaisir de lire l’un des tout premiers « thriller psychologique » de la littérature européenne. Une découverte intéressante pour le moins. Sans doute novateur et surprenant à l’époque de sa sortie, le roman souffre un peu de son aspect un brin suranné, lui qui utilise des codes beaucoup utilisés dans le roman policier depuis le 19iéme siècle. Les « ficelles » nous sembleront trop familières (du moins à celles et ceux qui lisent beaucoup de polars) pour maintenir le mystère jusqu’au bout.

J’ai pris plaisir tout de même à découvrir Mr. Wilkie Collins et sa plume élégante. Un classique que je recommande de découvrir malgré tout. 

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4 Commentaires

  1. sayyadina

    Blanche-Neige et le chasseur était mon premier choix pour ce challenge mais je n’ai trouvé nul part le livre et en grande flemmarde, je n’ai eu envie de le commander mais vu que tu as eu l’air d’aimer, je serais tentée de le mettre dans ma PAL dans un futur proche (papa noël va avoir du boulot avec moi cette année ^^ )

  2. stellade

    C’est pour cette raison que j’ai organisé une LC sur ce livre…Après la lecture de « Treizième conte »….Merci pour tes impressions.J’ai hâte de m’y plonger.

  3. Anassete

    J’ai terminé il y a peu La Dame en blanc en VO. Je suis plus enthousiaste que toi, mais sur le fond je suis assez d’accord. On devine assez facilement ce qui va se passer. Je dirai même qu’en lisant rien que la première partie, on se doute sur quoi va jouer Wilkie Collins. Après, pour avoir lu La Pierre de lune aussi, je trouve que ce roman est palpitant et intéressant. Même si on arrive à savoir globalement ce qui va se passer, on monte dans l’angoisse facilement avec le comportement de Sir Percival. L’émotion, c’est ce qu’il manquait à La Pierre de lune, du coup je trouve La Dame en blanc beaucoup plus abouti ^^

  4. Pingback: [Challenge de Calypso, Session « Pierre », « Pierre de lune » de W. Wilkie Collins | Reveline

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